‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 43 sur 43 · HYGIÈNE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE

209. — Traité d’hygiène de Proust. Troisième édition en collaboration avec le D r Bourges.

210. — Hygiène. Traité de Pathologie générale de Boucmrd, tome VI.

211. — De l'isolement dans les maladies transmissibles. Semaine médicale, 1898.

212. — Mesures à prendre pour empêcher l’abus des boissons alcooliques. Recueil des travaux du comité consultatif d'hygiène publique de France, 1890, avec M. Bergeron.

213. — Sur le transport par les compagnies de chemins de 1er, des enfants atteints de maladies contagieuses. Société de Pédiatrie, 1902.

214. — Vibrion cholérique. Chapitre X de La Défense de l’Europe contre le choléra, de

215. — Le bacille pesteux. Neuvième leçon. La Défense de l’Europe contre la peste, de Proust.

216. — Rapports au comité consultatii d’hygiène publique de France.

217. — Analyses dans la Revue d’hygiène et de police sanitaire.

Traité d’hygiène (Troisième édition).

Les parties sur lesquelles a porté surtout notre collaboration ont été la troisième : Maladies infectieuses et contagieuses (pages 81 à 410), la cinquième : Hygiène publique (457 à 512), lahuitième : Aliments et Alimentation (699 à 801), la treizième : Hygiène des professions (1052 à 1250), les diverses parties ont été comme l’ensemble de l’ouvrage, complètement remaniées et nous y avons résumé les leçons faites à la Faculté, pendant notre période d’agrégation.

Nous ne pouvons naturellement mentionner ici, qu’un certain nombre de nos additions et remaniements.

Avec M. Bourges, nous avons jugé convenable de faire connaître les caractères les plus intéressants des principaux microbes pathogènes. Tandis que sur une première page, nous faisons figurer les caractères de forme, de cultures, les résultats de l’inoculation à l’animal, nous avons reproduit sur la page opposée le dessin du microbe et indiqué les méthodes à suivre pour établir le diagnostic bactériologique. Nous passons ainsi successivement en revue, la diphtérie, la grippe, la fièvre typhoïde, les affections à streptocoques, les maladies à pneumocoques, la méningite cérébro-spinale épidémique, le gonocoque, le bacille de la tuberculose, l’actinomycose, le bacille de la morve, la bactéridie charbonneuse, le bacille du tétanos, le bacille pesteux, le vibrion cholérique.

Dans un premier tableau d’ensemble, nous indiquons successivement pour quatorze microbes pathogènes principaux, l’habitat habituel, la façon dont ils pénètrent dans le corps, les points par lesquels ils s’éliminent, les espèces animales pour lesquelles ils peuvent, devenir pathogènes en dehors des inoculations expérimentales.

Dans un second tableau analogue, nous montrons l’influence qu’exercent sur ces divers microbes les principales modifications physiques ou cliniques, action de la chaleur humide, de la chaleur sèche, de la congélation, de la lumière solaire, de la dessiccation, le séjour dans l’eau ou dans le sol, la putréfaction.

Nous avons consacré de long développements, à la variole et à la vaccine. On ne saurait trop multiplier les preuves de l’efficacité de la vaccination. dont l’Allemagne a su à l’heure présente profiter plus que tout autre pays. Nous avons construit un tableau qui montre le développement dans ce pays de la vaccination animale, aujourd’hui seule en usage et dont les avantages ne sauraient être constestés.

A propos de la scarlatine nous avons rapporté les observations anglaises établissant la transmissibilité par le lait et discuté les explications invoquées. Nous avons parlé des cas de transmission de cette maladie par des convalescents ayant fait à l’hôpital dés séjours prolongés et ne présentant plus trace de desquamation. Notre élève, M. Borel a consacré il y a huit ans sa thèse inaugurale à l’étude de ces « return cases » qui sont peu connus en France, tandis que les Anglais et les Norwégiens s’en sont beaucoup occupés.

Dans le chapitre consacré à la diphtérie, nous avons mis en relief la longue persistance du bacille dans la gorge et dans le nez des convalescents et sa constatation assez commune dans la gorge des sujets sains ayant approché ou non les malades.

Nous avons déjà relevé le fait à propos des pneumoniques, nous le retrouverons dans la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie et même la peste. C’est donc une notion des plus importantes que faisait déjà pressentir l’épidémiologie, mais dont la bactériologie a fourni la preuve incontestable en même temps qu’elle pourra en déterminer la fréquence, la durée jusqu’au jour où elle nous aidera à en hâter la disparition.

On reconnaît du reste de plus en plus l’utilité de ces recherches bactériologiques et la création de ces laboratoires de diagnostic bactériologique se généralise rapidement. On n’attache pas une attention suffisante à notre gré au caractère familial de la diphtérie, caractère qu’elle partage avec la pneumonie. Nous entendons par là que divers membres d’une même famille peuvent à longs intervalles et souvent à longue distance être atteints par la diphtérie. La persistance du bacille dans la gorge où il peut se conserver indéfiniment sans provoquer de maladie, fournit évidemment une partie de l’explication de cette reproduction familiale; mais il faut sans doute y ajouter l’intervention de la reproduction des caractères anatomiques.

Nous avons pour la première fois fait figurer dans un traité d’hygiène français, la fièvre de Malte. Celte affection qui présente des analogies cliniques singulières avec la fièvre typhoïde est causée par un microbe ovoïde isolé par Bruce. Elle s’observe sur tout le littoral de la Méditerranée et dans beaucoup de pays extraeuropéens (bords de la Mer Rouge, Indes, Antilles, Philippines). Elle mérite d’autant plus de retenir l’attention des médecins français que son diagnostic est rendu très précis, comme l’a montré Wright, par la recherche de l’agglutination et que l’on est en droit d’espérer sa guérison par la sérothérapie.

Nous avons tenu compte des publications les plus récentes sur les conjonctivites contagieuses. Si la France continentale a heureusement moins à se préoccuper de l’ophthalmie granuleuse que la Prusse, la Hongrie et la Russie, les mesures poursuivies dans ces pays, et surtout en Prusse, présentent un grand intérêt pour nos possessions africaines.

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Nous ayons vu, en nous occupant de la morve, les renseignemèntS si précieux que peuvent donner les injections de malléine dont Nocard a généralisé l’emploi.

La stricte observation des règlements de police fera sans doute dans un avenir éloigné disparaître la rage chez le chien et par suite chez l’homme. En attendant elle sévit encore, même en Allemagne où de 1886 à 1901 le chiffre annuel de chiens enragés abattus a varié de 397 à 911. Il est vrai que dans le centre de ce pays il n’existe pas de chiens enragés et que la plupart des animaux enragés ont été abattus dans les districts avoisinant immédiatement ia frontière. Tant que la rage canine existera, on aura à se préoccuper de la rage humaine, et Ton profitera de la découverte merveilleuse de Pasteur. L’inoculation antirabique de 1886 à 1900 a été pratiquée à Paris sur 24815 hommes qui ont donné 107 décès. Si l’on tient compte des statistiques antérieures, la mortalité la plus modérée peut évaluer au minimum à 4135 lé nombre des décès qu’auraient fourni ces 24815 cas. L'efficacité des inoculations antirabiques est universellement reconnue. Des instituts de vaccine antirabique ont été créés dans le monde entier et l’Allemagne même, où l’efficacité et l’utilité de cette méthode avaient été le plus contestées, a créé à Berlin, en 1898, un service de vaccination antirabique où le nombre des inoculations annuelles est de plus de 300 (384 en 1899).

Nos connaissances sur le charbon et la pustule maligne ont également fait des progrès notables. On sait aujourd’hui que la piqûre qui détermine la pustule maligne n’est pas le fait de mouches mais souvent de coléoptères. On connaît la nature charbonneuse de certaines inflammations de pores respiratoires surtout fréquentes chez les chiffonniers et les trieurs de laine. On a reconnu le rôle des peaux et des crins provenant de pays étrangers dans la trai n an du charbon et des mesures de désinfection doivent être employées pour les rendre inoffensifs.

Nous savons maintenant que les moustiques jouent un rôle essentiel dans la propagation de la fièvre jaune comme dans celle de la fièvre intermittente et les mesures prophylactiques inspirées par ces notions ont déjà diminué dans des proportions remarquables la dissémination de ces maladies. .

Nous nous sommes longuement arrêté sur le choléra, sujet si cher à notre maître M. Proust. Nous avons suivi la marche des différentes épidémies euro-

peennes qui avaient l’Inde pour point de départ, nous avons étudié la maladie dans son foyer originel et montré les conditions qui y favorisent sa persistance. Personne ne conteste plus sa transmissibilité qui avait été pourtant niée si longtemps. Nous avons insisté sur la part de la contagion directe par contact dont nous avons donné de nombreux exemples. Nous avons cité les faits les plus probants de propagation de la maladie par l’eau. Il convient de tenir grand compte du fait de la présence possible du bacille virgule dans les selles de sujets convalescents et même de sujets sains ayant entouré des malades. Ce fait explique certainement beaucoup de cas où l’on aurait pensé au développement spontané de certaines épidémies.

Les travaux si remarquables et si nombreux qui ont été consacres au vibrion cholérique laissent encore dans l’ombre plusieurs particularités importantes. Si le vibrion ne présente pas de spores et résisté mal aux divers agents physiques il semble pourtant présenter dans des conditions particulières une persistance singulière. Il existe un certain nombre d’épidémies qui ne peuvent s’expliquer que par une réviviscence in situ du contage cholérique, telle l’épidémie d’Espagne de 1890. L’influence de la constitution du sol sur le développement du choléra a été interprétée de façons très différentes. Nous avons tenu à rappeler ce qu’en ont dit Fourcault, Boubée et Wial, Pettenkofer. Nous avons signalé les résultats fournis par les vaccinations anticholériques.

Nous avons indiqué l 'importance des éléments minéraux contenus dans nos aliments. Cette importance est hors de proportion avec leur quantité relativement infime. Il y a tout lieu d’admettre que certains de ces éléments les plus importants n’y sont représentés qu’à des doses presque impondérables. Les recherches de M. Gautier ont beaucoup contribué à nous faire connaître le rôle de l’iode, de l’arsenic. Une part non moins grande doit être accordée au manganèse.

Nous avons complètement transformé les chapitres consacrés au pain, à la viande, au lait, etc. Les nombreuses et diverses maladies consécutives à l’ingestion de mandes d’animaux malades ont été le sujet de recherches des plus intéressantes. On peut en dire autant des altérations du lait, de ses conséquences, des moyens de conservation.

Nous nous sommes étendu autant que nous le pouvions sur ces questions d actualité immédiate : le rôle de l’alcool comme aliment , l’alcoolisme et les moyens de le combattre, les conserves alimentaires, les vases destinés à préparer et contenir les aliments et les boissons.

Dans l’hygiène des professions et les maladies professionnelles les transformations n’ont pas été moins nombreuses. Tandis que les progrès réalisés ont eu pour résultat de diminuer le danger dénombré de professions, de faire disparaître complètement diverses opérations insalubres, on a vu apparaître certaines industries nouvelles dont les dangers n’ont été reconnus que consécutivement. Le développement des industries liées à l’électricité a permis d’observer la fréquence de l’intoxication saturnine chez les ouvriers employés à la fabrique des accumulateurs, l’apparition de l’intoxication mercurielle chez les ouvriers qui préparent les lampes à incandescence. Les dangers de la première de ces’ opérations ont été diminués par l’observation de mesures hygiéniques. Ils peuvent être supprimés pour la seconde en modifiant le dispositif destiné à réaliser le vide. On a fait disparaître le danger de l’intoxication phosphorée dans les manufactures françaises d’allumettes en remplaçant le phosphore blanc par le sesquisulfure de phosphore.

On sait aujourd’hui que l’anémie des mineurs est due à la présence dans l’intestin de Yankylostome duodénal. On a établi dans ces dernières années la fréquence de 1 ankvlostomasie dans un grand nombre de charbonnages et on connaît les conditions qui favorisent son développement. Cette notion permet de préciser les meilleurs moyens à lui opposer. L’un des éléments indispensables dans ce but est la constatation de l’ankylostome dans les déjections des ouvriers, constatation qui permet de traiter les sujets dont l'intestin héberge l’ankylostome et de leur interdire l’accès des mines jusqu’à guérison.

Tandis que pendant de longues années l 'intervention des pouvoirs publics ne s’exerçait que sur les industries insalubres, établissements classés, on la voit maintenant dans tous les pays s’immiscer dans toutes les industries, réglementer la durée des conditions du travail. Cette intervention sans cesse grandissante des pouvoirs publics ne saurait être qu’approuvée au point de vue de l’hygiène. Elle est justifiée par l’intérêt général. Le surmenage de l’ouvrier n’abrège pas seulement la durée de sa vie, elle compromet l’avenir do la race.

La généralisation des mesures peut seule supprimer l’infériorité dans laquelle se trouverait placé vis-à-vis de ses concurrents l'industriel qui s'impose les Charges correspondant à ces mesures.

Hygiène (Traité de Pathologie générale, de Bouchard, t. VI).

Le petit nombre de pages mises à notre disposition, et le caractère même de l’ouvrage ne nous permettaient que de tr acer une esquisse dans laquelle nous avons eu pour objet d’indiquer l’utilité de l’hygiène, et ses principaux sujets.

Dans le premier chapitre qui a pour titre Considérations générales, nous avons d’abord montré l’existence dans plusieurs espèces animales de pratiques hygiéniques. Le chat nous a fourni un exemple de propreté individuelle, les fourmis, les abeilles nous ont fait assister à des pratiques singulièrement minutieuses destinées à assurer la propreté de l’habitation, l’évacuation des matières usées. Les abeilles mettent en œuvre des procédés de ventilation. On ne peut qu’être humilié en opposant à ces pratiques l’ incurie trop souvent déployée par les représentants du genre humain. Cette incurie n’est pas seulement perceptible chez les races inférieures comme l’Esquimau, dont l’insouciance en matière de propreté est bien connue, nous la retrouvons dans les agglomérations des grandes villes de l’Inde, et dans les pays les plus civilisés, les manquements les plus grossiers à l’hygiène peuvent être relevés aussi bien dans les capitales que dans les villages. Les soins d’hygiène individuelle ne suffisent pas à conserver la santé. Nous sommes tous intéressés à ce que nos voisins et même les sujets qui paraissent avoir avec nous le moins de relations apparentes prennent le même souci. 11 existe de ce fait une solidarité générale entre tous les habitants d’une même ville, d’un même pays et de toute la surface du globe.

Il est de toute nécessité que les pouvoirs publics prennent directement en mains toutes les questions intéressant l’hygiène. La diminution de la morbidité et de la mortalité, l’augmentation générale du bien-être de tout le pays en dépendent. Au premier rang des préoccupations de l’hygiène doit se placer la lutté contre les maladies dites évitables. Celles-ci ne comprennent pas seulement les maladies contagieuses, il y a aussi toutes celles qui dépendent de l’insalubrité (filth diseuses), de la mauvaise qualité des aliments, etc. L’Angle

terre qui, sous la vigoureuse impulsion de John Simon et de ses émulés, a déployé la plus grande énergie dans , cette lutte contre les maladies évitables, en recueille depuis longtemps les fruits. La moyenne de la mortalité y a été sensiblement réduite, l’expérience des dernières épidémies a montré que le choléra ne peut plus y prendre pied. La mortalité par la tuberculose a diminué de moitié. La Norwège, par l’observation des mesures conseillées par Hansen, approche du moment où la disparition de la lèpre sera un fait

Dans le chapitre consacré à Vhygiène privée, nous envisageons d’abord la susceptibilité et la résistance individuelles, l’hérédité, les tempéraments, les modificateurs généraux, l’air, l’eau, les aliments et boissons, les vêtements, l’habitation.

Nous passons encore plus rapidement en revue Yhygiène des collectivités : Hygiène des villes, approvisionnements, surveillance des marchés, des abattoirs, des denrées alimentaires, amenées d’eau; évacuation des matières usées; hygiène de l’enfance; hygiène scolaire; hygiène professionnelle, etc.

Nous nous arrêtons plus longtemps à la lutte contre les maladies contai gieuses. Ici nous nous trouvons tout d’abord en présence des grandes contributions de la bactériologie. Elle nous a fait connaître beaucoup mieux la nature, l’évolution des maladies, elle nous met à même de reconnaître de bonne heure les premiers malades, et nous indique pour chaque maladie les moyens de défenses les plus convenables.

La défense contre les maladies pestilentielles exotiques exige des renseignements sûrs au sujet de l’état sanitaire des pays étrangers et des voyageurs. Plus on pourra se fier à ces, renseignements et plus on pourra réduire la durée et les inconvénients des mesures quarantenaires.

Pour les maladies contagieuses autochtones on aura recours, autant que possible, à Yisolement des malades. Cet isolement sera particulièrement bien réalisé dans les hôpitaux d’isolement spéciaux dans lesquels on devra se conformer à des règles aujourd’hui connues.

Pour que l’isolement ait toute son efficacité, il faut tenir compte des

conditions de contagion spéciales pour chaque maladie déterminée. Il en est qui ne sont transmissibles que pendant les premiers jours, d’autres qui le demeurent très longtemps. L'examen bactériologique permet dans maintes circonstances de fixer le moment à partir duquel l’isolement n’est plus néces-

II est des cas où il conviendra pour éviter la contagion d’éviter le contact avec les sujets sains ayant approché des malades. Dans des circonstances particulières il peut devenir nécessaire d’isoler ces suspects.

Une importance de plus en plus grande s’attache à la désinfection qui rend inoflènsifs les contages au sortir du corps des malades. Il ne suffit pas de connaître et d’utiliser des agents désinfectants efficaces. Il faut les employer au moment convenable et se rappeler que dans chaque maladie différente la contagion a ses véhicules particuliers auxquels il faut opposer le procédé de désinfection le plus approprié.

L’isolement, la désinfection, ces deux procédés généraux de défense contre les maladies contagieuses, ont paru dès les premières dates de notre histoire. Une nouvelle méthode générale nous est connue depuis un temps beaucoup moins long dont les applications sont déjà nombreuses et dont nous sommes en droit d’attendre bien plus, c’est la méthode des vaccinations, des injections préventives. L’isolement, la désinfection ne peuvent être employés qu’en présence d’un danger de contagion dont l’existence nous est connue., la vaccination nous prémunit contre des causes de contamination dont nous ne connaissons pas l’existence et c’est le cas le plus fréquent. Avant les remarquables recherches de Pasteur nous ne connaissions que l’inoculation antivariolique et la vaccination antivariolique. Nous avons pu faire connaître les bons effets des injections préventives des vaccins anticholérique, antipesteux, antityphique obtenus au moyen de la stérilisation des cultures du bacille virgule, du bacille de Yersin et du bacille d’Eberth, des sérums antidiphtérique, antipesteux, antitétanique provenant du sang d’animaux immunisés avec les toxines ou les cultures des microbes de ces maladies. Tout permet d’affirmer que la liste de ces vaccins est loin d’être close.

L’isolement dans les maladies transmissibles (Semaine médicale, 6 octobre 1897).

Les mesures les plus rigoureuses el les plus rationnelles opposées aujourd’hui aux progrès des maladies contagieuses avaient déjà prouvé leur efficacité il y a plusieurs siècles. Nous avons indiqué comment la peste a été combattue à Milan en 1576, à Rome en 1658. On trouve dans les arrêtés de Gastaldi nommé commissaire sanitaire parle pape Alexandre VII les prescriptions les plus complètes. Assainissement général de la voie publique, des égouts. Isolement des pestiférés dans une lie, déclarations imposées aux pères de famille, aux médecins, aux confesseurs. Hospitalisation des suspects, désinfection des objets infectés ou suspects, interdiction de la vente des hardes et linges.

On n’a songé à appliquer les mesures analogues à la variole qu’à partir du milieu du xvm* siècle. Ici encore les prescriptions de Rast, 1765, Le Camus, 1768, Paulet, 1768, Haygarth, 1778, méritent d’être rappelées, Paulet estime qu’il suffit pour prévenir la contagion, d’entourer le lit des malades d’écrans portatifs entre lesquels le seul garde-malade peut se glisser avec obligation de se désinfecter avant d’en sortir. Haygarth avait fondé à Chesler une société pour l’extinction de la variole. Les familles des varioleux recevaient une indemnité, à charge de ne laisser pénétrer personne dans la maison contaminée, de désinfecter le linge, conserver le malade à domicile jusqu’à chute des croûtes.

Le mémoire de Tenon en 1788 indique que ces observations fort intéressantes n’avaient pas eu grand retentissement et les hôpitaux spéciaux dont il demandait la création étant encore réclamés à Paris en 1876.

L’isolement des sujets atteints de maladies contagieuses est particulièrement bien réalisé à Londres et nous indiquons la répartition des divers hôpitaux de cette ville.

Dans la deuxième partie de cette revue nous examinons d’abord les maladies qui demandent l'isolement. La tuberculose, la fièvre typhoïde qui sont tentées dans les salles communes, devraient être isolées. Les hôpitaux spéciaux

sont préférés aux pavillons spéciaux dans les hôpitaux généraux, au moins pour les maladies contagieuses communes. Il est beaucoup plus aisé d’y prendre les mesures nécessaires.

Il y a lieu de se préoccuper de la désinfection des voitures qui ont qmené le malade.

Nous montrons les mesures prises actuellement à Paris, et faisons figurer sur un plan, la situation des hôpitaux d isolement, des stations d’ambulances, des étuves municipales.

La troisième partie a pour objet l’étude de l’isolement dans les principales maladies contagieuses. A propos de l 'isolement dans la variole nous exposons les arguments invoqués en Angleterre en faveur de la dissémination par l'air. Nous pensons, contrairement aux médecins anglais, que si les hôpitaux de varioleux sont un danger pour le voisinage, c’est seulement à cause du défaut de précautions prises par les infirmiers et par les personnes ayant amené des malades.

I.a scarlatine demande souvent un isolement très long des malades. Nous avons insisté sur les cas de transmission après retour des sujets hospitalisés pendant plusieurs semaines.

L’isolement des rougeoleux nous amène à parler des avantages de l’isolement individuel pour prévenir les contagions de broncho-pneumonie parmi les hospitalisés.

L’isolement des diphtériques, des douteux, nous arrêtent à-leur tour.

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