EMBRYOLOGIE
Grâce aux travaux de Koelliker, de His et de Born, la chronologie du développement du coeur est actuellement suffisamment éclaircie pour jeter quelque jour sur la pathogénie des malformations de cet organe.
On sait que pour les cas, les plus nombreux d’ailleurs, où l’absence de toute lésion inflammatoire ne permet pas d’incriminer avec Kreysig, Cruveilhier, Lakcereaüx et beaucoup d’autres, une endocardite fœtale, Rokitansky proposa une théorie ingénieuse dans laquelle le cloisonnement vicieux du bulbe aortique serait le primum movens des anomalies présentées par les cloisons et les orifices.
Cette explication n’est pas acceptable dans tous les cas, ainsi qu’en témoigne l’observation anatomique envisagée ici.
Les deux cloisons, interauriculaire et interventriculaire, commencent de très bonne heure leur développement qu’elles ont achevé vers la septième semaine. Par conséquent un cloisonnement vicieux d’un bulbe aortique dont les valvules sont déjà formées s'est certainement achevé après que la cloison interauriculaire a commencé son développement : or cette cloison manque totalement dans les cas en question : voilà donc une première malformation indépendante de celle du bulbe. Semblablement, la cloison
jusqu’à présent, reproduit, à une grande distance du canal central, celle de la substance gélatineuse qui entoure la cavité de ce dernier ;
La discontinuité primitive des parois latérales de la fente épendymaire et du véritable « bouchon » qui en obstrue l’extrémité dorsale et en diminue progressivement l’étendue, de concert, d’ailleurs, avec le rapprochement des parois latérales.
Voici quelques faits embryologiques qui relient ces inconnues et m’en ont paru fournir une explication suffisante, justifiée, d’autre part, par l’anatomie comparée et la tératogénie.
On sait qu’à un certain moment du développement la partie postérieure de la fente épendymaire est élargie de manière à figurer une fente à direction transversale formant un T avec la fente longitudinale qui persiste en avant. Chez plusieurs embryons de mammifères (veau, mouton, porc) parvenus à des stades ultérieurs, je remarquai que le bord postérieur primitivement rectiligne de la fente transversale subit une invagination progressive dans l’intérieur du canal et parvient jusqu’au voisinage de son extrémité antérieure : les parois latérales se sont écartées devant la progression du « coin » formé par la paroi dorsale : leurs cellules épendymaires se trouvent situées en'pleine substance grise ; ce sont elles qui figureront plus tard ces cellules dont nous parlions plus haut et qui viennent buter contre le septum postérieur ou cône épendymaire.
L'extrémité dorsale de chacune des branches du V ainsi représenté par les
au voisinage de la périphérie delà moelle, dans la région qui sera occupée, chez l’adulte, par la substance de Rolando ; c'est ainsi qu’y sont importées les cellules périépendymaires qui donneront à cette portion de la moelle une structure analogue à celle de la substance gélatineuse de Schultze ou s. périépendymaire : on voit en effet, lorsque la partie moyenne de chaque branche a disparu, par résorption ou migration des cellules épendymaires dont elle était formée, un amas de petites cellules rondes (fig.'5 du mémoire) qui indique exactement la localisation de la future substance gélatineuse de Rolando : ainsi s’explique aussi la forme étirée de la corne postérieure.
gination représentent le premier rudiment du^utur cône épendymaire postérieur : on comprend ainsi comment la direction des fibres de ce dernier est opposée, dès le début de sa formation, à celle des cellules épendymaires de la moitié dorsale de la moelle.
D’autre part les deux parois latérales de la partie longitudinale de la
que son mode de développement est absolument comparable.
a n Sur le mode d’oblitération partielle du canal épendvmaire embryonnaire, Revue neurologique, 1899.