Du lymphangiome cutané et eous-ontané circonscrit
(Compte rendu du Congrès français de chirurgie, p. 422, 1888.)
Observation rare, dont je n’ai pu trouver que deux semblables, à propos de laquelle je distingue le lymphangiome vrai des lymphangiectasies, plus communes. Je trace rapidement l’histoire clinique et anatomo-pathologique de cette affection et montre que l’intervention opératoire n’a pas dans ces cas la même gravité que dans les lymphangiectasies.
16. — Contribution à l’étude du panaris analgésique (maladie de Morvan). Archives générales de médecine, T série, l. XXU, p. 28. 1888.)
Profitant des pièces fournies par l’amputation de doigts chez un malade atteint de panaris analgésique, nous avons essayé d’établir, en nous appuyant sur les examens faits par notre collègue et ami le
D' Gombault, que cette singulière affection devait être rattachée a une lésion des nerfs périphériques (névrite périphérique).
On sait que cette démonstration, faite par nous pour la première fois, a été plus tard contestée par MM. Gombault et Reboul, qui, dans une autopsie complète, ont découvert des altérations de la moelle cervicale permettant de rapprocher la maladie, dite de Morvan, de la syringomyélie (type Morvan). D’autre part, dernièrement (Zambaco), on n’a voulu voir dans la maladie de Morvan qu'une variété de lèpre anesthésique. La question demeure donc ouverte.
17. — Contribution à l’étude des infections par streptocoques.
* (En collaboration avec le D' Maràigno.) '
Je reproduis ici les conclusions qui terminent ce travail et qui en donneront une idée suffisante :
1° L’infection streptococcique généralisée se présente sous deux formes principales : septicémie streptococcique, pyohémie streptococcique.
2° L’infection septicémique peut être démontrée par l’examen bactériologique fait sur le cadavre. Il importe et il est facile d’établir que la présence de microbes dans les organes n’est pas d’origine cadavérique.
5° La septicémie streptococcique parfois primitive est le plus souvent secondaire, survenant :
a. Soit au cours de maladies générales a manifestation gutturale (diphtérie, scarlatine, variole, etc.), dont elle est une des principales causes de mort ;
b. Soit comme complication d’une affection streptococcique locale, habituellement curable, à laquelle elle donne une allure grave et qu’elle conduit à une issue fatale. C’est alors l’examen bactériologique des organes qui démontre son existence. Si cet examen des organes est négatif, c’est que la mort dans cette affection streptococcique locale est le fait d’une intoxication, d’une toxémie favorisée par l’étendue de la suppuration et le mauvais état des organes d’élimination (foie, rein).
4“ Au point de vue anatomique, on trouve dans les organes du septicémique, outre les lésions propres aux maladies infectieuses en général, des amas de streptocoques ne déterminant autour d’eux aucune réaction leucocytaire et altérant simplement les éléments cellulaires qu’ils englobent.
5“ Moins virulent, le streptocoque, entraîné par le sang, localise son action nocive sur Un organe (endocarde, vaisseaux, rein) qui réagit à sa manière. Généralement cette localisation est une suppuration franche en foyer unique (phlegmon, arthrite) ou en foyers multipliés ; c’est l’infection purulente ou pyohémie streptococcique.
6“ La cause de l’infection streptococcique en général paraît être la grande virulence du micro-organisme. L’expérimentation et l’observation clinique démontrent que cette augmentation possible du pouvoir nocif du streptocoque est due soit au milieu (putréfaction), soit à son association avec d’autres microbes, en particulier avec les saprophytes.
7" La porte d’entrée est généralement facile à déterminer, c’est une plaie cutanée ou muqueuse, ou une lésion inflammatoire d une muqueuse (angine, broncho-pneumonie, etc.). Parfois elle reste indéterminée (suppuration d’origine traumatique sans plaie, pyohémie spontanée).
8’ Le pronostic de l’infection streptococcique généralisée est d’une gravité bien connue. La présence du streptocoque dans le sang constatée pendant la vie ne comporte pas un pronostic absolument fatal (guérison spontanée; intervention chirurgicale).
La gravité du pronostic paraît liée à la virulence de l’agent pathogène et à la résistance de l’organisme, celle-ci dépendant de l’intégrité des