NERFS
POLYNÉVRITE SATURNINE DES EXTENSEURS DU POIGNET CHEZ UN MI¬ NEUR, AVEC EXAGÉRATION DES RÉFLEXES TENDINEUX, TUMEUR DORSALE DE LA MAIN ET HYPOTENSION ARTÉRIELLE. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LE SATURNISME DANS LES MINES DE PLOMB.
(Soc. Sc. Méd. Montpellier, 3 mal 1912; avec M. J. BATJMEL.)
. Un ouvrier, travaillant dans les mines de plomb, offre une paralysie des extenseurs du poignet absolument caractéristique, mais présentant cependant quelques particularités.
1° Les réflexes tendineux sont conservés ou même exagérés. La
question de l’exagération des réflexes tendineux dans les polyné vrites est très discutée ; il n’existe qu’un petit nombre d’observations démonstratives. La pathogénie en est assez confuse. C’est le plus souvent au début de la polynévrite que l’exagération est constatée ; dans notre cas, la paralysie durait depuis six mois ; il est vrai que les réflexes se sont abolis ultérieurement.
2° La tumeur dorsale ne siège pas comme d’habitude au poignet ni. au niveau de la tête des métacarpiens (Remak et Rosenthal), mais occupe la région correspondant à la diaphyse des troisième et quatrième métacarpiens : la radiographie montre que le squelette est intact.
3° L'hypotension artérielle est rare chez le saturnin. Nous avions cru au début pouvoir la rattacher à l’anémie saturnine, mais elle n’était plutôt qu’un signe précurseur de tuberculose ; le malade a fait, quelque temps après, une pleurésie à formule lympho cytaire.
4° Alors que le travail dans les mines de plomb est à peine indiqué dans les ouvrages traitant de l’étiologie du saturnisme, il résulte d’une enquête faite auprès du médecin de la Compagnie des mines de plomb argentifère du Rlaymard (Lozère) que l’intoxication saturnine est très fréquente chez les ouvriers de cette catégorie.
POLYNÉVRITE CONSÉCUTIVE A UNE FIÈVRE DE MALTE. (Soc. Sc. Méd., 12
mal 1911 ; avec M. le professeur RAUZIER.)
Voir : Fièvre de Malte.
POLYNÉVRITES POST-TYPHIQUES. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 12 mai 1911; avec M, le professeur RAUZIER.)
POLYNÉVRITE POST-TYPHIQUE. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 1" mars 1912; avec M. J. BAUMEL.)
Parmi les manifestations nerveuses de la fièvre typhoïde, les névrites occupent une place importante ; elles sont parfois localisées, plus souvent multiples. Dans le cadre des polynévrites typhiques rentrent trois cas, que nous avons eu l’occasion d’observer. Dans un cas, les phénomènes, très légers, sc réduisent à quelques douleurs et à une légère diminution de force des membres inférieurs. Dans les deux autres, l'impotence est complète, les réflexes complètement abolis : l’un d’eux est traité dès son début et guérit sous l’influence de l’électricité ; l’autre, pour lequel le traitement est plus tardif, n’est que légèrement amélioré.
Dans ces cas, la polynévrite, comme c’est de règle dans la fièvre typhoïde, est sensitivo-motrice, avec prédominance des troubles moteurs. Notre cas bénin se distingue par ses phénomènes douloureux assez marqués, rappelant l’hyperesthésie, qui a été signalée chez les typhoisants du côté des extrémités, et qui est certainement d’origine névritique.
Absence de troubles sphinctériens, début progressif, pronostic généralement bénin distinguent facilement les polynévrites des myélites typhiques. Le début de la convalescence est la période où elles apparaissent le plus souvent. Nos trois cas paraissent donner raison à Trousseau qui considérait cette complication comme plus fréquente dans les typhoïdes graves. Action des toxines et, dans quelques cas, action du bacille : telle est la pathogénie la plus admise.
POLYNÉVRITE ET ŒDÈMES. (Soc. So. Méd. Montpellier, 10 fflai 1912; avec M. J.
BAUMËL.)
Un malade est atteint de parésie des membres inférieurs (prédominant sur les extenseurs) et de parésie des extrémités supérieures : il s’agit d’une polynévrite, peut-être d’origine blennorragique. En même temps apparaissent des œdèmes, d’abord localisés aux membres inférieurs, puis généralisés.
A l’occasion de cette observation, nous discutons les rapports des œdèmes avec les polynévrites.
Il existe un œdème élastique, parfois pseudo-plilegmoneux, occupant et dépassant même le territoire - des nerfs atteints; cet œdème est dû à un trouble vaso-moteur. Les expériences de Ranvier ont nettement montré le rôle provocateur et localisateur du système nerveux dans la production des œdèmes.
En dehors de ces œdèmes localisés, on peut voir survenir, au cours des polynévrites, des œdèmes généralisés, liés à une tout autre cause, indépendante du trouble nerveux : affection rénale ou cardiaque. Lorsque manquent les signes d’une altération renale ou d’une lésion cardiaque, nous nous sommes demande si les œdèmes généralisés ne pourraient pas être liés à une insuffisance fonctionnelle du myocarde, par névrite du pneumo gastrique. C est du moins l’hypothèse que nous avons émise dans notre cas, ou la tachycardie, les vomissements présentant le type de crises gastriques plaidaient en faveur de l’atteinte légère du pneumo gastrique.
UN CAS DE SCLËRO DACTYL1E. (Soc. Sc, Med Montpellier, 13 janvier • 19L1; avec M. le professeur RAUZIER.)
Nous avons eu l’occasion d’observer une malade de 51 ans, qui présentait, depuis près de quatre ans, des troubles trophiques portant sur les extrémités supérieures avec atrophie des doigts et épaississement cutané. L’évolution progressive avait abouti à une impotence complète. Les mêmes symptômes se constataient, niais moins accusés, aux membres inférieurs. La face, à un degré infiniment moindre, participait au processus.
De pareils troubles trophiques prédominant aux extrémités, peuvent être dûs à plusieurs causes. Ils peuvent être d’origine médullaire : l’aspect de notre malade ne ressemble ni à la maladied’Aran-Duclienne, ni à la sclérose latérale amyotrophique, encore moins à la syringomyélie." Nous éliminons aussi la lèpre et les maladies par ralentissement de la nutrition générale, comme le rhumatisme fibreux, capables de donner un tableau analogue.
Reste le groupe des troubles trophiques par altération du système nerveux. Après avoir éliminé la maladie de Raynaud et l’érythromélalgie, nous, nous arrêtons au diagnostic de sclérodactylie.
La sclérodermie, qui est caractérisée par l’induration de la peau, la transformation fibreuse du derme et de l’hypoderme, présente 3 formes : diffuse ou généralisée, localisée ou circonscrite (taches de Morphée ou sclérodermie en plaques), extensive ou à marche progressive. Celte dernière est plus connue sous le nom de sclérodaclylie à cause de son début par les extrémités digitales. Notre malade en présente tout à fait le type : engourdissement, fourmillements et diminution de volume des doigts, peau lisse, luisante et indurée, ongles déformés, impotence complète, participation de la face, légère dans notre cas et dont les lésions plus accentuées constituent le masque sclérodermique.