CANCER PRIMITIF DE LA PLÈVRE. NÉVRALGIE DU MEMBRE INFÉRIEUR
DROIT PROBABLEMENT DUE A UNE RADICULITE CANCÉREUSE. (Soc.
S=. Méd. Montpellier, 24 janvier 1913; avec M. LAPEYRE.)
Un homme de 59 ans souffre pendant quelques mois d’un point de -côté gauche et de dyspnée ; ces troublés subjectifs ont rétrocédé depuis deux mois, quand le malade entre à l’hôpital pour une douleur siégeant dans le membre inférieur droit. A l’examen, nous trouvons surtout une matité et une obscurité absolue de l’hémithorax gauche sans autre signe. Nous discutons les diagnostics d’affection pulmonaire, kyste hydatique, néoplasme, splénopneumonie ou d’affection pleurale, pleurite épaisse ou épanchement pleural. Une ponction exploratrice tranche le diagnostic : elle donne issue à un liquide brun, hémolyse (donnant les réactions spectroscopiques du sang après centrifugation). La formule cytologique de cet épanchement hémorragique comprend un grand nombre d’hématies, de lymphocytes et quelques placards de cellules atypiques du type cancéreux. Cette véritable « biopsie » permet d’affirmer le diagnostic de « cancer pleural » que confirme 1’éyolution cachectique ultérieure. L’absence de syndrome pulmonaire et de toute expectoration « gelée de groseille » permet d’éliminer la participation clinique du poumon : c’est là une particularité rare.
Habituellement le cancer pleural est accompagné de douleurs vives et persistantes, à caractère névralgique, et cle dyspnée intense ne rétrocédant qu’après ponction : or, dans notre cas, ces §ÿB^t.Ômes ont existé, au début, mais ils ont disparu pendant les quatre derniers mois, alors que le malade avait un litre et demi de liquide dans, sa plèvre. D’ordinaire, les épanchements pleuraux néoplasiques, se reproduisent facilement et rapidement, nécessitant cte fréquentes ponctions, 35 en cinq mois (Dieulafoy), 30 en six mois- (Desnos) : notre malade n’en subit que deux dans le cours de sa maladie. Comme dit Dieulafoy, à propos de malades dont le liquide s’est tari après quelques ponctions, il ne faut pas se baser d’une manière absolue sur le tarissement du liquide pour éloigner l’idée du cancer.
Quant à la douleur du membre inférieur droit, seul symptôme dont le malade s’occupât lors de son entrée à l’hôpital, il semble qu’elle puisse être attribuée â une radiculite cancéreuse secondaire.