SUR UN CAS DE CANCER GREFFÉ SUR UN ULCÈRE GASTRIQUE ET D’UN
NOUVEL ULEUS DÉVELOPPÉ A LA SURFACE DE L'INFILTRATION CAN¬ CÉREUSE. GÉNÉRALISATION AU FOIE, SYMPTOMATOLOGIE FRUSTE.
MORT RAPIDE PAR PERFORATION DE L’ULCËRO-CANCER. (Soc. Sc. Méd.
Montpellier, 19 lévrier 1912; avec M. le professeur RAT'ZIER.j
Connue déjà par Cruveilhier, en 1839, la question de l’ulcérocancer a été l’objet de travaux fort intéressants. D’un côté, l’école allemande, avec Zenker et ses élèves, admet que tout cancer gas trique est dû à la dégénérescence d’un ulcus. D’autre part, l’école lyonnaise nie la possibilité d’une pareille évolution (Tripier, Duplant, Sanerot) : tous les prétendus uleéro-cancers ne sont que des cancers à évolution très lente, développés aux dépens de polyadénomes ou de Imites plastiques. Entre les deux opinions extrêmes, il y a place pour une opinion mixte : le cancer peut se développer plus ou moins fréquemment sur un ulcère (Hanot. Letulle, Mathieu, Dieulafoy, Hayem). Ménétrier voit, dans la cancérisation de certains ulcères,^ la .preuve de sa théorie sur l’origine irritative du cancer. Les chirurgiens allemands et américains (Kelling, Wilson, Mac Carty, frères Mayo) apportent de sérieux arguments et des statistiques importantes en faveur de l’extrême frécjuence de l’ulcéro-cancer.
Notre observation est très intéressante au point de vue des lé sions anatomiques. Elle présente deux lésions nettement distinctes : d’une part, une grande ulcération prëpylorique, à centre perforé, à bords taillés à pic, d’où part une néoplasie cancéreuse ; — d’autre part, plus loin, une petite ulcération non perforée, à bords en escalier, développée en pleine masse néoplasique. Pour toutes deux, il s’agit bien d’ulcus. Mais la première, dont un des bords est devenu le point de départ du cancer, a subi, elle-même, une dégénérescence cancéreuse presque complète, dissociant son tissu propre et le rendant presque méconnaissable, si bien qu’à un examen superficiel, on pourrait se demander s’il, ne s’agit pas d’un -cancer ulcéré au lieu d’un ulcus cancérisé. La seconde, qui occupe le centre de la tumeur, ne présente qu’une partie de son fond en dégénérescence épithéliomateuse, ses bords rappellent la structure typique de l’ulcère. Toutes deux constituent une association d’ulcère et de cancer. Mais Tune représente le- mode d’association le plus fréquent, le cancer qui se développe aux dépens de l’ulcère, l’envahit et se substitue à lui ; c’est le type de Tul-cére çancer avec, son siège périphérique, sa forme en demi-lune. L'autre est caractérisée.par la coïncidence, côte à côte, sur la même paroi de l’estomac, de deux lésions différentes, l’une superficielle,
ulcère-, l’autre profonde, cancer, sans qu’il paraisse y avoir de relation nette entre les deux ; il s’agit d’un ulcéré qui paraît s’être développé sur une infiltration cancéreuse. C’est là une lésion beaucoup plus intéressante, parce que beaucoup plus rare, que 1 uloéro-cancer. A 1 examen des coupes, on a l’impression que, sur un épithélioma, occupant la profondeur de la paroi stomacale, est venu, secondairement, se greffer à la superficie, un ulcus. Tou tefois une autre hypothèse est encore plausible — quoique cadrant moins avec les lésions constatées —, celle de l’infiltration cancéreuse, partie du premier ulcus, et envahissant, de proche en proche, dans la profondeur, une région voisine, occupée déjà, à sa superficie, par un second ulcus, du même âge ou peut-être un peu plus jeune que le précédent.
Toutes ces lésions si diverses sont encore une preuve de la difficulté que l’on peut avoir parfois, même pièces en main, de différencier fulcus du cancer, comme Tuffier le disait, en mai 1800, à la Société de chirurgie de Paris.
DES FISTULES GASTRO-COLIQUES DANS LE CANCER DE L’ESTOMAC. (Arch.
des Mal. de l'Appareil Digestif, 15 juin-1909.)
VOLUMINEUX CANCER DE L'ESTOMAC AVEC FISTULE CASTRO-COLIQUE: PRÉSENTATION DE PIÈCES. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 14 mai 1909.)
Ayant découvert, à l’autopsie d’un malade atteint de cancer de 1 estomac, une fistule gastro-colique, nous avons entrepris l’étude anatomo-clinique de ces fistules cancéreuses, faisant communiquer par un trajet anfractueux la grande courbure de l’estomac avec la paroi antérieure du côlon transverse.
La symptomatologie en est assez spéciale : diarrhée profuse et lientérie par passage direct des aliments dans le gros intestin ; vomissements fécaloïdes, absolument semblables aux sellés, par reflux du contenu du côlon dans l’estomac, le tout entraînant un dépérissement rapide. A ces signes nous avons ajouté les hémorragies intestinales abondantes de sang rouge ; au cours d’un' cancer de l’estomac, ces hémorragies "doivent faire soupçonner l’existence d’une fistule, permettant le passage immédiat du sang dans lé côlon.
Souvent, lorsque le pylore est encore perméable (cas personnel), les symptômes font défaut et la fistule a besoin pour être décelée de procédés spéciaux : absorption par la bouche de liquides colorés, de lait bismuthé qu’on retrouve aussitôt dans les selles ; lavements, gazeux ou colorés, vomis aussitôt, Ces épreuves ne sont d’ailleurs ni constamment positives, ni absolument pathogno-
moniques : le vomissement des lavements a été signalé par M. Pic chez un hystérique, où, à la laparotomie, on ne trouve aucune' communication anormale.
VOLUMINEUX SARCOME DE LA GRANDE COURBURE DE L’ESTOMAC ADHɬ RENT A LA RATE; SARCOME D’ORICINE MUSCULAIRE LISSE. MÉTAS¬ TASE HÉPATIQUE. PHLÉBITE DU MEMBRE SUPÉRIEUR DROIT. (Soo.
Sc. Méd. Montpellier, 5 juillet 1912; avec M. J. BAUMEL.)
A l’autopsie d’un vieillard qu’on ne voit que quelques heures avant sa mort et qui succombe au milieu d’hématémèses répétées, nous trouvons une tumeur de l’estomac du volume du poing, occupant la partie externe de la grande • courbure, et complètement adhérente à la rate. Cette néoplasie fait saillie dans la cavité gastrique sous forme d’une masse bourgeonnante et ulcéreuse. Le foie est le siège de nombreux nodules métastatiques.
L’examen histologique montre qu’il s’agit d’un sarcome développé aux dépens des fibres musculaires lisses de l’organe.
POLYADENOME GASTRIQUE POLYPEUX ET ANGIOME DU FOIE. (Soc. Sc.
Méd. Montpellier, 1908; avec M. BOUSQUET.)
Chez une malade morte cachectique avec teint néoplasique et diarrhée' profuse, nous trouvons, à l’autopsie, une double lésion. Au niveau de l’estomac, la surface de la muqueuse est parsemée d’une série de végétations sessiles ou pédiculées. Au point de vue histologique, on constate en quelques points des termes de transition entre l’adénome et le cancer.
Une partie assez limitée du foie est transformée en tissu érectile présentant l’aspect typique de l’angiome.