FOIE ET VOIES BILIAIRES
CANCER PRIMITIF DE L’AMPOULE DE VATER., (Arch. des Mal. de l’Appareil
digestif, mai 1913; avec M .N. LAPEYREJ
Les observations de cancer primitif de l’ampoule de Vater sont rares. Notre observation offre plusieurs particularités, au point de vue clinique et anatomique.
Un homme de 54.ans présente, depuis plus d'un an, une hépatomégalie et un ictère évoluant par poussées, et, plus récemment, une 3 hémiparésie gauche et des phlébites superficielles des membres inférieurs. Le diagnostic hésite entre le cancer et la syphilis hépatiques. Contre l’hypothèse de cancer, nous avons la longue durée, l’état général assez bon,. l’évolution de l’ictère par poussées, la conservation de l’appétit, la quantité d’urée normale. En faveur de la syphilis plaident les antécédents, les phlébites très superficielles, l’hémiparésie. A la fin de l’évolution, la réaction de Wassermann négative, l’échec du traitement antisyphilitique, la diarrhée rebelle, la cachexie orientent vers le diagnostic de cancer'. L’autopsie montre une tumeur localisée au niveau de l’ampoule de Vater. . .
Notre cas avec son ictère non progressif, sa longue évolution, ses troubles digestifs, correspond au type particulier de cancer de l’ampoule décrit par Ilanot et Rendu.
Des trois types anatomiques de cancers ampullaires, isolés par Pic, cancers cholédocien, wirsungien, intestinal, notre cas correspond au troisième. Dans le cancer de l’ampoule, la généralisation hépatique est rare ; chez notre malade, elle s’est faite en empruntant la voie lymphatique au lieu de la voie veineuse,- ce qui est exceptionnel.
CANCER DE LA VÉSICULE BILIAIRE AVEC GÉNÉRALISATION AU PERI¬ TOINE, AU FOIE, A LA PLÈVRE (PLEURÉSIE HÉMORRAGIQUE) ET PRO¬ BABLEMENT AU PANCRÉAS (ABONDANTE CLYCOSURIE). COMMUNICA¬ TION BRONCHO-BILIAIRE TRANSITOIRE. LÉGÈRE COLORATION DU LI¬ QUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 17 mars 1911; avec M. JOUKDAN.)
Cette observation présente comme particularités, d’une part, les difficultés du diagnostic, d’autre part, la multiplicité des complications métastatiques.
Une femme de 46 ans se plaint, depuis quelques mois, de douleurs épigastriques et hépatiques ; elle est atteinte plus récemment d’ictère cholurique. Le foie est volumineux, la rate normale ; il n’y a pas d’ascite. On discute les diagnostics de lithiase, de kyste hydatique, d’épithélioma. Il n’y a pas d’éosinophilie sanguine ; la préeipito-réaction de Fleig et Lisbonne est négative. L’intervention exploratrice montre np cancer localisé à la vésicule biliaire, avec métastase hépatique, et explique une série de complications intercurrentes, pleurésie, fistule bronchobiliaire, glycosurie.
La pleurésie a une évolution très rapide, 2 litres en quelques jours, avec reproduction non moins précoce du liquide après la thoracentèse. Le liquide est très hémorragique et renferme quelques cellules néoplasiques. La présence de pigments Miaires en quantité assez considérable ne peut être attribuée à une biligéme hémolytique locale (présence simultanée d’acides biHairès), ni h I’hyperebolémiQ du sérum : elle est éclairée par l’extstencé tic la seconde complication.
La teinte verdâtre des crachats, la réaction très positive de Gmelin, quelques phénomènes thoraciques spéciaux autorisent à porter le diagnostic de communication broncho-biliaire : cette observation est à rapprocher, à ce point de vue-, tic. notre cas de kyste hydatique ouvert dans les bronches. Ici, toutefois, la communication n’est que transitoire et son mode de formation esi plus difficile à expliquer : double nodule cancéreux et pulmonaire ayant perforé le diaphragme, ou bien ouverture dans la plèvre et les bronches d’une poche biliaire dûe à la rétention de bile.
Une glycosurie abondante, passant, en quelques jours, de 8 gr. à 83 gr. par litre, paraît dûe à l’insuffisance pancréatique, qu’il s’agisse d’un nodule cancéreux métastatique ou d’une pancréatite subaiguë consécutive à l’infection biliaire. Nous en sommes réduits aux hypothèses, en l’absence d’autopsie.
A noter une légère' xanthochromie du liquide céphalo-rachidien, qui est loin d’être constante chez les ictériques, ainsi qu’une hyperglyeosie, en rapport avec l’hyperglycémie.
KYSTE HYDATIQUE DU FOIE OUVERT DANS LES BRONCHES. FISTULE BRONCHO-BILIAIRE. ÉTAPES DU DIAGNOSTIC. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 15 avril 1910; avec M. le professeur EAUZIEE.)
Histoire d’une jeune fille entrée à l’hôpital avec un syndrome
respiratoire aigu, qui pouvait en imposer pour une granulie, à cause d’hémoptysies- antérieures.
Deux jours après, notre attention est attirée par Faspeet verdâtre des crachats expectorés devant nous ; 1 analyse chimique y montre des pigments biliaires. La malade présente de l’urticaire. Nous portons le diagnostic de fistule broncho-biliaire par kyste hydatique du foie ouvert dans les bronches ; il n’y a pas de tumeur perceptible à la palpation, mais la percussion révèle une zone de matité étendue aux deux tiers de la face antérieure du thorax, à droite et en avant. Successivement les diverses recherches de laboratoire, éosinophilie sanguine, crochets d’écliinocoque dans les crachats, réaction de Weinberg, confirment ce diagnostic clinique. La malade finit par avouer avoir présenté, il y a quatre ans, une tumeur hépatique, diagnostiquée kyste hydatique, pour laquelle elle n’a point voulu d’opération. Celte tumeur n’est plus perceptible depuis deux ans. La fistule broncho-biliaire actuelle se ferme assez rapidement sans intervention.
Les renseignements ultérieurement reçus sur cette malade confirment la guérison.
DE L’AUTO-SÉROTHÉRAPIE DE L’ASCITE. INSUCCÈS DANS l RHOSE DE LAËNNEC. (Montpellier Médical, 22 mai 1910; VIN.)
Voir : Thérapeutique.