ANÉMIES
A PROPOS DE DEUX CAS D’ANÉMIE PERNICIEUSE. (Province Médicale, 10 fé
vrier 1912;)
R. ry
ANÉMIE PERNICIEUSE PLASTIQUE CHEZ UNE FEMME ENCEINTE ALBUMI¬ NURIQUE ET ÉTHYLIQUE. AMÉLIORATION RAPIDE ET PERSISTANTE APRÈS ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ SPONTANÉ. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 15 décembre 1911.)
ANÉMIE PERNICIEUSE HYPOPLASTIQUE CRYPTOCÉNÉTIQUE ; TRAITEMENT PAR LA RADIOTHÉRAPIE ET LES INJECTIONS DE SÉRUM ANTIDIPHTɬ RIQUE. MORT. (Soc, Sc. Méd. Montpellier, 15 décembre 1911.)
Les hasards de la clinique nous ayant permis d’observer, presque au même moment, deux cas d’anémie pernicieuse, dissemblables par leur évolution et leur formule hématologique, nous avons repris l’étude des anémies pernicieuses, en Opposant nos deux cas l’un à l’autre.
Début lent, avec même, dans un de nos cas, conservation de l’état général et d’un certain enbonpoint, faciès très pâle, hémorragies plus ou moins abondantes, palpitations ou souffles anorganiques, troubles digestifs parfois tardifs, légère fièvre : tels sont les symptômes que nous retrouvons, mais à des degrés divers, chez nos malades. L’une, une femme qui venait d'accoucher avant terme, était dans un état d’apathie complète ; l’autre, un homme, exerçant la profession d’ébemstc, menait encore une vie assez active. Si nous nous étions fiés, pour porter un pronostic, sur l’état général de nos malades, nos prévisions auraient été complètement déçues par l’évolution : l’homme encore floride dépérit d’une façon très rapide ; la femme, si profondément asthénique, s’améliora considérablement en quelque’s semaines. Nous ne parlions, dans notre observation, que d’amélioration considérable, nous méfiant de quelque rechute plus ou moins lointaine, toujours à redouter dans ces cas : actuellement, où nous avons eu ces derniers tempp des nouvelles de notre malade, nous pouvons la considérer comme complètement guérie.
L’étude hématologique de nos cas nous fournit la clef de leur évolution si différente. On considère dans les anémies pernicieuses deux grands groupes : l’anémie plastique, dont la formule sanguine traduit une réviviscence de la moelle osseuse, une tendance à la régénération globulaire, présence d’hématies nueléées, anisocytose, poikilocytose, hyperleucocytose avec éosinophilie et myélocytes granuleux, •— l’anémie aplasiique, où il n’y a aucun de ces signes de régénération sanguine, mais au contraire leucopénie et lymphocytose. Notre premier cas, qui a guéri, rentre dans le groupe des anémies plastiques. Il offre même une particularité : l’abondance inaccoutumée d’hématies nueléées, 15 0/0. Cët excès d’hématies nueléées a été diversement interprété, au
point de vue du pronostic ; il faut se rallier, semble-t-il, à l’opinion d’Auberlin qui y voit un indice plutôt favorable.
Notre second cas se rapproche des anémies aplastiqucs, avec lesquelles il a beaucoup de caractères communs. Mais, à cause de la rareté des anémies aplastiques vraies, dont l’autopsie, montre seule d’une façon indubitable l’absence de reviviscence médullaire, et à cause de la présence chez notre malade de quelques éosinophiles, nous préférons ranger ce cas dans le groupe des « formes intermédiaires » qui comprennent les anémies hypoplastique et métaplastique. Ainsi, dans le pronostic d’une anémie,' l’élément le plus important n’est pas le nombre des hématies (850.000 chez notre malade qui a guéri, 1.300.000 chez celui qui est mort), mais la formule sanguine.
L’étiologie de nos cas nous a permis de discuter la question des anémies gravidiques, dans lesquelles la grossesse paraît jouei surtout un simple rôle de cause prédisposante : dans notre cas, s’ajoutaient bien d’autres facteurs étiologiques, facteurs toxiques (alcool), infectieux (grippe, infection puerpérale;, insuffisance ré nale. Notre second malade rentre dans la classe des anémies pernicieuses de cause inconnue, cryptogénétiques.
Nous avons essayé-chez nos malades quelques-unes des méthodes nouvelles de traitement des anémies graves : la radiothérapie de la moelle osseuse et lès injections de sérum frais (sérum antidiph térique), l’opothérapie par la moelle osseuse de veau.