COEUR ET VAISSEAUX
Dans tous ces cas, 1 opothérapie médullaire s'est montrée manifestement inférieure au traitement ferrugineux.
Sur l’origine urémique de l’angine de poitrine des artérioscléreux (36).
Dans un mémoire, publié en collaboration avecM. Gilbert, nous nous sommes efforcés de montrer que l’angine de poilrine vraie est due à une insuffisance rénale, latente ou manifeste. La théorie coronarienne est incapable d’expliquer tous les faits d'angine vraie ; elle en donne une interprétation physiopathologique insuffisante. Force est donc d’accepter l’idée d’une névralgie ou d’une névrite du plexus cardiaque. L’examen minutieux des malades permet de reconnaître quelle est la cause de cette névralgie ou de cette névrite ; ces sujets sont en effet constamment atteints d’une néphrite interstitielle, dont leurs urines présentent tous les caractères; de plus, l’angine de poitrine alterne parfois avec des manifestations non douteuses de l’urémie et en particulier avec l’asthme urémique ; enfin, une dernière preuve est tirée de l’influence du traitement : le régime lacté amène en effet une remarquable amélioration chez ces malades et espace le retour des crises.
Cette conception permet de ramener à l’unité la palhogénie de l’angine de poitrine ; si l’on met à part les cas où elle est de nature réflexe ou hystérique, c’est toujours à une cause toxique ou toxiinfectieuse qu’il faut attribuer l’origine de ce syndrome.
B AGTÉRIOLO GIE
Recherches sur la destruction des microbes (vibrion cholérique
et bacille typhique) dans la cavité péritonéale des cobayes
immunisés (6).
Dans ce travail fait à l’Institut Pasteur, sous la direction de M. Metchnikoff, j’ai montré que dans l’expérience de Pfeiffer, la transformation extra-cellulaire des bactéries en granules est en rapport avec l’intensité de la phagolyse. L’injection de la culture dans le péritoine détermine la destruction d’un certain nombre de leucocytes, qui laissent échapper leur contenu dans le liquide péritonéal, et la transformation des vibrions en granules est due à l’action de cette substance cellulaire devenue libre. Si on prépare des cobayes en leur injectant la veille, dans le péritoine, une solution capable de renforcer l’activité des leucocytes et d’empêcher la phagolyse, les vibrions sont englobés par les cellules et détruits dans leur intérieur.
J’ai recherché quelle substance injectée préventivement se montrait la plus efficace pour entraver la phagolyse ; j’ai reconnu ainsi que le bouillon, qui avait donné de bons résultats à M. Metchnikoff, n’agissait sûrement qu’à la condition d’être fraîchement préparé. La solution physiologique de sel marin, la gélatine, la nucléine, les cultures de staphylocoque stérilisées, la tuberculine, la lécithine, le sérum anticholérique pur, amènent aussi une hyperleucocytose intra-péritonéale plus ou moins marquée, mais en général ces leucocytes ainsi attirés résistent mal à l’injection de culture cholérique. Dans tous ces cas, la formation extra-cellulaire des granules est proportionnelle au degré de la phagolyse.
BACTÉRIOLOGIE
Culture des microbes en tubes de sable (44).
Nous avons eu l'idée, P. Carnot et moi, d’employer, pour certains microbes, des milieux de culture au sable; si dans un tube' en U rempli de bouillon, on ajoute dans la branche large du sable stérilisé, les microbes ensemencés dans la branche fine ne pourront arriver au sommet de l’autre branche qu’après avoir traversé le sable contenu dans cette branche. Les microbes mobiles arrivent seuls à traverser la couche de sable; les autres sont incapables de la franchir. Le temps nécessaire à franchir 1 centimètre de sable est très variable suivant les espèces, et oscille entre quarante minutes et six heures. Cette technique peut donc servir de méthode d'isolement pour les microorganismes mobiles.
Étude des microorganismes mobiles (45).
Grâce à la méthode que je viens de décrire, j’ai pu étudier quelques-unes des causes qui influent sur la mobilité de microorganismes. C’est ainsi qu’à 43“ le bacille d’Eberth garde sa végétabiüté, mais perd presque entièrement sa mobilité. D’autre part, pour augmenter la mobilité d’un microbe, il suffit de faire des passages successifs et très rapprochés dans une série de tubes de sable ; on voit alors diminuer le temps nécessaire au passage d’une façon très remarquable. Nous avons expliqué ce phénomène par la sélection; en effet, les microorganismes les plus rapides arrivant les premiers, ce sont eux que l’on prend chaque fois pour les semer dans un autre tube.
Action de 1 adrénaline sur le développement des gangrènes microbiennes (47).
On sait, depuis les expériences de M. Roger, qu’une inoculation microbienne qui donnerait lieu à une inflammation purulente dans les conditions ordinaires, est suivie de la formation de placards gangreneux quand on a déterminé, par avance, l’anémie du tissu ; ainsi agit la section du sympathique cervical du côté opposé sur
ÈACTÉRIOLOGiÈ
l’évolution de l’érysipèle expérimental de l’oreille du lapin. J’ai voulu étudier les effets d’une vaso-constriction temporaire comme celle que produit l’adrénaline, et j’ai reconnu que cette action entraînait aussi une évolution gangreneuse. Il faut, pour obtenir un pareil résultat, que l’injection d’adrénaline soit faite en même temps que l’inoculation du streptocoque ou dans les heures qui suivent ; une seule injection de quelques gouttes d’adrénaline, ou mieux, deux injections faites à quatre heures d’intervalle de manière à maintenir la vaso-constriction pendant plusieurs heures, suffisent pour entraîner l’apparition de la gangrène; celle-ci apparaît dès le troisième ou le quatrième jour de l’inflammation si le microbe est très virulent, un peu plus tardivement s’il l’est moins.
Bien entendu, si les injections sont répétées les jours suivants, la gangrène est plus étendue ; mais c’est l’injection du premier jour qui détermine l’apparition de la mortification, et elle seule suffit, si on n’injecte l’adrénaline qu’une fois l’inflammation commencée, celle-ci suit sa marche habituelle.
Ainsi, une vaso-constriction, même passagère, suffit pour déterminer l'évolution d’un processus inflammatoire vers la gangrène; une pareille action permettra peut-être d’expliquer certaines gangrènes limitées des extrémités, dont la pathogénie est encore mal élucidée.
Développement du bacille charbonneux dans les réseaux d’origine de la veine porte (64).
Le foie ayant la propriété d’arrêter et de détruire de nombreux microbes et notamment le bacille charbonneux, on pouvait se demander ce qui surviendrait, si, avant d’atteindre le foie, la bactéridie traversait un des réseaux d’origine de la veine porte, le réseau intestinal ou le réseau splénique.
J’ai pu ainsi reconnaître .avec M. Roger, que le bacille charbonneux trouve dans le réseau capillaire de l’intestin des conditions favorables à son développement; il y pullule, comme nous l’avons vu sur les coupes, et peut ensuite envahir l’économie et triompher de la résistance que le foie oppose à la marche de 1 infection. Il s y
BACTÉRIOLOGIE
développe sans doute mieux que dans les capillaires pulmonaires, car une dose qui, injectée dans les veines périphériques, ne détermine pas la mort, tue, au contraire, quand elle est introduite dans une artère de l’intestin.
Il en est tout autrement pour la rate; nous avons pu injecter dans 1 intérieur du parenchyme splénique des doses dix fois supérieures à la dose mortelle par les veines périphériques, sans déterminer d accidents. Cette expérience démontre d’une manière décisive que la rate est capable de détruire le bacille charbonneux.
Action des microbes sur les toxines provenant d’autres espèces microbiennes (60, 62).
J ai recherché avec l’aide de M. Sabaréanu ce que devenaient les toxines diphtérique et tétanique quand on y ensemençait des microbes, tels que le bacille d’Eberth et la bactéridie charbonneuse. Nous avons reconnu ainsi que le bacille d’Eberth détruit la toxine diphtérique et renforce, au contraire, la toxine tétanique, tandis que la bactéridie charbonneuse détruit la toxine tétanique et renforce la toxine diphtérique.
Nous avons démontré que la destruction de la toxine tétanique par la bactéridie charbonneuse est bien due à une action directe du microbe sur la toxine et non à l’effet d’une substance spéciale sécrétée par la bactéridie.
Enfin, nous avons reconnu que la toxine soumise à l’action de la bactéridie charbonneuse conservait une certaine toxicité, une fois le pouvoir tétanique disparu ; pareille toxicité métatypique se rencontre aussi dans les toxines vieilles et atténuées par le simple contact de 1 air et de la lumière, mais elle est toujours moins marquée que quand l’atténuation est due à l’action de la bactéridie. Cette activité, non spécifique, de la toxine est comparable à celle qu’Ehrlich attribue aux toxones ; il ne semble pas pourtant qu’elle doive être rattachée à une substance existant de tout temps à côté du poison tétanique spécifique; elle paraît bien due à une transformation de ce poison ; l’action toxique secondaire remplace l’action tétanisante et peut, sous certaines influences, être remplacée par elle.
BACTÉRIOLOGIE
Peut-être est-il permis de comparer cette transformation de la toxine in vitro au phénomène qui se passe dans l’organisme, quand des poisons perdent leurs propriétés spécifiques pour donner lieu à des lésions banales; ainsi, la syphilis,chez des individus anciennement contaminés, déterminedes accidents n’ayant plus riende caractéristique et pour lesquels on a dû créer le nom de parasyphilis.
Sur un microbe particulier trouvé dans un kyste hydatique suppuré et gazeux (91).
L’examenbactérioscopiquedu pus prélevé à l’ouverture d’un kysle hydatique suppuré et gazeux m’a permis de reconnaître dans ce pus
Fig. 16. — Examen direct du pus : amas microbien au milieu de globules de pus et d'hématies.
l’existence d’un microbe particulier dont j’ai cherché à préciser les caractères.
Ce microbe est remarquable par son aspect morphologique. Dans le pus, il se présentait sous forme de bâtonnets plus ou moins allongés, rarement rectilignes, le plus souvent renflés en un point de leur trajet ou à une de leurs extrémités (fig- 16.) Quand le renflement est terminal, il donne à l’élément 1 aspect d une massue , souvent chaque bâtonnet présente une série de renflements arron-
BACTÉRIOLOGIE
dis reliés entre eux par des filaments ténus. En général, les éléments ne se présentent pas à l’état isolé, mais ils apparaissent réunis en amas comprenant 8 à 10 bâtonnets groupés sans ordre. Dans les cultures et en particulier en bouillon, l’aspect est le même (fig. 17). Cette bactérie reste colorée par la méthode de Gram.
Ce microbe donne sur gélose en surface une culture peu abondante; celle-ci l’est davantage sur gélose ascite. Le développement est assez rapide en bouillon ordinaire ; de même en bouillon
Fig. 17. — Aspect du microbe cultivé en bouillon, bacillus moniliformis.
saccharosé et lactosé ; il est nul en bouillon glycériné. Le lait est acidifié et coagulé en petits grumeaux. En gélose sucrée profonde, le microbe se développe rapidement en donnant lieu à des gaz ; il est facultativement anaérobie.
Le développement n’a lieu qu’à la température de l’étuve ; il est nul à 20°.
Ce microbe est peu virulent pour les animaux de laboratoire ; il ne détermine pas de septicémie, mais donne lieu à un abcès au point d’inoculation. J’ai pu retirer de ses cultures un produit toxique qui, injecté à haute dose, détermine la mort du lapin et du cobaye avec de la diarrhée.
En raison de sa forme, on peut se demander s’il appartient au groupe des bactéries ou s’il représente un organisme plus élevé. Mais un examen attentif montre que l’aspect ramifié est dû à la juxtaposition d’éléments séparés par un mince espace clair; de plus, en faisant des cultures en goutte pendante, j’ai pu étudier sous le microscope l’aspect du microbe vivant ; jamais, dans ce cas, je n’ai vu un élément émettre de prolongements latéraux. Aussi ai-je pensé que cet organisme appartenait bien au genre Bacillus, et ai-je proposé de lui donner le nom de Bacillus monili- / or mis.
BACTÉRIOLOGIE
Recherche sur les pseudo-tuberculoses par substances inanimées (129, 131).
On sait depuis les recherches d’Hippolyte Martin que l’injection au cobaye de différentes substances, en particulier les grains de lycopode, la poudre de cantharides, ou le poivre de Cayenne détermine la formation de nodules contenant des cellules géantes et des
Fig. 18. — Epiploon de cobaye ayant reçu 25 jours auparavant une émulsion de poudre de charbon stérilisé mélangé à une culture de subtitis. A gauche de la figure, on voit deux nodules à cintre hyalien.
cellules épithélioïdes et analogues à ceux obtenus par l’injection de produits tuberculeux. Je me suis demandé si de même que les
GARNIER. '
BACTÉRIOLOGIE
produits tuberculeux ne doivent leur virulence qu’au bacille de Koch, les substances inanimées n’acquièrent de propriétés nocives qu’en raison des microbes qui végètent à l’étal habituel à leur surface. C’est ce que j’ai entrepris de démontrer avec l’aide de M. Chaoul.
Répétant l’expérience d’Hippolyte Martin, nous avons injecté dans le péritoine de cobayes, de la poudre de lycopode émulsionnée dans de l’eau salée physiologique ; les animaux moururent en
Fig. 19. — L’un des nodules indiqués à la figure précédente, vu à un fort grossissement. Autour du centre hyalin, on voit des noyaux de leucocytes et de nombreuses cellules épithiloïdes à gros noyau ; à droite et en haut est figurée une masse protoplasmique renfermant plusieurs noyaux.
un espace de temps variant de u à i5 jours et à l’autopsie nous trouvâmes des formations analogues à des tubercules et de profondes dégénérescences viscérales.
D'autres cobayes reçurent cette même poudre de lycopode lavée
bactériologie
à l’éther ; la plupart survécurent, mais sacrifiés ils présentaient des nodules formés de poudre de lycopode entourée de tissu fibreux.
Nous avons alors employé la poudre de charbon animal, qui présente sur le lycopode l’avantage de pouvoir être stérilisée pai la chaleur sans subir de modification dans sa structure. Cette poudre, comme celle de lycopode, est chargée de microbes variés, que met en évidence la culture d'une parcelle sur les différents milieux employés en bactériologie. Injectée en nature, elle détermine la mort du cobaye, et à l’autopsie de l’animal on trouve sur le péritoine des productions nodulaires ressemblant à des tubercules et contenant de nombreuses bactéries. Stérilisée par la chaleur à i8o°, elle perd tout pouvoir nocif ; les animaux injectés résistent et, quand on les sacrifie, on ne trouve nulle part de formations nodulaires; les grains de charbon ont suscité seulement une très légère réaction limitée à leur contact immédiat.
Cette même poudre de charbon stérilisée fut ensuite mélangée à des cultures d’un microbe que nous avions isolé avant la stérilisation, et à des cultures de subtilis. Ces microbes injectés seuls n’avaient aucun pouvoir nocif; au contraire injectés avec la poudre de charbon stérilisée, ils déterminèrent la mort de l’animal et l’autopsie révéla des lésions variées. Avec le subhlis, en particulier, nous avons obtenu des formations analogues au follicule tuberculeux ; le microscope révèle en effet dans l’épiploon des granulations ayant un centre hyalin, et une périphérie formée de cellules épithélioïdes eide leucocytes ; certains aspects rappellent les cellules géantes (fi g. 19).
Ainsi les pseudo-tuberculoses par substances inanimées sont bien en rapport avec la présence de microbes qui végètent à leur surface, et, parmi ces microbes, le subtilis paraît être celui auquel on doit attribuer la formation des nodules.
DIVERS
Note sur un cas d’hémoglobinurie paroxystique (1).
J’ai apporté, avec M. Siredey, une observation d’hémoglobinurie paroxystique essentielle, dans laquelle les accès apparaissaient sous l’influence du refroidissement ; nous avons pu observer, dans ce cas, l’aspect laqué du sérum et le phénomène de la redissolution du caillot. L’expérience d’Ehrlich fut négative.
Fréquence de la tuberculose dans les grandes paralysies infantiles (2).
Il résulte des recherches que j’ai entreprises, avec M. Gilbert, que la tuberculose est la cause de mort la plus fréquente chez les individus porteurs d’atrophies musculaires étendues, consécutives à la paralysie infantile ; le malade qui servit de point de départ à nos recherches ne paraissait nullement misérable et n’avait pas fait de séjour à l’hôpital avant de venir demander nos soins. L’influence du milieu nosocomial devait donc être écartée. Aussi pensons-nous que la disparition d’une grande quantité de masses musculaires diminue la résistance de l’organisme vis-à-vis du bacille tuberculeux; l’atrophie agit ici comme l’exérèse chirurgicale; M. Marie a, en effet, montré la fréquence de la tuberculose chez les amputés.
De la « main succulente » dans l'hémiplégie (4).
J’ai observé, avec M. Gilbert, chez une ancienne hémiplégique une déformation de la main rappelant l’aspect décrit par M. Mari-
DIVERS
nesco dans la syringomyélie, sous le nom de main succulente. C est une main potelée dont la face dorsale est tuméfiée, dépourvue de saillies et, déplus, violacée. Il s’agit là d'un trouble trophique qui, chez notre malade, se répétait au membre inférieur, lequel avait pris l’aspect éléphantiasique.
Cette main succulente a été retrouvée par M. Marie chez d autres hémiplégiques et par M. Déjerine dans certains cas de poliomyélite antérieure. Ainsi, cette déformation n’est pas spéciale à la syringomyélie; ce qui est caractéristique de cette maladie, c est 1 association de la main succulente avec l’atrophie musculaire à type Aran-Duchenne.
Sérum antipancréatique (39).
Avec M Paul Carnot j’ai cherché à préparer un sérum pancréatolytique par la technique habituelle, en répétant chez des lapins d’une part, des oies d’autre part, des injections de pancréas de chien.
Le sérum des animaux ainsi préparés était ensuite injecté dans les veines de chiens neufs ; nous avons obtenu ainsi des troubles passagers, quelquefois une glycosurie fugace. Par injection directe dans la glande, nous avons obtenu une sclérose rapide de 1 organe. Dans aucun cas, pourtant, nous n’avons observé d’insuffisance pancréatique aiguë semblable à celle que détermine l’extirpation du pancréas.
Ostéo-arthropathies métatraumatiques (52).
J’ai rapporté, avec M. Roger, un cas de déformations particulières des os de la main consécutives à une fracture de l’extrémité inférieure de l’avant-bras. Ces déformations ne pouvaient être mises sur le compte d’une lésion vasculaire ni d’une lésion nerveuse, comme le montrait l’étude de leur répartition exacte ; elles ne semblaient pas non plus devoir être rattachées au rhumatisme chronique. Nous avons pensé qu’elles relevaient d’une pathogeme un peu spéciale; chaque articulation est en effet soumise à des influences trophiques qui règlent l’apport des maténeux nutritifs
DIVERS
et dirigent la rénovation des tissus Or le cal, une fois produit et devenu exubérant, a nécessité une nouvelle répartition des éléments nutritifs à l’extrémité inférieure de l’avant-bras. Il a réagi sur les centres trophiques et les a modifiés de façon à les mettre en état de maintenir la forme nouvelle déterminée par la fracture. Comme il arrive fréquemment, cette réaction ne s’est pas limitée au territoire auquel elle était destinée ; elle en a dépassé les limites et la nutrition des os a subi un trouble analogue à la main et à l’avant-bras.
Nous avons proposé, pour désigner cette variété de déformation osseuse, le nom d’ostéopathies métagmiques (de jastoc, après, et àyu.ciç, fracture).
Rapports entre la constitution chimique des corps et leur
toxicité dans la série aromatique (benzène et ses dérivés).
J ai repris avec M. Chassevant l’étude des relations qui existent entre la constitution chimique des corps et leurs propriétés physiologiques. Nous nous sommes adressés au benzène, qui joint, à 1 avantage de posséder une formule simple, celui d’avoir un édifice moléculaire bien défini ; après avoir déterminé la toxicité du noyau benzène, nous avons cherché comment elle variait, quand on remplace dans sa constitution un ou plusieurs atomes d’hydrogène par différents radicaux.
Nous avons ainsi déterminé la toxicité de 3o corps par injection intra-péritonéale chez le cobaye.
Tous ces corps donnent de l’hypothermie, et on peut admettre que cette action est due au noyau même du benzène.
Le benzène détermine de plus des convulsions et de l’hypotonie musculaire. La substitution d’un ou de deux radicaux hydroxylés (phénols et diphénols) rend ces phénomènes plus intenses. La substitution de radicaux hydrocarbures les diminue (toluène), ou les supprime totalement (éthylbenzène, xylène, etc.). La substitu-
DIVERS
io 3
tion dû radical carboxyle (acide benzoïque, acides phtalliques) les supprime. La substitution simultanée, dans une même molécule, d’un radical hydroxylé et d’un radical hydrocarburé les augmente (crésols). La substitution simultanée d’un radical hydroxylé et d un radical carboxyle les supprime (acide toluique).
Les modifications apportées à la toxicité du noyau benzène par la substitution d’un ou de plusieurs des radicaux que nous avons étudiés dépendent à la fois :
De la nature du radical substitué: le radical OH augmente la toxicité, le radical CO OH la diminue ; les radicaux hydrocarbures de la série grasse ont une action qui varie en raison inverse de leur poids moléculaire. Lorsque dans une même molécule, les substitutions appartiennent à des radicaux différents, l’action physiologique du composé participe des propriétés que communique chacun de ces radicaux ;
De son poids moléculaire: pour les radicaux hydrocarbures de la série grasse, à mesure que croit le poids moléculaire du radical substitué, la toxicité diminue ;
Du nombre des substitutions : pour les radicaux hydrocarburés, la répétition d’une même substitution diminue la toxicité; de plus, à poids moléculaire égal, c’est le radical bisubstitué qui est le moins toxique. Pour les dérivés hydroxylés, une double substitution augmente la toxicité, mais trois substitutions la diminuent. On peut dire d’une façon générale que, sauf l’exception des diphénols, la répétition d’une même substitution affaiblit l’action du noyau substitué; les corps plurisubstitués sont moins toxiques que les corps unisubstitués ; .
De la position des substitutions : dans les composés plunsubstitués, la toxicité varie suivant la position des substitutions, mais aucune règle ne permet de prévoir la toxicité des isomères de position. ,
On peut déduire de ces recherches quelques applications thérapeutiques ; c’est ainsi que dans le choix d’un antithermique on devra donner la préférence aux corps plurisubstitués, et écarter ceux dans lesquels l’action du radical OH ne sera pas contre-balancée par celle de radicaux atténuants.
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DIVERS
Quant à la propriété qu’ont certains de ces corps de diminuer le tonus musculaire, elle pourrait être utilisée en thérapeutique, si elle n’était liée à l’action convulsivante. Néanmoins, on peut se demander si ce n’est pas à cette propriété que sont dus les bons effets du traitement du tétanos par l’acide phénique dans la méthode de Baccelli.
Classification des composés étudiés suivant leur toxicité moléculaire décroissante :