‹ Exposé des titres et travaux scientifiques du Dr Marcel GarnierChapitre 15 sur 15 · NOM DES SUBSTANCES · texte numérisé non relu

NOM DES SUBSTANCES

Toxicité par kilogr. d’animal (cobaye)

En poids en gr.

En moléculesgrammes

Métacrésol : C 6 H 4 (CH 3 )(OH) .... Paracrésol : C 6 H 4 (CH 3 )(OH) ....

Pyrocatéchine : C 6 H 4 (OH) 2 .

Hydroquinone : C 6 H 4 (OH) 2 .

Résorcine : OTPVOH) 2 ....

Phénol : C 6 H 5 (OH) ..

Orthocrésol : C 6 H 4 (CH 3 )(OH).

Toluène : C 6 H S (CH 3 ) ...... .

Ethylbenzène : C 6 ]! 5 ^ 2 !! 5 ). . .

Acide métatoluique: C 6 H 4 (CH 3 )(COOH) Acide pyrogallique : C 6 H 3 (OH 3 )....

Acide salicyiique : C 6 H 4 (COOH)(OH) .

Acide orthotoluique: C 6 H 4 (CH 3 )(COOH) Acide métaphtalique : CNDiCOOH) 2 .

Phloroglucine : C 6 H 3 (OH) 3 .

Benzène : C S H 6 . ....

Acide paratoluique: C 6 H 4 (CH 3 )(COOH) Acide paraphtalique : C 6 H 4 (COOH) 2 . .

Acide orthophtahque : C 6 H 4 (COOH) 2 .

Mésitylène : C 6 H 3 (CH 3 ) 3 . ....

Cumène : C 6 H 5 (C 3 H 7 ) . . .

Acide gallique : C 6 H 2 (COOH)(OH) 3 . .

Paraxilène : C 6 H 4 (CH 3 ) 2 . . . '

Acide benzoïque C 6 H 5 COOH....

Pseudocumène : C 6 H 3 (CH 3 ) 3

Métaxylène : C 6 H 4 (CH 3 ) 2 . .

Paracymène : C 8 H 4 (CH 3 )(C 3 H 7 ). .

Orthoxylène : C 6 H 4/ CH 3 ) 2 . .

Ac. métaoxybenzoïq.: C 6 H 4 (OH)(COOH) Ac. paraoxybenzoïq.: C 6 H 4 (OH)(COOH)

DIVERS

Des embolies hydatiques de l’artère pulmonaire (65).

L’arrêt d’une vésicule hydatique dans le tronc ou danslesbranches de l’artère pulmonaire donne lieu parfois à un syndrome clinique particulier, que j’ai décrit avec M. Jomier à propos d’un cas que nous avons eu l’occasion d’observer.

Ce syndrome présente deux variétés : dans l’une, la plus rare, les accidents évoluent en quelques jours ; nous n’en avons trouvé aucun exemple en dehors de notre observation personnelle. Chez notre malade, l’aspect clinique avait été celui d’une pneumonie ; il y avait eu un début brusque, une fièvre contiuue oscillant autour de 4o°, des crachats colorés adhérant au vase ; seuls les signes physiques d’hépatisation pulmonaire manquaient. L’autopsie, en nous montrant l'existence d’une vésicule hydatique engagée dans la branche gauche de l’artère pulmonaire, nous expliqua la brusquerie du début et la dyspnée formidable. L’examen microscopique nous permit de constater, outre une congestion intense, des lésions

de bronchite diffuse, avec de très nombreux pneumocoques disséminés dans l’exsudât. On comprend aisément que l’association d’une infection bronchique à pneumocoques et d’une embolie pulmonaire hydatique ait pu réaliser un tableau morbide rappelant celui de la pneumonie.

La deuxième variété constitue la forme traînante ; nous en avons relevé 12 observations dans la littérature médicale; alors le début est en général brusque et rappelle celui de l’embolie pulmonaire habituelle ; la dyspnée est persistante et ne s’accompagne pas de signes stéthoscopiques bien nets ; les hémoptysies sont fréquentes, l’asystolie est le plus souvent l’aboutissant des accidents. La maladie évolue sous un aspect clinique qui rappelle tantôt, la tuberculose pulmonaire chronique, tantôt une cardiopathie dont lediagnos^ tic ne peut être précisé.

Si cette embolie peut revêtir des caractères si particuliers, c’est que la vésicule hydatique se comporte tout autrement que les autres embolies ; le plus souvent elle n’oblitère pas complètement le vaisseau dans lequel elle est engagée ; elle reste mobile dans la

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lumière du canal et ne détermine pas la formation de caillots secondaires; aussi une petite quantité de sang peut passer entre la paroi et la vésicule, qui se laisse déprimer grâce à son élasticité. Le poumon n’est jamais le siège d’infarctus, il est seulement congestionné et œdémateux.

L’embolie hydatique de l’artère pulmonaire méritait donc bien d’être individualisée au point de vue nosologique; elle constitue un type morbide spécial ; quand elle sera mieux connue, peut-être pourra-t-on en poser plus souvent le diagnostic.

Kyste hydatique suppuré et gazeux de l’arrière-cavité des épiploons (86).

Avec M. Lecène, j’ai observé un cas de kyste hydatique suppuré occupant la partie supérieure de l’abdomen. Le diagnostic avant l’opération avait été celui d’abcès sous-phrénique d’origine inconnue. Le rapide développement d’une voussure au niveau du creux épigastrique avait fait penser à l’existence de gaz dans la poche.

L’incision permit de reconnaître qu’il s’agissait d’un kyste hydatique suppuré et gazeux siégeant dans l’arrière-cavité des épiploons. Après drainage de l’abcès, la poche se referma et le malade guérit.

L’examen bactériologique du pus montra la présence de deux microbes : l’un strictement anaérobie, identique au Slaphylococcus parvulus de Veillon et Zuber, l’autre beaucoup plus abondant, aérobie et anaérobie, constitue une espèce nouvelle ; je lui ai consacré un travail spécial (V. p. 95).

Dictionnaire des termes techniques de médecine (27, 40, 67, 100,125).

Sous ce titre, j’ai publié, avec M. V. Delamare, un dictionnaire dans lequel nous avons réuni tous les termes employés en médecine, en particulier les noms des maladies, des symptômes cliniques et des lésions anatomiques ; chacun de ces termes est accompagné de son étymologie et expliqué en une phrase aussi côncisè

DIVERS

que possible. On sait combien le langage médical a acquis de complexité depuis quelques années ; de plus, l’habitude de donner aux symptômes et aux lésions le nom de l’auteur qui les a décrits a augmenté la terminologie médicale ; en fixant le sens exact de chaque mot, en expliquant les expressions dans lesquelles entrent des noms propres, nous avons pensé être utile aux médecins et aux étudiants. Notre maître, M. Roger, a bien voulu écrire une préface pour cet ouvrage.

Dans une deuxième édition, publiée un an après la première, nous avons pu ajouter les expressions nouvellement créées et un certain nombre de mots qui nous avaient échappé la première fois et compléter ainsi l’ouvrage.

Une troisième édition parue en 1905 fut mise au courant delà science et augmentée de 64 pages.

Une quatrième édition parue en 1908, fut augmentée de 54 pages sur la précédente ; une cinquième édition parut en 1912.

En 1907, cet ouvrage a été traduit en espagnol ; cette traduction eut une deuxième édition en 1912.

Dictionnaire de médecine de Littré et Gilbert (83, 92).

Avec mon maître, le professeur Gilbert, j’ai fait une révision complète du Dictionnaire de médecine de Littré et Robin. Cet ouvrage a été publié en plusieurs fascicules ; la plupart des articles ont été modifiés ; quelques-uns ont été complètement remaniés ; beaucoup enfin sont entièrement nouveaux.

Un nouveau cas d’oospore pulmonaire à forme de bronchectasie (120).

J’ai observé, avec M. Bory, un cas de dilatation bronchique que nous avons pu rattacher à l’oosporose pulmonaire grâce à l’examen des crachats et à la recherche de la déviation du complément.

L’ensemencement des produits expectorés nous permit, en effet, de mettre en évidence dans les crachats une oospora se rapprochant beaucoup morphologiquement de l’oospora pulmonalis, mais en

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différant par quelques caractères particuliers : en effet, le germe que nous avons isolé ne prend pas le Gram, el se développe difficilement sur gélose inclinée.

Pour démontrer la valeur pathogène de cet organisme nous avons recherché la réaction de fixation en prenant comme antigène une sur culture en bouillon maltosé, centrifugé et lavé à l’eau physiologique. Nous pûmes mettre ainsi en évidence dans le sérum de notre malade l’existence d’une sensibilisatrice spécifique vis-à-vis de l’oospora qui végétait dans ses poumons.

Tubercule solitaire du cervelet (123).

J’ai rapporté avec M. Thiers l’observation d’une femme atteinte de tubercule solitaire du cervelet. Pendant la vie, l’existence de céphalée, d’affaiblissement de la force musculaire du côté gauche,

1 exagération des réflexes tendineux du même côté, la diminution de la sensibilité à gauche, la dilatation et l’immobilité de la pupille gauche, la tendance marquée à la chute en arrière et à gauche, le nystagmus, la déviation conjuguée de la tête et des yeux à droite nous avaient fait penser à une tumeur des centres encéphaliques et probablement du cervelet. La ponction lombaire montra que le liquide céphalo-rachidien était normal et ne présentait pas de lymphocytose.

L’autopsie permit de reconnaître l’existence d’un tubercule volumineux situé dans le lobe gauche du cervelet et contenant de très nombreux bacilles de Koch, virulents pour le cobaye. Les sommets des deux poumons présentaient des lésions tuberculeuses, dont nous avions reconnu d’ailleurs l’existence pendant la vie.

Opération de Freund chez un emphysémateux de 18 ans.

Résultat favorable (124).

J’ai observé un emphysémateux jeune, âgé de 18 ans, présentant des poussées de bronchite à répétition ; l’examen stéthoscopique et l’étude des crachats ne révélaient pas de signes de tuberculose. Aussi ai-je pensé que l’opération de Freund était particuliè-

îog

rement indiquée dans ce cas. Pratiquée par M. Baudet, elle fut suivie d’un résultat particulièrement favorable ; revu six mois plus tard, le malade se trouvait grandement amélioré et ne présentait plus de poussées de bronchite.

Toxicité des extraits de foie et de rein normaux et autolysés (134).

Si, comme on l’admet généralement, l’autolyse aseptique reproduit in vitro le processus de désintégration qui se passe constamment au sein des tissus, on conçoit tout l’intérêt qui s’attache à l’étude de la toxicité des produits ainsi formés. Aussi ai-je repris cette élude avec M. Bory, en comparant constamment la toxicité d’organes frais et d'organes autolysés, les extraits étant préparés dans les deux cas suivant la même méthode.

Nous avons ainsi reconnu que la toxicité du foie autolysé est à peine supérieure à celle dé l'organe frais. Après 7 jours d autolysé, il faut 19 gr. 4 de foie par kilogramme pour tuer le lapin en injection intraveineuse, alors que l’organe employé à 1 état frais tue le lapin à la dose de21 à 22 grammes par kilogramme; dans les deux cas l’action coagulante de l’extrait de foie est empêchée par une injection préalable d’une dose suffisante d extrait de sangsue.

Le rein soumis à l’autolyse perd son pouvoir coagulant ; mais sa toxicité augmente notablement ; à l'état frais une dose de 5 grammes par kilogramme ne détermine la mort qu’au bout de 5 jours ; après une autolysé de 7 jours, des doses de 2 à 4 grammes suffisent pour faire succomber immédiatement l’animal.

Action des liquides isotoniques et des liquides isovisqueux en

injections intra-vasculaires. Influence de la néphrectomie

Dans une série de recherches entreprises avec M. Roger, nous avons étudié l’action des injections des liquides isotoniques et des liquides isovisqueux en injections intra-veineuses et aussi en injections intra-artérielles, tant chez le lapin normal que chez le lapin néphrectomisé.

Pour faire ces injections, nous avons fait construire un appa-

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reil permettant d’introduire le liquide sous une pression constante et à une température constante ; la pression du liquide peut être augmentée ou diminuée en élevant plus ou moins l’appareil sur un châssis gradué.

Nous avons ainsi injecté soit dü liquide de Locke, soit une solution salée et saccharosée isotonique dans les veines d’un lapinnormal ; nous avons recherché l’action produite par ces injections sur les sécrétions urinaire et biliaire, sur la pression et la dilution sanguines ; nous avons aussi mesuré la vitesse de l’écoulement suivant les différents moments de l’injection. Nous avons reconnu ainsi que 5 o p. 100 du liquide injecté s'échappe par les urines .et 17 p. 100 par la voie pulmonaire, tandis que 3o p. 100 est retenu dans l’organisme. Toute la quantité retenue ne reste pas dans le sang ; la numération des globules rouges indique que la masse sanguine s’accroit seulement de 17 à 20 p. 100 et cette dilution n’augmente pas quelle que soit la dose injectée. Pendant ce temps, la pression artérielle ne subit que de légères modifications ; aussi la vitesse de l’écoulement aUgmente-t-elle avec la durée de l’injection. Quant à la sécrétion biliaire, elle ne paraît pas influencée par l'expérience.

Si ce même liquide isotonique est injecté à un lapin néphreclomisé,. une partie s’élimine par l’intestin grêle ; la sécrétion biliaire augmente dans des proportions très légères, mais l’exhalation pulmonaire est moins élevée que chez les lapins normaux. Aussi la quantité d’eau retenue dans l’organisme est considérable ; elle atteint 88, 3 p. ioo de la dose introduite. Cette eau s’accumule dans les différents organes, foie, poumons, muscles et en particulier dans le tissu conjonctif qui est infiltré et distendu. La dilution sanguine est plus marquée que dans les conditions normales. Quant à la pression, elle reste longtemps stationnaire ; parfois elle augmente un peu à la suite de l’introduction d’une grande quantité de liquide ; plus souvent elle diminue et la vitesse de l’écoulement augmente à mesure que se poursuit l’expérience. Fait remarquable, malgré l’introduction d’une énorme quantité de liquide isotonique, jamais nous n’avons observé chez le lapin néphrectomisé de poussée d’œdème pulmonaire.

DIVERS

Les liquides isovisqueux introduits dans la circulation générale du lapin se comportent, tout autrement que les liquides isotoniques ils ne passent que difficilement à travers les parois vasculaires ; aussi l’élimination rénale ne peut-elle se produire. La mort est la conséquence immédiate de l’injection dès que la quantité introduite atteint 160 à 200 centimètres cubes par kilogramme ; elle est due à l’oedème pulmonaire. La pression sanguine s’élève légèrement au début (fig. 20), puis elle s’abaisse de 2 à 3 centimètres ; elle remonte et dépasse le niveau primitif au moment où se produit la poussée d’œdème terminal. La dilution sanguine est très marquée, surtout quand le liquide a été rendu visqueux au .moyen de la gomme arabique ; elle l’est moins si on a employé la géla-

Fir 20 — Tracé de la pression artérielle d’un lapin pendant injection dun liquide isovisqueux. - I, pression initiale ; variations de la pression après 100 centimètres cubes (II), après 200 (III) et à ,n fl " de 1 imect 285 centimètres cubes (IV).

ï la fin de l’injection apres

tine; la masse totale du sang peut-être doublée et même triplée. A l’autopsie on constate de nombreuses hémorragies dans les différents organes et tissus.

Les lapins privés de leurs reins supportent le sérum isovisqueux à peu près comme les lapins normaux; ce qui se conçoit aisément, puisque le rein ne peut éliminer le liquide introduit. Le tracé de la pression artérielle est le même dans les deux cas ; la dilution sanguine augmente à mesure que le liquide pénètre. La mort arrive avec des phénomènes d’œdème pulmonaire ; l’autopsie

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montre l’absence d’infiltration œdémateuse des tissus et l’existence de nombreuses hémorragies.

Si, au lieu de prendre comme voie d’introduction sur veine périphérique, on choisit une artère, on reconnaît que le sérum de Loek est aussi bien supporté par cette voie que par l’autre.

Chez les lapins néphrectomisés, l’intestin sert, dans les deux cas, à évacuer une partie du liquide ; la majeure partie passe dans le tissu conjonctif. La pression artérielle est remarquablement peu influencée par ces injections ; tout au début, elle s’élève légèrement ; plus tard elle s’abaisse dans de petites proportions ; malgré cet abaissement, le liquide éprouve de plus en plus de difficulté à s’écouler à mesure que l’expérience se prolonge ; il est probable que la résistance opposée par l'animal à l’entrée du liquide tient au gonflement général des tissus.

Ainsi ces deux phénomènes, élévation de la pression artérielle et œdème aigu du poumon, peuvent être reproduits chez l’animal par l’injection d’un liquide dans le système circulatoire, mais c’est à la condition que le liquide employé soit isovisqueux. Les solutions salées isoioniques sont incapables de les provoquer, même quand les reins ont été enlevés.

La pléthore n’est dangereuse que si le liquide accumulé est doué d’une certaine viscosité.

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