INSTRUMENTS DB CHIRURGIE
Observation (T un malade atteint de syphilis à la suite du cathétérisme des trompes dCEus tache.
iLue à l'Académie do médecine dans la séance du .23 juin 1863.)
11 s’agit d’un jeune étudiant en droit âgé de dix-huit ans, qui, encore vierge, se trouva frappé d’une maladie épouvantable, après s’être fail soigner les oreilles pendant deux mois par un médecin auriste. Les accidents ayant débuté du côté de la région pharyngo nasale, le malade fut adressé il l’auteur, qui découvrit immédiatement, par l’application du miroir, la présence d’un chancre situé sur le pharynx nasal. Un peu dérouté par ce siège insolite, l’auteur fit appel aux lumières du docteur Ricord, qui confirma le diagnostic, et mieux encore, se trouva lui-même éclairé en rapprochant ce fait de plusieurs autres qu’il avait observés, sur l’origine et la cause de celte infection C’était le même médecin auriste qui était Je coupable. Le jeune homme, présentant un terrain favorable, eut successivement les accidents syphilitiques les plus graves, mais enfin il finit par guérir.
Cette communication à l’Académie eut un grand retentissement, et comme on ne peut pas généralement contenter tout le monde, la conduite de l’auteur de la communication ne fut pas approuvée par une certaine minorité. La majorité, au contraire, approuva la publicité donnée au fait, et les nom-
douleur et la surdité n’ont apparu que dans les premi mois de janvier, et, depuis cette époque, l’une et l’au cessé d’augmenter jusqu’au 8 mars.
es ont envahi les amygdales, la base de la langue et le larynx.
la physiologie ne nous permet pas de pousser aussi loin la comparaison; et, d’ailleurs, les syphilizoaires sont encore à trouver.
Les sondes dudoeteurX... sont les seuls objets qui aient pu pénétrer dans le canal naso-pharyngien. Il est probable qu'une de ces sondes, ayant déjà servi à cathétériser un syphilitique, était empoisonnée, et comme il arrive souvent qu’on éraillé la muqueuse en pratiquant le cathétérisme des trompes d’Eustache, le virus aura trouvé tout de suite une porte d’entrée pour infecter l’organisme de notre malade. Cette supposition devient une certitude en pré-
réquisitoire malveillant que.nous avons prétendu lancer contre un honorable confrère ; notre détermination s’est inspirée à une source
plus digne et plus charitable. Nous ne voulons pas d’ailleurs que X...
connaisse jamais la nature du mal qui l’a si cruellement éprouvé.
frères sur les dangers d’une négligence coupable dans l’entretien des instruments de chirurgie. L’histoire de la médecine a enregistré plus d’un fait de contagion ou d’infection par les lancettes, les bistouris, les scalpels; mais ces instruments ne sont pas les seuls qu’il
tout particulier, car c’est un fait authentique que, chez la femme, le poison pénétra quelquefois par une porte que le plaisir n’avait point
La contagion de la syphilis par les spéculums est d’autant plus coupable que, généralement, lorsqu’on voit un chancre sur les parties génitales de la femme, on est peu disposé h faire remonter le mal à une source si honnête, et le doute seul peut avoir des conséquences fâcheuses pour la moralité de la victime.
Le laryngoscope est, lui aussi, un des instruments qui doivent
diagnostiquer des affections syphilitiques du larynx, et un peut avoir des conséquences graves. Nous avons l’habitude de yer quelques miroirs pour les affections qui, au premier abord
paraissent suspectes ; mais, pour plus de sûreté, nous plongeons les instruments, abaisse-langue, stylet, sondes, pinces, miroirs dans une solution de potasse caustique immédiatement après que nous
! Ilf
1863. — Etude pratique sur le laryngoscope et sur
l’application des remèdes topiques dans les voies respiratoires.
'.Note lue à l’Académie de médecine, dans la séance du 28 janvier 1863.)
Celte note n’étant que le résumé de la brochure qui parut en 1864 sur le même sujet, nous prions le lecteur de voir un peu plus loin, année 1864.
1864. — Etude sur la physiologie de la voix.
(Mémoire lu à l’Académie des sciences, dans la séance du
Ce mémoire est le fruit des premières recherches de l’auteur sur la théorie de la voix, dont on trouvera l’exposé plus loin, année 1866. Ici, l’auteur critique les anches membraneuses de Muller, et fait connaître celles qu’il a imaginées pour reproduire exactement les conditions de l’organe vocal.
Dans ce même travail, l’auteur indique le mécanisme de la voix de poitrine, de la voix mixte et de la voix de fausset.
— Etude pratique sur le laryngoscope et sur L’APPLICAT ION DES REMÈDES TOPIQUES DANS LES YOIES RESPIRATOIRES.
Eu 1860, le professeur Czermak ayant montré dans les hôpitaux de Paris, le maniement du laryngoscope qu’il Tenait d’étudier à Londres, l’auteur s’intéressa à ce nouvel iusli ument d’investigation et rechercha aussitôt toutes les applications scientifiques qu’il était susceptible de recevoir. C’est ainsi qu’il put constater la pénétration des corps pulvérulents dans les voies aériennes; c’est ainsi qu'il put étudier de visu le mécanisme de la formation des sons de la voix, c’est ainsi enfin qu’il put jeter quelque lumière sur la pathologie du pharynx nasal, du pharynx et du larynx et qu’il en richit la thérapeutique de quelques instruments nouveaux destinés à porter les remèdes topiques dans ces régions: porte-caustique laryngien, pinces à polypes, inspirateur à poudres, etc.
Dans l’étude que l’auteur publia en 1864, il expose l’historique de l’iuventiou du laryngoscope; il indique les règles de son application ; il prémunit le lecteur contre les enthousiasmes de la première heure on dénonçant l’erreur du professeur Turlt qui prétendait « voir ce qui se passait dans la bronche droite avec le laryngoscope » ; enfin il expose les résultats de son expérience personnelle.
Ce travail, doDt l’édition a été promptement épuisée, a été l’un des plus utiles agents de vulgarisation de la méthode nouvelle.
Nature et traitement :
(Publié par Y Union médicale , le 21 octobre 1865.)
Médecin de la maison Saint-Nicolas, qui renferme habituellement un millier d’enfants, l’auteur eut à soigner un grand nombre de ces derniers, et satisfait des résultats de son traitement, il se fit un devoir de faire connaître sa manière de voir et de faire. Ses idées se rattachant à la pathologie et à la thérapeutique générales, nous les consignerons
les résultats de sa propre expérience, s’ils renferment quelque particularité utile, je n’hésite pas, mettant de côté toute préoccupation personnelle, à faire connaître ma pensée sur la nature et le traitement du choléra.
Ce n’est pas le moment des discussions. Que l’on veuille donc bien m’excuser si, dans l’exposition qui va suivre, j’ai adopté une forme en quelque sorte axiomatique.
Mes observations ont été recueillies à bord du vaisseau le Marengo, cruellement éprouvé pendant la guerre de Crimée; dans l’hôpital maritime de Thérapia (Constantinople) ; et enfin, dans ma pratique à une époque plus rapprochée de nous.
4° Le choléra est un empoisonnement miasmatique; nos confrères sont généralement d’accord là-dessus.
2° Les poisons de nature animale, végétale ou inorganique peuvent agir sur nous de deux manières différentes : ou ils tuent sur le
alors ils déterminent des désordres caractéristiques dans certains
D. Dans les cas de diarrhée sir traits grippés caractéristiques, ne
réussi, dans l’époque actuelle
le, avec pesanteur de l’estomac, i tenons le malade à la diète, et
due d’eau additionnée de 2 gouttes de laudanum.
G. Dans la période algide, l'indication formelle consiste à redonner au malade le calorique qu’il a perdu. Comme le refroidissement résulte de la déperdition des liquides du corps, tous les efforts doivent
lavements très-chauds répétés tousses quarts d’heure, et Rendus
qu’ils renferment. Si le lavement est rendu trop tôt,il faut en donner un second qui, généralement est toujours toléré. Règle générale :
H. Les lavements chauds médicamenteux répondent à trois indications capitales : 1° Ils communiquent presque directement au foyer de la vie la chaleur qui lui est nécessaire ; 2° ils introduisent dans
et abattus malgré la réaction, nous nous trouvons bi. tous les jours 60 centigrammes de quinine en trois i dose, à un intervalle d’une beure.
Généralement après quarante-huit heures, la
tenait à ce que cette question avait été traitée soit par des physiciens purs qui ne possédaient pas des connaissances physiologiques suffisantes, soit par des physiologistes qui ' avaient peut-être négligé lesconditions physiques du son,l’auteur voulut d’abord étud ; er à fond la question physique et,il cet effet, il institua des expériences, sur la production du son dans les lames, dans les tubes et dans les anches merabraneuses.Ces dernières expériences accomplies avec des anches de caoutchouc inventées par l’auteur, reproduisent exactement les conditions du mécanisme de la production du son dans le larynx humain.
Dans le chapitre sùiva'nt, l’auteur expose l’anatomie de l’organe de la voix et il donne, pour chacune de ses pièces, la dimension moyenne résultant de comparaisons nombreuses ; il s’applique surtout à décrire le véritable corps vibrant des sons de la voix. Ce corps, méconnu jusque-là, — car on admettait que les rubans vocaux vibrent dans leur totalité— est constitué par la muqueuse qui se détache duborddes rubans et vient vibrer dans l’intervalle qu’ils laissent entre eux,sous l’influence du passagede l’air dans cet étroit espace. 1,’auteur voyant dans cette disposition une analogie parfaite avec les anches de caoutchouc, dont il s’était servi dans ses expériences, désigne le corps vibrant de la voix sous le nom iTanche vocale.
Après avoir posé solidement la base de son travail,l’auteur passe en revue toutes les théories delà voix qui ont étéémises depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, et après avoir montré en quoi elles pèchent, il expose sa théorie en l’appuyant suides preuves anatomiques, physiques, physiologiques, et sur la vue directe de ce qui se passe dans l’organe vocal, pendant son fonctionnement, au moyen du laryngoscope.
degré, peut monter jusqu’à 10 degrés. Ici, encore, nous
la membrane vocale, qu’elle peut fournir des notes plus graves.
Les sons que l’on obtient avec le larynx artificiel ont le caractère des sons d’anche ; ils sont un peu criards ; mais l’auteur est parvenu à modifier ce timbre désagréable au moyen d’un tuyau sonore convenablement adapté. Gel instrument ainsi modifié fait partie d’une machine parlante qui se construit en ce moment, et qu’il aura l’honneur de présenter dès qu’elle sera terminée.
Le mécanisme que nous venons d’indiquer fait disparaître toute
résonner dans une cavité dont le timbre propre modifie, celui des rubans vocaux. Cette cavité, désignée sous le nom de tuyau vocal, est constitué par les parties qui, du larynx, s’étendent jusqu'aux
intérêt plus grand encore. C’est par ses variables modifications qu’elle donne naissance aux sons caractéristiques de la parole. Nous
Après avoir étudié l’influence du tuyau vocal et du tuyau porte-vent dans la production des sons,, l’auteur passe à l’étude des timbres de la voix, il explique physiologiquement ce qu’on doit entendre par nosonnement et nasillement , le premier n’étant qu’une exagération du timbre nasal, tandis que le secondes! une manière de parler particulière; il donne le secret de la ventriloquie et expose, selon lui, le mér canisme du sifflet ; enfin il étudie la voix selonles âges,selon les sexes et termine cette question par une étude approfondie des phénomènes de la mue de la voix. Ce dernier travail a été accompli à Saint-Nicolas où se trouvent réunis un millier d’enfants de tout âge, et où l’auteur, avec l’aide du laryngoscope a pu suivre journellement les phénomènes de la mue.
Passant ensuite ùl’étude intrinsèque des sons de la parole.
des lettres et des mots, l’auteur a passé en revue toutes les théories émises sur ce sujet et il a été conduit à donner une nouvelle classification des lettres. Cette classification repose sur .la détermination des caractères qui distinguent les voyelles des consonnes etsur les lois qui président à la formation de ces deux ordres de lettres.
Le côté psycho-cérébral de la parole n’a pas été négligé dans cet ouvrage. Après quelques considérations sur la sensibilité, les sensations et la mémoire des sens, l’auteiir établit l’existence d’un nouvel ordre de sensations qu’il désigne sous le nom de sensations qui résultent de lactivité volontaire de nos organes, dans lequel il fait rentrer naturellement les sensations sonores — les mots — qui résultent de l’activité volontaire de nos organes. Cette innovation a conduit l’auteur à pénétrer dans le domaine de là vie cérébrale et à donner une idée du mécanisme selon lequel se produisent les actes de la pensée.
L’intelligence ne se sent pas directement elle-même, elle s’extériorise dans le mot qu’elle provoque et ainsi extériorisée, transformée, elle se sent dans ses propres actes.
L’étude de cette question a permis à l’auteur de donner une théorie exacte de l'écriture qui n’est pas un langage comme on dit trop souvent, mais la traduction d’un langage préexistant.
Si les questions de physiologie pure, traitées dans cet ouvrage sont d’un grand intérêt, les applications qu’on peut en faire n’ont pas moins de valeur. L’auteur a signalé,en effet, les avantages que l’enseignement du chant, celui [de la parole aux sourds-muets, la'pathologie mentale, la pathologie dularynx,la psychologie pouvaient retirer des enseignements de la physiologie.
1868. — Physiologie et instruction du sourd-muet.
Nommé, depuis deux ans,médecin à l’Institut des Sourds- Muets, et convenablement préparé par ses études antérieures, l’auteur s'appliqua à l’étude physiologique du sourd-muet, dans le but de trouver la méthode la plus sûre pour lutter contre les désavantages d’une infirmité si malheureuse.
L’absence de principes scientifiques présidant à l’enseignement des sourds-muets, rendait celui-ci passible des influences de l’ignorance et de l’erreur. L’auteur a étudié h fond chacune de ces questions, il a passé en revue toutes les méthodes employées, et, après avoir indiqué ce qu’elles avaient d’erroné, il a établi l’enseignement du sourd-muet sur des bases essentiellement physiologiques. On peut dire que désormais le sourd-muet est à l’abri des funestes conséquences de l’emploi de méthodes irrationnelles. Nous croyons devoir donner ici les conclusions de ce travail :
1° L’opération la plus élémentaire de l’esprit humain est un acte rendu sensible par des mouvements dirigés, dans leur exécution' par le sens de la vue ou par le sens de l’ouïe.
2» Ces mouvements, voulus et dirigés par un sens spécial, constituent les éléments du langage,
3“ Tout langage doit être constitué par le mouvement de nos
4“ Tout signe placé en dehors de nous ncupèut être en aucune manière un langage : le signe extérieur impressionne un de nos sens et l’intèlligènce subit cette impression. Dans le langage, l’intelligence ne subit pas seulement une impression, elle est active; elle veut, et elle traduit sa volition par un mouvement déterminé.
5" Il n'y a que deux, langages correspondant chacun à un ordre do mouvements différents : le langage mimique et le langage phoné-
6° L’exercice de la pensée humaine n’est pas possible en dehors de ces deux langages.
7" Le développement de l'intelligence, considéré d’une manière générale, est toujours en rapport avec le développement, la richesse et la perfection du langage.
8" Condition-principe, formelle, indispensable : l’intelligence du
mimique ; tous les efforts doivent tendre à compléter, à enrichir, à perfectionner ce langage.
9“ L’éducation du sourd-muet doit se faire d’après les mêmes principes qui dirigent l’éducation de l’entendant-parlant De bonne
mique, comme on enseigne la parole à l’entendant ; puis, comme on le fait encore pour ce dernier, on doit lui apprendre à représenter les signes mimiques par un signe écrit, qui aura même forme, même ■ valeur que le signe écrit du parlant. De cette manière, l’écriture étant la traduction exacte du langage mimique et du langage phonétique, il arrivera que le sourd-muet et le parlant se comprendront toujours par l'écriture.
10’ Loin d’abandonner le langage mimique, comme on le fait aujourd’hui, il faut au contraire le perfectionner et le compléter. A • cet effet, il devrait exister dans chaque institution un cours do mimique, complété, si c’était possiblo, par un autre cours d’écriture
11* L’écriture ne constitue pas uu langage c’est la représentation visuelle d’un langage ; son existence suppose toujours un langage physiologique préexistant ; par conséquent, la signification de l’écriture ne peut arriver à l’intelligence qu’en passant, par traduction, dans le langage physiologique. En effet, lire c’est parler notre écriture. Si nous ne parlions pas mentalement ou il haute voix, le sens do la vue serait impressionné ; mais la signification de l’écriture n’arriverait pas à l’intelligence. Malheureusement on n’a pas compris cela
doit préoccuper l’instituteur qu’après qu’il aura suffisamment développé l’intelligence du sourd-muet par le langage mimique, et que, par l’intermédiaire de ce dernier, il lui aura enseigné l’écriture.
sourd-muet est apte à l’acquérir ; l’examen des organes de la voix avec le laryngoscope, la connaissance de l’époque à laquelle la surdité est survenue, l’état des facultés intellectuelles de l’élève, four¬
niront à l’instituteur les éléments de ses déterminations. On ne dpit
pas tenter d'enseigner la parole au véritable sourd-muet do naissance qui n’entend pas du tout, et, à plus forte raison, à celui* dont les facultés intellectuelles sont affaiblies! On tirera un grand profit de cet enseignement chez celui qui a entendu, et, à plus forte
de môme il est nécessaire que le sourd-muet apprenne son langage mimique et l’écriture, puis, si on le désire, il pourra traduire son langage naturel en signes arbitraires exécutés par le tuyau vocal.
15° La marche logique de l’instruction du sourd-muet se résume dans les propositions suivantes :
A. Enseignement et développement du langage mimique ;
B. Enseignement de l’écriture, à la condition expresse que l’ensemble des signes écrits, représentant une idée déterminée, sera traduit par un signe mimique ;
1868. —Physiologie appliquée a l’analyse des éléments