‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 7 sur 7 · ET SUR LE FONCTIONNEMENT DU CERVEAU · texte numérisé non relu

ET SUR LE FONCTIONNEMENT DU CERVEAU

(Lu h l’Académie des sciences, dans la séance du 4 août 1873.)

Dans ce mémoire, l’auteur complète ce qu’il avait dit sur ce sujet dans la Physiologie du système nerveux, et, au moyen d’une figure schématique, il fait toucher du doigt le mécanisme des actions nerveuses dans le fonctionnement du cerveau.

1874. — Physiologie et instruction des sourds-muets.

(Mémoire lu à l’Académie de médecine, dans la séance du 4 août 1874.)

Un musicien italien ayant eu l’audace de faire publier dans la Presse politique, qu’il possédait un procédé capable de donner à la voix des sourds-muets toutes les qualités euphoniques que l’on rencontre chez les entendants-parlants, l’auteur se crut obligé de protester officiellement contre celte prétention injustifiable, et, à cet effet, il lut un mémoire devant l’Académie de médecine.

procédé doit être ingrat.

2° Le sourd-muet, à qui l’on enseigne la parole mimée ne doit pas seulement graver dans sa mémoire l’image des parties dont le mouvement et la disposition accompagnent la prononciation des lettres, il doit y mettre aussi le souvenir des sons ou leur équivalent. Ici, la difficulté est bien plus grande ; le sourd-muet ne peut pas recueillir ' l’image des mouvements laryngiens qui échappent à la vue, et il en est réduit à se souvenir de l’état de la contraction musculaire correspondant à tel son déterminé. Or, je le demande, que peut être la modulation de la parole inspirée seulement par le souvenir de l’état de la contraction musculaire.

3° Enfin le génie spécial des deux langages, mimique et parlé,

est tenu de répéter souvent i vocabulairé. Quant à penser avec la pseudo-parole, nous avons démontré que cela était impossible.

Malgré le peu de résultats que donne l’enseignement de la pseudo-

Cependant, lé temps paraît éloigné encore où l’on se décidera à utiliser ces notions précieuses. Cela tient, d’un côté, aux préjugés de la tradition ; de l’autre, aux difficultés dont le problème est entouré. Peut-être la section de physiologie de l’Académie de médecine qui, seule a qualité pour porter officiellement la parole sur ce

gente à la plus intéressante des infirmités.

1877. — Physiologie des sons de la. voix et de la parole.

Depuis la publication de sa Physiologie de la voix et de la parole , l’auteur n’avait eu rien à ajouter à la Physiologie de la voix, mais il trouvait celle des sons de la parole incomplète, et après de nouvelles recherches, il mit la dernière main a l’œuvre et voulut communiquer son travail à la société de linguistique, qui pouvait en retirer quelque profit.

L’auteur s'était aperçu, en effet, que la plupart des linguistes se perdaient en efforts stériles ou malheureux quand il s'agissait d’interpréter physiologiquement la valeur des signes écrits, soit dans les langues modernes, soit dans les langues anciennes.

Le côté original de ce nouveau travail consiste dans ce fait, que l’auteur a cherché les procédés généraux selon lesquels se forment les voyelles et les consonnes. Pour les voyelles, il y a trois procédés :

1“ Procédé de la simple résonnance. — Ce procédé consiste A limiter une certaine étendue de tuyau vocal par le rapprochement des parties qui caractérisent chaque région et à favoriser ainsi dans chaque cavité limitée une résonnance spéciale qui n’est autre chose que le timbre propre à chaque voyelle. Ce procédé mérite le nom de réson¬

nance simple , parce que le son voyelle possède toutes ses propriétés caractéristiques après avoir traversé l'orifice qui limite la cavité dans laquelle .il s’est formé. L’A, par exemple, l’E, l’I, formés plus ou

2° Procédé de la double résonnance. — Le second procédé consiste à former d’abord un timbre spécial par le procédé que nous venons de décrire, et à modifier ce timbre en le faisant résonner dans une cavité nouvelle, limitée par une autre région. Prenons pour exemple le son EU formé de E et de U. En sortant de la région linguo-palatine moyenne, le son È est tout formé et il n'emprunte plus rien de spécifique aux parties du tuyau vocal qu’il traverse ; en un mot, cé son est produit par le procédé de la résonnance simple. Supposons à

ment d'un certain timbre dans une cavité nouvelle.

Procédé de la triple résonnance. — Comme son nom Pindiqu procédé consiste à modifier le son laryngien par une triple i

nance. Ce procédé n'avait jamais été mentionné, et comme c’est à juique se rattache la formation des voyelles nasales, — formation qui est encore l’objet des opinions les plus diverses, — nous nous appliquerons à en bien faire comprendre le mécanisme. Et d’abord établissons un fait, qui est loin d’étrô généralement accepté, c’est qne, comme le dit fort bien M. Chavée dans sa Lexicologie, » l’homme

pas qu’une voyelle soit ou buccale ou nasale. N’oublions pas que la cavité nasale n’a qu’une seule résonnance spécifique, qu’un seul timbre, et chaque voyelle est spécifiquement caractérisée par un timbre spécial. On ne saurait admettre, par conséquent, que la prédominance de la résonnance nasale caractérise spécifiquement les voyelles nasales, car, s’il en était ainsi, la cavité nasale devrait

n’çst pas possible.

La participation de la résonnance nasale à la formation des voyel-

tère spécifique de la voyelle nasale. Quel est donc cet autre élément si important ? Il n’est pas difficile à trouver si l’on se rappelle avec nous que la bouche seule, par la variable disposition de ses parties.

l’A simple en A nasal (an) justifie pleinement cette manière de voir» En. effet, pour transformer l’A simple en A nasal (an), la disposition

avons établie plus haut. Et qu’est-ce que l’on voit alors ? Le voile du palais et la partie postérieure de la langue vont an devant l’un de l’autre, de manière à ne plus laisser entre eus qu’un espace libre de un demi-centimètre. Ce mouvement et cette nouvelle disposition sont suivis de trois effets significatifs : 1” lé son de l'A sortant par la bouche perd de sa plénitude et revêt un timbre étranglé se rapprochant du g dans gomme \ 2" la langue, qui s’est repliée sur elle-même pour mieux se porter en arrière, ménage dans la partie antérieure de la bouche une cavité dans laquelle le timbre de l’étranglement vient revêtir une sonorité plus euphonique ; 3° l’abaissement du voile du palais est suivi de la dilatation de l’orifice qui conduit le son dans les fosses nasales, et de là, une prédominance de la résonnance nasale. Voilé donc un simple mouvement suivi de trois effets bien différents, et tous les trois très-importants. Mais, au point de vue physiologique, quel est le plus important ? Quel est celui qui donne à la lettre an son timbre si particulier, si caractéristique ? Est-ce le timbre étranglé résultant de l’étroit passage è travers lequel passe le son au niveau du voile du palais et de la base de la langue ? Non, car si le timbre de l’on rappelle quelque chose de ce son étrahslé, il n’est pas aussi désagréable. Est-ce le

voit par là qu’en ramenant les problèmes de la physiologie aux lois qui dominent tous les phénomènes, on arrive, en quelque sorte du premier coiip, à une juste interprétation de ces derniers, tout en se ménageant la facilité d’expliquer les conditions de leur méca-

En effet, les lois physiologiques qui président à la formation des sons de la parole sont implicitement renfermées dans ce quLprécèdc. Nous nous résumerons en deux mots :

1° Les voyelles sont caractérisées physiquement par un timbre

Parlant de là, l’auteur arrive à expliquer la formation des consonnes avec la plus grande simplicité, et en tenant compte des deux facteurs, l’accident sonore et le mouvement des jiarties, il arrive à une classification tout-à-fait naturelle des consonnes.

Nous ne nous étendrons pas ici sur lés avantages qui résultent de ce travail au point de vue de la linguistique, mais nous devons dire que l’auteur les a fait amplement ressortir dans ses appréciations critiques.

1877. — Essai de psychologie : la bète et l’homme.

(1 vol. in-8

de 620 p.)

Pénétré de l’idée que la psychologie et la physiologie cérébrale ne peuvent se constituer convenablement qu’à la con-

dition expresse que l’une et l’autre sauront se prêter, ouvertement et sur le terrain delà science, un mutuel concours, l’auteur a entrepris l’œuvre difficile de préparer cette association.

Lapremière difficulté.la plus grande de toutes assurément, était d’adopter une terminologie et un langage commun aux deux sciences. Cette précaution s’imposait d’ailleurs par la nécessité où s’est trouvé l’auteur de ramener chaque expression du vocabulaire psychologique à son phénomène physiologique correspondant.

Celte méthode seule permettait de ne pas s’égarer dans des discussions interminables, et qui ne finissent d’habitude que parce qu’on arrive, à la longue, à s’entendre sur le véritable sens des mots. Il est donc préférable de s’entendre, sur ce point,dès le début et avant toute discussion.

Après avoir fixé ce point par un vocabulaire psycho-physiologique, l’auteur, partant de ce fait que si l’intelligence représente par elle-même une activité distincte, il n'est pas moins certain qu’elle n’est rien sans les impressions qui, parties de toutes les parties du corps, viennent la réveiller et lui donner l’occasion de s’exercer sur elles, l’auteur, disonsnous, passe en revue les besoins de toute nature, les passions qui ne sont que l’exagération des besoins, le plaisir, la douleur, qui sont l’expression agréable ou désagréable de la manière dont une fonction s’accomplit, le vice, la vertu, qui sont la recherche ou le sacrifice du plaisir fonctionnel. Puis il s’applique ù faire connaître le sentiment de l’activité cérébrale, si important en psychologie et en physiologie; il décrit les sensations, méconnues jusqu’à ce jour, qui résultent de l’activité volontaire de nos organes, et après avoir indiqué

comment ces perceptions se classent dans la périphérie du cerveau à l’état de notions acquises, susceptibles de réapparaître dans le centre de perception, il expose les conditions organiques et physiologiques de la mémoire.

Ce sujet est entièrement neuf.

Après avoir ainsi fait le bilan de tout ce qui entre dans le cerveau pour en constituer la matière fonctionnelle, l’auteur considère l’intelligence active et sensible s’exerçant sur tous ces matériaux et donnant naissance h la fonction cérébrale complète par la provocation des mouvements fonctionnels, ouvertement ou tacitement exécutés.

Dans cette partie de son livre, l’auteur a dû s’appliquer à . distinguer physiologiquement la notion sensible de la notion intelligente , — véritable marque distinctive de l’homme et de la bête — et montrer que la notion intelligente représente une relation dans laquelle les perceptions fournissent l’occasion, et l’intelligence le rapport lui-même. Le grand et le petit ne sont pas. C’est, en se mettant entre les deux, que l’intelligence fournit la relation grand et la relation petit. grâce à la formule du langage.

Pénétrant plus avant dans ce sujet, l’auteur a trouvé que toutes les sciences fondamentales reposent sur une notion, . sur un rapport spécial — ce qui, par parenthèse, permet de faire un classement rationnel des sciences (1).—Ces rapports sont au nombre de sept :

1" Rapports significatifs.le Langage.

2° Rapports géométriques. ... la Céométrie.

celui-ci. Les deux porteront le nom de Philosophie des Sciences.

Rapports numériques. .... l’Arithmétique.

4° Rapports entre les mouvements mécaniques, les mouvements phy-, siques et entre les mouvements

chimiques.Physique et Chimie.

5“ Rapports physiologiques. . . . Physiologie.

6° Rapports philosophiques. . . . Philosophie.

7° Rapports historiques. . , . . Histoire.

Toutes les autres sciences ne sont que des dérivés ou des applications de celles-ci.

L’état cérébral de l’être vivant ne nous étant connu qu’indirectement.par le mouvement extérieur qui en résulte, l’auteur s’est appliqué tout particulièrement à déterminer, physiologiquement, les phases et les conditions de tout mouvement provoqué, soit instinctif, soit intelligent, et il est parvenu ainsi à formuler, par des phénomènes tangibles, les caractères qui distinguent l’homme de la bête.

Le langage qui appartient à la classe des mouvements - intelligents a été de nouveau l'objet de l’attention de l'auteur, et il a présenté cette question si importante avec- des développements nouveaux,principalement à l’occasion du langage mimique et de l’enseignement des sourds-muets.

Après avoir ainsi passé en revue les éléments de la vie cérébrale, l’auteur considère cette vie dans son ensemble et, à celle occasion,il caractérise l'individualité sensible et tindmdua/ité intelligente , et il s’occupe de cette dernière à des points de vue essentiellement nouveaux. Il indique les besoins, les passions, les vices, les vertus de l’individualité, et leur assigue la place qu’ils n’avaient pas et qu’ils doivent avoir dans toute classification physiologique et psychologique.

Un tableau, dressé à cét effet, permet de Voir dans un simple coup-d’œil non-seulement la place, mais encore l’enchalnement de toutes les activités cérébrales.

Enfin, dans un dernier chapitre , l’auteur étudie les activités supérieures de l’intelligence ; la conscience, la volonté, la liberté; il montre que ces termes représentent des modes d’activité bien définis sur la nature desquels on a pu se méprendre, parce qu’on les avait considérés jusqu’ici comme faisant partie de l’intelligence pure sans le secours des éléments matériels.

Comme conclusion de ce travail, l’auteur reprend en main tous les fils, tous les éléments de son exposition et les présente alors avec tous les attributs de l’âme telle qu’il est permis à l’être humain de la sentir et de,la comprendre.

1878. — Application des sciences a la médecine.

(1 vol. in-8” de 730 p., avec de nombreuses figures.)

Cet ouvrage comble une lacune qui existait dans la littérature médicale, il offre un tableau complet du développement de la médecine sous l’influence du progrès des sciences et renferme la description des procédés scientifiques journellement employés par le médecin, tels que : laryngoscope, ophthalmoscopie, électricité médicale, thermométrie , microscopie, analyse chimique des produits normaux et anormaux de l’organisme, parasitisme animal et végétal, etc.

Bien qu’il soit très difficile de présenter une analyse sucpjncte de ce travail à cause de la diversité des matières qui

y sont traitées, nous devons néanmoins donner une idée de l’esprit dans lequel il a été écrit.

L’auteur consacre l’introduction il élucider une question toujours nouvelle. La médecine est-elle une science ou un art?

Préparé à cette réponse par ce qu’il avait dit dans son Essai de psychologie, touchant le rapport fondamental sur lequel repose toute science, l’auteur aborde la question avec une compétence suffisante, l’examine minutieusement et se résume en ces termes :

1“ La médecine est une science qui repose sur une notion spéciale, sur la connaissance de l'état anormal, et qui est constituée par l’ensemble des faits qui se résument dans cette dernière.

chargé de réunir tous les efforts dissér raents de la science, et de les appliqut

Après avoir déterminé quelles sont les sciences dont il doit étudier les applications, l’auteur a consacré la première partie de son livre à l’anatomie et à la physiologie. Cette partie commence à Hippocrate et s’étend jusqu’à nous. Elle est de beaucoup la plus longuement traitée (400 pages , parce que, d’abord, il est naturel que les applications de l'anatomie et de la physiologie soient les plus nombreuses et, ensuite, parce que les'autres sciences n’ont été réellement utiles à la médecine qu’à une époque assez rapprochée de nous. Dans l’exposition de son sujet, l’auteur s’est arrêté aux grandes époques de l’histoire médicale ; il a analysé minutieusement les œuvres d’Hippocrate, de Galien, d’Harvey, de Bichat : enfin il a indiqué méthodiquement les servicesquela médecine retirait des progrès de l’anatomie et de la physiologie. On pourrait appeler cette manière d’exposer les laits d’une science à travers les âges : Histoire pratique.

Après les applications de l’anatomie et de la physiologie, viennent les applications de la physique, les applications do la chimie et, enfin, les applications de la botanique et de la zoologie.

en leur particulier, à un but commun. Ces trois pièces sont : 1° les couches optiques dont la propriété physiologique >est de donner

souvenir ; 2° les cellules de la couche superficielle de l’écorce grise dont la propriété physiologique est de conserver, sous forme de mouvement possible, la propriété de réveiller dans les couches optiques un sentiment déterminé; ces cellules représentent ainsi.les conditions organiques de la mémoire et de la connaissance; 3° les cellules de la couche profonde de l’écorce grise dont la propriété est d’exciter les fibres motrices qui convergent vers les cellules motrices des

priétés physiologiques des éléments et ils proviennent, soit d’une modification de la circulation,soit de la présence nocive de produits homœomorphes ouhétéromorphes,soit de l’action d’un traumatisme, soit enfin d’une modification propre de la vie des éléments.

3° De même que l’acte cérébral le plus simple ne saurait s’accomplir sans la participation de l’un des trois phénomènes fonda-

dès que l’un de ces phénomènes est troublé, la manifestation des deux autres s’en ressent et le trouble s’étend à l’ensemble du méca-

4° De même que l’un des trois phénomènes fondamentaux pris isolément ne représente qu’un élément fonctionnel et ne saurait constituer à lui seul une fonction complète, de même dans la détermination des espèces morbides, en pathologie mentale, on n’est pas autorisé à faire une maladie distincte du trouble isolé de l’un des trois phénomènes fondamentaux. Ge trouble isolé ne peut être qu'un élément morbide concourant avec d’autres éléments à la détermination d’une espèce morbide distincte. Gela est si vrai que les troubles des phénomènes fondamentaux ; Yhallucination, Y amnésie, la parésie, la paralysie se trouvent à des degrés divers dans toutes les espèces morbides décrites jusqu’ici par les aliénistes. Guidés

Page 1