DU CERVEAU
Dans l’expérimentation sur la moelle, il suffit de mettre à nu celte dernière , piquer ou retrancher uri de ses points, et les phénomènes qui en résultent, dans la motilité ou la sensibilité, indiquent suffisamment ce qu’il faut penser de la fonction de la partie de la moelle ainsi traitée.
Dans l'expérimentation au point de vue des fonctions du cerveau, ce procédé ne sutfit plus, parce que les relations entre les diverses parties de l’encéphale, sont multiples et complexes, et que les éléments chargés de la perception des impressions, modifient absolument les conditions de l’expérienae. Ici pour expérimenter avec quelque succès, il faut
savoir d’abord ce qu’on va chercher, et ce quelque chose on ne peut le connaître qu’après avoir débrouillé théoriquement le problème si complexe de la vie cérébrale. C’est bien ce qui explique pourquoi l’auteur n’a abordé le côté expérimental de la physiologie cérébrale qu’après avoir essayé de jeter sur elle un peu delumière destinée à diriger ses propres investigations.
Ainsi préparé, l’auteur emprunta à la pratique chirurgicale les injections caustiques de chlorure de zinc avec l’aiguilie de Pravaz, et, après avoir perforé, le crâne, il pouvait détruire, parce moyen, la partie du cerveau qu’il désirait.
Les chiens, au nombre de trente-six, sur lesquels il a expérimenté, étaient préalablement endormis.
En dehors des résultats spéciaux concernant les localisations, l’auteur en a recueilli quelques-uns qui ne sont pas sans intérêt. C’est ainsi qu’il a constaté qu’en détruisant une partie, cette lésion influençait les cléments voisins et donnait lieu indirectement à des phénomènes étrangers à la lésion première et directe. C'est ainsi encore qu’il a vu des hémorrhagies cérébrales, des ramollissements succéder immédiatement, en quelques heures, à la lésion occasionnée par le caustique , mais dans des points éloignés du siège de son action directe. L’auteur a cherché à rattacher ces faits â la genèse des hémorrhagies et des ramollissements qui surviennent chez l'homme dans d’autres conditions.
Les expériences ont été dirigées méthodiquement- eu vue de reconnaître eu bloc le rôle physiologique des couches optiques, celui des corps striés et celui des circonvolutions cérébrales.
L’auteur a cru pouvoir tirer les conclusions suivantes :
agissante ; phénomène mystérieux, impénétrable à tous nos moyens d’investigation ;
2° Les cellules qui sont disséminées, à la périphérie corticale du cerveau conservent en puissance une modalité dynamique capable
sont les fondements de la physiologie cérébrale, mais elles ne sont pas toute cette physiologie. Pour que la physiologie cérébrale soit, il faut dégager encore quelque inconnue : il faut montrer les liens qui unissent les trois angles du triangle qu'occupent les couches optiques, la périphérie corticale, les corps striés ; il faut remplir, par des notions précises, le vide que laissent entre elles les trois lignes de ce triangle; il faut enfin découvrir autant que possible le
doutons pas; mais nous exprimons la conviction bien sincère qu’on n’y arrivera qu’en s’inspirant, dans cette recherche, de l'analyse physiologique telle que nous l'avons définie et appliquée dans notre Physiologie du système nerveux cérébro-spinal.
1873. — Mémoire sur les localisations cérébrales