AUTRES DOMAINES DE LA MÉDECINE
On ne peut pas être cardiologiste sans toucher aux domaines de l’hématologie et de la pathologie rénale.
Anémie
J’ai publié en 1932 une leçon sur l’anémie pernicieuse [89], dans laquelle j’ai indiqué, aussi clairement que je l’ai pu, l’état actuel de la question tant au point de vue clinique qu’aux points de vue hématologique, évolutif, diagnostique, anatomo-pathologique, étiologique et pathogénique.
Maladies des reins
J’ai été amené à étudier solidement les maladies des reins pour établir l’édition posthume du Manuel de pathologie rénale [ 3 i] de mon maître Ribierre. Ma part personnelle dans cet ouvrage a été, outre la mise au point matérielle de la rédaction et des divisions paragraphiques, de compléter l’ouvrage quant aux acquisitions réalisées entre la mort de Ribierre et la publication du volume. J’ai notamment complété le chapitre d’histophysiologie, refondu le chapitre des œdèmes pour y préciser le rôle de la pression oncotique et y faire leur place aux notions de Pécole strasbourgeoise et à la clas-
sification de M. Govaertz, étendu les passag'es concernant l’hyperazothémie par manque de sel, refondu le chapitre de la néphrite scarlatineuse, renforcé enfin, mais dans le sens des idées de Ribierre, l’arg-umentation contre la thèse de l’origine toujours rénale de l’hypertension. Ces quelques additions et retouches n’ont pas altéré le caractère profondément original du magistral ouvrage de Ribierre, sur le thème duquel c’était une extraordinaire bonne fortune que d’avoir à travailler.
Tout récemment, j’ai pu observer de près une malade du service de M. Duvoir, dont le cas a été publié [ 45 ] par ce maître et moi, en collaboration avec MM. Layani, Pautrat et Laudat. Il s’agissait d’une néphrite mercurielle par ingestion d’oxycyanure à évolution très grave; la malade pourtant ne mourut pas ; sa néphrite est passée à la chronicité. Les accidents cliniques avaient été multiples et effrayants : grands vomissements, stomatite précoce et durable, érythrodermie hydrargjTique, monoplégie brachiale, péricardite, myocardisme, atteinte pleuro-pulmonaire. Il était vraiment important d’essayer d’analyser comment la nature, aidée en l’espèce par la médecine, avait pu sauver cette malade.
Or, devant utle hyperazothémie marquée (5 gr. 34 ), avec taux fort bas du chlore plasmatique (2,62) et vomissements abondants, nous avions, pensant à l’hyperazothémie par manque de sel, institué un énergique traitement rechlorurant par solution hypertonique. Nous obtînmes un abais^èttient net du taux de l’urée dans,le sang, cependant que la chlorémie plasmatique
s’élevait jusqu’au taux normal de 3 , 6 o, où elle s’arrêta.
Ultérieurement, le taux sanguin de l’urée se releva jusqu’à dépasser sa plus haute valeur antérieure, mais la chlorémie était normale ; et un second essai de rechloruration tenté alors, avec de l’eau physiologique isotonique, amena l’élévation du taux plasmatique du chlore jusqu’au dessus de la normale (savoir jusqu à 4 .o 4 même 4,12), et l’apparition d’œdèmes et d’hydropisies viscérales.
Cette évolution était tout à fait conforme à l’enseignement de mon maître Ribierre, tel qu’il est exposé dans son livre édité par moi [ 3 i] : l’intoxication par le mer cure donne une hyperazolhémie à causes multiples, disait ce maître ; d’abord prédomine sans doute l’hyperazothémie chloropénique, ensuite la vraie hyperazothémie néphrogène. Ici, en effet, sur l’indication d’une chlorémie plasmatique à 2,62 (puisque Blum considère comme indiquant une chloropénie légitime toute chlorémie plasmatique inférieure à 2,80, même avec acidose), nous étions fondés à rechlorurer ; l’événement nous a justifiés, La seconde fois au contraire, l’hyperazothemie avec chlorémie normale devait être néphrogène : aussi la rechloruration n’a-t-elle pas été salutaire, et il s’est fait des œdèmes et de l’hydropisie.
A vrai dire M. Layahi, en bon élève de M. Lemierre, n’interprète pas les choses ainsi : pour lui, nous aurions été d’emblée mal fondés, malgré la chlorémie plasmatique à 2,62, à rechlorurer : l’élévation du rapport du chlore globulaire au chlore plasmatique et l’abaissement de la réserve alcaline caractérisaient en effet une
« hypochlorémie avec chloropexie tissiijaire », contre indiquant la recbloruration. Cela ne nous paraît pas démontré; lors de la seconde rechloruration certes, il y avait tendance chloropectique des tissus, comme le montrèrent les hydropisies ; lors de la première, cette tendance est loin d’être prouvée : et je crois pour ma part que, dans les deux différentes périodes de la maladie, les indications n’étaient pas les mêmes.
Quant au rôle qu’eut dans la diurèse l’eau des solutions injectées, en tant que véhicule diurétique, il est probable et a pu jouer dans la g-uérison ; il est remarquable en effet qu’avec des concentrations urinaires qui allaient en s’abaissant, une élimination suffisante put être obtenue grâce à l’élévation simultanée de la quantité nycthémérale des urines.
Je crois qu’en tout état de cause cette observation, avec tous les examens de laboratoire qui y sont annexés, est une bonne matière clinique pour les discussions doctrinales.
tABLE DES MATIÈRES
Travaux scientifiques de l'ordre médical.
Index des publications par ordre chronologique.
Cardiologie et étude de la Maladie de Bouillaud.
La mécanique cardiaque.
L’insuiBsance auriculaire gauche.
Radiologie du cœur..
Insuffisance aortique...
Hypertension artérielle.
Cardiopathies de l’eniance..
Etudes cliniques sur le rhumatisme. Le rhumatisme
cardiaque évolutif..
Etudes anatomo-pathologiques sur le rhumatisme cardiaque .
Le salicyle...
Endocardites malignes.
Tachycardie paroxystique.
Malformations congénitales du cœur...
Lymphadénome du péricarde.
N euro-Psychiatrie.
Maladie de Parkinson.
Méningite subaiguë et chronique .
La psychanalyse en général.. • ■
Développement de Tenfant. Le développement affectif..
Arriérations affectives ; la schizonoïa..; • • •
Névroses infantiles..
Les psychopathies et la société.
Le problème psychologique du temps.
— ilo
t>édiatrie.
Eventration diaphragmatique. 93
Tuberculose. 95
Syphilis. 93
L’intoxication nitrobenzénique. 97
Rachitisme. 98
Acrodynie infantile (maladie de Selteri. 99
Syndromes trophiques et neuro-végétatifs. 101
Autres domaines de la médecine.
Anémies. 105
Maladies des reins. 103
1933. St-Amand (Cher). — Imprimerie A. CLERC