‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 14 sur 14 · VII. - Hygiène · texte numérisé non relu

VII. - Hygiène

Sur remploi des filtres en terreporeuse pour la stérilisation à froid des liquides organiques (88 et 89). [Ce travail a été fait en collaboration avec M. Galippe]. — Dans le but d’obtenir des liquides organiques stériles (privés de germes), nous nous sommes servis successivement, pour les filtrer, de vases en terre poreuse employés pour les piles, de tuyaux de pipe, de bougies en terre poreuse. Ces filtres étaient introduits dans le goulot de ballons portant une tubulure latérale, et soudés au goulot à l'aide de mastic Golaz. Le tout étant monté et stérilisé avec les précautions nécessaires, on emplissait les filtres du liquide à filtrer et, on forçait celui-ci à traverser la paroi poreuse en faisant le vide dans le ballon à l’aide d’une trompe adaptée à la tubulure latérale. Après filtration, les appareils étaient laissés de côté ; on voulait s’assurer par une observation prolongée, que les liquides filtrés ne cultiveraient pas.

Tous ceux que nous avons essayés : salive, urine, matière fécale délayée dans l’eau, après être restés limpides et stériles pendant un temps variable qui n’a pas dépassé quatre semaines, se sont troublés par suite du développement de bactéries. Bien plus, nous avons soumis à la filtration dans les mêmes conditions, un liquide nutritif renfermant en suspension des spores de Peniathum glaucum et, au bout de quelques semaines, nous avons vu apparaître sur la paroi du filtre, dans l’intérieur du ballon, des fructifications de la moisissure, de telle sorte que le liquide filtré n’a pas tardé à être envahi.

11 ressort de là que les bactéries et le mycélium des moisissures peuvent traverser lentement les filtres en terre poreuse, lorsque ceux-ci sont

Empoisonnemenls par les Champignons {SO, 91, 92,101).—Dans la plupart des empoisonnements causés par les Champignons, il est une question rarement résolue, c’est celle de savoir ?i quelles espèces il faut attribuer ces empoisonnements.

Le public reste ainsi dans l’incertitude, et il n’en résulte aucun enseignement pour l’avenir

empoisonnements. J’en ai profité pour faire une enquête et conduire celle-ci de façon à arriver à une détermination précise des espèces ingérées.

A Jurançon (16 septembre 1892). — Cinq personnes empoisonnées : cinq morts. Espèce toxique mangée : Amanita phulloides Fr.

A Aullion du Perche{h novembre 1896).— Une personne empoisonnée : mort. Espèce toxique mangée : Am. phalloïdes Fr.

A Bois-le-Pai (6 septembre 1896).— Une personne empoisonnée: guérison. Espèce toxique mangée : Am. muscaria L.

Action de l’acide carbonique sur les microbes (93). — Je reproduis textuellement, dans cette notice, l’observation suivante, parce qu’elle est une des premières (sinon la première) dans lesquelles on a constaté que l’acide carbonique s'oppose au développement de certaines bactéries.

Les expériences auxquelles elle se rapporte avaient été imaginées dans le but de rechercher si la salive, en présence de l'acide carbonique, pouvait hydrolyser le maltose à la température de 40».

Il faut donc en conclure que l’acide carbonique s’oppose au développement de certaines bactéries.

L’essai du sirop d’iodure de fer devrait porter sur la proportion d’iodure. Mais, le plus souvent, un simple dosage do l’iode peut suffire. Ce dosage comprend deux opérations : Dans la première, on ajoute il un poids connu de sirop, un excès de nitrate d’argent. Dans la seconde, on dose l’excès d’argent à l’aide d’une solution titrée de sulfocyanure d’ammonium, après addition d’un peu de sulfate de sesquioxyde de fer et d’ammoniaque comme indicateur et d acide azotique. La coloration rouge ( sulfocyanure et persel de fer) ne se produit qu’au moment où la totalité de l’argent est précipitée.

De la proportion de sulfocyanure ajouté on tire l’excès de nitrate d’argent. Par différence on a la quantité de nitrate d’argent employé à la précipitation de 1 iode, ce qui permet, finalement, de calculer la proportion d’iode contenu dans l’excès (procédé emprunté, pour la plus grande partie, à la pharmacopée des Etats-Unis).

Réactions d’identité de quelques médicaments galéniques officinaux (100). - Dans son sens le plus étroit, l’expression « réaction d’identité d’un médicament » ne devrait s’appliquer qu’à une réaction particulière à ce médicament. Mais, dans la pratique, on est amené à lui attribuer une signification plus étendue.

Ainsi’ une réaction commune à deux médicaments devient une réaction d Identité pour l’un et pour l’autre quand il est impossible de confondre 1 un avec 1 autre : quand, par exempte, l’un est une teinture et l’autre un

Ainsi encore, une réaction qui permet de distinguer un médicament dun médicament voisin, alors qu’ils ne peuvent être confondus avec aucun autre est, pour le premier, une réaction d’identité, quand bien

Ferments solubles oxydants et médicaments ; incompatibilités (105 et 108). — Si les substances oxydantes que l’on rencontre dans la nature présentent la plus grande importance en physiologie, elles doivent aussi, et, à divers points de vue, retenir l’attention des pharmacologistes. Ceux-ci ne doivent pas perdre de vue, en effet, lorsqu’ils associent plusieurs matières médicamenteuses organiques, que ces matières peuvent renfermer des substances oxydantes susceptibles de déterminer peu à peu des altérations dans le mélange. Yoici un exemple qui me fera mieux comprendre.

Si l’on ajoute à de l’eau créosotée, c’est-à-dire à une dissolution de créosote dans l’eau, une solution de gomme arabique, le mélange, d’abord limpide, ne tarde pas à se troubler et, bientôt, on voit se former un précipité jaune rougeâtre.

La production de ce précipité s’explique aisément. La créosote renferme, entre autres principes, surtout du gaiacol et du créosol, composés qui, comme je l’ai montré, s’oxydent sous l’influence des ferments oxydants en donnant, le premier, un précipité rouge grenat et, le second, un précipité jaune sale. La gomme arabique ordinaire contenant un ferment oxydant, les deux précipités se forment lentement en présence de l’air, et, par leur mélange, constituent, au moins pour la plus grande partie, le précipité jaune rougeâtre en question.

La gomme et l’eau créosotée sont donc incompatibles et il faut se garder de les associer.

La question doit être envisagée à un double point de vue ; il convient de se demander, d’une part, quels sont les médicaments qui renferment

parties de végétaux surtout, à l’état frais, comme les bulbes de colchique; les racines de pissenlit, de chicorée, de guimauve ; les feuilles de chicorée ; les noix de kola, etc.

Pariitii les médicaments qui peuvent être altérés sous l’influence des substances oxydantes, je citerai : la morphine dont les solutions, additionnées de ferment oxydant de Russule, absorbent rapidement l’oxygène de l’air et se colorent en jaune foncé ; la créosote dont il a été question ci-dessus, l’eau de goudron de bois qui donne un précipité jaunâtre, tandis que 1 eau de goudron de houille se colore en brun presque noir sans donner de précipité ; divers extraits astringents, comme les extraits de quinquina, dont les solutions aqueuses donnent peu à peu un précipité brun volumineux ; l’extrait de fougère mâle dont la coloration verte, due à la chlorophylle, disparaît pour faire place à une couleur jaune rougeâtre, lorsqu’on ajoute, à ses émulsions aqueuses, un peu de ferment de champignon, le sirop de. violette qui est décoloré, etc.

Sur la préparation d’un extrait blanc de kola 105), — C’est en m’appuyant sur les faits que je viens de signaler que j’ai réussi à obtenir, avec la noix de kola, un extrait de couleur blanche. 11 suffit pour cela de commencer par détruire la substance oxydante que renferme ce médicament, et de mettre le produit à l’abri de l’air pendant toute la durée de la préparation.

On découpe les noix fraîches, que l’on a choisies parmi les plus blanches, dans l’alcool à 9.5» préalablement porté à l’ébullition. On distille ensuite la solution alcoolique ainsi obtenue dans le vide avec rentrée d’hydrogène. On achève la dessiccation dans le vide au-dessus de l’acide sulfurique et on pulvérise. Le produit a tout à fait l’apparence de la poudre de gomme arabique.

La solution aqueuse de cet extrait rougit déjà de soi-même peu à peu à l’air ; mais si on l’additionne de ferment oxydant (Russule), la coloration rouge se fait très rapidement êt l’on voit se déposer un précipité rouge brunâtre (rouge de kola de Knebel).

Sur l’origine de la eoloratim de certaines gommes (109). — Lorsqu’on ajoute un peu d’une solution aqueuse de gomme blanche à une solution d’extrait astringent (extrait de quinquina, par exemple), on voit, peu

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