‹ Exposé des titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 13 sur 19 · CO · texte numérisé non relu

CO

Des variations dans la rapidité de la coagulation du sang.

Société de Biologie , juin 1901.

On avait signalé, depuis longtemps, que te sang extrait des vaisseaux se coagule d’autant plus vite qu’il est recueilli pus loin du début de l’hémorrhagie. Dernièrement, M. Milian avait observé la coagulation sur du sang qui s’était écoulé à travers une plaie cutanée et avait admis l’intervention d’une substance coagulante fournie par les cellules de la peau.

Ayant fréquemment l’occasion d’otoserver les phénomènes qui se passent dans le sang après la sortie des vaisseaux, à la suite des saignées pratiquées : sur des chevaux producteurs de sérum antidiphtérique, nous avons constaté, une fois, de plus, que la coagulation était plus lente dans les masses sanguines recueillies au début de la saignée, plus prompte dans les masses sanguines recueilles vers la fin de l’opération.

Nous .avons: remarqué, en outre, que la rétraction du caillot était toujours plus prompte et plus complète dans les masses sanguines dont la coagulation s’était effectuée le plus lentement. Nous ne saurions partager entièrement les idées de M. Milan en ce qui. touche l'intervention d’une substance sécrétée par les cellules cutanées dans la rapidité de la coagulation. Dans, nos observations, en effet, le sang coulait de l’intérieur d’une énorme veine (verne jugulaire’ du cheval’) dans de grands récipients stérilisés, en passant à travers un trocart métallique dont l’extrémité n’avait jamais été en rapport direct avec les éléments de la peau, attendu qu’il était plongé dans la veine à la faveur d’une large,incision faite préalablement dans le tégument ; et cependant, les phénomènes se sont passés de la même manière que dans les observations de M. Milian.

Au surplus, nos conclusions, ont été corroborées ultérieurement par M. Arthus.

I. — Influence de la mucine sur le bacille de Lœffler et sur sa toxine.

Société de Biologie, décembre 1901.

II. — Action de la mucidine sur les microbes aérobies et anaérobies.

Société de Biologie, mars 1902.

Province Médicale, mars 1902.

III. — Recherches sur le pouvoir bactéricide et antitoxique de la

mucine.

Mémoire in Journal de Physiologie et de Pathologie générale, mars 1902.

Le mucus est un agent protecteur des plans limites de l’organisme. Sa iprodiuction parait universelle cillez les êtres vivants, puisqu’il se montre' en abondance dans les cultures, microbiennes, comme l’ont établi les redheroh.es de Gharrm et Desguez, die von Behring, de Babès, de Weyl, etc.. Son rôle protecteur, chez les animaux supérieurs, est dû à une propriété germicide, comme l’ont dit Würtz et Lermoyez et plusieurs autres observateurs. Si ce mucus joue un rôle bienfaisant sur les surfaces muqueuses, il est fort nuisible introduit dans les vaisseaux. MM. Charrin et Moussu ont signalé que> le mucuis dilué injecté dans, les veines du lapin à 1a dose de 0 gr.05 à 0.15 centg. par kilog déterminait la mort et communiquait au sang une coagulabilité. excessive, même pendant la vie.

Les animaux invertébrés, à corps mous, tels que les limaces, sont protégés aussi par un mucus .abondant. Louis Dor a montré que ce mucus .avait des propriétés coagulante®' énergiques.

M. Dor et M. Lavocat ont fait .subir à la mucine des limaces rouges des modifications qui l’ont rendue soluble. Ils ont distingué la mucine soluble sous le nom de mucidine. C’est ce produit dont nous avons étudié les propriétés 'bactéricides en lui accordant néanmoins la désignation de mucine.

Ajoutons, cependant, que nous avons étudié aussi comparativement les propriétés du. mucus, frais emprunté à la muqueuse, respiratoire du cheval; suivant la technique de MM. Charrin et Moussu.

Nos recherches se divisent en deux grands groupes : 1» Action sur les Microbes ; 2 'Action sur les toxines microbiennes.

1° Dans l’action sur les microbes , nous avons distingué 1 influence sur la végétabihte et l’influence sur la virulence.

Les microbes exposés à l’action de la mucine ont été le bacille diphtérique, le bacille du charbon, le bacille de la tuberculose et le bacille d’Eberth, parmi les aérobies ; le vibrion septique et e bacille du charbon symptomatique, parmi les anaérobies.

Associée aux bouillons de culture, la mucine exerce sur les microbes aérobies et anaérobies une action dysgénésique , à petite dose, action qui, à 1a longue, peut devenir bactéricide. Cette action est plu® marquée sur les microbes aérobies que sur les microbes anaérobies. A l’état de pureté, la mucine est impropre à la culture des microbe®; mais pour peu qu’on lui ajoute du bouillon, par exemple dans la 'proportion de 1/4, elle se prête à l’évolution die quelques germes.

■Quant à l’action, de La mucine sur la virulence dies germes, elle varie avec les espèces microbiennes, et surtout suivant que les microbes sont pourvus ou dépourvus de spores, Nous Centrerons pas dans les. détails'. Nous nous contenteron®, de dire qu’a la suite d’un contact assez prolongé, in vitro , tous les bacilles, même les microbes à spores, pendent leur virulence. D’une manière générale, on peut donc dire que l’action bactéricide de la mucine est d’autant plus marquée 'que plus grande est la durée du con¬

tact.

Il faut remarquer que cette action dysgénésique et bactéricide, qui est incontestable, ne peut s’exercer qu’in vitro ; jamais in vivo ..

2» Nous avons cherché si la mucine exerçait une action neutralisante comme une antitoxine, on une action modificatrice comme une zymaise, sur la toxine diphtérique et sur la tuberculine. Nous avons donc associé in vitro la mucine à ces toxines, 4 la tempéra-

tare ordinaire et à une température inférieure à 60°, ou bien directement in vivo. Nos expériences nous ont permis de conclure que la mucine n’est douée d’aucune action antitoxique, soit à la température ordinaire, soit à des températures comprises entre 38° et 52°. Elle n’est pas non plus modificatrice des toxines à la manière. des zymases.

Page 1