‹ Exposé des titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 4 sur 19 · A. - TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

A. - TUBERCULOSE

La tuberculose, nous I avons dit, a sollicité particulièrement notre attention. Nos recherches commencées en 1899, ont porté pendant ces onze années sur plusieurs points qui s’enchaînent et se relient les uns aux autres pour aboutir du bacille à l’immunisation passive et à la prophylaxie de la tuberculose. - La plupart des méthodes. de vaccination reposent sur l’inoculation d’un virus atténué ou transformé ; c’est pourquoi

avons d’abord été retenu par l’étude des modifications de la viru ' lence du bacille de Koch et des moyens d’agir sur ce pouvoir pathogène.

Au sujet du bacille, nous nous sommes préoccupé dés changements qu’on peut lui faire subir hors de l’organisme, et du pouvoir chimiotactique qu’il revêt suivant les variations de sa virulence. Nous avons mis le bacille en rapport avec l’économie et étudié la valeur pathogénique de l’agent virulent, linfection tuberculeuse,' la réinfection dans des conditions différentes créées par le mode d’inoculation, etc., etc.

Nous ne pouvions échapper à l’évolution des idées qui conduisit à attribuer au milieu intérieur (humeurs et cellules), un rôle si capital dans la lutte contre les infections. La recherche des facultés acquises par l’organisme dans son effort curatif ou dans son immunisation contre le bacille de Koch, a été la base d’autres travaux.

L’infection tuberculeuse devant retentir sur la masse sanguine, nous nous sommes attaché à voir les propriétés nouvelles des ' globules blancs développées sous cette influence. Gela nous a amené à nous préoccuper de l’effet des. sérums antituberculeux sur le bacille in vivo et in vitro , sur l’organisme tout entier, sam ou déjà affecté de tuberculose, en un mot de l'immunisation passive et du traitement sérothérapique antituberculeux.

On sait que le grave et difficile problème du diagnostic précoce de la tuberculose pulmonaire et de toute infection tuberculeuse dissimulée ou latente est à l’ordre du jour depuis plusieurs années. Plusieurs procédés, auxiliaires des moyens ordinaires du diagnostic clinique, ont été préconisés et donnés comme rigoureusement spécifiques.

Nous avons consacré de. nombreuses recherches .critiques experimentales et cliniques à la séro-agglutination, à l’oculo-réadion, la cuti et l’intra-dermo réaction. Nous croyons avoir obtenu des notions nouvelles importantes sur la nature, la signification et la valeur comparative diagnostique et pronostique de ces réactions.

• Pour plus de clarté, nous avons divisé l’analyse de ces travaux en six groupes.

a) Modifications des propriétés générales du bacille de la Tuberculose.

I. — Influence de l’oxygène sous pression sur le bacille de Koch en cultures liquides.

Société de Biologie, mars 1900.

n. Action de l’air ozonisé sur le bacille de la tuberculose (en collaboration avec le Professeur agrégé Bordier).

Congrès pour l'Avancement des Sciences, Paris, 1900, et Archives d'Electricité Médicale, janvier et février 1901.

Dans les laboratoires outillés pour étudier l’effet de certains agents modificateurs physiques sur les microbes, on s’est toujours préoccupé de l’action de l’oxygène et souvent de celte de l’ozone. Nous avons désiré faire des observations analogues sur le bacille de Koch.

Nous avons constaté que l 'oxygène, sous la pression de 1 atmosphère 1/2 à 2 atmosphères 1/2, exerce sur les cultures homogènes du bacille de Koch en milieu liquide une action dysgénésique très marquée. Dans les limites où nous nous sommes enfermé,. la durée de la compression a eu plus d’importance que son intensité. :En même temps que l’oxygène comprimé • nuit à l’évolution du bacille, il en fait baisser la virulence, si bien que les cultures ne tardent pas à être incapables d’infecter le lapin.

, Quant à l’air ozonisé, employé même à petites doses et de façon très transitoire, il atteint gravemeiit la virulence du bacille cultivé à l’état de pureté sur la pomme de terre glycérinée. Alors que ces bacilles déterminaient, à l’état normal, une tuberculose généralisée en trois semaines sur le cobaye, ils se bornaient à causer par inoculation sous-cutanée une tuberculose locale dont le retentissement ne dépassait pas les ganglions lympathiques voisins.

I. - Variations du pouvoir chimiotactique en rapport avec la virulence du bacille tuberculeux (en collaboration avec M. H. Gimbert).

Mémoire pour le livre jubilaire de M. le professeur J. Teissier, décembre 1909, et Société de Biologie, 15 janvieil 1910.

Il ces rapports entre la virulence et le pouvoir chimiotactique du bacille tuberculeux (en collaboration avec M. H. Gimbert).

Société Médicale des Hôpitaux de Lyon, 18 janvier 1910.

Etant donné ce qu’on sait du rôle joué par les leucocytes dans les infections en général, et en particulier dans la genèse des lésions tuberculeuses, nous nous sommes demandé si le pouvoir chimiotactique exercé sur les globules blancs par des bacilles tuberculeux de virulence variable, se modifiait parallèlement aux nuances de leur pouvoir pathogène.

Par la méthode des sacs de baudruche inclus dans le péritoine du lapin, nous avons donc- recherché le pouvoir chimiotactique exercé par- les bacilles tuberculeux en cultures solides, humains, bovins, aviaires, de virulence variables, par des cultures homogènes en bouillon, d’âge varié, de bacilles humains et aviaires, et enfin une culture de Timothée-bacilles. Ces diverses variétés du bacille tuberculeux possèdent un pouvoir chimiotactique positif. L’intensité de ce pouvoir chimiotactique est en raison inverse de la virulence Plus la virulence est faible, plus grand est le nombre de leucocytes appelés. L’activité chimiotactique positive se modifie au cours du développement des cultures, à mesure qu’aipparaît leur pouvoir tuberculigône. La capacité chimiotactique, qui semble s’exercer surtout sur les leucocytes polynucléaires, doit être conférée aux bacilles par des substances particulières détruites par le chauffage à 100°.

Le tableau ci-après résume nos résultats :

Cultures sur milieu solide, âgées de 4 mois

Variétés de bacilles Pouvoir

chimiotactique

Bacilles B (virulence forte). 415 leucocytes

Bacilles B (tués par chauffage à 100»). 36 —

Bacilles H (virulence faible). 792 —

Bacilles G (virulence faible). 814 —

Bacilles aviaires (virulence normale). 514 —

Cultures homogènes en bouillon

Variétés de bacilles Pouvoir

chimiotactique

Culture âgée de 5 jours (virulence très faible)... 1994 leucocytes Culture âgée de 4 semaines (virulence normale). 594 —

Culture âgée de 3 mois (virulence forte). 40 —

Culture aviaire, âgée de 4 semaines (virulence faible). 1684 leucocytes

Bacilles acido-résistants

Variétés de bacilles Pouvoir

chimiotactique

Timothée-bacilles, culture de 4 mois sur gélose.. 151 leucocytes

Liquides d’émulsion et de culture

Nature des liquides Pouvoir

chimiotactique

Eau salée à 7 »/oo. 26 leucocytes

Bouillon de culture homogène. 4535 —

Ces notions n’ont pas une valeur seulement spéculative. Elles nous paraissent autoriser des hypothèses applicables aux faits cliniques. Par elles, on comprend qu’au moins une partie des propriétés doînt l’ensemble constitue la virulence d’un bacille tuberculeux réside dans cette, aptitude qu’a le microbe d’éloigner les phagocytes, ou du moins de ne provoquer l’afflux que d’un

petit nombre de ces agents destructeurs. Grâce à ce faible pouvoir chimiotactique, le bacille virulent pourra coloniser à l’aise, échapper à la destruction qui le menace, géüéralîser ses lésions.

Plus chimiotactique, partant moins virulent, le bacille sera phagocyté par les nombreux leucocytes que sa présence attire 1 . Et, si quelques individus se soustraient aux globules vigilants, ils n’engendreront que des lésions minimes et discrètes. Nous ne saurions insister plus longuement. Mais le pouvoir chimiotactique n’est pas tout ; il n’est qu’un faible élément, de la virulence. Nous nous demandons néanmoins si ce pouvoir leucotropique ne doit pas être pris en sérieuse considération et s’il ne doit pas avoir sa place marquée à côté de l’action exercée par les poisons spéciaux du bacille de Koch dans le déterminisme des localisations, dans la genèse ,et l’évolution des lésions tuberculeuses.

b) Infection tuberculeuse expérimentale.

Modalités, Applications.

Sur l’infection tuberculeuse du chien par les voies digestives.

Société de Biologie, avril 1903.

La conférence de M. le Professeur R., Koch au Congrès britannique de la tuberculose a remis en question l’infection des ani : maux par les bacilles de la tuberculose humaine, ainsi que la possibilité d’une infection généralisée sans lésion tuberculeuse à la porte d’entrée du virus.

Nous avons fait ingérer'à sept chiens des bacilles d’origine humaine entretenus en culture pure sur milieu solide, d’une virulence variable. Trois fois, soit dans 42 % des cas, l’ingestion a déterminé des lésions de l'intestin. Deux fois, en l’absence de toute lésion macroscopique et microscopique gastro-intestinale, le microscope a révélé des altérations tuberculeuses dans, les ganglions périgastriqueSk De plus, deux fois, la tuberculose à point de départ .intestinal s’est, quoiqu’on en ait dit, généralisée à la rate et aux poumons.

Donc, les bacilles humains sont capables d’infecter les chiens. Ils peuvent franchir la muqueuse intestinale saine sans laisser de trace.de leur passage, ainsi que cela avait déjà été constaté par Comil et Dobroklonslcy. Enfin, une infection tuberculeuse intestinale peut, avec le temps, s’étendre à tout l’organisme.

Dans ces expériences, nous avons cherché à favoriser l’infection directe de la muqueuse gastrique en augmentant ou en diminuant l’acidité de l’estomac, ou en altérant la face interne du viscère par des moyens mécaniques ou chimiques. Nous n’avons jamais réussi. C’est une preuve que les lésions tuberculeuses de la muqueuse stomacale se rattachent à une infection par des bacilles apportés par le courant sanguin, comme nous le verrons dans un travail particulier dont nous rendrons compte un peu plus loin.

Influence de la splénectomie sur la marche de l’infection par les bacilles de la tuberculose en cultures homogènes.

Société de Biologie , 12 décembre 1904.

Influence de la splénectomie sur l’inoculation dans le péritoine de

bacilles tuberculeux en cultures homogènes.

Société de Biologie, février 1905.

Lorsqu’on injecte dans les veines du. lapin des bacilles de la tuberculose donnant en bouillon des cultures homogènes on provoque chez cet animal une infection aboutissant en 3 ou 4 semaines à la mort, s'accompagnant de cachexie extrême et d’hypertrophie de la rate qui est farcie de bacilles à l’exclusion des autres organes.

En raison de cette hypertrophie si marquée de la rate dans cette infection tuberculeuse en particulier, et du rôle protecteur important qu’on reconnaît à cet organe au cours des diverses septicémies en général, nous avons pratiqué la splénectomie avant et au cours de l’infection intraveineuse.

Dans ces conditions, la splénectomie favorise l’extension et la rapidité de l’évolution des lésions tuberculeuses vers la caséification dans les divers organes qui d’ordinaire ne présentent pas de lésions tuberculeuses macroscopiques.

L’ablation de la rate, faite avant l'infection permet l'édification de‘lésions tuberculeuses plus marquées que si elle est pratiquée après l’inoculation. Plus la splénectomie est faite tardivement, plus l’infection se rapproche par son type anatomique du type observé chez les animaux témoins. L’hypertrophie .progressive de la rate et les cadavres bacillaires contenus dans la pulpe splénique au cours de l’infection réalisée en dehors de la splénectomie, ainsi que les lésions si nettes constatées dans les poumons lorsqu’on a pratiqué la splénectomie, constituent un ensemble de laite ^ qui concourent à mettre en évidence le rôle protecteur de la rate dans l’infection par les bacilles dits homogènes ou la tuberculose à forme septicémique.

Le rôle protecteur de la rate contre l’infection tuberculeuse sanguine, que nous avons ainsi démontré se manifeste-t-il aussi après inoculation du même virus dans le péritoine ?

Dans les cas ordinaires, le bacille tuberculeux d>e S. Arloing, inoculé dans le péritoine du ■ lapin, permet une survie de 2 à 3 mois avec conservation passable de l’état général. A 1 autopsie, on trouve des tubercules épiploïques très petits et rares, sans autres lésions organiques.

.. Si on pratique la splénectomie dans ce mode d’infection, on constate qu’elle favorise chez le lapin et le cobaye l’envahissement bacillaire. La preuve en est que chez les animaux spléneçtomisés, les lésions 'épiploïques sont plus accusées que chez les témoins. Parfois, l’inoculation va jusqu'à produire de la généralisation pulmonaire. .

Cependant, la splénectomie, dans l’infection péritonéale, exerce une action favorisante moins marquée que dans l’infection intraveineuse par le même bacille, ainsi que nous l’avons précédemment démontré.

Etude graphique de la toxicité des émulsions de bacilles de Koch

sur des sujets tuberculeux.

Société de Biologie, décembre 1903.

Tout le monde connaît depuis .longtemps l’action redoutable de la tuberculine' sur des individus porteurs de lésions tuberculeuses.

Plus récemment, von Behring, Thomassen, le professeur S. Arloing, Neufeld, -ont signalé des troubles très graves et parfois mortels après l'injection intra-veineuse d’émulsions de bacilles de Koch. S. Arloing a montré- que ces troubles sont dûs à- la toxicité des émulsions fixée principalement dans la partie liquide de oeUes-ci.

■ ( Nous avons repris l’étude de ces troubles, en -nous -attachant a recueillir principalement les troubles circulatoires et respiratoires à l’aide de la méthode graphique.

Elle -nous a montré que la toxicité des -émulsions retentit violemment, au début, sur le cœur, les vaisseaux et l'appareil respiratoire, et détermine la mort par un affaiblissement profond du m-usclie cardiaque et- une chute considérable de la pression artérielle, tout en affectant moins vivement les centres respiratoires î que -les -centres cardiaques. Elle nous .a permis. encore de constater -que les émulsions de bacilles -sont -plus toxiques que la tuberculine, et qu’il existe -entre les -effets de ces deux produits des différences dénotant que les principes toxiques essentiels ne (/sont pas absolument identiques dans la-tuberculine et dans les émulsions.

A l’autopsie ides chiens qui ont succombé -dans nos expériences, nous avons rencontré des lésions qui semblent démontrer qu-e l’élimination de la substance, toxique s’accomplit au niveau de la muqueu-se gastro-intestinale. ■

Depuis la publication de ce' travail, les recherches se sont multipliées -sur la sensibilisation aux divers poisons (végétaux, microbiens, organiques) ou aux substances normales (s-érum,! etc:).

■Cette hypersensibilité a été appelée par Richet « anaphylaxie ». On voudra bien reconnaître que nos recherches ont mis en évidence cette anaphylaxie en ce qui concerne les poisons du bacille de Koch. Les symptômes que nous avons observés, sont ceux qui se développent -au cours de tout état anaphylactique, en particulier, lors de l’anaphylaxie sérique.

Nous sommes les premiers, croyons-nous, qui en ayions - fait l’étude graphique.

Réinoculation de la tuberculose au cobaye. Conditions qui modifient ou troublent le résultat des expériences (en collaboration

avec M. André Dufoukt).

Société de Biologie , 26 février 1910.

La tuberculose est-elle, oui ou non, réinoculable dans le tissu “conjonctif du cobaye ? Telle est la question que nous avons soumise au contrôle d’expériences nouvelles parce qu’elle avait reçu des solutions différentes.

Robert Koch avait déclaré que six semaines après une première inoculation, la réinoculation produit à peine une petite nécrose locale et respecte les ganglions' correspondants. S. Arlôing aurait observe la réinoeulabilité dans des conditions en apparence analogues. J. Gourmont et Lesieur auraient noté un insuccès presque complet de la réinoculation à la suite d’un mode, particulier d’infection par friction à la surface de la peau.

Oes 'divergences tiennent-elles à la qualité du virus, à la dose inoculée, à l’intervalle qui s’est écoulé entre les deux inoculations, à la manière de rechercher les lésions de la réinoculation ?

Pour nous renseigner sur les questions soulevées ci-dessus, ■nous avons institué plusieurs séries d’expériences qui nous ont permis de saisir certaines conditions qui modifient ou troublent -le résultat des expériences, et dont il faut tenir compte dans ce genre de recherches.

Par exemple, nous avons remarqué :

1° Que dans les cas où l’on a fait usage de bacilles très actifs pour la première inoculation, la diffusion rapide de l'infection dans les ganglions éloignés du point où 1e- virus a été déposé peut faire croire à une réinoculation inexistante en réalité ;

2° Que par l’usage de bacilles humains de virulence moyenne ou très faible, la réinoculation est possible, bien que très limitée, pendant les 15 à 20 jours qui suivent la première inoculation ;

3° Que, durant cette période, sous l'influence des bacilles humains sus-indiqués, l’organisme est même prédisposé à l’effet de la réinoculation ;

4° Que par l’usage de bacilles bovins très actifs, la résistance. • de l’organisme à une réinoculation arrive plutôt que par l’usage de bacilles humains de virulence moyenne ;

5° Que le jugement définitif sur l’échec d’une réinoculation ne peut être porté à la suite d’un simple examen macroscopique,

. mais après l’étude histologique des ganglions suspects ;

6° Que la lésion locale, superficielle ou conjonctive, au siège de la réinoculation, a une plus grande valeur que celle des ganglions régionaux dans l’appréciation du succès, ou de l’insuccès d’une réinoculation, surtout lorsqu’on a employé des bacilles très viru- . lents.

En résumé, la réinoculation est possible,' mais dans des condi- Ufons particulières, comme on vient de le voir ; la non-réinoculation est le cas le plus général, dès qu’il s’est écoulé un certain : temps depuis la première infection.

Evolution de l’infection tuberculeuse expérimentale par le bacille de Koch en culture homogène chez les mammifères, les oiseaux, et les vertébrés à sang froid.

Société de Biologie, 16 avril 1910.

Nous nous, sommes proposé dans les inoculations comparatives, faites sur la plupart des animaux de laboratoire, de saisir les effets communs à l’ensemble de ces animaux, ou le.s différences qui pourraient exister en passant d’une espèce ou d]un groupe à l’autre. Nous avons vu que si le bacille en culture homogène a perdu une grande partie de son pouvoir tiuberculigèna, il. exerce, au-dessus d’une certaine dosé, une action très nocive sur les vertébrés les plus usités dans les laboratoires.

Par ordre de (réceptivité; on citera : les bovidés, le mouton, la chèvre, le lapin et le chien, le cobaye parmi les mammifères ; la poule, le pigeon parmi les oiseaux ; la grenouille, les poissons, parmi les vertébrés à sang froid. Le chien est particulièrement, résistant..

Alors que le lapin est tué en 25 jours en moyenne par une dose de culture égale à 0,00004- de son poids, injectée dans la veine, on voit le veau succomber à la même dose en 35 à 40 jours, le.

mouton à 0,00010 en 15-23 jours, la chèvre à 0,00016 en 30-50 jours, le chien ne succombera qu’en 110 jours à une dose de 0,00011, ou bien résistera à 0,00028 et 0,00050.

Ces injections s’accompagnent d’élévations thermiques continues considérables chez le veau, la chèvre et le mouton. On note un amaigrissement variant suivant les espèces de 17 % à 28 % du poids primitif.

La poule succombe en un mois à une dose de 0,0011 dans les veines, le pigeon en 40 .it 50 jours à une dose analogue.

La grenouille et les poissons, inoculés dans le sac dorsal ou dans l’abdomen, meurent en 10 à 23 jours. *

Les lésions les plus importantes siègent dans le poumon sur les ruminants ; dans la rate et- le foie chez le lapin ; les lésions apparentes sont généralement absentes chez le chien. Dans le poumon des ruminants, les lésions affectent le caractère des inflammations ordinaires de cet organe.

Quand les lésions portent sur les séreuses des mammifères, elles prennent les caractères des tubercules ; sur les séreuses des grenouilles ôt des poissons, elles ressemblent à des épanchements simples ou compliqués de tractus fibrineux.

Etude histologique des lésions tuberculeuses expérimentales produites par le bacille de Koch en culture homogène chez les mammifères, les oiseaux et les vertébrés à sang froid (en collaboration avec M. P. Stazzi).

Société de Biologie, 7 mai 1910.

L’intérêt de cette étude est double. Elle montre, en effet, le caractère tout particulier des lésions produites par un bacille tuberculeux très modifié dans sa virulence, et les réactions particulières de -plusieurs organismes différents en présence de ce bacihe.

Elle a exigé un grand nombre d’inoculations et un nombre très considérable de coupes histologiques. Parmi les mammifères, nos travaux ont porté sur le bœuf, le mouton, la chèvre, le chien, le lapin et le cobaye ; parmi les oiseaux, sur la poule et le pigeon ;

parmi les. vertébrésà sang froid, sur la grenouille et deux espèces . die poissons.

Le caractère dominant de l’action offensive du bacille en culture-homogène est de ne pas produire de localisations tuberculeuses macroscopiques, après l'injection d’une dose faible dans les vaisseaux.

Les lésions deviennent évidentes sur les ruminants si la dose injectée est relativement considérable.

L’infection a été produite chez la grenouille par des injections dans le sac dorsal et dans le péritoine: Chez les poissons, dans la cavité abdominale seulement.

Sans entrer dans des détails, nous dirons que, sur toutes les espèces animales, le pouvoir toxique des cultures homogènes domine le pouvoir tuberculigène. Les lésions . d’ordre toxique sont donc les plus importantes ; elles sont toutes du domaine de l’histologie. Nous signalerons particulièrement l’hypertrophie de la rate,- les altérations vasculaires, la dégénérescence hyaline et vitreuse-, l'infiltration d’éléments cellulaires dans les organes parenchymateux.

Quant aux lésions dérivant des bacilles, elles sont polymorphes, et consistent tantôt en lésions inflammatoires banales, tantôt en lésions tuberculiformes. Parmi les -premières, nous citerons l’infiltration cellulaire diffuse des parenchymes (le foie ou le poumon, suivant les espèces), ainsi que des néoformations i, connectives et vasculaires- Les lésions tuberculiformes sont ainsi appelées par nous, à raison de leur structure qui s’éloigne du type classique. Ces lésions, mal délimitées, souvent dépourvues de cellules géantes, ne sont point folliculaires, selon l’expression couramment employée dans le langage de: l’école.

La particularité suivante mérite d’être signalée et de fixer,l’attention : ces tubercules ou ces productions tuberculiformes n'évoluent jamais vers la caséification, mais bien vers la transformation fibreuse avec nêofonmation vasculaire, c’est-à-dire vers la guérison.

Cette évolution permet d’espérer que les cultures homogènes pourraient immuniser contre la tuberculose.

Contribution expérimentale à la pathogénie de l’albuminurie prétuberculeuse (en collaboration avec M. la Professeur J. Teissier).

Congrès de l'Association Française pour VAvancement des Sciences, Clermont-Ferrand, août 1908.

Le professeur Teissier a décrit en 1894, une nouvelle entité morbide' qu’il appela albuminurie prétuberculeuse. Cette albuminurie se présente à côté' de l’albuminurie intermittente, dans des conditions un peu différentes, et évolue, non plus vers la goutte, mais vers la tuberculose, Elle est intermittente, avec cycle irrégulier ; alterne avec des poussées de bronchite catarrhale ou des phénomènes 'congestifs divers ; enfin, point capital, disparait au moment où s’établit une localisation pulmonaire.

Il s’agissait expérimentalement,, non de produire de l’albuminurie tuberculeuse obtenue par beaucoup d’auteurs, mais de reproduire une albuminurie qui précéderait véritablement des lésions bacillaires..

Npuis avons donc injecté à des lapins, dans la veine auriculaire, de la tuberculine, l’émulsion d’une culture sur milieu solide de tuberculose humaine virulente, enfin, de la culture liquide homo¬

gène du bacille tuberculeux de S: Arloing.

Cinq gouttes de tuberculine brute déterminent en quelques heures une albuminurie qui dure une huitaine de jours. Cette albuminurie toxinique pure est constituée presque exclusivement par de la globuline et une très faible quantité de senne.

L’émulsion-de bacilles très virulents détermine promptement et sûrement l’albuminurie, mais-celle-ci diminue lentement, au fur et à mesure, pour ainsi dire, que s’établit la tuberculisation du poumon. L’étude histologique des reins n’y montrait pas de lésions

spécifiques.. ..

L’injection de- culture de bacilles homogènes qui paraissait réaliser le moyen le plus sûr de léser le rein, puisqu’elle comprend poisons solubles et bacilles, a fait apparaître très rapidement l’albuminurie. Celle-ci a décru lentement, puis a reparu, par intermittence ; enfin, les animaux sont morts dune septi-

cémie tuberculeuse, leurs’ organes étant sains macroscopiquement.

Nous ferons remarquer qu’à la suite d’injections de bacilles virulents, les reins présentent quelques lésions de sclérose • interstice» tandis qu’après l'introduction de cultures homogènes, les lésions atteignent plutôt l’épithélium urinifère.

Les expériences résumées ici démontrent que l’albuminurie dan s les cas d infection bacillaire peut se montrer, disparaître et réapparaître, avant rétablissement des lésions tuberculeuses folliculaires rénales ou pulmonaires.

Ainsi, se trouverait justifiée, au sens anatomique et clinique du mot, i 'albuminurie prétuberculeuse et la possibilité d-e l’attribuer, selon les idées du professeur Tedssier, soit à des produits toxiques tuberculineux proprement dits, ou au résidu d’une bactériolÿse .tuberculeuse ayant pris naissance dans certains points de 1 organisme, soit peut-être à l’action toxique exercée sur le parenchyme rénal par une tuberculination ancestrale.

Nous poursuivons l’étude de cette question en recherchant l’action exercée sur le rein par divers produits extraits des cul-, iures et des corps bacillaires.

c) Propriétés acquises par le sérum sanguin et modifications des éléments figurés du sang sous l’influence de l'infection tuberculeuse.

[.—Sur les propriétés chimiotaxiques d’un sérum antituberculineux

(en collaboration avec M. de Gebhardt);

Société de Biologie, juin 1901, et Pester Medic. Chirurg. Presse, juillet 1901.

IL — Pouvoir chimiotàxique de divers sérums ss rattachant à la tuberculose.

Société de Biologie, mai 1902.

III. — Rapport entre l’action chiœiotaxiqüe de certains sérums antitoxiques se rattachant à la tuberculose et leur pouvoir agglutinant sur le bacille de Koch.

Société de Biologie , décembre 1902.

' Les sérums appelés antituberculeux, et qui jusqu’à présent ont, sur le terrain expérimental, montré un pouvoir antituberculineux, c’est-à-dire capable de neutraliser une certaine dose de tuberculine, ont été préconisés par quelques auteurs dans le traitement de la tuberculose de l'homme.

Dans tous les cas, il nous a semblé qu’avant d’étre acceptés parmi lés agents thérapeutiques de la tuberculose, ils devaient posséder les propriétés qui appartiennent d’ordinaire aux sérums thérapeutiques, propriétés qui permettent de réveiller l’action des agents défensifs de l’organisme ou d’atteindre les agents infectieux eux-mêmes.

. Dans cet ordre d’-idées, nous nous .sommes préoccupé de savoir si ' ces sérums antitoxiques exerçaient sur les globules blancs une action chimiotaxique positive. .

Avec M. de Gebhardt, nous avons placé dans la cavité péritonéale, chez des lapins et des cobayes, des sacs de baudruche remplis de sérum anti-tuberculineux fourni par une chèvre ayant reçu un grand nombre d’inoculations de bacilles sous la peau^ ainsi que des sacs remplis de sérum de .chèvre normal et de bouillon de bœuf neutre. Des examens ultérieurs nous ont permis d’observer que le sérum antitoxicjue ou antituberculineux jouit d’un pouvoir chimiotaxique positif douze fois plus grand que .celui du sérum normal et du bouillon. Cès liquides attirent respectivement 680, 62 et 24 leucocytes.

Pour élargir cet ordre d’observations, nous avons étudié de la même manière le sérum d’une - vache saine, celui d’une vache très tuberculeuse et enfin celui d’une vache préparée comme la chèvre dont il a été question plus haut. Le sérum de la vache très tuberculeuse a attiré vingt-cinq fois plus de leucocytes (446 leucocyte par millimètre cube), que le sérum de la vache saine (18 leucocytes), et le sérum antituberculineux, cinq fois plus que celui de la vache très tuberculeuse (2.332 leucocytes).

Nous avons également comparé le sérum d’une chèvre normale à celui dune autre chèvre ayant reçu de nombreuses injections de. sue filtré de lésions tuberculeuses naturelles du bœuf. Ce dernier sérum jouissait également d’un pouvoir .ohimiotaxique positif plus élevé que celui du sérum ide l’animal vierge.

Dans ces diverses expériences, nous avons observé un rapport entre l’intensité du pouvoir chimiotaxique et celle du pouvoir antitub erculineu x des sérums. Nous avons cherché la relation qui pouvait exister aussi entre le pouvoir ohimiotaxique et le pouvoir agglutinant d’un sérum antituberculineux. Nous avons constaté que ces deux pouvoirs s'élèvent simultanément.

Restait a savoir si les diverses sortes de leucocytes attirés dans les sacs de baudruche se trouvent dans la même proportion que dans le -sang normal. Ge rapport paraît influencé dans une assez large mesure par le pouvoir agglutinant du sérum. Le sérum le plus agglutinant et qui, par suite, attire le plus grand nombre de leucocytes en général, attire aussi le plus grand nombre de polynucléaires.

Ainsi un sérum dont le pouvoir agglutinant est de l/20 e appelle 30 leucocytes, dont 60 polynucléaires pour 100 leucocytes, tandis que pour un sérum agglutinant à 1/80°, on trouve 579 leucocytes, dont 93 polynucléaires pour cent.

L’agglutination du bacille de Koch par un sérum spécifique s’accompagne-t-elle d’une action bactériolytique et bactéricide ?

Soc. de Biologie, juillet 1899.

Dans le même but indiqué plus loin, nous avons cherché si le sérum antituberculineux est agglutinant par le. fait même qu’il est antituberculineux ; s’il entraînerait, par contact, la résolution des bacilles de Koch en granulations et détruirait par ce moyen le pouvoir végétatif de ce microbe.

Pour faciliter les observations, on a fait agir le sérum sur des bacilles accoutumées à vivre en milieu liquide. Or, un contact prolongé pendant 5, 10, 24 heures, n’a pas exercé d 'action baclériolytique évidente sur le bacille'de Koch. Ce fait s’explique assez facilement, le sérum 1 employé étant surtout antitoxique. Nous croyons

même avoir constaté qu’après 5 à 10 heures de contact, le pouvoir végétatif du bacille semé dans un milieu ad hoc est notablement accru. C’est là un nouvel exemple de l’indépendance du pouvoir agglutinant d’un sérum et de ses propriétés lysogènes.

I. — Influence du sérum antituberculineux sur la virulence du bacille de Koch.

Société de Biologie, juillet 1901.

H. Action favorisante du sérum antituberculineux vis-à-vis de l’infection par le bacille de Koch en cultures liquides atténuées.

Société de Biologie, novembre 1901.

III. — Action favorisante du sérum antituberculineux, introduit par la voie sanguine ou conjonctive, sur l’infection par des cultures homogènes du bacille de Koch.

Société de Biologie, décembre 1901.

Si, dans les conditions précitées, les sérums antituberculineux n’ont pas manifesté d’action bactériolytique in vitro, ni augmenté le pouvoir végétatif des bacilles habitués à vivre dans la profondeur des bouillons, imprimeraient-ils néanmoins quelques modifications au pouvoir pathogène de ces bacilles ?

Pour répondre à cette question, nous avons inoculé des cobayes et des lapins dans le tissu conjonctif sous-cutané, avec des bacilles ayant séjourné 24 heures au contact d’un sérum antituberculineux. Contrairement à notre attente, ces animaux présentèrent plus tard des lésions Viscérales et ganglionnaires beaucoup plus graves et plus étendues que des animaux inoculés avec des bacilles .empruntés directement à des cultures sur pommes de terre glycérinées. .

Cependant, nous avons noté une différence intéressante, savoir : les animaux témoins présentaient des accidents locaux pyogéniques et nécrotiques très accusés ; ces accidents étaient absents chez les autres sujets. . ■ ,

Cette double 'Constatation doit vraisemblablement être mise sur Je compte'de.i’action chimiotaxique positive exercée par le sérum antituberculineux, laquelle a favorisé la disparition des. bacilles du point d’inoculation et leur dispersion dans l’organisme. Mais il n’y a pas eu phagocytose complète.

~Nous avons voulu chercher si le sérum antituberculineux exercerait aussi une action favorisante dans le cas où il serait injecté dans les cavités séreuses en même temps qu’un bacille atténué dont on. connaîtrait les qualités infectantes normales. Afin de mieux apprécier l’action favorisante, si elle existait, nous avons choisi, pour cette investigation, les bacilles atténués, en cultures homogènes du professeur S, Arioang.

Les animaux inoculés dans le péritoine ou la plèvre avec un mélange de culture et de sérum ont succombé plus rapidement que les sujets ayant reçu la même quantité de culture pure. Ils ont présenté, tantôt une tuberculose septicémique, tantôt des lésions organiques classiques. De sorte que l’action favorisante du sérum sur l’infection du lapin par le bacille de Koch en cultures homogènes, semble ici ressortir incontestablement.

Réussirait-on à entraver l’irufection si le mélange de sérum et de bacilles était- introduit dans le sang ? Pas davantage ; quelquefois même l’infection semble favorisée par l’adjonction du sérum.

Enfin, nous ajouterons, pour en finir avec oes recherches sur l’influence du sérum antituberculineux, que oe demiqr, introduit à maintes reprises dans le tissu conjonctif, de manière à réaliser une sorte d’imprégnation de l’animal, ne paraît pas -conférer à l’organis-me du lapin les qualités qui lui permettraient de résister à l’inoculation intra-veineuse du bacille en cultures homogènes.

Donc, si le pouvoir a-ntitoxique et les propriétés chimiotaxiques des sérums antituberculi-n-eux peuvent encourager l’usage thérapeutique d-e oes produits, les expériences que nous avons faites -siur l’influence qu’ils exercent sur les bacilles in vitro o-u sur l’organisme mis en présence des bacilles, simultanément ou postérieurement -à leur administration, peuvent inspirer quelques réserves sur -l’idée que l’on se fait a priori de leur action bienfaisante sur le malade. Doue, tout en introduisant les sérums 1 dans la thérapeutique, il serait bon de fixer les conditions qui permettront d’utiliser leurs avantages en évitant leurs inconvénients.

I. — Sur quelques particularités hématologiques dans la tuberculose pulmonaire (« La figure du sang d’Arneth ») (en collaboration avec M. Maurice GeMty).

Volume jubilaire de M. le professeur J. Teissier. décembre 1909, et Journal de Physiologie et de Pathologie générale, tome XII, n° 21, p. 236, 15 mars 1910.

II. — Variations du nombre des leucocytes neutrophiles dans la tuberculose pulmonaire (en collaboration avec M. Maurice Genty).

Soc. Méd. des hôpitaux de Lyon , 8 mars 1910.

L’étude des éléments figurés du sang au cours de la tuberculose pulmonaire n’a pas donné tous les résultats qu’on avait cru pouvoir lui demander. Ces recherches furent supiplantées par celles qui se rapportent au sérum sanguin si fertile en renseignements de premier ordre (séro-diagnostie et séro-pronostic .entre autres).

Ameith, en 1904, a rappelé de' cet ostracisme. Il a montré que l’étude des seuls polynucléaires neutrophiles donnait, au cours dé la tuberculose, des indications.. importantes. Il estime que les proportions respectives des variétés normales de neutrophiles à 1, 2, 3, 4 et 5 noyaux ne sont-pas soumises au hasard, mais sont constantes. Le rapport quantitatif de ces groupes leucocytaires à l’état physiologique constitué « la figure ou peinture du sang ».

Dans notre travail, le premier fait en France sur cette question, nous avons constaté, à la suite d’Ameth et de A. et H. Klébs, l’intérêt de l’étude de la figure normale du sang, dont voici la formule : Neutrophiles à 1 noyau 5, à II noyaux 35, à III noÿàüx, 41, à IV nôyaux, 17, à V noyaux 2 %.

■Cette figure se modifie peu au cours des maladies chroniques non infectieuses. Nous avons, en effet, trouvé en moyenne : 110, II 35, III 40, IV 13, V 2 %.

Mais dans 1a. tuberculose pulmonaire, Cés chiffres sont profondément troublés. L’augmentation du nombre des leucocytes des groupes I et II au détriment des groupes III, IV et V est d’autaht plus forte que le cas envisagé est plus grave. Ainsi, au stade I,

on trouve : I 9, II 31, III 43, IV 15, V 2 % ; et au stade III progressif : I 31, II 42, III 23, IV 3, V 0 %.

La valeur séméiologique, diagnostique-et pronostique du-déplacement de la formule sanguine vers la gauche, c’est-à-dire vers les types I. et II est donc grande.

Nous avons bien mis ces faits en lumière dans les parties suivantes de nos recherches dont l’idée directrice nous est entièrement personnelle.

. L’étude comparative de la figure du sang et de la séro-agglutination bacillaire montre qu’à une agglutination nulle correspond une mauvaise formule (agglutin. négative à 1/5® : I 38, II 35,

Variations du taux de chaque type de neutrophiles en rapport avec l'intensité du pouvoir agglutinant bacillaire du sérum sanguin.

(1, pas d’agglutination ; 2, agglut.'-)- 5 — 10 15; 3, agglut. + 5 —10

— 15; 4, agglut. + 5 -j- 10 — 15 ; 5, agglut. + 5 + 10 4 - 15 ; 6, agglut. + 5 + 10 + 15).

III 19, IV 5, V 0 %.), tandis qu’une forte agglutination, (séro-pronostic favorable) comporte l’élévation des types à plusieurs noyaux (agglutin.. positive à 1 /15 e : 1 18, II 38, III 33, IV 9, V I %). Les taux d’agglutinatio-n intermédiaires s’accompagnent de formules également intermédiaires entre ces deux extrêmes (Voir fig. 1),

Ces faits ont une portée plus générale puisqu'ils montrent qu’aux leucocytes adultes multinucléés est dévolue l’élaboration des substances spécifiques (agglutinine, antitoxine ,etc.). Les neutrophiles , à deux noyaux restent à un taux constant, et quasi indifférents dans ces phénomènes.

L’intérêt, de : ces constatations .est encore-renforcé par l’étude de la figure du sang au cours des diverses médications spécifiques antituberculeuses (sérums, bactériolysine, tuberculine).

- En voici trois exemples concrétés par la figure 2.

.1° Un .cas de tuberculose pulmonaire stade III, progressif, comptait avant le traitement par le sérum de Marrrtorek , I 37, II 41, III 17, IV 5, y 0 % ; après 50 jours de sérothérapie, I 13, II 47, III 30, IV 9, V 1 %.

2° Une tuberculose pulmonaire stade II, avait avant l’emploi de la bactériolysine Maragliano, I 31, II 53, III 16, IV 0, V 0 %, et après 18 injections, I 10, Il '34, III 48, IV 7, V 1

3° Une tuberculose pulmonaire stade II donnait avant une cure dé 4- mois par la tuberculine Béraneck I 12, II 43, III 39, IV 5, V 1 % ; après, I 5, II 29, III 50, IV 14, V 2 %.

Ces importantes modifications sanguines.-persistent longtemps après le traitement par la bactériolysine, -et surtout par la tuberculine. Elles ne survivent q-ue peu au sérum antitoxique.

Au cas d’insuccès du traitement spécifique, .la faillite de.l’intervention se traduit par le statu quo de la figure sanguine.

L’étude de la ligure du sang permet donc aussi de suivre les effets des médications spécifiques ; grâce à elle, on saisit un des aspects de la réaction si complexe de l’organisme sous l’influence de ces médications ; par elle, on peut choisir, en toute connais? sance de .cause, la thérapeutique la plus efficace, par elle enfin, on évalue l’intensité de la défense et de la rénovation leuco-' çytaire si importante au point de vue du pronostic.

Accessoirement, nous avons vu comme d’autres auteurs que la mononucléose correspond aux formes favorables,la polynucléose

aux formes ulcéreuses, suppuratives, et l’ Eosinophilie aux phases d'amélioration ou d’accalmie du processus.

Fig. 2

Variations du taux de chaque type de neulrophilés au cours des médications spécifiques antituberculeuses.

(En noir plein, °U avant le traitement ; en noir ombré, ”/<, après le traitement).

d) Moyens de diagnostic et de pronostic de la tuberculose (séro-réaction, oculo-réaction, cuti et intra-dermoréaction ; cytologie).

.Nous analyserons ici nos recherches sur la séro-réaction, l’oculoréac.tion, la cuti et d’intrandermo réaction. No® études cytologiques trouveront place dans la deuxième partie (observations diverses). • • • • -

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