III. — Sur la réaction cutanée à la tuberculine
Société de Biologie, 21 juillet ,1907. .
IV. — Réaction cutanée à la tuberculine dans la tuberculose expérimentale.
Société de Biologie, 23 novembre 1907.
Les recherches cliniques de von Picket .et les expériences de H. Vallée ont montré que l’application de quelques gouttes de tuberculine sur la peau préalablement scarifiée de l’homme et des animaux tuberculeux provoquait- une vive réaction locale (rougeur, épaississement des tissus, plaques cutanées œdémateuses et douloureuses, parfois vésico-pustules, débutant • 2-4 heures après l’opération, s’accentuant vers la 48 e heure et très visibles encore pendant 4 à 5 jours).
■Cette cuti-réaction se produit avec une pareille intensité seulement chez les individus tuberculeux. • Elle possède donc .une. grande importance au point de vue du diagnostic.
Nous avons .appliqué la tuberculine brute par. cette* méthode .à 19 animaux (veaux, chèvres, chiens, lapins, cobayes), par diverses voies, ainsi qu’à 9 animaux témoins. Il nous a été impossible de constater une réaction cutanée franche et spécifique sous l’influence de -la' tuberculine. Tout s’est borné à de la rougeur et à de l’épaississement fugace des bords de la scarification qui duré-
rent 24 à 36 heures, et se produisirent aussi bien sur les témoins que- sur les sujets tuberculeux.
Nous demandant si la. glycérine contenue dans la tuberculine ne serait pas responsable de la réaction locale, -nous avons lait une nouvelle série d’observations où nous avons appliqué sur les scarifications de l'eau glycérinée à 50 %, au lieu de tuberculine. La réaction -locale s’est produite, mais moins vive toutefois qu’avec la tuberculine. La réaction cutanée à la tuberculine paraissait donc être inconstante.
Devant ces résultats, nous nous sommes encore demandé si la réaction cutanée ne serait pas fonction de l’emploi de telle ou telle tuberculine, -et si, là où un-e première tuberculine avait échoué, une tuberculine préparée -différemment ne serait pas -efficace. A oet effet, nous nous sommes -servi simultanément sur 19 animaux tuberculeux (bovidés, -chèvres, chiens, lapins et -cobayes) et sur 9 animaux témoins, de quatre tuberculines différentes.
Les résultats ont -été pour toutes aussi peu concluants, à cause de la faiblesse, de l’irrégularité des phénomènes et de leur manque absolu de spécificité.
Néanmoins, 1-e.s tuberculines - contenant le plus de produits extractifs, autrement dit les tuberculines les -plus complètes et les plus additionnées de glycérine, substance irritante par ellemême, ont -provoqué localement -un peu de rougeur et d’épaississement des tissus.
Un sérum d'homme atteint de tuberculose -pulmonaire, employé dans les mômes conditions, chez un cobaye tuberculeux, n’a produit aucune -réaction locale.
Continuant dans le domaine expérimental nos travaux sur la réaction cutanée à la tuberculine, nous avons recherché la cutiréaction sur -d-es chiens et des veaux, artificiellement infectés par le tube digestif avec des bacilles humains poussant en cultures homogènes en bouillon, et avec des bacilles bovins.
■Sur quatre -chiens, aucun n’a présenté de cuti-réaction à la suite -d’application sur des scarifications, soit de tuberculine piure, soit de tuberculine diluée de moitié, soit d’eau glycérinée à 50 %: Ces chiens avaient pourtant réagi à- la tuberculine administrée sous la peau.
■ Des quatre.bovidés sur qui. ont porté nos essais, deux ont été tuberculisés par la voie digestive avec des bacilles humains atténués et des bacilles bovins virulents. Ces animaux ont eu une réaction douteuse , à la tuberculination soùs-cutanéey et se sont montrés insensibles à la cuti-réaction. Les deux derniers veaux ont ingéré exclusivement des bacilles.bovins virulents. Ils ont eu, à la suite de la tuberculination classique, des réactions positives : pourtant, l’uin d’eux n’a pas donné de cuti-réaction. L’autre a eu une réaction cutanée très belle et caractéristique, toutefois, ■ sans vésiculation, ni .pustulation. La tuberculine, diluée à 50, % a fait réagir ce dernier sujet aussi bien, sinon mieux que la tuberculine pure. L’eau glyoérinée a fourni chez lui des symptômes, réactionnels analogues en petit à la cuti-réaction provoquée par la tuberculine.
...Nous sommes donc autorisé à conclure que la cuti-réaction peut faire défaut chez des animaux tuberculisés.
I. — L’ophtalmo réaction à la tuberculine. Ses modalités. Phénomènes concomitants. Emploi de l’adrénaline au cours des symptômes congestifs de la réaction. Essai parallèle avec la séroréaction (en collaboration avec M. Dumarest).
Province Médicale, n° 41, 12 octobre 1907.
Le diagnostic de la tuberculose par l'ophtalmo-réaction, préconisé par-Wolff-Eissner et par Calmette, a dès son apparition, excité très vivement l’intérêt des observateurs. Nous avons tenu à nous renseigner sur ses caractères et sur sa valeur, en l’appliquant, tout d’abord, dans un bon nombre de cas au sanatorium d’Hautevdlle.
Au point de vue clinique, nous avons appelé les premiers l’attention sur la réaction thermique, fait discuté et même nié, .mais confirmé ultérieurement par Audéoud, Dufour, etc., sur les troubles généraux consécutifs à l'instillation de 1a. tuberculine entre les paupières. Nous avons vu la réaction conjonctivale s’accompagner quelquefois à la période d’état d’une dilatation pupillaire plus ou moins forte. Beaucoup plus rarement, on peut observer du myosis dans les mêmes conditions.
Nous avons observé également dès nos premières recherches qu’une première instillation bien que négative, prépare une .réaction très forte lors d’une deuxième ou seulement d’une troisième épreuve. Depuis, nous avons attribué ce phénomène à une anaphylaxie locale.
Il nous a. paru intéressant de connaître l 'influence d’une cure thérapeutique à la lubercûline sur Voculo-réactüm, et réciproquement. D’une façon générale, une injection de tuberculine ravive une réaction conjonctivale éteinte depuis quelques jours. Quant à l’influence qu’un traitement préalable à la tuberculine peut exercer sur l’oculo-réaction, elle est très variable.
Il ne nous a pas semblé que le rappel de l’oculo-réaction par une injection thérapeutique de tuberculine, soit une contre indication à l'emploi des deux méthodes chez un même sujet, contrairement à l’opinion exprimée par S. Lévy.
L’oculo-réaction n’est pas exempte de danger. On sait qu’elle s’accompagne parfois de complications oculaires variées. Mais, à s’en tenir à son phénomène habituel, la dilatajtion des vaisseaux de la conjonctive, il est assez intense pour qu’on éprouve le besoin 'de le modérer. Nous avons préconisé dans ce but, l’instillation précoce d’un collyre .à 1/3000 6 û'adrénatine.
Ce premier travail sur l’ophtatmo- réaction soulève une question relative au mécanisme pathogénique et à la signification de l’oculo-réaetion.
Elle a fait l'objet des recherches suivantes.: