VII. — Oculo-réection et tuberculino-thérapie
Soc. Méd. des Hôpitaux de Lyon, 23 juin 1908.
VIII. — Comparaison de la cuti-réaction, de l’oculo-réaction et de la séro-réaction bacillaire dans quelques dermatoses, lupus, psoriasis (en eolaboration avec MM. J. Nicolas et P. Gauthier).
Soc. Méd. des Hôpitaux de Lyon, 30 juin 1908.
IX. — Sur l’oculo-réaction à la tuberculine. Recherches d’ensemble présentées au VI e Congrès de la Tuberculose, Sections I et II. Washington, 28 septembre (5 octobre 1908).
X. — Comparaison de l’oculo-réaction et de la séro-réaction chez les vieillards (en collaboration avec MM. P. Coürmont et Bérard).
Soc. Méd. des Hôpitaux de Lyon, 11 mai 1909.
Cherchant à nous renseigner sur le point de savoir si l’oculoréaction à la tuberculine est .spécifique ou non, nous l’avons appliquée sciemment sur des malades et sur des animaux sous, le coup d’une affection non tuberculeuse.
Sur le terrain clinique, au cours d’affections non tuberculeuses telles que la fièvre typhoïde, nous avons observé des ooulo-réactdons positives. Nous en avons inféré que la réaction oculaire à la tuberculine se produisait surtout chez des individus en état d intoxinisation, c’est-à-dire dont l’organisme est imprégné et sensibilisé par une toxine quelconque, pourvu qu'elle jouisse de propriétés vaso-dilatatrices.
En effet, l’oculo-réaction provoquée par la tuberculine, poison vaso-dilatateur, est la preuve de la sensibilité exquise du système nerveux à produire ce phénomène vasculaire. Or, cette sensibilité spéciale résulte de l'imprégnation antérieure du système narveuxy^ par un poison, dont l’effet est identique. /$
Expérimentalement, on obtient une oculo-rëaction analogi/tï ' chez des lapins non tuberculeux imprégnés progressivement pA& des -toxines vaso-dilatatrices, telles que la tuberculine, les toxines»! êberthienne, staphylococcique et diphtérique.
La toxine êberthienne même sensibilise le lapin à un plus haut degré. La toxine diphtérique engendre la même aptitude à réagir. Les produits solubles du staphylocoque agissent de la même façon, mais plus lentement.
Voici encore d’autres faits : Deux chevaux producteurs de sérum antidiphtérique et maintenus à l’état d’immunisation depuis plus de douze ans par des injections périodiques, ont présenté
une oculo-rëaction positive à la tuberculine. Deux autres chevaux fournissant du sérum antitétanique, ont donné aussi des oculo-réactions positives, toutefois un peu moins vives que les précédents. De plus, les ' chevaux chez qui l’immunisation visà-vis des effets d’une toxine est le moins développée, sont ceux chez qui, en général, l’oculo-réaction à la tuberculine est le plus marquée. Ainsi, un cheval à qui on administrait la première série des injections de toxine diphtérique (doses de 1 à 3 cc. m.), a offert une réaction oculaire bien plus vive que ses congénères fournissant un sérum préventif pour le cobaye à 1/75000°.
Donc, à un moment donné -d’une imprégnation toxinique , des
sujets- non tuberculeux ont présenté une réaction oculaire positive pouvant faire conclure à tort à l’existenoe d’une tuberculose en évolution. Le déterminisme du phénomène conjonctival montre que l’oculo-réaction à la tuberculine ■ n’est pas spécifique, et qu’elle ne possède pas, en conséquence, une valeur révélatrice absolue.
Notre attention a été retenue quelque temps par la réaction chez les syphilitiques non. tuberculeux. Chez oes malades, locu réaction fait défaut lorsqu’ils-sont atteints d’accidents primitifs ; elle se montre positive chez les syphilitiques secondâmes en ' pleine poussée ; elle est négative chez les syphilitiques qui semblent faiblement infectés.
H 'est remarquable de constater que les réactions positives se montrent tardivement, comme s’il fallait que l’mtoximsation préalable existât à un degré assez élevé.
Notre interprétation'sur l’origine toxinienne de l’oculo-réaction a été corroborée depuis par les faits recueillis par Entz, Glun z Ludmersen et Glenny, Baur, et notre maître et ami, le professeur J. Nicolas. .
En effet, Entz a observé des cuti-réactions positives à la toxine diphtérique sur des .enfants diphtériques et ^berculeux. Gluntz a vu 75 % 'des tuberculeux avoir une réaction cutané positive à la tuberculine, et 50 % avec d’autres toxines s 126 enfants, 68 % ont réagi à la tuberculine, 42 % à la toxrne diphtérique, 36 * à la toxine paratyphique. Ludmersen et Gtenny ont obtenu des réactions locales et thermiques à la malléine, Chevaux sains imprégnés par les poilus tuberculeux, streptoccocciques, pyocyaniques, etc. Les octénques imprégnés par les sels biliaires et atteints de troubles hépatiques, ont présenté entre les maies de Baur, une
Enfin tout récemment, 1» professeur Nicolas a constate que SB /. des syphilitiques non tubercules evatent me amh-^tmn^ ; tive, et meme présentaient une réaction foernuque a la tute-cu
Puis nous avons étudié comparativement, au point de vue de leur valeur clinique Yocùlo-réaction et la sèro-réaction.
Souvent, ces deux réactions se rencontrent chez le même dndi-
vida. Parfois,: au contraire, l’une existe, l’autre est absente, Enfin, l’une l’emporte en intensité sur l’autre.
Dans les cas ou les réactions sont -discordantes,, l’analyse des symptômes et de l’évolution clinique nous a fait attribuer 4 Toculo-réacti'on et à la séro-réaction une signification différente. L’ ophtalmo-réaction témoignerait de ïihtoxinisation de l'organisme par la tuberculine ; la séro-réaction serait la preuve', ainsi qu’on l’admet généralement pour les réactions’ agglutinantes, d’un acte de défense de l'économie, et son intensité mesurerait le degré d’immunisation du sujet à 1-égard du bacille d-e la tuberculose.
Il serait trop long de discuter les faits que nous -avons recueillis chiez le vieillard, avec notre maître et ami le professeur agrégé P. Co-urmont ; ils viennent donner une confirmation à- ces idées.
Dans la pratique, -il semble donc qu’à un moment donné de l’évolution d’une tuberculose, une oculo-réaction positive et uhe séro-réaction négative comportent un pronostic douteux. L’inverse indiquerait une évolution favorable. L’égalité -des deux phénomènes prouverait un état d'équilibre indifférent de l’économie, celui-ci pouvant évoluer vers la .guérison ou vers l’ag: gravation, suivant la nature favorable ou défavorable des influences qui agiront sur lui.
Le rapprochement des deux réactions nous éclaire en ■ quelque ' sorte sur' le bilan réactionnel de l'organisme. •
Tels -sont le mécanisme et La signification que nous attribuons à Toculo-réaction. Toutefois, dans une question aussi complexe, on ne saurait proposer des conclusions définitives.
Cependant, nous estimons que Tes deux procédés envisagés méritent confianoe et peuvent s'entr’aider dans les cas difficiles. Néanmoins, nous accordons la préférence- à- -la- séro-réaction’ 1 :
1° Parce qu’elle -est plus constante ' dans • l'ensemble des cas, ce qui lui vaut une supériorité au"pûîrlt'de’vue-du diagnostic ( Séro-diagnostic ),
2° Parce qu’elle; est plus nuancée dans, un même cas, et possède pour ce motif une valeur pronostique ,[Sëxo-pronùstîc).
3° Parce qu’elle est constante è un moment donné d’une .évo-
tetion- morbide et peut être répétée aussi souvent que cela est utile sans le moindre inconvénient. -
. 4° Parce qu’elle peut être appliquée à chercher la nature d un épanchement séreux soupçonné, .tuberculeux ( S ère-diagnostic
■^EPParce qu’elle est plus moffensive et moins désagréable pour le malade. ....
. En résumé, nous' différons des promoteurs,de l’oculo-réaction sur. la nature intime du processus des phénomènes qui la caractérisent.. Mais,, sauf, quelques réserves sur la valeur relative de la
méthode, nous pensons comme eux qu’elle peut être employée utilement -en . clinique.
X i - Statistiques concernant la séro-réaction agglutinante tuberculeuse, l’ophtalmo-réaction et l’intra-dermo-réaction à la tuberculine.
Province Médicale , n° 34, p. 349, 21 août 1909.
Les conclusions par lesquelles nous terminions lanalssed» publications précédent», son la valenr comparaUvé *| i«nloi-éaction et de la séro-réaction ne reposent pas «*■»•**“ 'j™ considérations théoriques, elles se dégagent-encore des statrs-
m ^ r m'aide tuberculose pulmonaire ou tuberculoset ptetrn* cliniquement certaine, nous avons relevé pour ******* la séro-réaction les pourcentages suivants :