PATHOLOGIE COMPARÉE
Les ulcérations tuberculeuses de l’estomac ont été signalées principalement dans la caillette des animaux de l’espèce bovine, plus exposés, d’ailleurs, à la tuberculose, et chez lesquels la maladie prend une extension considérable. Mais, ainsi qu’en pathologie humaine, ces lésions étaient regardées comme des raretés. Nos recherches bibliographiques ne nous ont fourni que dix observations. Nous avons été assez heureux pour ajouter une observation
de trois nouveaux cas d’ulcérations tuberculeuses de la caillette, chez la vache. Ces Irais nouveaux cas, recueillis en peu de temps, nous font croire que ces uleéralions sont assez fréquentes dans l’espèce bovine, et que leur nombre s’accroîtrait rapidement, si on mettait dans leur recherche le soin et la persévérance nécessaires.
Par un hasard heureux, ces trois observations que nous avons communiquées à la Société des Sciences vétérinaires de Lyon {octobre igoî), nous fournissent chacune un exemple des trois variétés d'ulcérations que nous avons notées chez l’homme et obtenues expérimentalement.
Ainsi, dans le cas que nous avons désigné sous le numéro I, l’ulcération est creusée en plein tissu caséeux et, dans le tissu sous-muqueux, autour de vaisseaux atteints d’endai térite végétante et de périartérite, on trouve des amas embryonnaires, premiers vestiges des édifications tuberculeuses. Dans le cas n° II, à côté de tubercules caséeux intramuqueux, existe une petite ulcération à bords saillants et légèrement minés en dessous, dans laquelle on ne trouve pas trace de lésions histologiques tuberculeuses ; on constate seulement une infiltration embryonnaire et de l'endartérite disséminée. Dans le cas n“ III, les lésions revêtent l’aspect d’éros/ons superficielles d'origine tuberculineuse, intéressant exclusivement une faible épaisseur de la muqueuse.
Dans ce dernier exemple, existe une nécrobiose manifeste de la couche superficielle de la muqueuse et des glandes. Le tissu conjonctif intertubulaire resté en place est parfois envahi par de petites cellules rondes et par des tourbillons de tissu fibreux ; pas de lésion tuberculeuse nette au niveau de ces ragades superficielles. Ces ulcérations correspondent donc aux trois variétés anatomo-pathologiques et cliniques que nous avons décrites précédemment.
Toutes ces ulcérations ont été trouvées chez des animaux atteints de tuberculose généralisée ; toutes renferment de l’endartérite oblitérante ; par conséquent, nous rattacherons leur pathogénie à une infection bacillaire ou à une intoxication d'origine sanguine.