I. - DIPHTÉRIE AVIAIRE ET DIPHTÉRIE HUMAINE
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suraiguë, septicémique, plus rapide encore ; forme chronique, la plus fréquente. Suivant ses localisations, elle comporte la diphtérie bucco-linguale (pépie), la diphtérie pseudo-membraneuse nasale (roupie), le catarrhe virulent avec jetage nasal, sans fausses membranes (nifflet).
La diphtérie aviaire doit être différenciée des autres maladies des oiseaux ayant des localisations analogues : tuberculose bucco-oculo-nasale, angines mycosiques, épithélioma contagieux,
II. — Il règne de multiples opinions en ce qui concerne la bactériologie de la dipthérie aviaire dont la cause a été recherchée soit parmi les parasites, soit parmi les microbes.
Rivolta, Balbiani, Davaine, Friedberger, Perroncito, Babès, Galli- Valerio et Piana, Trincas, etc., en ont fait une affection parasitaire (trichomonas, cercomonas, protozoaires divers). Peut-être ces organismes ont-ils un rôle favorisant, mais leur rôle pathogène est douteux.
La majorité des auteurs reconnaissent à la diphtérie aviaire une origine microbienne.
Les uns (Emmerich, Delthil, Klebs, Teissier, ïhoinot. Ferré, Faguet, Creignou, Gallez, Gratia et Liénaux, Schrevens, Rappin et Vanney, Eloire, etc.), l’attribuent au bacille diphtérique vrai de Klehs-Lôffler.
Cette opinion est basée sur trois ordres de faits :
a) La transmission expérimentale (Chicoli) ou accidentelle (Roth, Delthil, J. Teissier) de la diphtérie vraie aux oiseaux ;
b) La constatation du bacille de Lôffler chez les animaux sains (Ferré et Creignou), ou malades spontanément (Emmerich. Ferré et Faguet, Loir et Ducloux, Gratia et Liénaux, Rappin);
c) L'action préventive et curative du sérum antidiphtérique.
Les autres attribuent la cause de la maladie à des microbes différents du bacille diphtérique, mais décrits comme spécifiques . haciWe de la diphtérie des pigeons de Lôffler, bacille de Loir et Ducloux, cooco-bacille de Guérin, microbe filtrant de Bordet et Fally.
Enfin, la diphtérie aviaire serait causée par des microbes non spécifiques (streptocoque, staphylocoque, pneumocoque, pyocyanique, tétragène et surtout coli-bacille).
Pour nous, la diphtérie aviaire constitue une entité symptomatique
aclionnée par des causes virulentes multiples; en d’autres termes, au point de vue étiologique, il n'y a pas une dipthérie aviaire, mais des diphtéries
Il faut donc conclure à l'origine polymicrobienne des affections diphtéroïdes aviaires, et distinguer dans l’ensemble des cas de diphtérie-aviaire : 1» d’une part, les cas de diphtérie aviaire vraie lôfflérienne, probablement les plus rares; 2” d’autre part, les affections pseudodiphtériques des oiseaux, les plus fréquentes, homologues des angines blanches pseudodiphtériques de l’homme et dues à des virus qu’on a dits^ spécifiques ou à des microbes banaux.
III. —Une seule chose rapproche indistinctement tous les cas de diphtérie aviaire; c’est, nous ne dirons pas la fausse membrane, mais l’exsudât diphtéroïde. Aussi, nous sommes nous efforcé d'apporter dans ce problème bactériologiquement si complexe quelques précisions par l'étude anatomo-pathologique comparative ; i” des exsadats. pseudo-membraneux lüfflériens, et a» des exsudais non lôffiériens des oiseaux et de l’homme.
Macroscopiquement, la fausse membrane diphtérique vraie recueillie chez l’homme au cours d’une angine lôfflérienne est généralement opaque gris-blanchâtre, ■ légèrement enchâssée, assez adhérente, d’odeur non putride en l’absence d’infections secondaires, ne se désagrégeant pas dans l’eau.
Histologiquement, elle est caractérisée par l’abondance de l’exsudât fibrineux disposé en un réseau lamelleux, fibrillaire, contenant dans ses mailles des bacilles, des cellules épithéliales, des leucocytes diapédésés provenant de .la muqueuse sous-jacente congestionnée (voir fig. 19).
Le réseau fibrineux, substratum essentiel et caractéristique de la fausse membrane de nature diphtérique de l’homme, .se retrouve aussi chez les
N’ayant pas eu l’occasion de rencontrer encore des cas de diphtérie aviaire spontanée à bacilles de Klebs-Lôffler, nons devons nous borner à constater que le même substratum fibrineux caractéristique existe dans les fausses membranes expérimentales obtenues chez les mammifères ou les oiseaux avec le bacille diphtérique. Suivant l’espèce animale à laquelle on s’est adressé, (lapin, Roger et Bayeux, Henke; pigeon, poule, Henke,