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ÉTUDES SUR L4 TUBERCULOSE

Sous l’impulsion de Chauveau et de S. Arloing s’est poursuivie activement à Lyon l’étude de la tuberculose. Nous ne pouvions échapper à ce mouvement scientifique, aussi ce vaste sujet a-t-il retenu particulièrement notre attention.

Depuis une vingtaine d’années, nos travaux ont porté sur plusieurs points du problème se reliant les uns aux autres en partant de l’étude du bacille pour aboutir à l'immunisation et à la prévention contre la tuberculose.

Les méthodes générales de vaccination reposant pour la plupart sur l'inoculation d'un virus atténué ou transformé, nous avons désiré mieux connaître la constitution morphologique du bacille de Koch, réaliser la variabilité des caractères végétatifs du microbe sous l’influence des agents physiques, examiner, en même temps que les facteùrs de la virulence, les modalités expérimentales et analomy-palhologiques de la tuberculose.

Les doctrines actuelles, attribuant au milieu intérieur (humeurs et cellules) un rôlé capital dans la lutte contre les maladies virulentes, nous ont orienté vers l’étnde des réactions humorales engendrées par l'infection tuberculeuse.

Convaincu de la nécessité et de l’importance d’un diagnostic précoce et de la connaissance de l’intensité des réactions de défense contre le bacille, nous avons étudié le séro-diagnostic, le séro-pronostic, les diverses réactions à la tuberculine, et avons obtenu, croyons-nous, des notions nouvelles sur la nature, la signification et la valeur comparative de ces réactions.

Enfin, nous avons tenté de donner une conclusion thérapeutique à nos efforts par nos travaux sur l'immunisation antituberculeuse (sérothérapie, tuberculinothérapie, vaccinothérapie).

L’analyse de ces ouvrages est présentée dans les six chapitres suivants.

1. - MÉTHODES DE COLORA.TION ET MORPHOLO&IE DU BA.CILLE DE L.4, TUBERCULOSE

Les bactériologistes ont préconisé diverses méthodes de coloration du bacille de la tuberculose, se proposant, tantôt de rendre plus aisément décelable dans les produits pathologiques le microbe infectant, tantôt, suivant leurs opinions sur la signification théorique et pratique de celles-ci, de mieux mettre en évidence la morphologie et la constitution intime du bacille.

Parmi les diverses méthodes publiées, nous avons fait l’étude critique, comparativement au procédé classique de Ziehl, des méthodes de Much, de Spengler, de l’antiformine et enfin du Ziehl-formol préconisée par le Dr Biot, de Mâcon. Cette dernière coloration nous a permis de faire des constatations intéressantes sur les granulations métachromatiques de l’agent de la tuberculose et de discuter leur valeur au point de vue de la biologie des bactéries.

I” Etaler le produit à examiner en couche très mince (cette précaution prend dans ce cas une réelle importance) ; 2“ colorer avec la solution de Ziehl à chaud, qu’on laissera ensuite agir pendant deux à trois minutes; 3» sans laver à l’eau, décolorer à l’acide azotique au quart, puis à l’alcool absolu ; pousser cette décoloration aussi loin que possible ; 4" laver à l’eau, puis traiter par le formol du commerce à 4» volumes pendant trois minutes au moins ; 5° laver à l’eau, laisser sécher, examiner à l’immersion.

Les bacilles se détachent très nettement, avec une belle teinte violet noir, sur le fond clair, non recoloré de la préparation. Avec une technique toujours identique, on obtient des colorations plus ou moins foncées, dues probablement à la constitution ou au degré d’évolution du bacille. Ces différences d’intensité de teintes peuvent s'observer sur une même préparation et le corps bacillaire revêt, suivant les cas cliniques de tuberculose pulmonaire, les aspects différents bien connus, déjà décrits par de nombreux auteurs : long, court, grêle, trapu, etc.

Le procédé de C. Biot nous a donné le moyen d’étudier les granulations protoplasmiques contenues h l’intérieur du bacille de Koch.

Lorsqu’on a affaire à des bacilles du type granuleux, le protoplasma intergranulaire (qui a été appelé par certains auteurs fuchsinophile) a une coloration moins intense que les granulations elles^mêmes qui se détachent avec leur coloration violet noir. Le protoplasma de certains bacilles semble se condenser à la périphérie, revêtant l'aspect d’une gaine renfermant les granulations. Parfois même, par suite de la disparition du protoplasma intergranulaire, les bacilles ont l’aspect de vraies chaînettes dont les grains sont séparés par des espaces clairs.

La coloration de Biot, comme la coloration de Fontès, met en évidence dans certains bacilles des granulations protoplasmiques polaires dont le volume et l’aspect éveillent l’idée d’une spore sans permettre toutefois leur identification avec ces formations.

Ces granulations terminales sont tantôt uni-, tantôt bipolaires: elles ne se voient pas dans tous les bacilles d’aspect granuleux, et on les rencontre d’une façon relativement rare. Généralement elles paraissent plus volumineuses, et sont toujours beaucoup plus intensément colorées que les granulations du corps bacillaire proprement dit. Si bien que dans certains cas on trouve deux granulations très noires, situées aux deux extrémités du bacille, encadrant des granulations plus petites et plus claires.

spécifiques divers. Nous avons fait apparaîtr tiques en cultivant les bacilles sur des mil;

granulations méti rendus dysgénési

II. — VARIABILITÉ DES CARACTÈRES VÉGÉTATIFS DU BACILLE DE LA TUBERCULOSE

Parmi les bactéries pouvant présenter un polymorphisme morphologique

étant donné qu’après l’inoculation au lapin et au cobaye les cultures ozonisées n’ont jamais dépassé l’infection ganglionnaire régionale, tandis que les bacilles témoins ont engendré en trois semaines une généralisation tuber-

L’ozone a donc exercé une action dysgénêsique et atténuatrice sur le bacille de la tuberculose.

ÉMANATION Dü RADIUM

tuberculeux humain en culture homogène.

Nous avons imaginé un dispositif spécial de ballons permettant d’y faire pénétrer, après production du vide à leur intérieur, une certaine quantité d’air chargé d’émanations de radium.

Le récipient à cultures d’une capacité de 3oo centimètres cubes contenait 100 centimètres cubes d’eau peptonée glycérinée ensemencée avec une dose uniforme de i5 gouttes de culture homogène.

L’air qui venait remplir le ballon était chargé de toute l’émanation produite par une solution de sel de radium donnant dans l’émanatorium de 5o mètres cubes delà clinique de M. le professeur J. Teissier, une quantité moyenne de 200 à 4oo unités électrostatiques, ce qui revient approximativement à la dose de millimicrocurie (0,6 à i,5) par litre d’air.

Nous avons répété la mise en charge des flacons de culture avec l’émanation trois fois pendant les six semaines durant lesquelles nos ballons ont été laissés à l’étuve à 87 degrés. Trois séries d’expériences ont été faites pour permettre de comparer les résultats.

La végétation s’est effectuée aussi bien dans les ballons chargés d’émanation que dans les témoins et même pour trois ballons-émanation il a paru que le développement était plus intense (dans un cas presque huit fois plus que normalement), surtout pendant la première semaine, tant en présence de l’atmosphère radiée permanente qn’après que la culture primitivement émanée était reportée à Tair libre.

Donc, si même elle n’active pas légèrement la végétabilité en bouillon

leur morphologie ou de leur colorabilité. Leur virulence aussi reste intacte.

Les émanations de radium ont été sans action sur les propriétés culturales ou pathogènes du bacille tuberculeux de S. Arloing.

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