I.E FOIE
vraie ; le fait présentait un intérêt pratique de premier ordre étant donnés les dangers de l’anesthésie chloroformique chez les malades atteints d’affection hépatique.
Nous avons opéré sur le lapin, en provoquant comme pour le chloroforme des inhalations uniques ou multiples, en sacrifiant l’animal immédiatement après l’anesthésie ou un certain tempfe après.
Les conclusions que nous pouvons déduire de ces expériences sont de trois sortes : d'une part des conclusions directes tirées des expériences sur le lapin, d’autre part, un parallèle entre les lésions obtenues chez cet animal par l’éthérisation ou la chloroformisation, enfin des conclusions pratiques applicables à la clinique humaine.
Effets nocifs de l’éthérisation sur le foie et le rein du lapin. — i° L’inhalation d’éther est capable de produirechez le lapin des lésions rénales et hépatiques; ces lésions ne surviennent pas constamment après toute éthérisation.
2 ° Ces lésions sont de peu d’importance au niveau du rein ; elles sont plus fréquentes et plus intenses au niveau du foie.
3° Les altérations ne surviennent pas toujours immédiatement après l’éthérisation, en tout cas, elles sont loin d’être complèles à ce moment; elles demandent un certain temps soit pour se produire soit pour évoluer; les lésions sont en effet plus intenses un certain nombre de jours après l’inhalation qu’immédiatement après.
4° Les lésions sont caractérisées au niveau du rein par de la congestion et de la cylolyse protoplasmique de Castaigne et Rathery, au niveau du foie par de la cytolyse protoplasmique et de l’homo généisation de Mayer, Rathery et Schaeffer.
5° La dégénérescence graisseuse notée par différents auteurs n’a été trouvée par nous que très inconstamment. Si on a soin en effet de rechercher l’état de la graisse dans le foie avant et après l’anesthésie, on s’aperçoit qu’elle varie très peu ; parfois même la graisse diminue. Les auteurs qui, expérimentalement, ont décrit la dégénérescence graisseuse n’ont sans doute pas tenu compte de ce fait capital que la variation en graisse d’un foie normal peut être très grande, ainsi que le professeur Gilbert, Carnot, Mlle Deflandre, Jomier l’ont bien montré.
LE FOIE
C" Une lésion antérieure du foie et du rein est nettement aggravée par inhalation d’éLher.
7 0 Quant à l’importance des lésions rénales et hépatiques, nous ne pouvons émettre que des hypothèses, les expériences n’étant pas encore assez nombreuses ; il nous a semblé que les lésions rénales étaient assez fugaces, que les altérations hépatiques étaient plus persistantes mais avaient tendance à régresser. Cependant nous avons pu dans un cas observer le développement progressif d’üne sclérose rénale à la suite d'inhalations d’éther.
Effets comparés de la chloroformisation et de l’étiiérisation sur le foie et le rein du lapin. — Si nous nous rapportons à nos expériences personnelles, l’éther semble léser le rein moins constamment et moins intensément que le chloroforme; les lésions obtenues par inhalation de chloroforme sont plus fréquentes et plus intenses.
Quant aux altérations hépatiques, au contraire, elles sont aussi fréquentes à la suite de l’éthérisation que de la chloroformisation ; nous aurions même plutôt tendance à les considérer à la suite d’inhalations d’éther comme plus fréquentes et même plus intenses.
Conclusions pratiques applicables a la clinique. — Il est toujours quelque peu téméraire de conclure de l’animal à l’homme, et le médecin ne saurait être trop réservé dans les applications cliniques qu’il essaie de tirer du résultat de ses expériences sur l’animal.
Il nous semble cependant que le pouvoir nocif de .l’éther sur la cellule hépatique doit être retenu ; les chirurgiens ont l’habitude d’être très sobres de chloroforme lorsqu'ils opèrent des malades atteints d’ictère ou d’affection hépatique ; l’expérience leur a montré que ce facteur joue un rôle capital dans le pronostic de leur intervention ; ce qui semble vrai pour le chloroforme semble devoir l'être également pour l’éther; éther et chloroforme sont deux anesthésiques dont l’emploi semble devoir être contre-indiqué ou tout au moins très surveillé chez les malades atteints d’affections du foie.
Lésions cellulaires dans les cirrhoses humaines (100)
Les cas observés par nous sont encore peu nombreux ; nous avons opéré pour recueillir du foie, en nous servant de la technique de Tuf fier et Mau té ; avec une aiguille spéciale on prélève un cylindre de tissu hépatique (véritable biopsie). Nous avons pu étudier ainsi les modifications des cellules hépatiques qui nous ont paru identiques à celles que nous avons observé chez l’animal.
Kyste hydatique double du foie. Mort subite par rupture dans le canal hépatique (4).
L’ouverture des kystes hydatiques dans les voies biliaires n’est pas très rare. On considère même celte éventualité comme relativement favorable, la bile devant exercer son pouvoir anlisepLique sur les hydatides. A ce point de vue, notre observation s’écarte absolument des cas connus. La mort est due évidemment à la résorption rapide du liquide hydatique au niveau de la muqueuse intestinale et à l’intoxication qui en a été la conséquence.
Au point de vue de l’histologie pure, le cas que nous rapportons avec le docteur F.-X. Gouraud nous semble fournir un argument en faveur de l’existence de l'hypertrophie compensatrice. A l’examen macroscopique, l’augmentation de volume du lobe gauche (le lobe droit renfermant le kyste) élait évidente, puisqu’à lui seul il formait comme un petit foie. L’examen histologique montrait d’une façon netLe ces figures, que les uns interprètent dans le sens de l’hypertrophie compensatrice, les autres dans le sens de l’hépatile nodulaire. Enfin, interrogée de multiples façons, la cellule hépatique, s’est toujours révélée suffisante: taux d’urée normal, absence d’urobiline, glycosurie alimentaire négative, élimination du bleu de méthylène suivant le rythme continu.