PANCRÉAS ET DIABÈTE
auteurs né voyaient là qu'une pure coïncidence. C'est en réalité Bouchardat qui le premier, en 1846, non seulement nota des lésions du pancréas, dans certains cas de diabète, mais entrevit l’importance pathogénique d’une semblable constatation. Lancereau eni877érigea en doctrine l’histoire des rapports des lésions du pancréas et de certaines formes du diabète.
Après avoir exposé d’une façon détaillée la réalité de ce diabète pancréatique chez l'animal et l’homme, nous en discutons le tableau clinique.‘ Nous arrivons à celle conclusion qu’une affection pancréatique peut causer le syndrome du diabète, mais qu’il s’en faut de ■beaucoup que le diabète soit toujours d’origine pancréatique. On peut retrouver des modifications importantes de la glande pancréatique chez les diabétiques sans que pour cela, on soit en droit d’affirmer qu’elles sont la cause immédiate de la maladie.
On a dit également que le diabète pancréatique avait une symptomatologie spéciale et que le diabète maigre constituait sa forme exclusive; nous nous sommes élevé contre celle idée; pour nous, le diabète pancréatique peut être soit maigre soit gras, c’est à-dire, empruntant notre classification, soit un diabète simple, soit un diabète consomptif. ‘
Des recherches cliniques indispensables à faire pour instituer le traitement d’un diabétique
Nous plaçant ici sur le terrain strictement pratique, nous exposons les recherches indispensables que doit acLuellemènt pratiquer le praticien qui se trouve en présence d’un diabétique.
i° La recherche du sucre dans les urines. ■— Nous exposons les différents modes d’examen, insistant surtout sur les procédés de pratique courante ; le malade doit pouvoir s’intéresser lui-même à son traitement et savoir rechercher par des procédés faciles le sucre dans ses urines (tel le procédé à la ehaux de Bouchardat).
2 0 Les rapports entre l'excrétion du sucre et les substances ingérées.
On a proposé pour cet examen, des procédés nombreux et souvent très compliqués. Certains comme Noorden, M. Labbé, établissent,
MALADIES DU PANCRÉAS ET DIABÈTE
par la recherche des calories et le dosage exact des hydrates de carbone contenus dans les différents aliments, le bilan nutritif exact des diabétiques. Ce procédé de recherche présente évidemment un grand intérêt scientifique, mais à notre avis; deux reproches graves peuvent lui être adressé.
En premier lieu, il complique à l’extrême la cure et sans nécessité absolue; car, et c’est la seconde objection que nous adressons à k méthode, les chiffres obtenus sont forcément approximatifs. Nous ne pouvons, lorsque nous nous adressons à l’homme, raisonner mathématiquement, trop d’inconnues subsistent dans les phénomènes biologiques. Pour ne prendre qu’un exemple, ne sait-on pas que certains diabétiques assimilent certains hydrates de carbone, alors qu’ils n’en assimilent pas d’autres ;le professeurMossé a montré que la cure de pomme de terre réussissait chez les diabétiques ; von Noorden préconise la cure de farine d’avoine; « chaque malade suivant Bouchardat, a son équation idiosyncrasique pour chaque aliment glycogénique en particulier. »
L intérêt primordial de la recherche des rapports entre l’excré-tion du sucre et les substances ingérées, c’est de savoir si en supprimant les hydrates de carbone de l’alimentation, le sucre disparaîtra.
Les chiffres établissant les quantités d'hydrate de carbone contenus dans les différents aliments et qui sont annexés au travail de von Noorden et de Labbé, ne serviront donc que d'indications, très eommodes du reste, pour l’établissement du régime. Quant' à la recherche du bilan nutritif du diabétique et au calcul des calories devant composer ce régime, il sera surtout applicable à une classe spéciale de malades.
3 ° La recherche des corps dits acéloniques. — Quelle que soit la théorie pathogénique que l’on admette pour expliquer le coma diabétique, un fait clinique important subsiste, c'est l’apparition de la réaction vin de Porto dans l’urine par addition de perchlorure de fer, c’est l’odeur spéciale de l’urine et de l’haleine du malade. Le praticien devra fréquemment rechercher ce signe chez son diabétique.
RATHERY
MALADIES DU PANCRÉAS ET DIABÈTE
Du traitement des différentes formes du diabète.
Nous établissons le traitement dans les trois formes de diabète.
Diabète simple. — Le médecin, après avoir faitles recherches précédentes, aétabli « le quotient d’utilisationhydroçarboné de son malade », ce quotient est du reste variable non seulement pour chaque malade, mais encore chez chaque malade, il s’améliore avec le traitement, l’hygiène, etc. Le but à obtenir est d’établir exactement ce quotient de façon à ne pas priver le sujet de la quantité d’hydrate de carbone qu’il peut assimiler ; c’est par tâtonnements seulement qu’on pourra l’obtenir en faisant fréquemment des examens d’urine chez le diabétique. Ajoutons, de plus, que certains aliments peuvent convenir à certains diabétiques, tandis quils sont déplorables pour d’autres.
Le traitement comprend le régime alimentaire, les soins hygiéniques (exercices musculaires) et les médicaments. Nous insistons surtout et longuement sur les deux premiers qui sont suffisants, à notre avis le plus souvent, pour amener la sédation des accidents.
Diabète mixte. — Dans cette forme, il faudra réduire la quantité d’aliments azotés dans la nourriture ; on donnera des graisses, des œufs. Enfin, la privation d’hydrate de carbone ne devra pas être constamment absolue; il faudra, de temps en temps, par courtes périodes, permettre des aliments sucrés (cure de lait, de farine d’avoine, de pommes de terre).
On surveillera avec grand soin l’urine au point de vue de 1 apparition des signes de l’acétonurie.
Diabète consomplif. — Dans ces cas bien souvent, les accidents o-raves ne peuvent être conjurés et le médecin reste impuissant.
& Nous conseillons d’éviter les régimes trop stricts, trop exclusivement carnés par exemple.
Nous terminons ce traitement du diabète, par celui de ses complications.
La Fiche urinaire du diabétique (112).
Dans ce mémoire, nous indiquons quels sont les renseignements que peut fournir l’examen de l’urine d’un diabétique au début et