IV. MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
Examen de l’exsudât et de la perméabilité pleurale au cours des pleurésies rhumatismales (10).
L’existence d’épanchements pleuraux au cours du rhumatisme articulaire aigu est bien connue depuis la description de Lasèque, mais on discute encore pour savoir si ces épanchements sont dus à une inflammation spécifique de la plèvre, ou si, au contraire, ils ne sont pas produits par une tuberculose pleurale, ou peut-être par une congestion pulmonaire entraînant de l’œdème sous-pleural avec exsudât dans la cavité séreuse.
Nous avons pu examiner avec le docteur Castaigne six cas d’épanchements pleuraux survenus au cours du rhumatisme articulaire aigu.
Dans ces cas, nous avons examiné le liquide au point de vue cytologique et bactériologique et nous avons pratiqué l’épreuve de la perméabilité pleurale.
Examen bactériologique. — Les cultures en milieux aérobies ont été négatives dans tous les cas. Üne seule fois, nous avons trouvé, par culLure anaérobie, sur lait carbonaté, un bacille ressemblant à celui décrit par Achalme.
Inoculation aux cobayes. — Dans tous les cas, on a injecté à plusieurs cobayes une forte quantité de liquide pleural ; aucun d’eux ne présentait de lésions tuberculeuses quand nous les avons sacrifiés»
Examen cytologique. — La formule cytologique que nous avons
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constatée n’ésl pas absolument identique dans nos différents cas, que l’on peut, à ce point de vue, diviser en deux groupes : dans un premier, correspondant.à trois cas, on ne trouve guère que des polynucléaires, à peine quelques lymphocytes, quelques grbs mononucléaires et un ou deux placards endothéliaux par chaque champ de la préparation.
Dans notre second groupe, les cellules endothéliales représentent l’élément prédominant et, à côté d’elles, on voit dés polynucléaires, des mononucléaires et de nombreux globules rouges.
Perméabilité pleurale. — Elle fut étudiée avec le bleu de méthulène et de salicylate de soude, que l’on injectait successivement dans la plèvre, puis dans le tissu cellulaire sous-cutané. L’absorption au niveau de la plèvre se faisait aussi rapidement et d’une façon aussi intense que l’absorption sous-cutanée.
De ces six examens d’épanchements pleuraux survenus au cours du rhumatisme articulaire aigu, on peut tirer une première conclusion, à savoir que dans ces six cas, tout au moins, le bacille de Koch n’est pas intervenu dans la production de l’épanchement, comme le prouvent les inoculations négatives au cobaye, et, dans deux cas, les cultures négatives sur milieu de Bezançon et Griffon.
Ces épanchements se comportent, au point de vue cytologique, tout différemment que les pleurésies tuberculeuses.
Nous croyons que certains de ces épanchements se sont produits sous l’influence de lésions pulmonaires sous-pleurales, ce sont les cas où le cyto-diagnostic a montré de nombreux placards endothéliaux. Notre autre groupe de faits, dans lesquels l’examen cytologique nous a montré que les polynucléaires étaient l’élément prédominant, correspondait, selon nous, à une véritable inflammation pleurale comparable à celle qui se passe sur les séreuses articulaires et le péricarde.
Un cas de pneumo-typhus (12).
Ce cas de pneumo-typhus a débuté comme une pneumonie et ce n’est que vers le sixième jour que la dothiénentérie fit son apparition clinique. Elle ne se manifesta que par un minimum de symp-
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tomes, dont les plus caractéristiques furent une éruption confluente de tache rosées et de diarrhées caractéristiques.
Le pouvoir agglutinant était très intense (1/1.000).
Le malade mourut. On constata, à l’autopsie, des ulcérations intestinales. Quant au poumon, il ne renfermait que du pneumocoque. U semble donc bien que, dans notre observation, il se soit agi d’une infection pneumococcique qu’aurait précédée 1 apparition clinique d’une dothiénentérie.