‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 6 sur 7 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Endocardite pariétale (col. Herrenschmidt), Soc. anat., 16 juin 1899.

Papillome pédiculé du mamelon (col. Herrenschmidt), Soc. anat., 13 octobre 1899.

Lymphadénome du testicule, Soc. anat., novembre 1899.

Entérite urémique, {Thèse Pineau, Paris, 1899).

Épithélioma primitif du cæcum (D»^ Souligoux), Soc. anat., novembre

Sarcome de l'utérus (D' Souligoux), Soc. anat., février 1899.

Adénome salivaire Souligoux), Soc. anat., juin 1900.

Sarcome utérin (col. Souligoux).

Adénome kystique sous-maxillaire (col. Bouglb), Soc. anat., juillet

Cirrhose tuberculeuse. Soc. anat., juillet 1900.

Kyste dermoïde de l’ovaire (col. Souligoux), Soc. anat., 12 octobre

Hygromas calcifiés (col. Neveu), Soc. anal., 12 octobre 1900.

Variétés macroscopiques de l’ascite chyleuse, Soc. anat., 2 novembre 1900.

Sarcosporidies des viandes comestibles, Soc. anat., 6 décembie

Examens histologiques divers pour les Docteurs Landrieux, Moretin, Peyhot, Sebileau, Souligoux, Tuffier.

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

Adénome du foie avec cirrhose. Epithélioma du poumon.

Epithélioma de la parotide, Société anatomique, mars 1897.

Cette multiplicité de tumeurs développées indépendamment les unes des autres prouve qu’il y a une sorte de réceptivité générale de l’organisme dans certaines conditions déterminées, puisque nous voyons se développer en même temps, chez le même individu et dans des points différents, des tumeurs épithéliales dissemblables.

Epithélioma de la parotide et pigment ocre,

Société anatomique, mars 1897.

Les cellules de cette tumeur étaient infiltrées de pigment ocre, ce qui montre que, contrairement à ce qui avait été soutenu, les cellules des tumeurs conjonctives seules ne sont pas capables de l’absorber.

Epithélioma pavimenteux du corps thyroïde (Col. Büfnoir), Société anatomique, 5 mai 1898.

C’est là, vraisemblablement, un exemple d’épitbélioma développé aux dépens de restes des arcs branchiaux, car, à l’état nor-

LES SPOROZOÜSES HUMAINES

mal, il n’y a aucun tissu épithélial pavimenteux dans le corps thyroïde.

Cellules vaso-formatives à globules blancs,

Société de Biologie, 19 novembre 1898.

Dans l’épiploon du cobaye jeune, nous avons pu voir des cellules dites « vaso-formatives » renfermant des globules blancs, des lymphocytes. La signification qui nous parait devoir être donnée de ce fait est qu’il s’agit d’éléments dérivés de capillaires en rétrocession et non d’éléments vaso-formateurs véritables.

Lymphadénomè et éosinophilie,

Société anatomique, 11 mai 1899.

Dans un cas de lymphadénomè du testicule, nous avons constaté une éosinophilie du premier degré, 5 p. 100.

Résistance du tissu élastique à l’envahissement par le cancer, (Col. Heitz), Société anatomique, novembre 1899.

La coloration à l’orcéine de noyaux cancéreux développés au pourtour de l’aorte montre que les éléments élastiques offrent une résistance considérable à l’envahissement par le cancer. Les fibres élastiques restent intactes au milieu d’un bloc néoplasique et, d’autre part, la lame élastique externe du vaisseau est une barrière suffisante pour empêcher la perforation des parois.

Les Sporozooses humaines. Thèse de Paris (Prix Chateauvillard).

Sans entrer dans les détails zoologiques qui sont étudiés tout au long dans notre thèse, nous voulons, en quelques mots, indiquer ici l’histoire générale des sporozooses humaines.

1. — En dehors de la maladie de Paget, du molluscum contagiosum de Bateman, de la psorospermose folliculaire végétante de Darier, du cancer, du sarcome, de la variole, de la vaccine, du

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

zona, de l’herpès, du pemphigus, affections au sujet desquelles les discussions sont encore ouvertes pour ce qui est de leur origine animale, il existe indubitablement des maladies humainn à sporozoaires.

IL — Ces infections sont ou générales ou locales.

En tant qn'infections générales^ elles réalisent l’infection du sang, la septicémie à sporozoaires dont le paludisme est le type. Le goitre, la leucémie, la grippe, l’anémie pernicieuse sont peut-être aussi des maladies à sporozoaires.

En tant qiïinfections locales, elles n’épargnent aucun tissu : muscles, épithéliums, tissu conjonctif ; aucun viscère : poumon, plèvre, foie, rate, intestin, rein, etc.

SPOROZOOSES DU SANG

Parasitisme globulaire du parasite. — Qu’il s’agisse des hémosporidies des oiseaux, telles que haltéridium de l’alouette, ou des gymnosporidies de l’homme, telles que plasmodium malariæ, ces parasites sanguicoles ont absolument besoin du globule rouge pour se développer. Il faut au parasite une cellule hôte (Wirthszelle), sans quoi il lui est impossible de croître, de se multiplier.

Cela est si vrai qu’il est impossible d’infester un animal avec une gymnosporidie à laquelle il est sensible si l’inoculation est faite sous-cutanée, et non dans le torrent circulatoire même.

L’injection de sang malarique sous la peau d’individus sains n’est jamais suivie d’aucun résultat.

Au contraire, l’injection intra-veineuse est suivie d’une période d’incubation durant huit à dix jours, pendant laquelle les parasites se multiplient dans le sang ; puis la maladie éclate avec ses symptômes caractéristiques.

Spécificité du parasite. — Un parasite d’un individu est toujours transmissible à un individu de môme espèce, mais la transmission n est pas possible d’espèce à espèce, ni de genre à genre.

Ainsi, est-il possible de donner la lièvre palustre à un homme

LES SPOROZOOSES HUMAINES

sain en l’inoculant avec du sang d’un aulre homme affecté de fièvre palustre, mais il est impossible de transmettre l’infection malarique à une alouette en lui transfusant le sang d’un homme paludéen.

Action sur le globule rouge. — Si l’hématie s’hypertrophie sous l’influence de la présence du parasite, cette hypertrophie ne s’accompagne pas d’une augmentation parallèle de la qualité du globule. L’hypertrophie du globule n’est qu’un phénomène mécanique consécutif à l’accroissement du parasite. L’hémoglobine disparaît progressivement du globule des points les plus voisins du parasite à la périphérie du globule.

Cette anémie globulaire n’existe pas seulement dans les hématies infestées; on la trouve aussi dans les hématies dépourvues de parasite. Mais dans les hématies infestées, l’anémie n’est pas le seul phénomène observé. Le parasite absorbe l’hémoglobine, la réduit en pigment mélanique, si bien qu’il y a là une véritable digestion du globule, grâce à laquelle le parasite peut devenir libre dans le sérum.

Lésions viscérales. — A côté de ces lésions du sang qui existent aussi bien dans la grippe et l’anémie pernicieuse que dans le paludisme (quelque idée qu’on se fasse de l’étiologie des deux premières), il y a un certain nombre de lésions viscérales communes qu’on observe chez les individus, hommes ou animaux, infestés par les sporozoaires dii sang. C’est, au premier chef, Yhy'pertrophie des organes hématopoiétiques : foie et rate. Grasset assimile le corps thyroïde à ces deux organes et fait de l’hypertrophie goitreuse un phénomène similaire de l’hypertrophie splénique.

Enfin, dernier caractère anatomique important résultant de la désintégration globulaire, tous les organes hématopoiétiques sont farcis de pigment mélanique : rate., foie., moelle des os., ganglions, etc. Ces caractères se retrouvent chez l’alouette dans les infections du sang par halteridium.

Type clinique. — 11 n’est pas jusqu’à l’allure clinique des spo-

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rozooses du sang qui n’ait dGS caractères communs dans les différents types.

La fièvre revêt le type intermittent et est souvent d’une très grande intensité. Grasset a montré que le goitre avait presque toujours un début fébrile.

De l’anémie globulaire résulte une anémie générale souvent profonde, anémie accompagnée de pigmentation des téguments et d’une faiblesse qui va jusqu’à Vasthénie.

Ici, contrairement à ce qu’on observe dans les autres sporozooses, l’infection est générale, c’est une septicémie à sporozoaires ; par suite l’allure clinique est celle d’une pyrexie d’une fièvre maligne.

SPOROZOOSES DES MUSCLES CHEZ l’iIOMME

Les deux cas de Lindemann (1889) paraissent être les premiers en date. Ils se rapportent à une invasion du myocarde. Celui de Rosenberg (1892) n’est pas caractéristique. Deux cas indubitables sont celui de Kartulis (1893) et celui de Baraban et Saint-Rémy (1894).

Le myocarde trois fois, les muscles de la paroi abdominale au voisinage d’une tumeur coccidienne du foie une fois, et la corde vocale une autre fois ont été les différents muscles envahis.

Le plus souvent, la présence des psorospermies dans le muscle n’entraîne pas de troubles bien appréciables dans le fonctionnement de celui-ci. Ainsi, dans le cas de Baraban et Saint-Rémy, où la corde vocale était infiltrée de sarcosporidies, la voix n’était même pas altérée. On sait d’ailleurs qu’il en est ainsi chez les animaux. Aussi ne sont-ce presque toujours que des découvertes d’autopsie. Le porc, dont la viande est fréquemment infestée par des parasites de ce genre, ne se trouve pas beaucoup plus ma^ pour cela de cette cohabitation.

Au contraire, dans le cas de Kartulis, il s’agit de coccidies du foie qui se sont développées par contagion de voisinage dans les

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muscles abdominaux qui recouvraient la tumeur hépatique. Or, les infections coccidiennes sont graves (témoin la coccidiose du lapin), et il n’est pas étonnant de voir le muscle complètement dégénéré semé de fistules et de tumeurs psorospermiques de toutes dimensions. Dans le premier cas de Lindemann, c’est la présence des coccidies dans le myocarde qui aurait déterminé l’asystolie dont est mort le malade.

LA COCCIDIOSE DU FOIE DE L’hOMME

La première observation en date est celle de Gubler (1858), qui attribue l’affection hépatique à des œufs d’helminthe, alors que de l’avis de tous aujourd’hui, et comme nous l’avons démontré cidessus, il s’agit certainement de coccidies. Virchow (1860) vient ensuite qui découvre aussi dans le foie des tubercules à œufs d’helminthe, la tuberculose vermineuse, Wurmknote, comme il l’appelle, alors que certainement il s’agit de coccidies. Depuis sont venus le cas très douteux de Hadden (1882), celui très décisif et très intéressant de Kartulis (1888), qui s’accompagnait de localisations aux muscles de la paroi abdominale, les observations de Dressler, Sattler, Sômmering et Podvissowsky ; enfin celle de Silcok (1890), qui put cultiver durant quatre mois, dans l’eau, les parasites extraits des tumeurs hépatiques.

Étude clinique. — On observe la coccidiose dans deux circonstances tout à fait différentes ; forme latente, forme pseudohydatique.

Forme latente. — Lorsque les tumeurs coccidiennes sont peu volumineuses et peu nombreuses, l’affection peut passer complètement inaperçue et ne se révéler qu’à l’autopsie, la mort survenant du fait d’une maladie intercurrente. Ainsi dans l’observation de Virchow (obs. II).

Ailleurs, il semble possible que la maladie se révèle seulement par une diarrhée abondante et rebelle due à l’expulsion par le

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cholédoque des coccidies développées dans les voies biliaires. Le diagnostic pourrait être soupçonné si l’examen des matières fécales révélait la présence de coccidies.

Forme pseudo-hydatique. — C’est la forme la mieux caractérisée.

Il s’agit le plus souvent d’un individu, homme ou femme, ayant dépassé la trentaine, qui souffre depuis quelques mois de troubles digestifs, parmi lesquels l’anorexie et la diarrhée sont les plus importants. La diarrhée est constante, abondante, fréquente et séreuse. Il peut exister des nausées, des renvois acides; la digestion est lente et pénible. La prédominance des troubles intestinaux contraste avec l’absence de symptômes gastriques : il n’y a pas en général de vomissements. Cette opposition s’explique facilement par l’absence ordinaire des lésions gastriques alors que le passage des coccidies à travers l’intestin en compagnie de la bile est obligatoire, sans préjudice des localisations intestinales qu’il est possible de rencontrer.

L'état général est mauvais : le patient est amaigri, cachectique dans les périodes terminales de la maladie et profondément anémié,

La fièvre est la règle, et la température oscille entre 38“o et 39®o avec rémissions matinales.

Dans aucune des observations que nous avons eues entre les mains, il n’est question d’ictère.

Les symptômes fonctionnels sont accompagnés de signes locaux importants : douleurs dans les reins, douleurs à l’hypocondre droit, réveillables à la pression; hypertrophie du foie] tumeur surajoutée au foie.

Les douleurs à l'hypocondre droit sont constantes. Obtuses comme dans le cas de Gubler, elles sont toujours exagérées par la pression.

L hypertrophie du foie est la règle ; elle est considérable et la percussion peut donner une ligne verticale de matité dépassant en haut le mamelon, atteignant en bas l’ombilic.

Une tumeur se surajoute le plu§ sguvent à l’organe hypertro-

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phié. Siégeant sur la face antérieure de celui-ci. au voisinage de son bord antérieur, elle fait sous le rebord des fausses côtes une saillie globuleuse qui peut atteindre le volume d’une tète de fœtus. Cette tumeur dure est en certains points ramollie, résistante et même fluctuante. La fluctuation est surtout perceptible au point culminant de la tumeur; elle est en tout cas bien distincte du frémissement hydatique, tumeur également globuleuse à laquelle on est invinciblement amené à penser en pareil cas.

hn. ponction^ pratiquée au point culminant de la poche, au lieu de donner issue à un liquide eau de roche, donne passage à un liquide épais, crémeux ou puriforme, mélangé de stries jaunes ou verdâtres. Dans ce pus, il est possible de trouver, à l’examen microscopique, des coccidies avec leur capsule ou des capsules déshabitées.

Il est difficile à l’heure actuelle, vu le nombre restreint des obsers’ations, de fixer le pronostic habituel de la coccidiose du foie. Il est vraisemblable que la morl en soit la terminaison fréquente. Celle-ci survient soit dans le marasme cachectique comme il est fréquent au cours des maladies du foie, où le parenchyme est détruit en grande partie, soit du fait d’une complication telle que la rupture d’une poche purulente dans l’abdomen [cas de Gubler), soit du fait d’une maladie surajoutée, pneumonie ou autre, ce qui s’explique facilement sur un organisme aussi débilité.

Diagnostic. — Comme on le voit, la coccidiose du foie simule absolument le kyste hydatique ; c’est pourquoi nous avons désigné cette forme sous le nom de pseudo-hydatique.

Si l’on s’en tenait seulement aux signes extérieurs, le diagnostic différentiel serait absolument impossible. Mais l’exarnon microscopique des matières fécales révélant la présence de coccidies, les caractères du liquide retiré par ponction (crémeux, visqueux, renfermant des coccidies) permettront de le porter en toute sécurité.

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

Anatomie patüologiqüe. — Les formes anatomiques de la coccidiose du foie de l’homme sont plus nombreuses que les formes cliniques, ce qui se comprend puisque la plupart des cas observés sont surtout étudiés à l’amphithéâtre. 11 est possible de démêler quatre formes anatomiques principales :

1“ Forme pseudo tuberculeuse. — A en croire Hadden et surtout Podwyssozki, il y aurait des cas de coccidiose simulant absolument la tuberculose, et l’erreur serait absolument inévitable, à moins d’être prévenu.

2“ Forme enkystée. — La majorité des cas répondent à cette forme : ce sont les tumeurs psorospermiques enkystées analogues à celles décrites par Malassez dans le foie du lapin.

' Les kystes développés dans les espaces portes, sans doute au niveau des canaux biliaires, ont des dimensions variant de celles d’uné lentille à celles d’une noix. Ce sont de petites masses blanchâtres, arrondies, formées de deux parties bien distinctes : une enveloppe fibreuse régulière, un contenu caséeux. Le centre en est quelquefois crémeux et strié de jaune ou de vert, colorations dues à la rétention biliaire. Le contenu est formé de coccidies ou de capsules déshabitées. Les parasites s’y pressent en rangs serrés, ou bien sont séparés les uns des autres par un magma abondant albumineux, où l’on distingue un grand nombre de granulations graisseuses, des débris de leucocytes, de cellules géantes et des cellules épithéliales cylindroïdes, comme celles qui tapissent normalement les canalicules biliaires.

Les canaux biliaires des environs de la tumeur sont souvent oblitérés, transformés en un filament fibreux et imperméable au voisinage des principales tumeurs.

Mais les kystes ainsi formés aux dépens des canaux biliaires peuvent acquérir un volume beaucoup plus considérable, comme un œuf de poule et même une tête de fœtus. Généralement, il n’y a qu’un ou deux de ces kystes qui atteignent un volume pareil. Ce sont presque toujours des kystes ramollis, à contenu purulent où s est établie l’infection secondaire. On s’en rend

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