Sur le dosage des gaz dissous dans l’eau (Annales
de la Société des sciences industrielles, 1881).
Les appareils, dans lesquels l’eau à analyser est soumise à l’ébullition, ne permettent pas de déterminer la quantité de gaz contenue dans l’eau à l’état de dissolution simple. Une partie de l’acide carbonique combiné se dégage en effet à l’ébullition. La machine pneumatique à mercure, qui permet d’opérer l’extraction des gaz dissous avec une grande exactitude, n’est d’ailleurs pas un appareil facilement transportable, inconvénient d’autant plus grand que le dosage des gaz de l’eau n’a d’intérêt que s’il est effectué au moment même du puisage.
J’ai proposé un appareil de construction simple, facile à transporter, utilisant, comme celui de M. Armand Gautier, le vide produit par l’ébullition de l’eau, et permettant d’obtenir séparément dans une même opération ce qu’on désigne en hydrologie, sous les noms de : 1° gaz à l’état de simple dissolution ; 2° acide carbonique faiblement combiné; 3° acide carbonique fortement combiné.
l’hydrogène sulfuré en solution acide, une combinaison insoluble : on sépare l’acide de sa dissolution en provoquant la formation de cette combinaison insoluble, puis on décompose cette dernière par l’hydrogène sulfuré, et on dose directement par la méthode acidimétrique l’acide mis en liberté, soit après élimination par ébullition de l’hydrogène sulfuré, soit en employant un réactif indicateur insensible à l’action de ce corps, l’orangé Poirrier par exemple.
Ainsi l’acide sulfurique peut être dosé en le précipitant à l’état de sulfate de plomb, puis en décomposant ce sulfate, préalablement lavé à l’eau alcoolisée, par l’hydrogène sulfuré, et finalement en dosant l’acide sulfurique libre à l’aide d’une solution décime normale de soude. Les détails de l’opération sont décrits dans ma note.
L’opération est assez rapide, et, si elle est bien conduite, les résultats sont rigoureusement exacts. Bien entendu, cette méthode n’est applicable qu’en l’absence d’acides possédant la double propriété de réagir sur l’orangé Poirrier, et de donner un précipité par les sels de plomb. Toutes les causes qui amènent une perturbation dans le dosage du plomb à l’état de sulfate (présence des sels ammoniacaux, de l’acide azotique libre, etc...) compromettent d’ailleurs l’exactitude des résultats.