Deux cas de surdité verbale congénitale
(Malades présentés par MM. Taquet et Foix). — Société <le neurologie, juillet 1905.
Les malades sont deux frères, l’aîné de 5 ans et demi, le second de 3 ans et demi. Les parents les avaient crus atteints de surdi-mutité.
Ils n’ont rien d’enfants chétifs ou mal venus. Leur intelligence semblé assez éveillée. Ils peuvent appliquer leur attention sur un jeu, un objet, un acte à accomplir. Ils comprennent tous les gestes et se font aisément comprendre au moyen de la mimique.
Mais ils ne comprennent pas le langage parlé. Le mot n’éveille aucune image, aucune représentation, aucune idée dans leur esprit, car pour eux, ce n’est qu’un son. Ils parlent comme le perroquet; ils possèdent le langage articulé, mais non le langage parlé. Forcément, cette surdité verbale congénitale est accompagnée de cécité verbale et d’agraphie. Celles-ci n’en sont que la conséquence fonctionnelle naturelle.
Dans les antécédents héréditaires de ces deux enfants, nous avons trouvé trois influences qui peuvent, dans une certaine mesure, expliquer l’aphasie des enfants : grossesse tardive de la mère ; un oncle de la mère atteint de bégaiement, un oncle des enfants ayant parlé tardivement, à 6 ans,
L’inéducation ne saurait être mise en cause, les parents s’étant beaucoup occupé des deux enfants.
rn. — Démonstration expérimentale de la localisation de la
faculté du langage dans l’hémisphère gauche du cerveau.
— Progrès médical, 1880.
Dans cct article sont relatées des expériences variées aboutissant toutesà la même démonstration. La principale est la suivante : on détermine, par les procédés appropriés, de l’hémicalalepsie alternativement du côté droit et du côté gauche. Quand l’hémisphère catalepsié est l’hémisphère droit, la parole reste possible ; la malade continue à écrire, à dessiner, à gesticuler, si on le lui ordonne. Si, au contraire, c’est l’hémisphère gauche qui est mis en catalepsie, on pose vainement des questions à la malade, celle-ci n’y répond plus; vainement on lui met dans la main une plume en lui ordonnant de tracer son nom, la plume ne se meut pas ; on commande en vain un geste ou un jeu de physionomie, la main reste immobile, le masque facial reste muet.
t37. - Kystes hydatiques du cerveau. Épilepsie partielle simulant au début la crampe des écrivains. — Société analomigue, 1880.
11 s’agissait d’un malade qui eut, durant plusieurs mois, une série de crises d’épilepsie partielle occupant la moitié droite du corps. Chaque crise débutait par cette contracture douloureuse des doigts connue sous le nom de crampe des écrivains. Une hémiplégie succéda à cette série de ci'ises. Le malade mourut dans le coma.
Au niveau de l’hémisphère gauche, se trouve une vaste anfractuosité, occupant toute la région sous-jacente à l’écorce rolandique, mais surtout développée à la partie moyenne. Dans cette anfractuosité, 8 kystes hydatiques de différents volumes.
Cette observation est intéressante à trois points de vue. D’abord par le caractère anormal du début de la crise (crampe des écrivains) ; ensuite par l’absence de troubles de la sensibilité avec lésion des faisceaux sous-jacents à la zone psycho-motrice ; enfin, par le début de la crise par le membre
•graphique de la lésion d’après les travaux de Charcot et Pitres, et ceux de Horsley et Beevor. Diagnostic du siège de celte lésion en profondeur, d’après les recherches de Seguin (de New-York).
2 ‘Leçon. — Les indications de l’intervention opératoire en cas d’épilepsie partielle, a. On ne doit intervenir, à moins d’état de mal ou d’accès très rapprochés, que lorsqu’il y a des raisons de penser à une lésion extensive. Dans le cas contraire (accès espacés, lésion ne progressant pas, absence de troubles parétiques), il vaut mieux s’abstenir, h. Si l’on intervient, il est préférable de recourir à la résection ostéoplastique qui donne plus de jour, et ne crée qu’une brèche temporaire, plutôt qu’àla trépanation. L’ouverture du crâne faite, plusieurs cas peuvent se présenter : 1° on découvre une lésion épi ou péri-corticale (tumeur, abcès, hématome), on doit l’enlever; 2° la lésion est intra ou sous-corticale. Il faut éviter de faire de gros dégâts à l’écorce ; l’exérèse des tumeurs en ce cas donne de déplorables résultats à cause de la paralysie et du redoublement de crises épileptiformes qui suivent : on peut toutefois ponctionner l’écorcc pour évacuer un foyer purulent sous-cortical.
3' Leçon. — Description de l’opération qui a été pratiquée par M. Monod sur le malade, depuis la leçon précédente. On a découvert un gliome au point indiqué. Le malade est mort, cinq jours après l’opération, d’hémorragie inlra-cérébrale : démonstration par ce cas du bien fondé des règles de conduite préconisées dans la 2” leçon.
Ht. — Atrophie des grandes cellules pyramidales dans la zone motrice de l’écorce cérébrale, après la section expérimentale des fibres de projection, chez le chien. (Avec M. Fmjbe.) — Soc. méil.
Chez le chien, la section des fibres blanches sous-corticales est suivie assez rapidement (la lésion est constituée au 8* jour) de la disparition des grandes cellules pyramidales de la zone motrice, sans lésion des autres éléments de l’écorce.
Ces cellules s’altèrent donc et tendent à disparaître quand leur prolongement eylindraxile (fibres de projection) est lèse. le=> faits confirment
— ai —