Des troubles oculaires dans la paralysie générale
Les troubles oculaires sont considérés, en général, comme des symptômes accessoires de la paralysie générale. Cette opinion repose sur l’inconstance et la variabilité supposées de ces troubles. Des recherches auxquelles s’est livré l’auteur, avec l’aide de M. le D r Jocqs, il résulte que cette façon de voir n’est pas fondée. A eôtédes troubles oculaires accessoires qui n’appartiennent pas en propre à la paralysie générale et ne s’y montrent qu’accidenlellement (paralysies des muscles moteurs du globe de l’œil, atrophie papillaire), il en est un habituel qu’on y observe toujours avec les mêmes caractères quoique à des degrés divers, c’est Vophtalmoplégie interne, c’est-à-dire la paralysie du constricteur de la pupille et du muscle ciliaire qui préside à l’accommodation. Cette paralysie se traduit objectivement d’abord par la diminution de la réaction pupillaire à la lumière, plus lard par la diminution de la réaction à l’accommodation, enfin par l’ab-
sence complète de mouvements du sphincter de l’iris, aussi bien sous l’influence des efforts de fixation des objets rapprochés que sous celle des rayons lumineux. Subjectivement celte ophtalmoplégie progressive se révèle ■i un moment donne par la diminution, puis la perte du pouvoir accommoda teur.
Comme la paralysie évolue lentement et ne marche pas habituellement de pair dans les deux yeux, il en résulte de l’inégalité pupillaire, la pupille de l’œil le plus affecté étant plus large que celle de l’œil le moins touché.
Le signe d’Argyl-Robertson n'appartient pas à la paralysie générale.Toutefois, il peut au début s’y montrer d’une façon transitoire, alors que la réaction de la pupille à la lumière est déjà affectée (et elle l’est toujours la première), celle à l’accommodation n’étant pas encore intéressée. Mais, alors que dans l’ataxie locomotrice les choses restent en l’état, dans la paralysie générale la parésie d’abord, puis la paralysie à l’accommodation ne tardent pas à apparaître.
Celte ophtalmoplégie interne, à développement lent et progressif, a une valeur diagnostique telle qu’elle a permis de reconnaître la paralysie générale dans des cas oii les autres symptômes devaient être recherchés soigneusement ; elle a été vraiment le signe révélateur de la maladie.