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La pathologie mentale, son domaine, sa méthode

et ses visées. - Revue sdentifique,^ décembre 1892.

La psychologie morbide n’est qu’une partie de I alienation meniale. Si l’on s’y bornait, on pourrait faire une séméiologie parfaite des délires, on ne ferait pas la pathologie des vésanies. La science doit viser sans doute à une analyse de plus en plus délicate des éléments psychopathiques, mais elle doit aussi se proposer pour objectif d’observer, avec une minutie de jour en jour plus grande, les réactions organiques concomitantes ou secondaires aux troubles intellectuels. D’ailleurs, la symptomatologie ne suffit pas pour la constitution des espèces morbides : l’anatomie pathologique dans quelques cas rares, la pathogénie et à leur défaut la connaissance de l’évolution des troubles mentaux sont autant d’éléments importants dont il

y a lieu de tenir grand compte. En pathologie mentale, on doit en somme viser un triple but : l’analyse psychologique des désordres intellectuels, l’étude des manifestations physiques, primitives ou secondaires des vésanies, enfin le classement nosologique de ces maladies.

157. — Des éléments du diagnostic et des classifications en pathologie mentale. — Bulletin médical , 5 novembre 1890.

On s’est attaché à préciser la signification très différente qu’il convient d’attribuer en pathologie mentale à la notion de symptôme, de syndrome ou d’espèce morbide. On a mis en relief les défectuosités des classifications qui reposent sur la symptomatologie pure, l’anatomie pathologique, la psychologie ; on a montré la supériorité, mais aussi l’insuffisance de la classification étiologique. En l’état actuel de nos connaissances, une bonne classification des maladies mentales est impossible : ce qu'on est en droit d’exiger de celles qu’on propose de divers côtés, ce n’est pas qu’elles donnent dans un tableau d’ensemble la synthèse impossible d’une science imparfaite, c’est qu’elles groupent simplement les faits, en assignant le premier rang aux réalités cliniques indéniables, et en évitant de faire la place trop large aux espèces dont la désignation évoque des idées théoriques insuffisamment démontrées ; c’est qu’elles prétendent moins à être des classifications, dans l’acception rigoureuse du mot, que de simples groupements plus ou moins commodes pour la description ou l’étude.

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