Physiologie pathologique des hallucinations
* Soc. de psychologie. 3 mai 1901.
La division, classique depuis Baillarger, des hallucinations en hallucinations psycho-sensorielles et hallucinations psychiques, n’a pas l'importance et la signification clinique qu’on lui a attribuées. Les deux ordres d’hallucinations se rencontrent souvent successivement ou simultanément chez le même malade ; ce qui tend h prouver que les conditions de leur genèse se confondent ou au moins qu’elles ont une étroite parenté.
Les théories physiologiques qu’on a proposées pour les expliquer sont insuffisantes : aussi bien la théorie de l’éréthisme des centres sensitifs (Tamburini) pour les hallucinations psycho-sensorielles, que celle de l’éréthisme du centre vocal verbal, on centre de Broca, pour les hallucinations psychiques (Séglas).
En fait, les hallucinations rappellent les phénomènes physiologiques de représentation mentale. En ce qui concerne notamment les hallucinations verbales, elles sont, comme les représentations verbales, constituées par des images ou faibles ou fortes qui sont tantôt exclusivement auditives, tantôt à la fois auditives et motrices, tantôt principalement motrices.
Cependant l’hallucination dilTëre profondément des phénomènes de représentation mentale. Par quoi? Ce n’est pas par son intensité, car il y a des hallucinations faibles (hallucinations psychiques auditives) et des représentations mentales fortes (peintres, musiciens).
Baillarger avait admis que l’hallucination résulte de Y exercice involontaire de la mémoire et de l’imagination, tandis que la représentation me,.-
tiennent au groupe des phobiques anxieux et peuvent devenir des mélancoliques.