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Le délire de persécution à évolution systématique

Progrès médical, 15 novembre 1892.

Description clinique, avec faits à l’appui, du délire de persécution à évolution systématique, à ses différentes périodes. Diagnostic différentiel avec les délires de dégénérescence typiques : en tant qu’entité nosographique, la réalité du délire chronique constitué par quatre périodes successives d’incubation, d’idées de persécution, de mégalomanie, de démence est indiscutable. Mais les caractères de cette entité ne sont ni aussi absolus, ni aussi constants qu’on l’a dit. Entre les lypes extrêmes représentés d’une part par le délire de persécution à début tardif, a évolution nettement systématique, d’autre part par les délires à poussées brusques ou simplement à développement rapide, à marche irrégulière et capricieuse, il existe des intermédiaires qui relient les uns aux autres ces types extrêmes.

166. — Les idées de persécution chez certains dégénérés hypocondriaques ou mélancoliques (les persécutés auto-accusateurs). — Congrès de médecine mentale de Blois, 1892.

167. — Un exhibitionniste persécuté (les persécutés autoaccusateurs). — Semaine médicale , 25 mai 1895.

Dans la communication et la leçon sus-indiquées on s’est attaché à mettre en relief la physionomie clinique de certains persécutés à allures très spéciales. 11 s’agit de dégénérés chez qui le délire a pour point de départ une préoccupation, fondée ou non, relative aux organes génitaux ou aux fonctions génitales : l’un a dû subir une opération chirurgicale qui a nécessité l’ablation de l’un des testicules; un autre est convaincu que ses organes sexuels n’ont pas un développement normal; un troisième,exhibitionniste de vieille date, est honteux du vice pathologique qu’il ne peut dominer. Sous l’influence des préoccupations engendrees par ces malformations, vraies ou supposées, ou par ces habitudes morbides, les malades en viennent à organiser un délire de persécution à caractère très per-

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sonnet, lis s’imaginent qu’on les épie, qu'on les observe, qu’on les nargue du regard, de .la voix ou du geste : ce en quoi ils diffèrent des mélancoliques et se rapprochent des persécutés vulgaires. Mais, à la différence de ces derniers qui se considèrent comme les victimes innocentes de machinations calculées et malveillantes, les persécutés auto-accusateurs ont la conscience d’être des victimes coupables. Ils s’irritent contre leurs persécuteurs au point de se livrer parfois sur eux à des actes de violence, mais au fond ils n’ont pas contre eux de véritable haine; ils ne les accusent pas d’hostilité préméditée et sont convaincus qu’on les laisserait parfaitement tranquilles s’ils ne fournissaient eux-mêmes un prétexte à la malveillance (malformations génitales, écarts de conduite, habitudes vicieuses).

168. Les persécuteurs familiaux. — Bulletin médical, l’ r février 1893.

Les persécuteurs familiaux constituent une variété de persécutés persécuteurs (type J. Falret). Ils se rapprochent par plusieurs caractères des persécuteurs processifs. Comme les processifs, ce sont des dégénérés : on constate en effet chez eux, en étudiant leur caractère et leur passé, soit la débilité intellectuelle, soit la déséquilibration mentale qui constituent la marque essentielle de tout état de dégénérescence; comme les processifs, eg sont def fous raisonnants, en ce sens qu’ils ne manifestent pas, au moins au premier abord, de conception délirante évidente ; ils ne sont pas hallucinés, )eur conversation courante est en apparence raisonnable et logique; comme les processifs enfin, ils font choix d’une victime : c’est un père, un fils ou une fille imaginaires qu’ils obsèdent d’abord des manifestations de leur tendresse, plus tard de leurs injustes et persistantes réclamations. Mais, tandis que les persécuteurs processifs peuvent ne délirer sur aucun point, que chez eux le désordre mental est plus encore dans les actes que dans les idées, le persécuteur familial procède d’une idée fausse qui est bien une conviction délirante: il méconnaît son origine réelle et attribue sa naissance à un personnage dont il fait choix, ordinairement un personnage illustre ; il se rapproche par ce caractère des dégénérés à délire ambitieux. Ou bien, s’attribuant une paternité imaginaire.

171. — Les hallucinations verbales psycho-motrices chez les persécutés. — Semaine médicale, 4 novembre 1801.

L'hallucination psycho-motrice s’observe souvent conjointement avec les hallucinations auditives chez les persécutés. D’habitude elle est rejetée à l’arrière-plan, l’hallucination auditive étant le phénomène dominant. Il en était tout autrement dans le cas visé dans cette leçon : ici les hallucinations de l’ouïe faisaient pour ainsi dire complètement défaut; les hallucinations psycho-motrices étaient au contraire nombreuses, intenses et presque continuelles.

ans. (Avec M. Arnaud.) — Ann. médico-psychol., avril 1895.

Un vieillard de 80 ans passés, à antécédents héréditaires inconnus, n’ayant jamais présenté de tare psychique appréciable, manifeste un délire des grandeurs qui prend bientôt une énorme extension. Le délire se caractérise, dans chacune de scs manileslalions, par une cohérence et une systématisation exclusives de toute sénilité mentale ; il s’accompagne d’une prodigieuse activité cérébrale qui se soutient, sans défaillance, pendant trois ans, jusqu’au moment de la mort.

Ce fait soulève une .importante question de doctrine. A quelle forme nosographique le rattacher? Le malade n’est certainement pas un persécuté classique arrivé àla phase des idées de grandeur. Ce n’est pas davantage un délirant sous l’influence de lésions cérébrales dues à la sénilité. Rien,

à titre de cause occasionnelle, comme le fait, chez certains individus, simple impression auditive.

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