I. — Faits pour servir à l’histoire de l’urée
(Thèse pour obtenir le grade de docteur en médecine. Paris, avril 1869.)
L’auteur a cherché dans ce travail à bien établir la fonction chimique de l’urée, cette substance si importante, à savoir d’être un amide de l’acide carbonique. Les recherches ont été appuyées par des expériences synthétiques, par des expériences analytiques.
11 a fait réagir le gaz chloroxycarboniqüe sur le gaz ammoniac et confirmé la production de l’urée, qui avait déjà été observée par M. Natanson. Mais en même temps il a constaté la formation de plusieurs autres substances azotées et en particulier de l’acide mélanurique C®H‘.\z‘0*, que l’on considère également comme un amide de l’acide carbonique.-
D’autre part, en faisant agir à une température modérée, à 100”, les acides, l’acide nitrique, l’acide oxalique, l’acide formique, et même un acide peu énergique, l’acide acétique étendu, il a opéré la transformation de l’urée en carbonate d’ammoniaque, en fixant sur cette substance les éléments de l’eau. :
C’est ainsi quo lorsque l’on évapore pendant un temps suffisamment prolongé et à la température de 100“ les dissolutions étendues d’azotate d’urée, on n’a plus recueilli qu’un mélange d’urée libre et de nitrate d’ammoniaque, l’urée a été détruite tant que l’acide nitrique du nitrate n’a pas été saturé par l’ammoniaque qui se forme simultanément. On peut arriver à déterminer la transformation de la moitié de l’urée combinée à l’acide.
Les mêmes phénomènes s’observent avec l’oxalate d’urée.
Indépendamment des phénomènes de décomposition que l’on produit à l’aide de l’acide acétique étendu, l’auteur a observé, en employant l’urée desséchée et de l'acide acétique cristallisable, la production d’une véritable combinaison se formant avec une notable élévation de température et résultant de l’union de une molécule d’urée avec deux molécules d’acide et une molécule d’eau. C’est le premier exemple connu de la combinaison de l’urée avec deux molécules d’un acide monobasique tel que l’acide acétique.
L’auteur s’est occupé de l’action de la chaleur et de divers autres agents sur les principales combinaisons salines de l’urée, il aremarquéque l’hydrogène naissant produit par le zinc et le fer au contact de l’eau acidulée exerce une action trèsremarquable sur les dissolutions de nitrate d’urée, l’urée est entièrement détruite en azote, acide carbonique et eau. L’action réductrice se porte toute entière sur l’acide nitrique, le trans-
forme en acide nitreux qui ne peut exister en présence de l’urée et oxyde totalement cette substance.
: On a utilisé cette propriété pour instituer un procédé nouveau de dosage de l’urée, consistant à faire absorber par ta potasse l’acide carbonique produit dans cette réaction et à déterminer le poids de cet acide. Les gaz dégagés ne renferment que de l’hydrogène et un peu de bioxyde d’azote que l’on retient facilement par une solution de protosulfate de fer.