‹ Exposé des titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 3 sur 10 · I. LXXllI, p · texte numérisé non relu

I. LXXllI, p

J usqu’à ce jour on avait considéré la lactose ou sucre de lait

comme une substance exclusivement produite par le règne animal ; on ne l’avait rencontrée que dans le lait, c’est-à-dire dans un liquide de sécrétion transitoire.

TouS''les autres liquides animaux, les urines, le sang, etc., ne contenant pas cette matière sucrée, mais seulement du glucose, on était tenté de considérer la lactose comme une substance caractéristique spéciale à la fonction de lactation.

J’ai combattu cette opinion en séparant la matière sucrée extraite de la sève du sapotillier (arbre des Antilles), en deux sucres, les plus importants, le sucre de canne et le sucre de lait.

Les propriétés de la lactose du sapotillier se confondent avec celles du sucre de lait ; même forme cristalline et même grandeur des angles des cristaux, même point de fusion, même solubilité dans l’eau, même pouvoir rotatoire moléculaire ; enfin, cette substance fournit de l’acide mucique quand on l’oxyde par l’acide nitrique étendu. Grâce à l’obligeance du ■savant professeur d’histoire naturelle de l’Ecole de médecine, M. Bâillon , l’auteur a pu examiner le suc donné par un fruit de sapotillier et y constater de même la présence d’une matière sucrée, possédant les réactions du sucre de lait et donnant à l’oxydation de l’acide mucique. Toutefois, dans ce dernier cas, l’auteur émet certaines réserves, la matière sucrée était trop peu abondante pour être bien isolée, et l’acide muoique pouvait provenir de l’oxydation de matières gommeuses. Néanmoins, M. Bouchardat a démontré pour la première fois la présence du sucre de lait dans un suc végétal en le retirant cristallisé du, suc de sapotillier. Braoonnot avait annoncé que les glands renfermaient du sucre de lait, mais depuis on a reconnu que cette substance était différente. C’est de la quer-

LXXIII, p. 1008, 1871. Bull. Soc. chim., t. XVI, p. 38, juillet 1871.)

ire important on a étudié l’action de l’hydro-

le glucose, la lactose ou sucre do lait, la lactose modifiée par les acides, le sucre de canne, et réalisé la transformation de la glucose enmannite,de lalactose et de la galactose modifiée par les acides en dulcite ou en mannite en fixantdeux équivalents d’hydrogène sur la molécule des glucoses.

Mais en brusquant la réaction on a transformé simultanément une proportion notable de ces matières sucrées en alcools monoatomiques, l’alcool ordinaire, l’alcool isopropylique C* H® O', et un alcool isohexylique C“ O® particulier. On a ainsi réalisé une transformation toute artificielle des

sucres en alcool véritable, qui n’avait été opérée jusqu’à ce jour que par l’intermédiaire de matières organisées ou de fer-

VI. — Sur les éthers acétiques de la dulcite et de la duloltane.

(Comptes-rendus, t. LXXIV, p. 665, 1872. Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 197, mars 1872.)

Dans ce mémoire, on décrit un grand nombre de combinaisons nouvelles formées par l’action soit de l’acide acétique, soit de l’acide acétique anhydre ou du chlorure acétique sur la dulcite.

On constate que les corps qui prennent naissance ainsi ne

sont pas uniquement formés par des éthers acétiques de la dulcite, alcool hexatomique, mais que les produits de réaction renferment également des composés qui correspondent à des éthersd’unnouveaucorps, la dulcitane, premier anhydride de la dulcite C* H‘® 0‘“ et qui joue le rôle d’un alcool tétratomique.

Les premières régénèrent de la dulcite par la saponiQoation, les secondes régénèrent de la dulcitane et non de la dulcite. Enfin, l’auteur a constaté que les éthers de la duloitane possèdent le pouvoir rotatoire, la dulcite ne manifestant pas elle-même d’action sensible sur le plan de polarisation d’un faisceau lumineux polarisé.

VII. — Transformation de l’acétone en hydrure de dipropylène.

(Comptes-rendus, t. LXXIV, p. 809. Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 197.)

L'acétone traitée par l’amalgame de sodium se transforme en alcool isopropylique et en une substance, la pinacone, contenantdouze équivalents de carbone dans sa molécule ; mais cette matière traitée par des agents énergiques se dédoubie et reproduit les dérivés de l’acétone.

L’auteur, en traitant la pinacone par l’acide iodhydrique concentré a formé diverses substances renfermant toutes d ouzo équivalents de carbone.

Il a ainsi formé un composé, le dipropylène iodé C‘* H" I, qui traité convenablement par les réactifs a pu fournir le dipropylène C‘* H“, son bromure C‘* H“ Br* et le bromure de dipropylène bibromé C‘* H‘" Br*, corps parfaitement cristallisé.

Enfin, par l’action de l’acide iodhydrique très-concentré.

lé dipropylèhe iodé sé transforme à 2b0« en carbure d^hydrogène saturé, l'bydrure de dipropylèUe C‘® isomériqne et non identique avec le'carbure C“ H'* retiré du pétrole.

Par cette série de transformations on établit, d’une façon définitive, que la pinaoone doit être rattachée à un carbure générateur renfermant deux fois plus de carbureque l’acétone, et par conséquent que la réaction qui lui a donné naissance constitue une véritable synthèse. Cette manière de voir a été confirmée depuis par les belles recherches de M. Friedel sur la

VIII. — Sur une nouvelle classe de combinaison de la dulcite avec les hydraoldes.

Dans ce mémoire, l’auteur constate que la dulcite se dissout abondamment à froid et avec dégagement de chaleur dans les acides chlorhydrique, bromhydriqué et iodhydrique saturés. Du jour au lendemain il se sépare du liquide de volumineux cristaux formés par l’union d’une molécule de dulcite avec une molécule d’acide et trois molécules d’eau.

L’auteur compare ces combinaisons qui n’ont pas d’analogue en chimie organique, qui perdent spontanément leur acide qund on les place dans une atmosphère illimitée et qui sont détruites par l’eau, aux combinaisons cristallisées des sucres et des chlorures, bromures et iodures alcalins.

IX. — Combinaisons neutres de la dulcite avec les hydraoldes.

(Bull. Soc. chim., t. XYII, p. 391 et433, mai 1872).

. En chauffant à 100° les dissolutions de - dulcite-dans

les hydraoides au maxiûiuiü de o.oncenlration, Tacide ohlorliy-, driqué et l’acide brotnliydrîquc, on obtient une série de composés neutres, inaltér’abl’eà à l’air, différents des composés précédents et qui sont de véritables éthers de la duloite ou de l'adulcilane.

Les combinaisons principales formées par l’acide chlorhydrique sont la dulcite diehlorhydrique C‘* H‘* O* Cl*, et la dulcitane monochlorhydrique C‘“ H® O* Cl.

Le premier do ces composés traité par l’eau bouillante ou par les alcalis commence par perdre la moitié de son acide en se transformant en dulcitane monocblorbydrique beaucoup plus soluble ; cetto dernière ne tarde pas à se détruire ellemême en donnant de la dulcitane.

L’anteur fait ressortir l’analogie remarquable qui existe entre ces combinaisons, la dulcite diehlorhydrique et ladulcîtane monochlorhydrique et les combinaisons correspondantes' de la glycérine, la glycérine diehlorhydrique et le glycide monochlorhydrique, toutes les réactions de ces différentes matières étant calquées sur •un même monle. La similitude des réactions entre la glycérine alcool triatomique et les alcools hexatomiques dulcite et mannile, qui avait été signalée pour la mannite par M. Berthelet, ressort plus nettement encore des expériences précédentes en s’appuyant sûr des preuves nouvelles et décisives.

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