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Des bactériens dans l’érysipèle

Dans son intéressante thèse sur la pathogênie et l’anatomie patho-

génique de l’érysipèle (Ihèse de Bordeaux, 1885), M. Maurice Dénucé tranche en faveur de M. Nepveu la question de priorité, .Voici ses

« Hueter a le premier publié les résultats de ses recherches, mais les travaux de Nepveu sont antérieurs. Dès le 24 février 1868, dans le service de M. Verneuil à Lariboisière, Nepveu, examinant le sang d’une malade amputée du sein, y trouvait le Baclerium punctum d’Ehrenberg. Le 25 mai, il retrouvait, dans le sang pris sur une piqûre de plaque érysipélateuse, les mêmes organismes en quantité plus considérable.

; « A côté de granulations élémentaires immobiles à reflets jaunâtres, on aperçoit de petits corpuscules ovoïdes, animés de mouvements assez vifs et très variés, indépendants de toute espèce de courants. v Les observations faites en 1868 sont au nombre de quatre, et dans la quatrième il constate que les corpuscules peuvent s’unir deux par deux. Ils existent, mais moins nombreux, dans le sang de la circulation générale.

« Le travail de Nepveu ne fut publié qu’en 1870 (Société de biologie).

« En Allemagne, et même en France, d’après la thèse de'Pitoy (Paris, 1873), on accorde la priorité à Hueter, non seulement pour la publication, mais même pour la découverte. En effet, on a partout répété, et Nepveu lui-même l’a écrit d’après Pitoy, que le travail dé Hueter avait paru en 1868 dans le Medicinisches Centralblatt. Or le Centralblatt de 1868 ne contient que deux mémoires de Hueter, le premier (n° 12, p. 177) intitulé Pihsporen in den Gerveben und im Blut bei gangrœw diphteritica, le deuxième (n°“ 34 et 35, p. 531 et 547), en collaboration avec Tommasi, Ueber Diphteritis. Dans ces deux travaux, il n’est nullement question de l’érysipèle. Ce n’est qu’en 1869, à la réunion des médecins de Greifswald, le 5 juin, qu’Hueter a abordé la question de l’érysipèle. Sa communication est résumée dans lç numéro du 16 août 1869 du BerHner klinische Wochenschrift. Il rappelle que, l’année précédente, il a trouvé et décrit des organismes

particuliers, les Monas crepusculum, dans les plaques diphthéritiques des plaies. Pour lui, ces organismes sont identiques à ceux que l’on rencontre dans la diphthérie du pharynx, mais diffèrent totalement des vibrions septiques de Pasteur. Dans la sérosité des phlyctènes érysipélateuses, il a retrouvé ces mêmes organismes en quantités considérables. L’érysipèle lui paraît donc devoir être considéré comme une diphthérie diffuse des téguments. Des phlyctènes, les Monas passent dans le sang et de là dans l’urine, où . ils arrivent vivants. Il montre des préparations d’urine d’érysipélateux et des préparations de diphthérie, contenant un certain nombre d'organismes identiques.

« Ainsi, quoique la publication d’Hueter soit antérieure de quelques mois,. mais non de deux ans, à celle de Nepveu, la découverte de Nepveu a précédé de plus d’un an celle de Hueter. D’autre part, Hueter n’a vu ses Monas que dans l’urine et les phlyctènes, milieux où se trouvent bien des causes d’erreur. Les Monas, dans la classification d’Ehrenberg, représentent des organismes de dimensions assez considérables, différant des bactéries. En assimilant ses « corpuscules » au Bacterium punctum, Nepveu se rapproche bien plus de la réalité. Ses recherches, antérieures à celles dé Hueter, offrent en outre une précision beaucoup plus grande, v

Plus loin, le même auteur ajoute (p. 88) :

« "La recherche des bactéries dans le sang des érysipélateux a été faite par de nombreux expérimentateurs. La priorité de ces recherches appartient incontestablement à Nepveu.

« Dès le mois de février 1868, en examinant le sang pris au moyen d’une piqûre au doigt, chez une femme atteinte d’érysipèle opératoire de la région mammaire, Nepveu trouva dans le champ du microscope quelques bactéries identiques au Bacterium punctum d'Ehrenberg. »

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