‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 17 sur 17 · PUBLICATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

PUBLICATIONS DIVERSES

38, Le vomissement (Revue Biologie médicale, t. XV, p. 253-289, 1928).

Cette revue a été faite dans le but de faire connaître les travaux récents et de mieux orienter le penser clinique vers le penser physiologique. On y trouvera un essai de classification physio-pathologique des vomissements, classification plus complète que celle qui est actuellement en usage, et que je crois plus conforme aux données de l’expérimentation et de la clinique.

J’ai étudié, tout d’abord, les actes mécaniques du vomissement dont la connaissance est fondamentale, et montré toute la complexité coordonnée de cet acte neuromusculaire, qui comporte certaines actions d’arrêt s’associant dans un ordre harmonieux à des actions dynamiques. La discussion sur l’existence et la localisation des centres nerveux du vomissement est encore ouverte, mais les recherches récentes de Hatcher et Weiss ont montré que la localisation dans une région voisine de celle déjà décrite par Thumas, dans l’aile grise du bulbe, au niveau des noyaux sensitifs du pneumogastrique, peut être admise, car la destruction de ces noyanx rend le vomissement impossible.

Estimant qu’il ne doit pas exister de différence fondamentale entre les diverses modalités d’excitation des centres nerveux, en général, et les modalités des centres d’excitation du vomissement, j’ai pour guide la division généralement admise, c’est-à-dire la mise en action : 1° par voie réflexe; 2° par association avec d’autres centres; 3” par mode automatique, et donné un schéma, dans lequel j’ai réservé une place au vomissement mixte, par action double, réflexe et humorale.

L’analyse expérimentale du vomissement donnant des précisions que ne peut fournir l’étude clinique, sur l’origine périphérique ou centrale des impulsions vomitives, un chapitre a été réservé à l’étude du mécanisme du vomissement réflexe et du vomissement central. J’ai insisté sur l’importance des impulsions vomitives, qui prennent naissance dans les régions innervées par le vago-sympathique (irritation des organes digestifs, action vomitive des substances agissant sur la sensibilité cardiaque, etc.) et essayé, d’après les recherches d’Hatcher et Weiss, de dissocier la part du vague et celle du sympathique comme voie de conduction centripète des impulsions. Les substances capables de provoquer le vomissement par action directe sur le centre (en application locale après mise à nu du bulbe) sont nombreuses (apomorphine, histamine, choline, nicotine, adrénaline), mais il ne semble pas qu’en pratique leur concentration dans le sang puisse être suffisante ponr déclancher le vomissement sans intervention d’action périphérique.

Le dernier chapitre traite du mécanisme de quelques vomissements pathologiques. On distingue habituellement en clinique deux catégories de vomissement, les vomissements nerveux et les vomissements toxiques. Cette classification est insuffisante. Le qualificatif n toxique » a été attribué avec une trop grande extension. 11 y a lieu, d’une part, de réserver le terme « toxique » à la catégorie des vomissements qui ont pour cause principale la présence dans le sang ou le liquide céphalo-rachidien d’une substance chimique définie, et, d'autre part, de classer provisoirement sous la désignation de vomissement humoral tous les vomissements qui paraissent avoir pour cause, soit un trouble de l’équilibre colloïdal du sang et des cellules, soit un trouble de la circulation des liquides interstitiels au niveau du bulbe.

D’après ces données physio-pathologiques, j’ai cherché à pénétrer le mécanisme des vomissements observés en clinique ou chez l’Homme sain, dans certaines conditions. Le vomissement peut avoir pour cause l’arrivée brusque dans le milieu interne, par voie entérale ou parentérale, de substances étrangères, d’où l’étude du rapport des vomissements avec le choc anaphylactique, avec la présence de toxines en circulation, avec les intoxications alimentaires et avec l’anesthésie.

Mais le vomissement peut se produire en dehors de toute cause extérieure; et la question s’est posée de connaître comment et par quels mécanismes les variations physico-chimiques des liquides du milieu intérieur (sang et liquide céphalo-rachidien) provoquent le vomissem^t.

Le centre vomitif, comme les autres centres bulbaires, est sensible à toute variation brusque dans la composition physico-chimique-des liquides internes, ce qui m’a conduit à étudier les rapports du vomissement avec les gaz du sang, avec les états d’acidose, les états d’urémie et les troubles mécaniques de la circulation bulbaire.

J’ai cherché enfin à dégager, au point de vue de la physio-pathologie générale, l’élément basal commun à tous les vomissements. Le vomissement est quelque chose de plus qu’un acte réflexe de défense, qu’un signe d’irritation nerveuse ou d’intoxication, il doit être considéré comme la signature d’une crise aiguë d’hypervagotonie et comme le signal d’alarme d’un état de déséquilibre vago-sympathique. Mais si cette conception présente le grand avantage de grouper ensemble des faits très disparates, elle ne se suffit pas à elle-même. Pour donner au vomissement toute sa signification, il faut remonter à la cause, et souvent aux causes premières, que j’ai essayé de classer logiquement, d’après les données de la Physiologie.

Page 1