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RECHERCHES SUR LES HÉMORRAGIES

46. Hémorragies (Traité de Physiologie normale et pathologique, t. VII', p. 167-203, 1927).

Je ne puis donner qu’un résumé de oet article dans lequel on trouvera une vue d’ensemble des travaux expérimentaux et cliniques publiés sur la question et classés suivant un pian original.

Me basant sur le iait que les effets provoqués par les pertes de sang diffèrent suivant l’intensité de la perte sanguine et suivant l’état préalable de l’individu, et considérant que la gravité des hémorragies est essentiellement fonction du déficit circulatoire, j’ai étudié d’une part les hémorragies sans gravité, bien compensées ou compensatrices, et, d’autre part, les hémorragies graves ou mortelles, péniblement ou non compensées.

a) Hémobbagies bien compensées.

La résistance remarquable de l’organisme aux hémorragies modérées est bien connue; elle a permis pendant des siècles d’user et d’abuser de la saignée. L’hémorragie est, en effet, sans gravité lorsque la perte sanguine ne dépasse pas 1,5 à 2 p. 100 du poids du corps.

Il en est ainsi parce que les échanges respiratoires se maintiennent à leur taux normal, ainsi que les gaz du sang, grâce à de multiples réactions compensatrices. La compensation du déficit globulaire s’effectue par la mise en circulation d’hématies tenues en réserve dans la rate (Barcroft); la compensation du déficit de la masse sanguine s’effectue à l’aide de deux réactions qui prennent naissance simultanément et associent leurs effets pour maintenir ou rétablir l’équilibre circulaire : I” la réaction neurovasculaire de constriction, qui assure l’adaptation du système vasculaire à la masse sanguine; 2“ la résorption de lymphe interstitielle, qui intervient ensuite pour rétablir la masse sanguine. La reconstitution des éléments du sang se fait plus tardivement.

5) Hémobbagies compensatrices.

L’hémorragie peut être considérée comme compensatrice lorsqu’elle améliore immédiatement la nutrition cellulaire sans la troubler tardivement par l’anémie qu’elle provoque. En clinique, la saignée déplétive a trouvé

8“ Les troubles de la nutrition et les modifications physico-chimiques du sang. — Lorsque la perte sanguine est inférieure à 2 p. 100 du poids du corps, on ne constate aucune diminution sensible des échanges respiratoires ou des gaz du sang. Il n’en est plus de même lorsque l’hémorragie dépasse ce seuil de 2 p. 100. Par suite du ralentissement de la circulation, le métabolisme diminue, et il se produit, ainsi que l’ont admis Paul Bert, Barcroft, Henderson et Haggard, une auto-intoxication de nature asphyxique. La diminution des combustions entraîne l’hypothermie; la chute de la pression artérielle au-dessous de 4 cm. Hg entraîne l’anurie.

L’étude physico-chimique de l’urine et du sang donne des renseignements intéressants sur la nature des troubles des échanges nutritifs. L’hyperglycémie, l’hyperamino-acidémie, la lipémie, les modifications du pH et de la réserve alcaline ont été étudiées.

état de choc, ont été rapportées. Les modifications de la pression ont été suivies à l’aide de la courbe oscillométriqne. Depuis iors, de nombreux travaux ont été publiés, dont on trouvera l’exposé dans la thèse de mon élève E. Destelle (1922-1923).

50. Sur la transfusion des globules rouges hétérogènes après les hémorragies graves, en collaboration avec A. Orly (C. fl. Soc. Biol, t. CI, p. 373, et thèse A. Orly, Bordeaux, 1928-1929).

Pour ceux qui se préoccupent de trouver un liquide physiologique artificiel capable de remplacer le sang perdu, les recherches récentes de Yourévitch et Teleguina sont intéressantes, en ce sens qu’elles ouvrent une voie nouvelle. D’après ces auteurs, en effet (Joum. de Physiologie et de Pathologie générale, 1925, t. XXIII), les accidents constatés chez un animal qui a subi une forte hémorragie et auquel on a transfusé du sang total d’une espèce étrangère ont pour cause principale la toxicité du plasma étranger. C’est ainsi que te Lapin saigné à blanc ne survit pas après transfusion de sang total de Mouton, alors qu’il est restauré par transfusion d’hématies de Mouton isolées par centrifugation, bien lavées et mises en suspension dans une solution saline. Malgré la destruction assez rapide des hématies transfusées, dont l’hémoglobinurie est le témoin, celles-ci vivent cependant assez longtemps pour parer aux accidents asphyxiques mortels qui suivent immédiatement la perle sanguine. Pour que l’expérience réussisse, il est nécessaire que le plasma du récepteur n’exerce in vitro aucune action aggiutinante ou hémolysante sur les hématies étrangères injectées.

tité d’hématies étrangères injectées a atteint un tiers seulement environ des hématies retirées.

Dans ces conditions, sur quatre chiens opérés, deux ont survécu grâce à la transfusion, et se sont rétablis rapidement. Ils ont pu être alimentés avec du lait le lendemain de l’opération. La destruction globulaire a commencé aussitôt après la transfusion, car à la fin de celle-ci le plasma était déjà teinté en rouge. L’hémoglobinurie est elle aussi très précoce. Assez légère au début, elle devient intense dix à vingt heures après la transfusion, puis décroît progressivement et disparaît vers la quarantième heure. On ne retrouve dans l’urine qu’un tiers environ de l’hémoglobine injectée, ce qui démontre qu’une grande psurtie de celle-ci est retenue et utilisée par l’organisme. L’hémoglobinurie s’accompagne d’hypo-ammoniurie, qui semble traduire un état passager d’alcalose.

A cette phase succède une autre phase, caractérisée par une diarrhée profuse et par de l’hyperammoniurie; mais ces troubles disparaissent assez vite, en cinq ou six jours, de telle sorte que l’animal revient à son état initial une semaine environ après l’opération, à l’exception d’nne légère anémie, très bien supportée.

Dans ces conditions, on peut se demander s’il ne serait pas possible d’améliorer les sérums minéraux par addition d’hémoglobine à dose convenable, l’hémoglobine provenant de préférence d’hématies d’un animal de la même espèce.

Pendant la période critique post-hémorragique, il est probable en effet que l’hémoglobine qui passe peu à peu dans le plasma, au fur et à mesure de la destruction des hématies étrangères, joue un rôle analogue à celui des protides du plasma, ou encore de la gomme acacia ajoutée aux solutions minérales. Il est possible, en outre, qu’elle prenne part au transit de l’oxygène et de l’acide carbonique, mais c’est là une question que je me

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