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Des rétrécissements de la trachée-artère

(.Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, t. V, p. 50fi.)

Les rétrécissements de la trachée, et particulièrement ceux qui reconnaissent pour cause une ulcération de ce conduit, sont encore peu connus, leur étude datant seulement de quelques années. Il en résulte qu’ils sont habituellement confondus avec les affections du larynx, et notamment avec l’œdème de la glotte.

Cette erreur de diagnostic offre cependant un véritable danger, en ce sens que, quand il y a menace de suffocation, on pratique la trachéotomie par le procédé ordinaire, opération qui non-seulement n’empêche pas le malade de mourir, mais ne produit pas même un soulagement momentané.

M. Bourdon a donc cru utile d’appeler de nouveau l’attention de ses collègues des hôpitaux sur ce sujet, en leur faisant connaître un fait qu’il a observé à la Maison municipale de santé, et qui a eu, en ville, le fatal dénoûment indiqué plus haut.

Après avoir cité le fait et l’avoir discuté, l’auteur indique les phénomènes morbides caractéristiques sur lesquels on peut baser le diagnostic pour distinguer le rétrécissement de la trachée des maladies du larynx ;

il insiste particulièrement sur deux symptômes : l’abaissement du larynx et l’immobilité de cet organe pendant la déglutition et l’exercice de la parole. Il explique le premier de ces symptômes par le raccourcissement delà trachée, résultant de la destruction des cerceaux cartilagineux. Dans toutes les autopsies connues, on a noté en effet la disparition de six et même huit de ces anneaux.

Quant à l’immobilisation du larynx, elle dépendrait, selon M. Bourdon, d’une part de la rétraction cicatricielle de la trachée, s’opposant à l’élévation et à l’abaissement de l’organe, et d’autre part, des adhérences qui s’établissent quelquefois entre la trachée ulcérée profondément et les parties voisines.

Pour le traitement, l’auteur, frappé par l’étude des faits, de la tendance qu’ont les cicatrices de la trachée à revenir sur elles-mêmes et à amener des rétrécissements et des déformations de ce conduit, recommande, dans les cas d 'ulcérations syphilitiques , d’administrer les spécifiques à petites doses, et d’interrompre, de temps en temps, leur usage, afin de ne pas trop hâter la cicatrisation, et de permettre au malade de s’habituer peu à peu à la diminution progressive du calibre de la trachée, comme dans le cas de Worlhington. 11 se demande même, si pour éviter la mort par asphyxie, accident dont il cite des exemples, il ne faudrait pas placer une canule dans la trachée, pendant et après le traitement antisyphilitique, et ne retirer cet instrument qu’alors seulement qu’on supposerait la cicatrisation bien complétée et toute chance de rétraction passée.

Il termine en faisant ressortir l’utilité de la canule à quatre valves, de M. Demarquay, pour dilater graduellement la trachée-artère, après l’opération de la trachéotomie.

10. — De Vaugmentation du nombre des globules blancs du sang, dans les maladies autres que la leucocythémie.

(Note lue à la Société médicale des hôpitaux en février 1856; tome III des Bulletins de cette Société.)

De ces recherches cliniques et microscopiques faites sur des sujets atteints d'affections diverses, l’auteur conclut que, s’il existe réellement

une entité morbide, telle que l’ont décrite MM. Virchow, Bennett, Barth, Vigla et autres, l’altération du sang qui s’y rapporte, c’est-à-dire l’augmentation des globules blancs, peut se rencontrer quoique à un degré moins prononcé, dans d’autres maladies, telles que: affections organiques du cœur, arrivées à leur dernière période, ou accompagnées de lésions artérielles, fièvres typhoïdes graves, maladies de Bright et cachexies diverses.

Cette altération, qui n’est alors qu’un symptôme comme l’anémie oul’hydropisie, a reçu le nom de leucocythose. Elle est àla leucocythémie ce que B albuminurie est à la maladie de Bright. Les faits cités par M. Bourdon prouvent qu’elle peut se rencontrer avec une rate petite et saine, du moins en apparence.

Aussi M. Virchow a-t-il admis pour ces cas particuliers une leucocythémie lymphatique, à côté de la leucocythémie splénique. L’auteur de ces recherches avait prévu qu’on serait probablement obligé de créer encore de nouvelles espèces, et en effet, on en a créé une troisième, la leucocythémie hépatique.

Dans l’observation qui fait le sujet du travail suivant, on verra qu’il existait à la fois des lésions de la rate, des ganglions lymphatiques et du

11. — Note sur un cas de Leucocythémie splénique, avec autopsie.

(.Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux , 1867.)

Dans cette note, l’auteur fait connaître un cas de leucocythémie remarquable par la multiplicité et le caractère tranché des lésions anatomiques, surtout par la composition des caillots blancs trouvés dans le cœur et les gros vaisseaux.

Pendant la vie, les hypertrophies viscérales avaient été reconnues; le sang, examiné au microscope, avait présenté environ vingt fois plus de globules blancs qu’on n’en trouve dans un sang normal. Les seules hémorrhagies qu’on observa furent de légères épistaxis et du purpura simplex.

A l’autopsie, on trouva la rate d’un volume énorme, pesant 2620 grammes, ayant son bord antérieur échancré profondément en plusieurs points et sa capsule fibreuse épaissie. Son parenchyme très-dense et trèsrésistant était d’un brun-rouge très-foncé, parsemé de points blanchâtres ; il présentait plusieurs infarctus d’une couleur blanc-jaunâtre, ressemblant à de petits abcès et qui étaient constitués presque exclusivement par des globules blancs ; au microscope, on constatait une hypertrophie de la trame fibreuse et des glomérules de Malpighi. Le foie est hypertrophié, mais proportionnellement, son volume est moins augmenté que celui de la rate; il a un aspect légèrement cirrhotique; à l’examen microscopique, les capillaires apparaissent distendus par des globules, ' presque tous blancs, serrés les uns contre les autres.

Les ganglions lympathiques , aussi bien les profonds que les superficiels, sont tous excessivement développés; quelques-uns atteignent le volume d’un œuf de pigeon. Leur surface présente des points hémorrhagiques, et dans leur intérieur, on trouve quelques petits infarctus avec une grande quantité de globules blancs, sans trace d’aucune trame.

Les cavités du cœur, l’artère pulmonaire, l’aorte et ses branches sont remplies de caillots blanc-jaunâtres, se fragmentant avec la plus grande facilité, comme une gelée peu consistante ; ils sont formés presque uniquement de globules blancs, avec quelques rares globules rouges disséminés et une très-faible proportion de fibrine.

L’auteur s’étonne que, pendant la vie du malade, avec une pareille altération du sang, on n’ait observé, comme hémorrhagie, que de légères épistaxis, avec du purpura simplex,

L’altération de la rate, étant la plus caractérisée après celle du sang, M. Bourdon a intitulé cette observation leucocythémie splénique , mais il aurait pu ajouter à cette dénomination, celle d’ hépatique et de lymphatique ; car l’affection a présenté bien complètement les caractères de ces trois espèces de leucocythémie.

12. — Calcul biliaire dun volume considérable tombé dans le tube

digestif à travers les parois de la vésicule et du colon transverse , adhérentes et perforées.

[Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, t. IX, p. 287.)

11 est admis aujourd’hui que les calculs biliaires peuvent passer directement de la vésicule dans le tube digestif, au moyen d’adhérences péritonéales et de perforations.

Cependant, les exemples de ce mode insolite d’élimination sont assez rares pour que M. Bourdon n’ait pas cru devoir passer sous silence celui qu’il avait observé dans son service.

Le fait dont il est question est encore remarquable par la grosseur tout à fait exceptionnelle du calcul, celle d’un œuf de poule, et par les accidents«dont il a été la cause. En effet, trop gros pour parcourir facilement toute la longueur du tube digestif, il s’est arrêté à la fin de l’S iliaque, y a séjourné pendant plusieurs mois et a déterminé une inflammation chronique de l’intestin qui a amené la mort de la malade.

Le calcul, qui pesait 62 grammes, avait la composition suivante :

Cholestérine. 68 gr.

Matière colorante jaune, soluble dans l’ammoniaque. 0 50 centig.

Matière colorante verte, soluble dans l’acide acétique. 1 50 —

Phosphate de chaux. 30

Total. 100 gr.

Un examen séparé des différentes couches du calcul démontre que la presque totalité du phosphate, indiquée par l’analyse, existait dans les couches superficielles; d’où il est permis de conclure que le phosphate de chaux a été déposé à la surface de la concrétion, pendant son séjour dans le tube digestif. Ce sel, en effet, appartient bien plus aux calculs intestinaux qu’aux calculs des voies biliaires.

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