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INTOXICATIONS ET HYGIÈNE

DE QUELQUES ACCIDENTS NERVEUX DU SATURNISME (n® 12).

Une des manifestations les plus graves de Tempoisonnement chronique par le plomb est incontestablement la paralysie. L’occasion nous a été offerte d’examiner les résultats graves d’une intoxication plombique encore peu connue jusque-là. C’est la fabrication des accumulateurs pour l’industrie électrique.

Dans ces appareils entrent de grandes quantités d’oxydes de plomb, litharge, sesqpiioxyde, oxyde puce, qui sont des sels très solubles et très toxiques. Les usines qui les premières employèrent ces sels de plomb n’étaient pas soumises à une réglementation hygiénique suffisante. Aussi de nombreux ouvriers furent intoxiqués. Nous avons remarqué la grande fréquence des paralysies chez eux et particulièrement la précocité des accidents. Quelques-uns étaient atteints dès les premières semaines de leur travail, alors même qu’ils avaient travaillé antérieurement le plomb sous d’autres formes sans en être malades.

Ces paralysies étaient aussi rapidement extensives et

hygiéniques, et depuis cette époque nous ne voyons plus que rarement des accidents graves survenir chez les ouvriers en accumulateurs, bien que le milieu dans lequel nous observons soit le même.

C’est ainsi que les progrès de l'industrie amènent des accidents nouveaux que l’hygiéniste est seul qualifié pour

combattre.

Le plomb et l’alcool sont deux fléaux qui menacent une foule d’ouyners. 11 était intéressant de se demander dans quelle mesure ces deux intoxications agissent quand elles sont réunies, si leurs effets sont plus graves dans ce cas, enfin si le plomb seul peut agir sans l’alcool.

La question est aujourd’hui d’actualité. Nous avons réuni dans ce travail, fait en collaboration avec M. Castaigne, une série d’observations cliniques et toute une suite . d’expériences sur les animaux.

Nous avons montré d’abord l’action isolée du plomb bien établie par nos documents anatomiques et cliniques et l’action isolée de l’alcool. 11 nous a paru incontestable que ces deux intoxications peuvent agir isolément, se traduire par des symptômes différents et produire des lésions diverses. C’est également l’avis de M. le professeur Dieulafoy, qui lutte avec tant de vigueur contre les accidents sali faut donc considérer le plomb comme un poison et prendre industriellement toutes les précautions possibles ponr soustraire les ouvriers à son action funeste.

' Il est certain d’autre part que le terrain alcoolique constitue, pour le développement des accidents saturnins, une prédisposition favorable. Nos observations et nos expériences établissent que les accidents saturnins sont plus

vaut mieux, dit M. le professeur Armand GauUer. ouvnr une usine de céruse qu’un cabaret. » Sans être aussi affirmatifs, nous pensons que les industries du plomb ont besoin de s'entourer de multiples précautions, que les ouvriers qui manient ce métal ou ses sels doivent eux-mêmes se soumettre à des règles hygiéniques sévères et que les accidents saturnins seraient très diminués si l’alcoolisme dimi-

Tous les hygiénistes sont d’accord sur l’influence de

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