‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 2 sur 6 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

Les travaux de l’auteur se sont tout particulièrement concentrés, dans ces derniers temps, sur l’étude anatomique, physiologique et pathologique du système nerveux cérébro-spinal.

Ses travaux, ainsi que les idées qu’il a émises; se trouvent exposés dans une série d’ouvrages spéciaux, dont les deux premiers, qui ont déjà plusieurs années de date, ont été honorés, chacun isolément, d’un prix décerné par l’Académie des sciences. Ces deux premiers ouvrages ont pour titres :

1° Recherches sur te système nerveux cérébro-spinal. (Anatomie^

physiologie, pathologie, 1865. J.-B. Baillière.)

2° Iconographie photographique ttes centres nerveux , 1872. J.-B.

Baillière.

Dans ces derniers temps, l’auteur a publié deux ouvrages originaux qui sont tous les suites et la confirmation de ses premiers travaux. Ils sont intitulés :

3° Etes ttctions réflexes cérébrales. Vol. d’environ 200 p. J.-B. Baillière. 4° Structure et fonctions du cerveau. Volume d’environ 300 pages. (Bibliothèque scientifique internationale.)

Ces divers travaux sont successivement analysés plus loin.

1° Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal.

Paris, 4 865, in-8° de 600 p., accompagné d’un atlas in-8°, de 40 planch. J.-B. Baillière.

(Ouvrage couronné par l’Académie des sciences. (Prix de médecine et de chirurgie, année 1865.

Honoré d’une souscription du Ministère de l’instruction publique.)

Dans ce premier travail, dont la publication remonte à 1865, l’auteur a cherché, à l’aide d’une nombreuse série de dessins faits d’après nature, à donner une description synthétique des différents appareils dont l’ensemble constitue le système nerveux central.

Ainsi, il a fourni le premier, et bien avant certains auteurs allemands fort cités actuellement, une description d’ensemble de l’agencement des fibres cérébrales, — des divers noyaux alors à peu près inconnus des couches optiques,—des différents départements du corps strié — et montré quelles connexions le cervelet, à l’aide de ses pédoncules, contractait avec les.différents segments de l’axe spinal.

Ce travail a été apprécié ainsi qu’il suit par M. le professeur Longet, dans son rapport général à l’Institut sur les prix de médecine et de chirurgie :

Cet ouvrage, qui est accompagné d’un atlas de 40 planches, toutes originales, et dessinées par l’auteur sur des pièces préparées par lui-même, forme dans son ensemble un tout parfaitement coordonné. La constitution intime de la substance blanche et de la substance grise nerveuse, les connexions des diverses parties de l’axe cérébro-spinal entre elles, le rôle que ces parties remplissent, les altérations anatomiques et fonctionnelles qu’elles peuvent subir, y sont successivement étudiés avec un soin et une sagacité auxquels reviennent de légitimes éloges. Les recherches de M. Luys sur le système nerveux se composent donc de trois parties: une partie anatomique, une partie physiologique et une partie pathologique. Les deux premières ayant déjà été l'objet d’une récompense décernée par l’Académie, la Commission actuelle a eu à s’occuper seulement de la partie pathologique, qui est comme la suite naturelle des deux autres. Après avoir étudié d’une manière générale et parfois sous un jour nouveau les différentes altérations des éléments nerveux, tubes et cellules, les congestions, les inflammations, les indurations, les dégénérescences diverses, tuberculeuses, syphilitiques, cancéreuses, M. Luys s’est appliqué à spécifier, à l’aide des manifestations symptomatiques, le rôle de ohacun des départements de l’axe cérébro-spinal. C’est ainsi, par exemple, qu’il a - réuni un certain nombre de faits cliniques, qui tendent à établir :

Que la couche optique agissant dans la transmission des différentes impressions sen-

sorielles, sa destruction totale ou partielle entraîne la destruction totale ou partielle de ces mêmes impressions;

Que la substance grise du corps strié étant exclusivement en connexion avec les fibres motrices de l’axe spinal, les lésions de ce corps strié sont exclusivement caractérisées par des troubles de la motricité volontaire ;

Que la substance grise des circonvolutions cérébrales étant le dernier terme où aboutissent les impressions extérieures, l’altération progressive de ses éléments nerveux entraîne l’affaiblissement proportionnel des facultés de l’intelligence ;

Que le cervelet étant exclusivement relié aux régions motrices de l’axe spinal, ses lésions générales ou partielles déterminent des désordres locomoteurs en rapport avec de pareilles connexions. ..

M. Luys s’est souvent servi de ces faits anatomiques et physiologiques comme d’arguments souvent puissants pour infirmer ou confirmer les opinions des pathologistes sur la valeur des différents troubles de l’action nerveuse. Puis un grand nombre d’observations disséminées et comme perdues dans les auteurs se trouvent rassemblées et analysées dans son ouvrage, avec une rigueur qu’il serait à désirer qu’on trouvât plus souvent dans les ouvrages de pathologie en général, et dans ceux qui traitent des maladies du système nerveux en particulier.;.

La Commission se plaît à déclarer que la plupart des opinions nouvelles émises par M. Luys fui ont paru porter l’empreinte de la vérité; que ses opinions s’appuient sur un grand nombre d’observations cliniques, et sagement interprétées. Elle se plaît aussi à reconnaître que les recherches dont il s’agit pourront être utiles à l’art de guérir, en contribuant à donner une précision plus grande au diagnostic des maladies du système nerveux central, et, en conséquence, elle propose de décerner à M. Luys un prix de 2500 francs pour la partie pathologique de son ouvrage.

2 P Iconographie photographique des centres nerveux.

Ouvrage composé de 70 planches photographiques avec schémas explicatifs, accompagné d’un volume de texte (1873). J.-B. Baillière.

(Ouvrage couronné par l’Académie des sciences (prix de médecine et de chirurgie, 1874), et honoré d’une souscription du Ministère de l’instruction publique.)

Dans ce travail, qui est la confirmation des recherches personnelles précédentes, l’auteur s’est efforcé de donner une représentation iconographique aussi exacte que possible des différentes régions du système nerveux et, en prenant la photographie comme un moyen enregistreur, de tracer une topographie des centres nerveux avec upe

fidélité d’expression d’autant plus authentique qu’elle est moins personnelle et livrée entièrement à la coopération automatique de la lumière.

Ce travail comprend soit dans le sens vertical, soit dans'le sens horizontal, des coupes de la moelle, du bulbe rachidien, du cerveau, soit de grandeur naturelle, soit avec une amplification de 8 à 15 diamètres.

M. le professeur Sédillot, membre de l’Institut, rapporteur de la commission des prix de médecine et de chirurgie, formule en ces termes son jugement sur le travail de l’auteur :

M. le docteur Luys est l’auteur d’une Iconographie photographique des centres nerveux destinée à continuer et à confirmer Ses recherches, publiées en 1865, sur l’organisation et la structure du système cérébro-spinal.

L’encéphale et l’axe spinal devaient être ramenés aux conditions de précision et d’harmonie de tous les 1 appareils organiques.

M. le docteur Luys est parvenu à rendre distincts et incontestables les détails anatomiques qu’il avait précédemment découverts et signalés. Des coupes de toute l’épaisseur du cerveau, de 1 millimètre au plus d’épaisseur, et offrant un degré de dureté et de coloration naturelle propres à la confection des clichés photographiques, lui ont fourni, par des procédés de son invention, des modèles presque irréprochables de délicatesse et de netteté. Les grossissements ont été de 8 à 10 jusqu’à 300 diamètres, mesurés directement, et M. Luys a pu démontrer ainsi la répartition des fibres blanches cérébrales en deux groupes : l’un, d’union de la périphérie corticale aux centres cérébraux (couche optique et corps strié); l’autre, commissurale, reliait les régions homologues des hémisphères (corps calleux).

La description de la couche optique et des noyaux indépendants, dont elle se compose, et celle du centre médian, sont des œuvres originales et importantes.

Le corps strié reçoit des circonvolutions cérébrales des fibres spiroïdes spéciales ; d’autres, nées de l’axe spinal, et enfin, des prolongements cérébelleux qui viennent s’y distribuer au dernier terme de leur long parcours. La continuité des fibres nerveuses a été représentée en faisceaux, quand elle ne pouvait être poursuivie isolément ; et la répartition de la substance grise en vaste surface périphérique ou en ganglions, en rapport avec tout un système de fibres médullaires divergentes ou convergentes, centralisées dans les couches optiques, ouvrent de vastes perspectives aux découvertes de l’avenir.

Une méthode capable de conduire à des dispositions de structure faciles à constater, et promettant à l’anatomie et à la physiologie de nouvelles voies d’investigation, déjà, en quelques points, devancées ou confirmées par la pathologie, a mérité la vive approbation de la Commission, qui a placé M. Luys sur la liste de ses prix.

3° Mémoire sur la structure du cervelet et des appareils de Vinnervation cérébelleuse.

(Journal de l'anatomie et de la physiologie de l'homme et des animaux de Ch. Kohin.

Dans ce travail, qui est le résumé des recherches personnelles de l’auteur sur la structure du cervelet et desappareils qui en dépendent, il a cherché à établir:

Que le cervelet, centre spécial d’innervation, à l’aide de ses pé^ doncules supérieurs, moyens et inférieurs , formait un tout, un système indépendant, bien nettement isolé dans l’ensemble des éléments nerveux ; — que les fibres pédonculaires entraient en connexion avec les differentes régions de la moelle allongée; — qu’elles se terminaient toutes en formant des plexus de substance grise disséminée dans les interstices des fibres spinales ascendantes, et constituaient çà et là dans la moelle allongée des dépôts isolés (corps olivaires, substance grise de la protubérance, locus niger de Sœmmering, noyaux rouges de Stilling) qui représentent la sphère terminale de dissémination de l’innervation irradiée du cervelet.

Cette façon nouvelle d’envisager la valeur anatomique et physio-r logique du cervelet et des appareils d’innervation qui lui sont annexés, est appuyée par une série d’observations cliniques extraites ries differents auteurs, et venant ainsi fournir un appui irréfutable à la théorie de l’auteur sur le rôle du cervelet dans les actes de la motricité.

li° Recherches sur la structure de la substance corticale du cerveau.

(Les détails de ce travail sont exposés, d’une part, dans un article sur la structure du cerveau, qui a paru dans la Revue scientifique, 1875, et, d’autre part, au point de vue photographique, dans le numéro d’octobre 1873, des Archives de physiologie.)

L’auteur insiste sur les dispositions des cellules nerveuses disposées

en zones stratifiées les unes au-dessus des autres; sur leurs anastomoses dausle sens transversal, leur orientation, leurs formes similaires, leur volume varié, etc., et, enfin sur leurs rapports avec la névroglie. Il insiste à ce sujet sur la disposition spéciale que présente la névroglie â la surface des circonvolutions cérébrales.

5° Structure de la cellule nerveuse.

Dans des recherches encore inédites et qui cependant sont déjà signalées dans le travail précédent, l’auteur est arrivé à montrer, à l’aide de sa méthode d’investigation photographique, que le protoplasma des cellules nerveuses, tant dans la moelle que dans le cerveau, n’est pas une substance homogène, et qu’au contraire, la masse de la cellule est constituée par un tissu aréolaire, spongieux, au sein duquel les ramescences nerveuses vont se perdre, et que le noyau de la cellule ne paraît lui-même être qu’un épaississement de ce tissu aréolaire.

6° Note relative à l'existence des corps olivâtres dans le bulbe rachidien des vertébrés supérieurs.

(Comptes rendus de la Société de Biologie, 1859.)

L’auteur montre à la Société une série de pièces anatomiques, des bulbes rachidiens du bœuf, du cheval, du mouton, de l'examen desquels il résulte que les corps olivaires, mis en doute par certains auteurs, existent réellement chez les animaux, mais à l’état rudimentaire, sous forme d’une ligne jaunâtre sinueuse disposée en zigzag. C’est chez l’homme que les corps olivaires offrent leur développement maximum.

7° Leçons sur la structure et les maladies du système nerveux.

(Leçons faites à la Salpêtrière et recueillies par M. Dave, interne du service (1874). Publication du Mouvement médical, in-8°, avec planches photographiques.)

Ces leçons, qui contiennent les recherches les plus récentes de l’auteur sur la structure du cerveau, renferment en même temps une série de faits relatifs soit à l’anatomie pathologique générale du système nerveux, soit à l’étude des différentes formes symptomatiques appartenant en propre aux lésions des différentes régions centrales intéressées.

Cette publication est accompagnée d’une série découpés du cerveau faites d’après nature, à l’aide de la photographie, et reproduites par les procédés photoglyptiques de Lemercier. C’est, dans cet ordre de reproduction, un des premiers spécimens les mieux réussis.

Page 1