VARIA
28° Études d histologie pathologique sur le mode d'apparition et l'évolution des tubercules dans le tissu pulmonaire.
(Thèse pour le doctorat, 1857.)
A l’époque où l’auteur fit imprimer ce travail sur le mode d’apparition des tubercules dans le tissu pulmonaire, l’anatomie pathologique des tubercules était restée au point où l’avaient portée les travaux de Laennec et de Louis. C’était une période de transition, l’histologie normale naissait à peine, et l’histologie pathologique était à plus forte raison environnée d’obscurité profonde; c’était le moment où régnait en plein la doctrine qui consistait à considérer les tubercules comme des corps étrangers implantés dans l’organisme, comme des tissus hétéromorphes n’ayant aucune connexion avec les lois de la biologie générale.
Le travail de l’auteur a été, pour l’époque où il parut, une première tentative de réaction contre ces tendances. Il eut pour but de prouver que les produits pathologiques, sous quelque forme qu’ils apparaissent, soit sous forme de granulations grises ou de tubercules crus, n’étaient que des phases diverses d’un seul et même processus accompli suivant les procédés réguliers de l’organisme, et que, sous le point de vue de leur évolution, les dépôts tuberculeux dérivaient des phénomènes de la vie générale.
Après avoir, dans la partie historique de son travail, esquissé les principaux travaux des auteurs qui font précédé sur ce terrain, il commence par faire une étude histologique complète du tissu pulmonaire à l’état sain, et, une fois cette base d’opération assurée, se met à rechercher en quoi un fragment de poumon infiltré de matière tuberculeuse diffère d’un fragment de tissu normal.
Il arrive ainsi à reconnaître que les granulations grises et les tubercules jaunes sont les phases successives d’un même exsudât primordial, —que les exsudations tuberculeuses sont douées d’une certaine plasticité,—que cette plasticité s’accuse dans les régions périphériques de l’exsudation par la production d’un tissu fibroïde néoplasique qui constitue çà et là des tractus et des coques fibreuses des parois rigides des cavernules, et—qu’inversementle ramollissement des tubercules n’est que le résultat fatal de l’inaptitude qu’ont les portions centrales de l’exsudât à s’organiser en noyaux et en cellules et à se condenser en tissu fibroïde.
29° Contribution à l'étude de l'évolution de la matière tuberculeuse dans le tissu pulmonaire et celle de la formation des cavernes.
(Bulletins delà Société anatomique , 1861.)
Dans une série de communications faites à la Société anatomique, avec lin grand nombre de pièces pathologiques à l’appui, l’auteur complète la démonstration de ses précédentes recherches sur le mode de propagation des tubercules dans la trame pulmonaire, et montre ainsi quel rôle considérable jouent les tissus fibroïdes de nouvelle formation (les brides fibreuses néoplasiques qui se développent le long de la gaîne des capillaires par épaississement de leurs parois propres), dans les phénomènes de la mortification rapide du parenchyme pulmonaire, et dans ceux de la formation hâtive de certaines cavernes qui se creusent quelquefois à si bref délai au milieu de la trame des poumons.
30° Note sur un cas de gangrène -pulmonaire avec rejet par expectoration d'un fragment de tissu mortifié.
('Comptes rendus de la Société de Biologie, 1857.)
Présentation d’un fragment de tissu pulmonaire rendu par expectoration par un malade guéri. L’examen histologique fait constater qu’il s’agit bien d’un fragment de tissu pulmonaire rendu avec les crachats, et se présentant sous forme d’une lanière grisâtre d’environ 6 à 7 centimètres de long avec différentes ramescences latérales le long de sa continuité.
31° Recherches sur l'état du poumon dans la dilatation des bronches.
(.Bulletins de la Société anatomique, 1861.)
L’auteur présente une série de préparations histologiques du tissu pulmonaire relatives à différentes formes de la dilatation des bronches. — 11 montre ainsi que ces dilatations sont la plupart du temps passives, qu’elles sont consécutives à des hypergenèses du tissu fibreux dans les trames du poumon, et que le processus de cette hypergenèse du tissu fibreux est tout à fait comparable à celui de la cirrhose pour le tissu hépatique. Il montre encore, avec des pièces à l’appui, que les bronches dans leurs ramifications sont toujours plus ou moins hypérémiées, et que la muqueuse est couverte de villosités très-serrées.
32° Description d’un foie cireux.
{Comptes rendus de la Société de Biologie, 1859.)
L’auteur montre sur une série de pièces et de dessins les caractères
histologiques et microchimiques de la pièce présentée, et signale les transformations survenues dans la constitution normale du tissu intéressé.
33° Contributions à T étude histologique de la cirrhose du foie.
(Bulletins delà Société anatomique, 1861.)
Dans une série de communications relatives au mode d’évolution du tissu fibreux dans le parenchyme du foie, l’auteur montre que le processus scléreux qui se développe dans la cirrhose hépatique se comporte de differentes manières.—Tantôt, le tissu de nouvelle formation se développe d’emblée dans les interstices des cellules hépatiques, et les cercles d’un encadrement rigide qui neutralise ainsi leurs propriétés dynamiques, — tantôt le tissu morbide se-développe irrégulièrement à travers le parenchyme hépatique et forme des travées primaires subdivisées en travées secondaires et tertiaires. — Celles-ci circonscrivent des lobules plus ou moins volumineux sous forme d’îlots indépendants. De là ces apparences irrégulièrement mamelonnés qui donnent à la surface du foie l’aspect chagriné qui caractérise si particulièrement certaines formes de cirrhose.
oh" Recherches sur l'histologie de la rate dans la leucocythêmie.
(Comptes rendus de la Société de Biologie, 1859.)
L’auteur montre dans ce travail que le tissu de la rate présente des modifications fondamentales dans la leucocythêmie. Ces modifications sont surtout caractérisées par un développement considérable de volume dès glomérules de Malpighi et par une décoloration complète du tissu de ces mêmes glomérules. Ils sont tous d’un blanc blafard; et. delà réunion d’un plus ou moins grand nombre d’entre
eux, en îlots irréguliers et indépendants, résultent les marbrures blanchâtres que présentent les coupes du tissu splénique altéré.
35° Résumés statistiques et études dhistolooie pathologique sur le cancer de l'utérus.
En commun avec Becquerel.
(In Becquerel, Traité des maladies de l’utérus, 1859.)
L’auteur a inséré dans ce travail le résumé de vingt-six cas de cancer de l’utérus, suivis d’autopsies, qu’il a eu l’occasion d’observer pendant son internat à la Salpêtrière.
Il ressort de la comparaison des faits signalés par l’auteur, des détails importants relatifs à l’étude clinique du cancer de l’utérus. Ainsi, les questions qui touchent — soit à l’influence de l’hérédité, — soit à la fixation de l’époque à laquelle la lésion se développe de préférence, — soitàla durée totale de la maladie, — soit enfin à la fréquence de la généralisation des produits cancéreux, sont successivement signalées.
Ce travail est accompagné de dessins originaux formant quatre planches de l’atlas, et dans lesquels l’auteur a consigné les principaux caractères histologiques les plus saillants des tissus cancéreux qui lui ont passé sous les yeux.
36° Description d’un kyste pileux de l'ovaire.
('Comptes rendus de la Société de Biologie, 1855.)
L’auteur rend compte d’un kyste ovarique du volume d’une tête de fœtus à terme et contenantà son intérieur, sous une enveloppe fibrense, une masse considérable de cheveux formant une masse dense et compacte.
37° Cas de déchirure de la valvule tricuspide.
(Comptes rendus de la Société de Riologie, 1855.)
Présentation d’une pièce recueillie chez une femme âgée. Elle consiste dans une communication anormale de l’oreillette droite et du ventricule droit, par une ouverture située au point d’insertion de la valvule tricuspide.
Cette présentation lire son intérêt de ces deux circonstances :
La lésion résulte d’une violence traumatique ayant intéressé la paroi antérieure du thorax (il s’agit d’une roue de voiture légère qui, à un moment donné, avait passé sur le corps de la malade). D’une autre part, il est curieux de noter que la malade a pu encore vivre pendant plusieurs années avec une déchirure de la valvule tricuspide, sans éprouver des symptômes bien accusés.
38° Cas de persistance du canal artériel chez une femme âgée.
(Comptes rendus de la Société de Biologie, 1855.)
Ce cas présente de l’intérêt, eu égard à l’âge de la malade, à l’absence de symptômes bien manifestes qu’elle a présentés pendant la vie. Il est à noter qu’exceptionnellement le cœur droit et l’artère pulmonaire, baignés par une portion de sang artériel, présentaient des taches athéromateuses.
39° Cas de transposition générale des viscères.
(Comptes rendus de la Société de Biologie, 1855.)
Ce cas appartient à une femme âgée. La transposition générale des viscères est complète, aussi bien pour ceux qui appartiennent à la
cavité thoracique que pour ceux qui appartiennent à la cavité abdominale.
h0° Mémoire sur l'utilité du microscope.
(Concours pour le prix de l’Académie de médecine, 1856. Honoré d’un encouragement.)
A la suite des discussions importantes qui eurent lieu à l’Académie de médecine sur l’anatomie pathologique du cancer et la valeur des signes fournis par l’étude histologique des tumeurs, l’Académie, pour provoquer de nouvelles études sur la question, résolut de mettre au concours la question suivante :
« Faire l’histoire des applications du microscope à l’étude de l’ana- » tomie pathologique, au diagnostic et au traitement des maladies; » signaler les services que cet instrument peut avoir rendus à la mé- >' decine; faire pressentir ceux qu’il peut encore rendre et prémunir » contre les erreurs auxquelles il pourrait entraîner. »
A cet appel, l’auteur répondit en envoyant au concours le fruit de ses recherches, et son travail, qui fut honoré d’un encouragement, fut apprécié ainsi qu’il suit par M. Depaul, chargé de faire le rapport des prix :
« Ce mémoire est divisé en deux parties : dans la première, l’auteur s’occupe de l’état normal des éléments histologiques entrant dans la composition histologique de chaque appareil organique; . dans la seconde il étudie leurs divers états morbides. Toutefois, avant d’entrer dans les détails, il formule quelques propositions générales auxquelles il dit avoir été conduit par des recherches qui lui sont propres. C’est ainsi que, pour lui, les tissus dits hétéromorphes ne sont que des arrêts de développement, des états transitoires ou de simples modifications imprimées à nos tissus normaux.
» Dans une série de chapitres fort intéressants, il étudie les diverses altérations pathologiques dont le microscope a révélé l’organisation intime. Je regrette de ne pouvoir le suivre dans les nombreuses descriptions qu’il donne! des lésions observées sur les différents appareils organiques qui, pour la plupart, reposent sur des recherches qui lui appartiennent et qui sont précédées par l’expoâë de l’état anatomique normal.
» J’appellerai seulement votre attention d’une manière toute particulière sur les descriptions qu'il donne de certainës altérations dé structuré du foie, des ganglions lymphatiques, des reins, de l’utérus, du tissu pulmonaire, etc., et sur le hel atlas composé de U planches in-folio qui terminent son travail.
» Ainsi que vous le disait le rapporteur de la Commission, ce mémoire est l’œuvre d’un micrographe habile qui a beaucoup cherché à voir par lui-même. Les questions
sur lesquelles les hommes spéciaux.soqt eu désaccord, plus, que jamais-y sont abordées franchement, et l’on doit savoir gré à Fauteur d’avoir cherché à les résoudre, non par des allégations, mais par des expériences nombreuses et délicates,
s Cependant, après avoir payé un juste tribut d’éloges à ce travail et avoir reconnu que son auteur avait bien rempli le cadre qu’il s’était tracé lui-même, nous avons dù regretter, qu’à notre point de vue, il eût laissé son œuvre incomplète en répondant d’une manière trop brève aux trois dernières questions du programme qui avait été imposé. Aussi avez-vous pensé, d’après l’avis de la commission, qu’il n’avait pas rempli toutes les conditions voulues. Toutefois, en tenant compte de la variété et de la valeur des recherches qui se trouvent contenues dans ce mémoire, et voulant encourager des efforts qui ne seront pas perdus pour l’étude micrographique médicale, vous avez décidé qu’une somme de 400 francs serait accordée à titre, d’encouragement à M. I,uys, élève interne des hôpitaux de Paris, qui en est l’auteur. »
61 ° Des maladies héréditaires .
(Thèse de Concours pour l’agrégation, 1863.)
Ce travail Comprend l’exposé des principaux problèmes que soulève la question des maladies héréditaires.
Après un aperçu historique, dans lequel l’auteur signale les différentes phases sous lesquelles cette question a été successivement envisagée à diverses époques, il passe à la symptomatologie des maladies héréditaires.
Puis viennent les maladies du système nerveux. Les questions qui touchent à l’hérédité, à l’évolution, aux différentes formes sons lesquelles ces maladies peuvent se présenter, sont envisagées séparément. L’étude des névroses spinales- et des névroses cérébrales est faite à l’aide de statistiques empruntées aux auteurs les plus compétents.
Un chapitre à part est réservé à certaines maladies qui peuvent aussi être héréditaires, telles que la diathèse calculeuse, le diabète, etc.
Après cet aperçu général sur la marche des maladies héréditaires, l’auteur aborbe ensuite dans divers chapitres les questions suivantes :
Comment peut-on comprendre la transmission des maladies héréditaires?
Les maladies héréditaires se transforment-elles en passant des ascendants aux descendants?
Y a-t-il des connexions entre la scrofule et la syphilis? entre l’épilepsie et faliénation mentale? entre l’alcoolisme et différentes névroses ?
L’étude de l’évolution des maladies héréditaires est ensuite abordée et envisagée séparément soit chez l’individu, soit dans la famille.
Des chapitres spéciaux sont réservés au diagnostic, au pronostic des maladies héréditaires, ainsi qu’aux considérations thérapeutiques qu’elles suscitent, tant au point de vue des unions matrimoniales que de l’hygiène.
Enfin, dans une dernière partie, l’auteur, empruntant à la médecine vétérinaire les différentes données scientifiques afférentes au sujet en question, a trouvé encore à l’appui de sa thèse une série de détails intéressants qui viennent une fois de plus déposer en faveur de l’immense avantage que la pathologie humaine peut tirer de la pathologie comparée.
Janvier 1876.