I. MALADIES DES GLANDES ENDOCRINES
Hypophyse.
i" SYNDROMES HYPOPHYSAIRES OU SYNDROMES TUBÉRIENS
En meltanl à l’ordre du jour de sa 3* réunion internationale la question des Syndromes Hypophysaires, la Société de Neurologie de Paris nous confia le Rapport qui avait trait à la partie clinique et thérapeutique (2Î7). La partie anatomique et physio-pathologique avait été confiée à J. Camus et Roussy, la partie chirurgicale à Harvey Cushing.
Avant d’indiquer quelle fut notre part dans l’œuvre de critique alors entreprise, nous croyons nécessaire de rappeler, pour plus de clarté, comment se posait la question.
L'hypophyse tenue, il y a 40 ans à peine, pour une simple formation rudimentaire, avait cooloppement sexuel, le mélaholisme des hydrates de carbone, la diurèse, en un mot : de puissant
Mais voici qu’à la suite d'expériences dues ii Camus et Roussy, Lœb, Aschser, Ehdheim, il était question de déposséder l’hypophyse des fonctions qui lui avaient été attribuées. Ne rattachait-on pas aux centres nerveux de la base du cerveau la plupart des syndromes hypophysaires qui n’étaient plus, dès lors, que syndromes tubériens ?
Sans méconnaître le grand intérêt de ces expériences, nous avons été amenés dans notre rapport, par l'étude attentive des pièces du procès, à émettre des conclusions beaucoup plus réservées. Ne se hâtait-on pas un peu trop de sonner le glas de l’hypophyse ?
Sans doute, il ne fallait pas continuer à verser au procès comme pièces à conviction tout ce qui
laits plus d'arguments de démonstration que d'éléments de conviction.
Ce n’est pas qu’il n'existàt de remarquables études d’ensemble, telles que celles de BlEDU, de Fauta, de Pende', de Sternbero, mais on avait trop tenté de suppléer, par raisonnement et supposition, à l'insuffisante netteté des données cliniques et expérimentales. Il en résultait
servatlon, considérée ici comme pièce à conviction, était regardée là comme entachée de grosses
a) Tests biologiques.
Pour ce qui concerne l’élude clinique des hypotensions consécutives à l'injection d’extrait délipoîdé de lobe postérieur, nous avons fait avec J. BAnniER les réserves sui-
Une variation hypolensive n’a de signilication que si elle est nellemenl intérieure à la tension systolique résiduelle, obtenue après compression prolongée et mensuration en série. Or, au cours d’une épreuve à blanc (comportant la prise de la pression de 5 en 5 minutes pendant l’heure qui suit la pose du brassard, après simple injection de 2 cc. de sérum artificiel), nous avons relevé des variations hypotensives tout aussi importantes qu’après injection d’extrait hypophysaire (PI. XXXI).
b) Acromégalie.
Tout cas d’acromégalie partielle doit être tenu pour douteux ou suspect et tout eas d’acromégalie unilatérale pour inexact.
Si l’on élimine les cas douteux, les cas frustes et les observations incomplètes, il aPP*'
adiposo-génüal el le diabète insipide peuvent, au contraire, ■hypophysaires cl exlra-sellaires, voire même de tumeurs siège e nombre d’autres lésions. Comment taire, en pareil cas, la pari cnnes, de ce qui a pu revenir à la lésion de l’hypophyse (lût-i
Résistant au courant qui prétendait, sans plus de forme, déposséder l'hypophyse au profit du luber cinerum, nous avions demandé avec insistance dans notre Rapport et au cours de la discussion qui l’a suivi (238-219) un supplément d’cnquéte. Nous refusant à préjuger de la solution du plus complexe des problèmes, nous avions pensé qu’il était plus scientifique de nous borner à en bien préciser les données.
Voici déjà que de nouveiles recherches sont venues justifier nos réserves.
F. Bbemer, dans une note critique très documentée sur la physiologie de l'hypophyse {Bulletin de la Soc. Royale des Sciences Médicales ci Nalurelies de Bfuxelles, 2 juillet 1923), écrit : k Le rôle
de l'hypophyse (sécrétion du lobe antérieur) dans la croissance peut être considéré comine prouvé
par ces réflexions suggestives: « Il y a sans doute une raison protonde i la juxtaposition de l'hypophyse, glande régulatrice de la croissance et des centres nerveux qui contrôlent le métabolisme.
Bien mieux, voici qu'au XVIII» Congrès français de Médecine à Nancy (16-19 juillet 1925) les recherches histologiques de R. Coluns réhabilitent physiologiquement l'hypophyse et nous expli-
qu'une partie de la substance colloïde secrétée dans les pseudo-acini du lobe antérieur parvient par le lobe postérieur et la tige pituitaire jusqu'au tuber cinereum, au contact même des cellules nerveuses dos noyaux de la région. Le mécanisme nerveux présidant aux échanges d'eau et au métabolisme des hydrates de carbone no serait-il pas mis en branle à l'état norniol par la colloïde hypophysaire ?