B) LES RÉFLEXES DE DÉFENSE ET LEUR IRRADIATION
Le type d’irradiation le plus habituel et, pourrait-on dire, le plus banal, l'irradiation transversale, était le seul qui, en clinique, avait jusqu’ici retenu l’attention. L’irradiation longitudinale bien étudiée par les physiologistes n’y avait été qu’incidemment notée.
Dans une étude faite en collaboration avec M. Bernheim (6), basée sur 17 observations dont 9 personnelles et inédites que l’on retrouvera dans la thèse de notre élève Yelitch, les caractères et la signification de l'irradialion longitudinale et de l'irradiation généralisée des réflexes de défense ont été précisés.
C’est dans le cas d’hémorragie méningée et surtout d’hémorragie cérébrale avec inondation ventriculaire que ces irradiations à distance sont le plus marqué. Le membre supérieur vers lequel irradient et convergent toutes les excitations correspond au côté le plus atteint (PI. II, fig. 8 et 9). On peut encore observer la généralisation des réflexes de défense dans les lésions cérébrales bilateralc.s, ainsi que dans certains cas de granulic méningée, d'encéphalite, de tumeur cérébrale.
C) CARACTÈRES MYOGRAPHIQUES DI L’élude myographique du réflexe de défense che
Dans le flexion rejlex, de même que dans le crossed extension reflex, pied et rotule sont immobilisés par la conlraclion simultanée des groupes musculaires opposés : ils sont, pourrail-on dire, bloqués.
Le réflexe de défense n'a pas les caractères myograpkiques du mouvement coordonné. Tous nos tracés n'ont-ils pas montré que le réflexe de défense comporte, au contraire, la contraction simultanée parallèle et proportionnelle des muscles opposants dits antagonistes. Il s’accompagne souvent encore de contractions diffuses atteignant les membres supérieurs, la vessie, Tinlestiri, les muscles du tronc et de l’abdomen, le sterno-cléido-mastoïdien.
Tout ce qu’on peut dire, si Ton tient compte de toutes ces particularités, c’est que les réflexes de défense expriment la mise en jeu simultanée, désordonnée et, pourrait-on dire, chaotique d'une série de mécanismes élémentaires, mise en jeu qui répond à l’activité de la moelle non seulement libérée mais sans doute encore excitée.
Cette activité médullaire que Ton retrouve dans toute la série animale perd de plus en plus de son indépendance au fur et à mesure que Ton s’élève dans cette série. Elle est beaucoup mieux réglée, beaucoup plus intelligente chez la grenouille, qui alors même qu’elle est décapitée peut encore se frotter, se gratter, sauter et nager. Chez le chien et le chat décapités, on retrouve encore un automatisme qui rappelle de très près celui de la marche (stepping reflex). Chez l’homme, il n’y a plus que des restes d’activité assez informes qui, livrés à eux-mêmes, sans être groupés, disciplinés et, en quelque sorte, encadrés par les centres supérieurs, n’ont plus de signification bien précise.
C) Ré.tlexes tendineux.