I. — THÉRAPEUTIQUE PHYSIOLOGIQUE
Mes travaux dans cet ordre d’idées ont été accomplis avec la collaboration de M. Marcel Labbé et ont porté sur le rôle général de l'iode dans l'organisme.
L’iode fait partie intégrante des tissus animaux : on sait qu’il a pu être retrouvé dans le sang à l’état normal et que sa présence dans les leucocytes a été démontrée.
Les globules blancs sont les agents chargés de la répartition de l’iode dans l’économie, et, comme nous avons pu le constater dans nos expériences, ces mêmes éléments cellulaires jouent un rôle important dans l’assimilation des substances qu’ils s’incorporent.
THÉRAPEÜTIOUE PHYSTOLOGIQUE II
Nous ne parlons-làquede son rôle surlelissü lymphoïde et siir les séreuses ; intenlionnellemeiU, ne l'envisageant que comme agent « d’irrilaÜon substitutive », ainsi que le considéraient les anciens cliniciens, laissant de côté et son action antiseptique, rôle qui le fait employer avec succès dans la pustule maligne, et son action antitoxique remarquable dans la diphtérie, le tétanos.
Or, si la physiologie apporte de précieux et nombreux faits positifs touchant l'action physiologique de l’iode et des iodures, d'une façon générale, sur la respiration, la circulation, les sécrétions, ainsi qu’il ressort du remarquable ouvrage du professeur Pouchel
3CIENT1FIQUES
Ces différents travaux ont fait l'objet de ma thèse inauguraie : VIode et les Moyens de défense de l'organisme.
Depuis cette époque, j’ai complété ces recherches par des travaux effectués dans le laboratoire de M. le professeur Landouzy avec M. Henri Labbé.
Ceux-ci ont porté sur la toxicité comparée des différents composés iodés et sur le coefficient d'accumulation de l’iode après injection sous-cutanée des composés iodés.
Absorption de l’iode par les leucocytes.
Avec M. Marcel Labbé, j’ai étudié le rôle des leucocytes dans l'absorption et l’assimilation de l'iode introduit dans l’organisme.
Par des injections intra-péritonéales ou sous-cutanées de solutions iodo-iodurées et de solutions iodées à diver.s animaux, nous avons pu constater que les leucocytes se chargeaient de l’absorption
Aussitôt après l’injection dans le péritoine de liqueur de Gram ou d’iode en solution dans l’huile de vaseline, on peut reconnaître que certains leucocytes ont pris l'iode, qui forme un croissant jaune à la périphérie de leur protoplasma. Bientôt cette coloration disparaît ; dans le point correspondant au croissant, se montre une formation, jaune rocheuse indiquant la modification de l’iode àTinlérieur du leucocyte.
On peut déceler l'iode à l'intérieur du leucocyte par des réactions chimiques ; avec une solution saturée de sublimé, on obtient un précipité brun dans le leucocyte; si celui-ci ne contient que de l’iode ; un mélange de précipité rouge brillant et rouge brun si le leucocyte a absorbé une solution iodo-iodurée. Ces réactions ne peuvent plus être produites après un certain temps, ce qui semble indiquer une transformation plus complète et une assimilation de l'iode parle protoplasma leucocytaire.
Avec l’empois d'amidon, la réaction est encore plus passagère et disparaît beaucoup plus rapidement. Ces expériences démontrent, comme celles de Besredka pour l’arsenic, de Montelpourle calo-
cléaii-es. A celle période fait suite une phase d'hyperleucocytose avec mononucléose, durant cinq heures environ. Puis, de nouveau la formule leucocytaire se modifie, pour donner de l’hyperleucocytose avec polynucléose durant six heures. Enfin apparaît une hyperleucocytose avec mononucléose très intense, qui dure plus do soixante-dix heures, à la suite de laquelle la formule revient progressivement à la normale.
cléose s'établit définitivement. Le taux des grands mononucléaires présente un certain intérêt. Absents chez le cobaye avant l’injection, ils ont apparu au moment de la mononucléose et ont persisté en assez grand nombre pendant toute la réaction ; à la fin de celle-ci, ils présentent encore un pourcentage élevé, u p. loo.
depuis trois mois et demi, nous a montré des réactions similaires, aboutissant ^toujours à une hyperleucocytose avec mononu-
Les injections de préparations iodées déterminent donc une réaction sanguine, caractérisée essentiellement par une hyperleucocytoseavec mononucléose. La mononucléose n’est traversée que par une phase passagère de polynucléose. L’équilibre leucocytaire est lentà se rétablir, et pendant un certain temps il persiste une légère mononucléose.
Réaction des séreuses consécutive à des injections iodées.
Nous avons constaté expérimentalement avec M. Marcel Labbé que l’injection de préparation iodée (solution iodo-iodurée de Gram
A l’état normal, d’après MM. Nobécourt et Bigart, la sérosité péritonéale du cobaye contient des lymphocytes et des mononucléaires et, en outre, une proportion extrêmement variable d’éosi-
' que la réaction
L’injection, dans le péritoine des cobayes, d'un quart à i demi centimètre cube de cette préparation réalise des intoxications suraiguës et aiguës mortelles.
Dans les cas A'intoxication suraigue, on constate, à l’autopsie du cobaye, un exsudât péritonéal et hémorragique et une congestion de tous les organes, en particulier de l’intestin et du cerveau.
de lésions nécrotiques ; iis sont riches en cellules. Les veines et les vaisseaux lymphatiques efférents sont bourrés de lymphocytes.
confondus avec la nappe réticulée diffuse. Les éosinophiles sont très abondants ; il n’y a pas de polynucléaires.
La rate est aussi en activité ; elle est riche en celluies. Les corpuscules de Malpighi sont volumineux et bien dessinés ; leurs
philes sont assez abondants ; la congestion est intense, il y a des hémorragies, une destruction de globules rouges, et les macrophages contiennent du pigment ocre.
Les intoxications subaiguës produisent des effets anaiogues.
Les organes lymphoïdes restent en activité et sont congestionnés. Ainsi un cobaye de Syo grammes reçoit dans le péritoine i demicentimètre cube d’une solution iodo-iodurée au i/ioo, à trois reprises pendant vingt jours ; au bout de ce temps, l’injection intrapéritonéale de i centimètre cube de la solution au i/3o le tue
A l’autopsie, on trouve tous les organes congestionnés et un gros corps thyroïde. Les ganglions sont très riches en cellules ; les follicules y sont peu dessinés et possèdent de petits centres germinatifs ; les sinus sont remplis par des lymphocytes et par des cellules fixes proliférées ; les vaisseaux sont congestionnés, et par places, il y a du sang épanché en abondance dans les sinus. Dans ces cas encore, on ne trouve pas de polynucléaires neutrophiles dans les ganglions.
nous sommes servis d’une solution d’iode mëtalioïdique dans
\Jintoxication suraiguë, par injection intrapéritonéale à un
détermine la mort au bout de douze heures. Elle laisse les organes lymphoïdes en activité et ne produit pas de nécrose.
La rate est très congestionnée ; il y a même des hémorragies dans son tissu. Les sinus de la pulpe contiennent des globules
crophages. La réaction des cellules fixes est très marquée. Les éosinophiles ont disparu. Les corpuscules de Malpighi et les cordons de la pulpe se dessinent nettement.
Vintoxication subaiguë provoque une hyperactivité du tissu lymphoïde, ainsi que le prouve l’expérience suivante.
Un cobaye de 490 grammes reçoit en quatre fois, durant l’espace de huit jours, un total de 3 centimètres cubes de teinture d’iode à 1 p. 10. Au bout de ce temps, l’injection de 3/4 de centimètre cube de la même solution iodée le tue en trois heures.
A l’autopsie, on trouve de la péritonite. Les ganglions, la rate, le foie, le corps thyroïde, les capsules surrénales, le cerveau sont
Les ganglions sont riches en cellules et congestionnés; leurs follicules sont bien dessinés, mais ne contiennent pas de centres germinatifs. Les sinus présentent une irritation assez marquée des cellules fixes et sont remplis de lymphocytes; il n’y a pas d’éosinophiles ni de leucocytes polynucléaires. La rate présente des corpuscules bien dessinés avec de petits centres germinatifs. Ses cordons folliculaires sont riches en lymphocytes et en cellules
sang et des cellules endothéliales tuméfiées.