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II. - LES SCIATIQUES RADICULAIRES

Orienté par mes recherches sur les anesthésies radiculaires, j’ai appliqué avec M. G. Sabaréanu cette méthode d'exploration clinique aux sciatiques qui se présentaient à nous dans le service de M. le professeur Landouzy; nous avons pu alors rencontrer un certain nombre de malades présentant tous les signes de la sciatique ordinaire, mais chez lesquels la topographie des troubles de la sensibilité affectait une distribution nettement radiculaire. En voici quelques schémas :

Si l’on compare les schémas que nous rapportons aux schémas classiques de Kocher et de Thorburn qui se complètent les uns les autres, nous voyons en effet que la disposition des troubles de la sensibilité dans nos observations est réellement radiculaire. Disons toutefois que ces schémas, bien qu’admis par la majorité des auteurs, ne doivent pas être considérés, pour les membres inférieurs tout au moins, comme définitifs. C’est ainsi que certains auteurs, avec Allan Star, Head, etc., interprètent indifféremment la disposition de certaines racines, notamment pour les lombaires, et quelques-uns de nos schémas viendraient confirmer cette manière de voir.

Voici le résumé de quelques-unes de nos observations à ce point de vue. Notre première observation montre que l’anesthésie répond

membre inférieur. Or les régions internes sont intégralement respectées chez notre malade.

Donc nous ne pouvons accepter, dans le cas présent, la disposition

de ces schémas classiques. Nous trouvons au contraire, dans la description de Head et Thorburn, une topographie de la 5« lombaire

C’est-à-dire que pour Head et Thorburn, comme pour notre cas, la 5* lombaire occuperait la face externe de la cuisse, la face externe de la jambe et la face dorsale du pied et du métatarse.

Quant à la 4“ lombaire, elle est pour nous intacte ici, et elle est

intérieur, ainsi d'ailleurs que les péciflent Allan Star, et Sherrington.

Cette idée de l’intégralité de la 4« lombaire est encore renforcée par la constatation do l’intégrité de la partie antérieure du scrotum et de la verge, qui, d’après Thorburn, recevraient, en dehors des

11 reste donc acquis que la 5" lombaire est prise, et qu’en plus de cette racine il existe une altération des i'“, 2* et 3” sacrées.

coup plus étendus, comme on le voit sur les figures 5 et 6.

Une région anesthésique se montre sur la face externe cuisse et de la jambe, la dépasse et empiète légèrement su face antérieure et postérieure.

Cette anesthésie se limite en dedans, sur tout le membre, par une mince zone d’bypoesthésie légère.

L’extrémité supérieure de l’anesthésie est marquée par Tarcade crurale, la crête iliaque. En arrière elle prend le pli fessier, occupe une petite partie do la fesse opposée, borde tout le pourtour de Tanus, empiète sur la moitié correspondante du périnée et s’arrête à la racine des bourses.

Transposées sur les schémas, les portions anesthésiques répondent alors aux racines suivantes :

D’après Kocher, seraient prises les 3°, 4”. 5“ lombaires et les 2 , 3», 4«, 5* sacrées.

Mais il faut convenir que cette disposition ne rend

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dans noire observation III de l’intégrité des bourses, de la verge et de la face interne du membre inférieur.

La même discussion que pour le cas précédent se renouvelle ici, malgré qu’il soit bien évident que cette fois les racines sacrées soient plus altérées.

Pour ce malade comme pour le précédent, nous admettons l’intégrité des 3® et 4® lombaires, ce qui explique la sensibilité normale sur la face interne du membre, sur la verge et le scrotum.

Nos deux dernières observations (V et VI) sont superposables sous le rapport de l’anesthésie.

Les troubles delà sensibilité sont dans le domaine des 5® lombaire, 1'® et 2® sacrées.

Si nous récapitulons les lésions radiculaires constantes dans toutes ces observations, nous voyons figurer parmi les racines plus souvent prises:

Six fois sur 6 cas la 5* lombaire et, dans ces cas, quatre fois elle est la seule des racines lombaires prise avec des racines sacrées.

Une fois avec les autres lombaires et les et 2® sacrées.

Une fois avec les 3® et 4® lombaires, sans participation des sa-

Quant aux racines sacrées, elles participent à la lésion 5 fois sur

Et dans ces 5 cas, deux fois les i*^®, 2®, 3* sacrées entrent en ligne

Une fois les i"® et 2® sacrées sont seules intéressées.

En résumé, les racines affectées avec prédilection sont la 5® lombaire et les 1"® et 2® sacrées.

Voyons, en outre, quels autres symptômes présentent ces malades ;

La recherche de la sensibilité objective, complétée par l’exploration du signe de Lasègue et des points de Valleix, s’est toujours montrée positive.

Le signe de Lasègue est constant.

Les points de Valleix sont dans 3 cas au complet, dans 3 autres au contraire ils n'existent pas tons.

Dans ces 3 observations ils affectent les régions suivantes ;

la cuisse et de la tête du péroné qui sont douloureux.

Nous pourrions donc dire que, dans ces 6 observations, 3 fois il y avait les points supérieurs et les points inférieurs.

Trois fois les seuls points supérieurs se montraient.

Précisément, dans l'éventualité des sciatiques où l’on notait la totalité des points douloureux, figurent en général des lésions réparties sur lès 5® lombaire, 2* et 3* sacrées, et dans les observations où seuls les points supérieurs existent, on note l’absence do lésion de la 3“ sacrée.

réflexe aoliilléen est normal.

Dans les autres où l’on note l’altération des racines sacrées, le réflexe est modifié. Une fois il est exagéré, deux fois diminué, trois fois aboli.

Quant au réflexe patellaire, il est atteint dans tous les cas, trois fois exagéré, trois fois faible...

4o TRAVAUX SCÏENTlFigUES

Ce n’est que par la recherche systématique de la sensibilité à topographie radiculaire que l’on arrive à la différencier.

En effet, la sciatique névralgique ou névritiquc « tronculaire » pure offre une topographie des troubles sensitifs qui lui est propre, et dont la distribution périphérique du sciatique poplité externe représente le territoire.

Le type que nous décrivons pourrait encore se faire remarquer par la fréquence de la scoliose homologue.

la névrite sciatique par des caractères importants.

Comme on le sait, celte scoliose homologue est l’exception dans

supérieure à la 4® lombaire. Cette région a été appelée épi-

Le dessin que nous avons établi permettra de se rendre compte e.vactemenl de ces divisions et des racines qui leur correspondent.

En résumé, queue de cheval, cône terminal et épicône s'étagent comme des zones superposées, et dont les besoins de la clinique ont juslitié la division.

Malgré leur proximité et l’ensemble des symptômes qui leur sont communs, chacune de ces régions manifeste cliniquement quelques symptômes qui leur sont particuliers.

A quels symptômes reconnaîtra-l-on une lésion de la queue de cheval ? Quand ils traduisent un trouble de la sensibilité dans le domaine des racines qui lui correspondent, c’est-à-dire des racines sacrées et des dernières lombaires. Or toutes ces racines ont leur origine dans les deux segments médullaires, épicône et cône terminal; et il s'ensuit qu'une lésion globale de la queue de cheval reproduira la symptomatologie complète de l’épicône et du cône.

Par contre, une lésion localisée à l’épicône donnera des troubles de la sensibilité dans le domaine des !'•% 2 ®, 3® sacrées et 4' et 5® lombaires, et une atteinte du cône terminal produira des anesthésies dans la sphère des 3* et 4* sacrées, en même temps qu’apparaîtront des troubles sphinctériens et génitaux. Dans la majorité de ces cas, on assiste à l’évolution de troubles bilatéraux.

La sciatique radiculaire se présente dift'éremmcnt :

En effet, révélant la symptomatologie d’une lésion occupant unilatéralement l’épicône ou le cône terminal, voire parfois les deux ensemble, la sciatique radiculaire se différencie de ces syndromes bilatéraux, que nous envisagions plus haut, par l’absence constante de troubles sphinctériens et de troubles génitaux et par son unilatéralité.

Posés ces faits, nous devrions, pour être complets, établir une étiologie de la sciatique radiculaire.

C’est là un chapitre d’attente ; les autopsies n’existent pas sur ce point, et nous ire pouvons que tirer des déductions cliniques.

le trajet des racines au voisinag:e des méninges, d’après les résultats de la ponction lombaire quia pu montrer dans un cas de la lymphocytose, qu’il s’agit d’un processus méningé unilatéral, dont la chronicité et l'ancienneté expliqueraient à la fois, et l’évolution insidieuse, et la Hxité des phénomènes morbides.

liltant donnée l'absence de vérification anatomique, qui seule pourrait nous fixer sur la nature et le siège exact de la lésion, nous pensons qu’il est préférable de repousser les termes de méningite ou de radiculite sciatique, et de qualifier les cas que nous avons décrits en ne tenant compte que de ce que nous apporte la clinique.

Nos malades se présentent avant tout comme des individus affligés de sciatique.

Pour ce motif nous gardons ce terme, mais nous y ajouterons le qualificatif de radiculaire, étant donnée l’objectivité des troubles de la sensibilité.

Nous pouvons donc conclure :

Qu’à côté de la sciatique névralgique et de la sciatique-névrile tronculaire, relevant d’une altération, d’une compression du tronc lui-même, dans un point de son trajet, et dont les troubles de la sensibilité ont une topographie segmentaire, il existe un autre type clinique, très fréquent, que nous dénommons, pour les raisons énoncées plus haut, sciaüque radiculaire.

Cette sciatique radiculaire peut être causée par l’altération d’une ou plusieurs racines, de même que par une lésion de la totalité des

l’appréciation exacte des lésions et de leur répartition sur les racines elles-mêmes du sciatique.

Nous conclurons donc qu’à côté de névralgies, de névrites sciatiques, relevant d'étiologies variables, il existe très fréquemment un type clinique, dans lequel les troubles de la sensibilité affectent le domaine des racines lombo-sacrées et se présentent par ailleurs le plus souvent sous les traits de la sciatique banale. Ce type constitue la sciatique radiculaire et il convient, en l’absence de causes mécaniques ou loxi-infectieuses chroniques relevant le plus habituellement de la tuberculose et de l’alcoolisme, de rechercher syslé matiquement, chez ces malades, une syphilis avérée ou latente. Ce syndrome sciatique radiculaire, qui ne fait pas sa preuve, prend alors la valeur d’un stigmate d’affection parasyphiliÜque et, comme tel, commande l’intervention du traitement spécifique.

m. - TRAVAUX DIVERS SUR LE SYSTÈME NERVEUX

Dans un autre ordre d’idées, j’ai rapporté, avec M. le professeur

Trophœdème familial.

Il s’agit dans ces cas de deux enfants d'une même famille présentant un œdème chronique des membres inférieurs avec conservation d’un bon état général.

Aérophagie. Hoquet hystérique.

J'ai publié, avec M. G. Brouardel, le cas d’un homme hystérique et éthylique qui présentait de l’aérophagie, du hoquet hystérique et qui fut guéri très rapidement par la suggestion.

Hémorragie méningée au cours d’une méningite tuberculeuse.

Ce cas, que j'ai rapporté avec M. G. Sabaréanu, nous a semblé intéressant à plusieurs points de vue :

Pendant la vie du malade, l’évolution des signes cliniques avait fait poser plusieurs diagnostics.

Tout d’abord, au moment de l’entrée, les troubles de l’équilibre, la démarche ébrieuse, les maux de tête font penser à une tumeur du cervelet. Le lendemain, les signes de méningite sont indéniables, et les lésions du sommet, la réaction d’Arloing-Courmont positive font porter le diagnostic de méningite-tuberculeuse.

C’est à ce moment que la ponction rachidienne donne issue à un liquide hémorragique, et ainsi nous sommes portés au diagnoslic d’hémorragie méningée.

Ce diagnostic s’appuie en effet, non seulement sur la teinte du liquide obtenu, mais parce que la numération donne un grand nombre d’hématies, et parce que, ainsi qu’il ressort des constatations habituelles, nous sommes en présence d’une quantité de globules blancs, supérieure dans ce liquide au nombre des globules

Parmi ces globules blancs, les mononucléaires et les lymphocytes l’emportent de beaucoup sur les polynucléaires. Ces caractères du

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