BACTÉRIOLOGIE APPLIQUÉE A L’HYGIÈNE
sée, mais indépendante de la nature des maladies causaies.
Le premier effet de ia fièvre porte sur ies microbes quiliquéfient ia gélatine; ceux-ci diminuent dès i’abord considérablement de nombre, pujs ils se développent plus tardivement' dans les cultures, enfin ils disparaissent souvent complète-; ment, sans que cette disparition soit en rapport constant avec le degré ou la durée de l’hyperthermie. Cette action est très'
iiquéfiants reparaissent rapidement après ia défervescence. L’effet de la fièvre sur les microbes non liquéfiants est plus
38“ n’arrivent pas, quelle que soit leur durée, au stade du coli, pur. Dans la fièvre typhoïde, pour les raisons qui précèdent, on ne trouve le coli pur qu’à la période d’état et dans les formes à température suffisamment élevée; les abaissements artificiels que donne le traitement systématique par les bains froids suffisent à gêner l’action favorisante de la fièvre et à diminuer la prédominance du coli dans les selles. Après la cessation de l’hyperthermie, la rétrocession du bacille est également lente, elle se fait avec la même progression que son développement; cette rétrocession commence dès que la température commence elle-même à s’abaisser.
Ces observations bactériologiques démontrent nettement l’influence élective que la fièvre peut exercer sur certains microbes .saprophytes des cavités naturelles; elles sont de nature à inspirer les doutes les mieux motivés sur le rôle pathogène de certaines espèces, basé sur leur présence en cultures pures dans les produits pathologiques. Elles montrent qu’indépenda mment de la recherche des microbes pathogènes, il y a lieu de se préoccuper d’étudier les modifications secon-
logiques générales, parce qu’il se rapporte par son objet et par ses conclusions à la bactériologie et à l’hygiène.
Dans ce travail, j’expose une théorie nouvelle deTlmmunité, quejemesuis permis de proposer, bien qu’elle n’ait aucune basfc expérimentale et qu’elle ne repose que sur la manière per-, sonnelle dont je comprends la pathologie cellulaire elle-même. On ne saurait méconnaître d’ailleurs le rôle des cellules dans la physiologie normale et pathologique de l’organisme, et il importe de mettre d’accord les données de l’expérimentation avec celles de la pathologie cellulaire, telle que la clinique et l’anatomie pathologique nous permettent de la constituer et de la comprendre.
L’exposé de ma théorie est précédé dans ce travail par une revue critique des diverses théories qui ont été émises pour expliquer l’immunité; je me contenterai de rappeler ici som« mairement mon opinion personnelle. Je dois dite tout d’abord
.port au virus considéré; dès lors Yimmunité acquise par une première atteinte doit être cherchée uniquement dans une mo- .dification de cette espèce cellulaire.
Cette manière de voir repose encore exclusivement sur des déductions anatomo pathologiques; j’ai cependant entrepris
virus qui ont altéré la santé; mais, en réalité, ces phénomènes de réaction sont d’autant plus intenses que la maladie est plus sévère, et exige un plus grand effort pour la guérison ; au contraire, plus il y a d’immunité moins il y a de phénomènes morbides, moins la' réaction de défense est accusée ; si celleci explique la maladie, voire même la guérison, elle ne peut expliquer l'immunité,puisqu’elle fait précisément défaut en
La modification cellulaire, qui est la raison d’être de l’immunité, ne consiste pas dans une puissance plus grande de lutte contre les virus, mais bien au contraire dans une sorte d’invulnérabilité à leur égard; elle n’est nullement d’ordre pathologique, puisqu’elle est'compatible avec une santé parfaite; il est vraisemblable qu’elle est simplement de nature .physiologique et vitale, du même ordre que les différences qui séparent entre elles les diverses espèces cellulaires, physiologiques, ou même que les difiérences plus légères encore qui Réparent les diverses variétés d’une même espèce cellulaire.