I» SPÉCIFICITÉ CELLULAIRE
'il — La spécificité cellulaire et Phlstogénèse chez l’embiyen.
Archives de physiologie^ 1886, p. 4o5.
appelle aujourd’hui le tissu lymphatique; le sang lui-même est un tissu spécifique: le leucocyte, qui est sa cellule fondamentale, n’a rien de commun avec les cellules conjonctives ou avec les cellules des ganglions lymphatiques.
Telle est, dans ses traits généraux, la notion de la spécificité cellulaire.
assurée par filiation directe de la manière la plus simple, est facile à comprendre; nous verrons plus loin comment on peut comprendre à son tour ^hérédité des propriétés individuelles
Cette notion de la séparation originelle des cellules soma-
de la constitution des espèces cellulaires au cours du développement embryonnaire, et de la théorie de l’histogénèse à laquelle ces études m’ont conduit.
Weissmann a émis de son côté diverses idées, qui présen-
des protoplasmas des diverses espèces cellulaires soient infiniment moins éloignés et moins distincts que ceux des substances dérivées dont je viens de parler, et bien que ces dernières assurent par elles-mêmes le rôle physiologique du tissu dans la vie collective de l’organisme. Quand on considère, en effet, les tissus dans leur ensemble, à la lumière de la spécificité cellulaire, on arrive à une conception un peu différente de celle qui a cours sur leur anatomie et leur physiologie générales, ou, du moins, on s’aperçoit qu’il faut généraliser à tous les tissus la conception qui s’est dès l’origine imposée pour quel-
Toutes les cellules sans exception créent des substances dérivées, mais ces substances présentent entre elles les différences les plus grandes : les unes sont liquides, expulsées à distance comme les sécrétions glandulaires et possèdent des propriétés chimiques particulières. Les autres sont plus ou moins solides et possèdent surtout des propriétés physiques, de résistance, d’élasticité, de contractilité, d’isoleme"' é,.
conductibilité, etc.; parmi celles-ci, les unes sont extraplasmiques,corame les fibres conjonctives ou l’osséine; ms,intra-protoplasmiques, comme les bâtonnets contr ou la myéline; cette différence de siège ne change rien signification générale. D’autres encore, comme les gl rouges, réunissent les deux ordres de propriétés: ils bent l'oxygène par les propriétés chimiques de l’hémogl et le véhiculent grâce à leurs propriétés physiques de floi
e la vie des tissus au point de vue j
Quand on considère
des noyaux cellulaires qui relèvent directement des forces toutes spéciales qm constituent la vie; leurs différences spécifiques résultent des modalités mêmes de la vie cellulaire. U vie cellulaire à son tour est une propriété spéciale de la matière, qui, comme toutes ses propriétés les plus hautes, consiste sans doute essentiellement en un mode particulier de mouvement; On peut dire en quelque mesure que chaque cellule est un
tives, mais sur les cellules germinatives qui sommeillent près de lui dans les ovaires maternels. Par là le phénomène de l’imprégnation est ramené au même mécanisme que l’hérédité des propriétés acquises; il mériterait le nom d’hérédité fraternelle.
Toute la pathologie reposant en dernière analyse sur les propriétés et la physiologie pathologique des cellules, la notion de la spécificité cellulaire est appelée à exercer sur la pathologie une influence tout aussi grande, et plus importante peutêtre que sur l’anatomie et la physiologie générales.
Tout d’abord, la spécificité cellulaire, en imposant à chaque cellule une origine précise, fixée par l’hérédité, supprime le rôle des simples adaptations morphologiques, et oblige à une nouvelle étude plus précise des divers processus dont ces adaptations faisaient jusqu’ici tous les frais.
En second lieu, conséquence bien plus importante encore, elle impose la nécessité d’étudier à part la pathologie propre à chaque espèce cellulaire. L’indifférence avait pour corollaire naturel l’équivalence pathologique plus ou moins parfaite du protoplasma cellulaire, malgré ses variations morphologiques