‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 4 sur 6 · TRAVAUX DE DETAIL · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE DETAIL

.J’ai fait sur les artères et sur les articulations un grand nombre de remarques qui sont consignées dans mon précis de Manuel opératoire et dans les bulletins de la Société de chirurgie ou sur les planches murales de l’Ecole pratique.

Artère linguale.

Après avoir étudié le lieu d’origine des artères dorsales de la langue, j’ai poussé les chirurgiens à abandonner la ligature dans le petit triangle et à lier le tronc de l’artère linguale près de son origine, au-dessus de la grande corne de l’os hyoïde (Bull. Soc, de chir., 1879).

En 1882, j’ai repris la question « publié dans les bulletins de la même société un assez long mémoire sur « l’histoire des deux principaux procédés de ligature de l’artère linguale ». Cette histoire était absolument ignorée; les erreurs et les plagiats se multipliaient d’année en année.

Les opérations récemment faites sur le vivant par l’un et l’autre procédé ont prouvé que la ligature au-dessus de la grande corne assure seule l’hémostase dans la base de la langue.

Artère carotide externe.

La ligature de cette artère a toujours passé pour une des plus difficiles. Ayant eu l’occasion de faire plus de mille dissections ou ligatures de ce vaisseau, j’ai pu établir que le lieu d’élection, l’intervalle des origines de l’artère thyroïdienne supérieure (sous-hyoïdienne) et de l’artère linguale (sus-hvoidicnnc) correspondait nécessairement au niveau mémo de la grande corne de l’os hyoïde, point de repère tangible ; et j’ai proposé de le rechercher toujours et avec confiance, car il mène sur le vaisseau et sur le point même où il faut poser le fil (Bull. Soc. de chirurgie 1882).

L’expérience m’a montré que la grande corne do l’os hyoïde était le meilleur point de repere. et je l’ai trouvé après avoir constaté et figuré (planches murales de 1 École pratique) les variations de forme du tronc veineux thyro-linguo-facial, et de situation du nerf grand hypoglosse. Celui-ci passe de 5 à 20 m/m. au dessus de la bifurcation.

Celui-là, le tronc veineux, peut être simple, c’est le type : il correspond au groupe des trois artères thyroïdienne, linguale et faciale qui naissent quelquefois par un tronc commun ; il peut aussi être décomposé en 2 ou 3 veinules, comme les artères normales. De sorte que ce qui est la règle pour les veines, la confluence, est l’exception pour les artères et vice-ver sa.

Artère sous-clavière.

J’ai étudié les origines des branches de ce vaisseau, les rapports du tronc et les points de repère nécessaires à sa décou-

verte et consigné mes remarques soit sur les planches murales de l’Ecole pratique, soit dans les Bull, de la Soc. de chir. 1878. Contrairement à ce que nous ont enseigné nos maîtres français, je crois que les artères thyroïdienne inférieure, cervicale ascendante, transverse superficielle et sus-scapulaire, naissent ordinairement par un tronc commun.

La partie accessible de l’artère hors de l’intervalle des scalènes est située à un travers de doigt en dedans du milieu de la clavicule. En ce point, on trouve sûrement le vaisseau, en cherchant immédiatement au-dessus de la clavicule, pourvu que celle-ci soit abaissée. L’artère n’est pas attachée à la clavicule et ne la suit pas dans ses mouvements d’élévation ou de propulsion. C’est pourquoi, lorsque le moignon de l’épaule est fortement relevé par un gros anévrysme axillaire, j’ai conseillé de déterminer d’abord sur le côté sain, clavicule abaissée, le lieu d’émergence de l’artère et de marquer ensuite à la teinture un point symétrique sur la peau du côté malade. Ce point marqué se trouve nécessairement au-dessous de la clavicule remontée, mais indique néanmoins à quel niveau il faut, en passant par dessus et derrière cette clavicule, aller chercher le lieu d'émergence de l’artère.

Artère axillaire.

J’ai proposé de suivre, pour atteindre ce vaisseau, la voie sèche indiquée par Marcellin Duval (Bull. Soc. de chir. 1880).

L’étude anatomique de la région m’a montré que très près de la clavicule, l’artère se dégage sous le milieu de cet os, qu’elle est relativement isolée entre la veine et les nerfs, dépourvue de collatérales et couverte seulement par le nerf qui descend au grand pectoral, petit nerf blanc et résistant, que je donne main-

tenant comme un excellent point de repère. (Précis de manuel opératoire, 3" éd.)

Artères de la fesse.

En 1872, (Ligatures, 1" éd.), j’ai donné une figure contraire à la. lettre classique. Mon dessin a été contrôlé bien des fois et montre en particulier les rapports réels des artères honteuse interne et ischiatique au niveau de l’épine sciatique. Le tronc de l’artère ischiatique est d’abord en dedans oh il est né et où il est retenu par ses nombreux rameaux internes. Ce n’est que plus bas qu’il s’incline en dehors et croise le nerf honteux et l’artère homonyme.

En 1877, dans l’article fessière du Dictionnaire encyelopé~ dique, j’ai fait une étude de la vascularisation de la fesse et des rapports de l’artère fessière avec le nerf fessier supérieur que, depuis une erreur de Bouisson, l’on plaçait en dedans, avec les veines fessières, etc.

Artère iliaque externe.

Séduit par la simplicité et la sécurité du procédé de ligature de Marcellin Duval, j’ai cherché à le faire accepter tout en l’amendant quelque peu. En remontant aux sources, j’ai trouvé que A. Cooper opérait ainsi et avait opéré ainsi neuf fois sur le vivant.. Ce, que l’on attribuait en France au chirurgien anglais était une grave altération du procédé vrai, fondée sur une erreur de traduction. (JhUL Soc. de ehir. 1881.)

Artère fémorale.

La gaine de cette artère commence par un orifice abdominal et se termine par un orifice poplité. Le canal crural et le canal de Hunter sont les deux extrémités, mais ne sont pas deux parties anatomiquement distinctes de cet ensemble.

La série des artères perforantes commence par la circonflexe postérieure et se termine par la poplitée (PL murales).

C’est une faute que de dire la veine crurale unique. Cela est vrai ordinairement dans le triangle de Scarpa ; mais, plus bas, elle est munie d’un ou plusieurs canaux collatéraux irrégulièrement disposés, mais souvent placés devant l’artère et qu’il faut, en conséquence, signaler à l’opérateur.

J’ai établi que, pour être sûr de poser un fil sur la fémorale primitive, il le fallait placer immédiatement au-dessous de l’arcade crurale préalablement dénudée et reconnue.

Dès 1872, j’ai figuré la part que prend le moyen adducteur à la formation de la corde tendue par l’abduction de la cuisse, corde appelée généralement tendon du grand adducteur.

Sur la technique opératoire, V. Bull. Soc. chir., 1878.

Artère tibiale postérieure.

Les anomalies de cette artere ne sont pas très rares. J’en ai représenté plusieurs (PI. murales).

Il existe normalement deux anastomoses transversales plus ou moins obliques entre la péronière et la tibiale postérieure. L’une est sus-calcaneenne et 1 autre situee a une dizaine de centimètres plus haut. Lorsque le tronc de l’artère tibiale posté-

rieure est insuffisant ou épuisé prématurément, c’est l’une ou l’autre de ces deux anastomoses qui se développe. On voit alors l’artère péronière volumineuse se porter derrière le quart inférieur du tibia ou derrière la malléole. Dans un cas que j’ai observé (Bull, Soc. anat. 1866), ce tibia fracturé avait rompu une artère tibiale postérieure que venait de constituer l’artère péronière déviée.

Artère tibiale antérieure.

Je crois avoir prouvé que le tubercule de Gerdy était un mauvais point de départ pour indiquer le trajet des vaisseux antérieurs do la jambe. La dépression ante-peromore vaut bien mieux. Le muscle jambier antérieur est d’une largeur considérable, à moins d’une émaciation extrême, tandis que le muscle

L’ouverture de l’interstice de ces deux muscles est une des difficultés de la médecine opératoire. En se guidant par le toucher, on tombe, en dehors, dans la dépression sensible le long de la loge des péroniers. J’ai préconisé un mode de section de l’aponévrose qui, bien compris, me paraît donner à l’opérateur le maximum de sécurité.

On sait combien était frequente la gangrène des lambeaux antéro-externes taillés par transfixion. Je crois en avoir trouvé la raison dans le mode d’origine et la direction des artérioles qui se détachent de la tibiale antérieure pour nourir les muscles antérieurs de la jambe. Les chirurgiens ont maintenant presque tous adopté la taille du lambeau par désossement juxtaosseux. {Soc. méi. de Bordeaux 1885).

Articulation temporo-maxillaire.

L’anatomie, la physiologie. les luxations et les fractures de cette articulation ont attiré mon attention (Bull. soc. analtm. 1865 et thèse de Cluzeau 1865, Soc. de chir. 1882, rapport sur un travail de M. Baudrimont, et 1886, Matériel d’enseignement de l’École pratique).

Dans le mouvement de rétropulsion forcée par un choc sur le menton, le condyle va butter en arrière contre un heurtoir osseux situé devant la scissure de Glaser, et protecteur du conduit auditif. Le heurtoir n’arrête que la partie interne du condyle, celle-là même qui déjetée en dedans se trouve déjà prédisposée aux fractures obliques ou verticales.

J’estime que c’est seulement après une telle fracture que le reste du condyle, son extrémité externe, peut défoncer le conduit auditif cartilagineux.

11 n’y a plus lieu de perpétuer les discussions sur l’axe des mouvements de le mâchoire. Il est démontré qu’elle s’ouvre et se ferme comme une charnière, sur un axe bi-condyliens, c’est-à-dire passant par le centre de courbure des condyles : ce sont les mouvements de l’articulation maxillo-méniscoïdale. Mais le ménisque dans la cavité inférieure duquel évolue le condyle maxillaire se meut lui-même sous le condyle temporal autour de 1 axe de courbure de ce condyle : ce sont les mouvements de l’articulation temporo-méniscoïdale. J’ai construit des appareils pour démontrer ces faits ainsi que le jeu des freins du ménisque, etc.

L’étendue antéro-postérieure de la branche montante du maxillaire inferieur et l’espace antéro-postérieur formé par l’anse ou arcade zygomatique dans laquelle se meut l’apophyse

coronoïde, présentent de grandes différences suivant les sujets.

En conséquence, l’intervalle coronoïdo-malaire qui existe, pendant le repos, entre le bord antérieur du coroné et la face postérieure de l’os malaire peut, suivant les sujets, varier de 6 à 20 mm!

Ces différences de conformation m’ont fait examiner expérimentalement les théories, non de la production, mais de la persistance des luxations de la mâchoire. Sans insister sur le rôle du ménisque qui cale simplement le condyle, et en admettant une propulsion égalé dans tous les cas, j’ai reconnu trois variétés de luxation : 1° il y a acerochement prémolaire du bec coronoïdien, acerochoment qui entrave faiblement la rétropulsion, mais empêche absolument l’action clévatrice des muscles.

L’accrochemcnt est rare ; il exige qu’à l’état normal, l’intervalle coronoïdo-malaire soit faible et le sommet coronoïdien modérément élevé et un peu déjeté.

2“ Il y a contact rétromalaire du bord antérieur convexe de l’apophyse coronoïde. Ce contact est plus commun que l’accrochement, il ne s’oppose qu’à l’élévation, nullement à la rétropulsion.

3“ Mais il est dos cas nombreux ou la distance coronoïdomalaire est physiologiquement telle que ni l’accrocliement prémalaire ni même le contact rétro-malaire ne peuvent se produire pour maintenir la luxation et s’opposer à l’action des muscles élévateurs. Cotte action peut cependant être contrebalancée, la bouche demeurer béante et la luxation permanente, du fait de la tension des ligaments sphéno et stylo-maxillaire.

Articulation scapulo-humérale.

A plusieurs reprises je me suis occupé de cette importante articulation (Bull. Soc. de chir. 1877-1879-1883, th. de Cavayé, 1883).

Après vérification, j’ai décrit et figuré les ligaments de renforcement de la capsule à peu près inconnus en France. J’en ai indiqué le rôle dans les luxations et dans les fractures du col de l’omoplate par arrachement, etc.

J'ai observé sur le vivant et établi expérimentalement une nouvelle variété de luxàtion : Juxation en arrière sous-tricipitale {Soc. de chir., 1879 etM88SJ.

A propos de divers cas de luxation ancienne, je me suis assuré des effets des tractions intenses sur le bras dirigé en avant, quand on ne maintient pas le squelette de l’épaule absolument à sa place, accolé au thorax. L’extrémité scapulaire de la clavicule se porte en avant ; la partie sus-claviculaire de l’artère et des nerfs est excessivement distendue (Soc. de chir. 1877).

L’exploration de la région de l’épaule a de l’importance. J’apprends aux élèves à trouver en quel sens regarde la tête articulaire do l’humérus quelle que soit l’attitude de cet os, en faisant fléchir l’avant-bras et palper les côtés du coude. La tête humérale regarde comme l’épitrochlée, un pou plus en arrière. .Quant à l’avant bras, il se fléchit de manière à conduire le bout du médius sur la coulisse bicipitale.

Articulation du coude.

L’articulation huméro-cubitale est une charnière dont les deux pièces, pendant l’extension, forment un angle ouvert en dehors et se meuvent sur un axe qui est la bisectrice de cet angle. C’est pour cela que l’avant-bras se fléchit devant le bras, et non pas gauchement devant la bouche comme plusieurs l’enseignent encore.

La peau de la région antéro-exteme du coude est exceptionnellement rétractile. Cette constatation a été le point de départ des modifications apportées par moi au tracé des divers procédés de désarticulation de l’avant-bras.

Articulations radio-cubitales.

Depuis 1871, je démontre dans les pavillons, que dans les mouvements de pronation et de supination le cubitus n’est pas immobile. L’axe des mouvements de la main passe à volonté par le centre de la tète du cubitus ou par un point quelconque situé entre ce centre et l’apophyse styloïde du radius. Cela se voit sur le vivant et sur le mort : l’avant-bras doit être fléchi à angle droit sur le bras afin d’exclure tout mouvement de rotation humérale; des repères, des index, sont établis sur les extrémités cnrpiennes du radius et du cubitus; enfin des mouvements de rotation sont provoqués autour des quatre doigts pris successivement comme axe. Je n’avais pas imprimé ma démonstration parce que le mémoire de Lecomte, venant apres les travaux de Duchenne. de Boulogne, me paraissait devoir entraîner toutes les convictions.

Articulations du poignet et du métacarpe.

L’étude des interlignes des ligaments et des tendons de cette région a été faite et figurée fig. -153, 136,137, 138, 182 et 314 (Précis de manuel opératoire).

Les figures 133 et 137 donnent une idée vraie de l’articulation médio-carpienne. On y voit que la tête du grand os est carrée avec une joue externe verticale destinée a l’excavation du scaphoïde. Celui-ci se meut, entraînant avec lui toute sa rangée, comme si un clou à peu près horizontal fixait le centre de son excavation au centre de la lace correspondante du grand os.

On démontre très bien tous les mouvements du poignet, en tirant sur les différents tendons après avoir planté des épingles-

index dans les os mobiles. Cette méthode que j’emploie couramment parle aux yeux.

La recherche des interlignes intéresse vivement l’opérateur. Les plis cutanés, de même que les distances stylo-métacarpiennes varient trop, suivant les attitudes, pour qu’ils fournissent des indications sures.

C’est apres avoir étudié l’inégale rétractilité des téguments du poignet que j’ai arrêté le tracé de l’amputation elliptique (thèse 1871), et des autres procédés.

Et, c’est après avoir vu les difficultés et les dangers de la dissection préalable du lambeau et de la manchette, que j’ai accepté comme règle de désarticuler toujours avant de détacher les téguments palmaires. Cette règle serait, je crois, restée lettre morte pour beaucoup, si je n’étais arrivé à régler et à rendre facile et brillant le dégagement des tendons fléchisseurs.

Articulation coxo-fémorale.

Le remarquable travail de Bigelow sur les luxations de la hanche, a été vérifié et vulgarisé à l’Ecole pratique.

Le matériel d’enseignement le prouve. J’ai exhumé à ce sujet et répandu dans mon enseignement l’admirable précepte de Pouteau, et démontré à tous pourquoi la traction sur la cuisse étendue était et devait être inefficace.

Relativement à la désarticulation de la hanche, j’ai fait d’abord l’historique avec allas à l’appui (Soc. de chir. 1878) ; j’ai ensuite, par des injections et des expériences de circulation artincielle, recherché le meilleur procédé au point de vue de l’épargne du sang. Jusqu’à présent, ce procédé employé à ma connaissance on sous mes yeux, plusieurs fois à Paris et plusieurs fois à Bordeaux, a justifié la confiance des opérateurs.

Articulation du genou.

La figure 433 (Précis de manuel opératoire) montre le jeu de la rotule et les rapports de ses trois facettes verticales dans la flexion et dans l’extension.

La désarticulation du genou est une opération discutée. J’ai plaidé (Soc. de ehir.) en faveur de la désarticulation mais à la condition qu’elle fût bien faite, c’est-à-dire avec les précautions minutieuses que j’ai recherchées et indiquées.

J’ai fait des expériences d’ostéoclasie pour concourir à l’amélirationde l’appareil primitif de Collin. L’une de ces expériences, faite sur un grand adolescent avec M. Peyrot (Soc. de dur.), a fourni des données intéressantes à cette époque.

Articulation tibio-tarsienne.

De mes leçons sur l’anatomie et la physiologie de cette articulation il a étépublié un extraitpar M.Routier (th. de doctorat).

Le procédé de désarticulation que j’ai décrit en l’appelant lambeau interne amélioré, ne fait qu’un, moins les dimensions, avec celui que j’enseigne pour la désarticulation sous-astragalienne. Ce procédé est relativement facile et donne de beaux et bons résultats sur le cadavre et sur le vivant.

Articulation sous-astragalienne.

J’ai étudié le ligament calcanéo-astragalien interosseux, sa construction et son fonctionnement (V. fig. 334 et thèse de Routier). Ce ligament est une double haie fibreuse dont l’anté-

rieure, seule importante, est fortement inclinée en avant lorsque le pied repose sur le sol dans la station debout. Elle s’oppose donc au gl ment de l’astragale. Les trousseaux fibreux qui composent ce ligament ont une longueur décroissante en allant de dehors en dedans. Aussi le côté interne de l’astragale ne peut-il glisser comme le côté externe d'avant en arrière. Il y a donc à l’extrémité interne de la rainure interosseuse un point relativement fixe sous lequel pivote le calcanéum dans les mouvements d’adduction et d’abduction du pied. La longueur croissante de dedans en dehors des fibres ligamenteuses interosseuses, et leur obliquité non immuable, permettent une certaine étendue à ces mouvements. On voit donc dans les mouvements d’adduction de la pointe du pied, le tubercule externe du calcanéum pris comme repère, s’avancer notablement en avant. Mais on le voit aussi s’abaisser, car le calcanéum avance à mesure son plan incline articulaire sous la lèvre postérieure de la rainure astragalienne, Ievre qui impose cet abaissement.

De la prépulsion du tubercule calcanéen externe (le point symétrique interne du calcanéum restant immobile) résulte l’adduction de la pointe du pied ; de l’abaissement de ce même tubercule, resuite la torsion du pied : c’est dire que l’adduction pure est impossible et qu’elle est hee nécessairement a un mouvement de torsion qui fait regarder la plante en dedans, le tout du fait de l’articulation calcanéo-astragalienne postérieure et du ligament interosseux.

Articulations médio-tarsienne et tarso-tarsienne.

Dans mon précis et à la Soc. de chir. 1880, j’ai étudié l’opération de Chopart au point de vue anatomique. J’estime qu’il faut revenir au faire de Chopart et abandonner celui de Richerand. J’ai indiqué les plus minutieuses précautions pour ne sacrifier ni un ligament ni une insertion tendineuse, etc. J’ai tiré des

remarques de Dupuytren et de Marcellin Duval, le moyen de faire saillir les tètes de l’astragale et du calcanéum et par conséquent de ne pas manquer l’articulation.

Pour l’opération de Lisfranc j’ai donné des figures anatomiques nombreuses et vraies.

Articulations des orteils et des doigts.

Sans parler ici de mes recherches sur les luxations du pouce, j’ai à signaler les procédés de désarticulation que j’ai préconisés notamment pour les doigts et orteils chefs de file.

Pour le gros orteil, l’index et le petit doigt, le procédé est le même : lambeau taillé aux dépens do la face palmaire ou plantaire et de la face libre adjacente, c’est-à-dire Ïambe : au interne et plantaire pour le gros orteil ; interne et palmaire pour le petit doigt ; externe et palmaire pour l’index. Dans la désarticulation du petit orteil, mon lambeau est dorsal et interne.

Ces procédés, quand ils sont possibles, me paraissent supérieurs, à tous les points de vue. (Fig. 148, 144, 147, 282, 283>- 284,286, 287,288.)

Hernies et pseudo-hernies musculaires.

Par différentes communications et j ar l’examen des observations ou des malades présentés à la Soe. de ehir. (1878, 1881, p. 93, 293, 433, 473), je crois avoir établi : 1» Que la plupart des prétendues hernies musculaires n’étaient que des pseudohernies causées par des ruptures musculaires.

2“ Qu’il existait des signes caractéristiques des vraies hernies et des pseudo-hernies ou tumeurs plus ou moins saillantes résultant d’une rupture.

C’est en faisant appel à l’expérimentation sur le cadavre et sur le vivant que j’ai pu démontrer quels devaient être nécessairement les symptômes de l’une ou de l’autre de ces deux espèces do saillies musculaires, symptômes caractéristiques retrouvés sur le vivant.

l.es hernies musculaires vraies tendent à disparaître lorsque le muscle intéresse perd sa flaccidité, soit par tension active (contraction volontaire), soit par distension passive opérée par l’observateur. Par exemple, une hernie vraie du jambier antérieur sur un sujet modérément replet ou maigre, diminue et disparait lorsque ce muscle se contracte, surtout si l’on s’oppose à son complet raccourcissement en immobilisant le pied. Cette même hernie disparaît si l’on distend le muscle en rendant le pied équ 1„

Une pseudo-hernie, c’est-à-dire une tumeur musculaire, herniée ou non, causée par la rupture sous ou sus-jacente d’un muscle, rupture persistante dans ses effets, ne disparaît pas dans l’attitude qui distendrait le muscle, s’il n’était pas rompu. Elle ne disparaît pas non plus lorsque le muscle intéressé se contracte. Au contraire, par la contraction volontaire, la pseudo-hernie durcit, grossit et se rapproche de l’insertion persistante en s’éloignant de la rupture.

Par exemple, une pseudo-hernie du droit anterieur de la cuisse, causée par une rupture sus-rotulienne, ne disparaît pas quand on fléchit la jambe ; et quand le malade contracte son triceps, quelle que soit l’attitude de la jambe, la tumeur durcit, grossit et remonte.

De même la pseudo-hernie du muscle moyen adducteur, si fréquente chez les cavaliers, ne disparaît pas par l’abduction de la cuisse ; et quand le malade cherche à rapprocher les genoux, la tumeur durcit, grossit et remonte. Si, contre l’ordinaire, la rupture s’était produite près de l’épine pubienne, la tumeur, sous

l’influence d’une contraction adductrice, durcirait, grossirait et descendrait.

Muscle sterno-cléido-mastoïdien.

Dans une communication à la Société anatomique 1880, j’ai démontré que ce muscle était composé de deux couches toujours distinctes, chez l’homme et chez le magot, la guenon, etc. Le muscle superficiel, sterno-cléido-occipito-mastoïdien est le plus large et cache le muscle profond qui mérite le nom de cléido— mastoïdien. C’est le muscle cléido-mastoïdien que perfore ordinairement le nerf spinal, qui quelquefois aussi passe dessous. Le muscle sterno-cléido-occipito-mastoïdien, déjà large à son insertion supérieure occipito-mastoidienne, le devient plus encore à mesure qu’il descend : la majeure partie de ses fibres se jette sur le tendon présternal, la mineure s'étale en mince et large bandelette, quelquefois décomposée en faisceaux ou réduite à un faisceau unique, et ses fibres s'insèrent à la clavicule devant l’empreinte destinée au cléido-mastoïdien.

Muscle deltoïde fessier.

Dans l’article fessier du Dictionnaire encyclopédique, j’ai exposé le rôle trop peu connu de la bandelette de Maissiat, mal nommée aponévrose du moyen fessier, et montré que cette bandelette n’était qu’une partie non musculaire d’un deltoïde fessier, comprenant en arrière le grand fessier et en avant le tenseur du fjscia lata. Ces deux muscles et l’aponévrose dite du moyen fessier forment en effet une couche unique, un tout inséparable. L’anatomie comparée et les anomalies constatées chez l’homme appuient cette vue anatomique.

Méso-tendons.

J’ai expliqué, décrit, classe et figuré les replis qui rattachent les tendons à leurs gaines. Ces replis ne sont pas des organes d’arrêt ; ce sont dos pédicules vasculo-nerveux sur lesquels se réfléi 1 t lent la séreuse. (Thèse d’agr. 1876.)

Sur l’inversion utérine.

Cette communication (Soc. de Ckir. 1882), basée sur l’étude d’une pièce anatomique d'une grande rareté, est accompagnée de deux dessins.

L'inversion utérine absolument totale avait été causée par un polype hystériforme qui avait donné le change aux observateurs. Après avoir étudié anatomiquement les altérations de forme et de dimensions des organes, j’ai rappelé les précautions à prendre pour ne pas méconnaître une pareille lésion.

Réduction des hernies sous le péritoine par la fente du débridement.

Travail sur un sujet très peu connu, basé sur deux dissections, lu à la Soc. de chir. en 1877, publié par P. Berger, avec trois dessins. (Revue de chirurgie 1884.)

Sur le péritoine.

Déjà, dans ma thèse d’agrégation sur les séreuses, 1876, j’ai cherché à décrire d’une façon rationnelle, la grande séreuse ab-

..inale en m’inspirant du travail de J. Muller 1830, resté lettre morte pour la plupart. J’ai donné,, à cette occasion, probablement le premier, des figures expliquant pourquoi les vaisseaux grands mésentériques croisent devant l’intestin grêle.

Depuis, je n’aicessé d’enseigner simultanément l’évolution du tube digestif et la disposition du péritoine. Enfin, en 1883 ( Progrès médical), j’ai publié un travail sur ce sujet à propos d’une anomalie par arrêt d’évolution observée sur un adulte, et comparée à l’état normal do certains animaux.

Cathétérisme œsophagien par la narine chez les aliénés.

Un mandrin dont le dernier centimètre est coudé à angle droit sert à donner à la sonde une légère courbure qui passe facilement dans le méat moyen des fosses nasales. Lorsque le bout de la sonde est dans le pharynx, le mandrin est maintenu vertical (malade, couché) et légèrement tordu de manière à diriger son bec vers le côté. Alors, la sonde est poussée sur le mandrin; elle obéit à la courbure de celui-ci et se dirige en bas et sur le côté, dans la gouttière latérale pharyngo-laryngée, évitant sûrement l’orifice supérieur du larynx et ne déchirant pas la paroi postérieure du pharynx. (Annexe à th. 1871.)

Elasticité des nerfs. Invagination du nerf médian dans sa gaine.

Observation unique d’un nerf qui,rompu par un arrachement, s’était replié et invaginé dans sa gaine. (Bull Soc. anat. 1868; Diction, encydop., art. Médian, et Assaky, Thèse 1886.)

Deux figures ont été faites, l’une de la pièce, rigoureusement

exacte, l’autre d’un petit appareil démontrant artificielle^,' le mode de production de l’invagination et le rôle des latérales.

Muscles de la main.

J’ai reconnu en 1885 et consigné sur une planche murale de l’École pratique : 1“ que Bischoff (Silzmgsberichle des K. b. Akad. d. W. 1870. I, 3) avait bien fait d’établir l’analogie du muscle adducteur du pouce et des muscles adducteurs oblique et transverso du gros orteil, car ces deux muscles se retrouvent dans le muscle prétendu unique du pouce.

2° Que le muscle adducteur du pouce s’insérait très ordinairement, sinon toujours, au premier métacarpien. Cette insertion est un argument de plus pour faire rentrer ce muscle dans la série des intorosseux palmaires.

Spondyloschise.

Au sujet de l’importante publication de Fr. Neugebauer, j’ai fait un petit travail pour la Soc. de chirurgie, 1885, sur la spondyloschiso, le spondyhzèmc et la spondylolisthèse, avec neuf figures.

Epiphyse humérale inférieure.

J’ai donné à la Soc. de chirurgie, 1886, un mémoire accompagné de figures pour montrer comment se développe l’extrémité inférieure de l’os du bras; dans quelles conditions d’âge et de traumatisme, le décollement épiphysaire est possible; enfin

quels sont les signes qui distinguent ce décollement ou fracture soùs-tubérositaire de la fracture transversale ordinaire sustubérositaire.

Sinus maxillaire.

Ayant vu évoluer un kyste remplissant le sinus, mais d’origine alvéolaire, j’ai pu observer que la poche flottait sous l’influence des mouvements respiratoires et produisait le bruit de drapeau (Soc. de chir. 1880).

Ces symptômes n’avaient pas encore été signales.

Humérus et nerf radial.

Je pense que la prétendue gouttière de torsion ne mérite pas

pas non plus l’appeler gouttière radiale.

Le nerf radial ne passe pas en effet dans la grande gouttière sous-deltoïdienne, mais dans un sillon quelquefois fruste, parallèle, mais sous et rétro-jacent à cette gouttière qu’occupe et que remplit le chef externe du muscle brachial antérieur.

Architecture des muscles.

J’ai fait sur ce vaste sujet, un certain nombre de recherches dont j’ai exposé les résultats dans mes cours. Ces recherches mèneront à la connaissance de lois fort simples mais non encore formulées. Elles ont eu pour point de départ la question suivante :

Y a-t-il un rapport constant entre la course de l’insertion mobile d’un muscle et la longueur de ses fibres?

Par exemple, prenant l’attache cubitale du muscle brachial antérieur, je vois des fibres insérées à 30 millim. de l’axe de la charnière et d’autres à 15 millim. Les arcs que parcourent ces insertions dans les mouvements du cubitus sont proportionnels aux rayons 30 et 15.

Y a-t-il donc dans le muscle des fibres, celles qui s’attachent loin de l’axe, qui sont une fois plus longues que celles qui s’attachent près de l’axe? Cela est.

C’est également pour proportionner la course de leurs insertions mobiles à la longueur de leurs faisceaux, que certains muscles s’enroulent comme les adducteurs du bras, que d’autres se munissent de longs tendons, apparents ou cachés.

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