THESES, ARTICLES DIDACTIQUES, MEMOIRES LIVRES
De la confection des moignons et de quelques moignons en particulier (poiokbt, coude, jambe) avec annexes : Cathétérisme œsophagien. — Statistique de fractures par armes à feu.
56 pages in-8. Lefrançois, 1871.
Thèse de doctorat, pénible souvenir de la fin de la guerre Iranco-allemande (février 1871). J’y ébauchais pour la première fois, ce que j’ai repris depuis dans mon précis de Manuel opératoire, notamment dans les chapitres suivants :
Quantité de parties molles nécessaires pour faire un bon moi-
Comparaison des méthodes et des procédés, au point de vue de l’étendue de la plaie et du volume de chairs du moignon.
Des qualités d’un bon moignon, et du choix du procédé propre à le réaliser.
De l’épiderme et des épithéliums.
Avec figures gravées et lithographiées, dont plusieurs inédites.
290 pages in-8. Masson, 1872.
Volumineuse thèse d'agrégation, ce travail fait en douze jours, à l’aide de nombreux collaborateurs, donne l’état de la science
et des opinions en 1872. Les lacunes et les hésitations s’y rencontrent nécessairement à chaque pas.
De la méthode pour établir le plan, du jugement pour distinguer les faits des opinions, de la lucidité pour exposer clairement les généralités et les détails ; c’est tout ce qu’on doit exiger de l’auteur d’une compilation sur un aussi vaste sujet. Cependant, on peut encore attendre de lui qu’il choisisse des collaborateurs compétents, qu’il puise aux sources originales, qu’il devance pour ainsi dire, les publications du lendemain.
Cette thèse apportait au public français un exposé dos nerfs des épithéliums; un chapitre sur les transplantations épithéliales; des faits nouveaux de Ranvier sur les endothéliums des séreuses, d’Axel Key et Gustaf Retzius sur l’endothélium des centres nerveux et des nerfs, de Mierzejewsky sur l’épithélium vibratile de l’épendyme.
Le système séreux (anatomie et physiologie).
120 pages in-8, 4 planches lithographiées. G. Masson, 1876.
Thèse d’agrégation dont le titre m’a permis, moyennant la licence que j’ai prise d’accepter le plan de Bichat, peut-être contre le désir des juges, de donner avec quelque compétence une description macroscopique des organes séreux. On a remarqué dans ce travail : la détermination et la classification des espèces de mésotendons ;la distinction des deux grandes séreuses viscérales ; la description de l’arachnoïde ; une indication sur la capacité du péricarde ; l’étude et la figuration des rapports du péricarde et des bords précardiaques des poumons avec la cage sterno-costale, à tous les temps de la respiration ; l’histoire et la représentation de l’évolution du péritoine, de la torsion de l’intestin et du passage des vaisseaux mésentériques supérieurs en avant du duodénum.
Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.
anatomie et pathologie. Plaies, inflammations, tumeurs, kystes, plaies vasculaires et anévrysmes. — Moelle épinière. — Moelle allongée.
Les deux articles moelle et moelle allongée (bulbe), ont été écrits à une époque (1873) où tout était à prendre à l’étranger. Ils ont certainement rendu service aux savants français qui depuis se sont occupés de ces organes. II me semble qu’on a dû trouver là, pour le fond, un point de départ utile ; pour la forme, un certain nombre de termes nouveaux dont le besoin se faisait sentir et qui étaient justes puisqu’ils ont été conservés.
Mes descriptions ont été faites à l’aide des publications considérables de Stilling, Clarke, Dean, Deiters, Meynert, etc., mais aussi à l’aide d’études personnelles faites dans le but unique de vérifier, sur des coupes étagees suffisamment rapprochées, ce qui peut se voir à l’aide de faibles grossissements, c’est-à-dire la topographie et la grosse texture. A l’heure actuelle, il y aurait de nombreuses corrections à faire à mon travail ; mais à l’époque où il parut, il fit bien comprendre la transformation que subit la moelle, intus et extra, pour devenir le bulbe ; il montra comment l’entrecroisement décapitait les cornes de la moelle.
Des luxations du pouce en arrière.
Récompensé par l’Acad. des Sciences.
(Soc. de cliir., 1876.)
Ce mémoire, accompagné de trente-neuf figures, a été analysé et partiellement reproduit dans la plupart des recueils pé-
riodiques et des traités didactiques. Il est basé sur un grand nombre de dissections et d’expériences cadavériques. Les dissections m’ont appris l’anatomie de l’articulation et permis de découvrir le jeu des os sésamoïdes compris dans le ligament glénoïdien. Les expériences cadavériques m’ont permis d’établir une classification des espèces de luxation en arrière, fondée sur l’observation.
Les symptômes caractéristiques ont été établis et le meilleur procédé de réduction indiqué.
Tous les chirurgiens français et étrangers ont, à ma connaissance, accepté les conclusions de ce travail. Aujourd hui, j’y ferais quelques corrections de détails ; j’y ajouterais surtout une distinction formelle entre les deux variétés des espèces luxations complète et complexe. Je l’ai déjà fait à deux reprises : (Soc. de ehir. 1878 et 1881). Presque toujours, comme je l’avais vu, le tendon fléchisseur se luxe en dedans du métacarpien ; mais quelquefois, et ce sont les cas les plus rebelles, il se déplace en dehors.
Depuis la publication de mon mémoire, la vulgarisation de la méthode antiseptique a rendu les sections tout à fait inoffensives. Aussi me suis-je appliqué à trouver le mode le plus sùr et le plus simple de lever l’obstacle avec le bistouri, dans les cas où la luxation en arrière du pouce ou d’un doigt, menace de rester irréductible.
Je conseille d’introduire le ténotome par la face dorsale, au côté du tendon extenseur soulevé, et d’aller dans le foyer de la luxation, couper en deux la dossière que forme le ligament glénoïdien sur le col du métacarpien. (V. Jalaguier. Archives gén. de métl. 1886.)
i du pouge en avant.
(Arch. gén.deméd.,, 1876).
Ce petit mémoire a été écrit pour tirer des conclusions didactiques des pièces et documents que j’avais fournis à Foucaut (th. Paris 1876). L’on n’était fixé ni sur la fréquence, ni sur le mécanisme, ni sur l’anatomie pathologique du genre et des espèces, ni, par conséquent, sur les symptômes caractéristiques, le pronostic et le traitement.
Cours d'histologie professé à la Faculté de médecine de Paris. — Notes et dessins.
Brochure petit in-4 lithographiée. Fr. Henry, 1877.
Chargé de suppléer M. le professeur Robin, sénateur, pendant l’année scolaire 1876-77, je me trouvai amené par diverses raisons, à livrer chaque jour au public les notes dont je me servais pour mes leçons et les dessins que j’improvisais au tableau noir. L’idée était bonne car l’ouvrage tiré à 1200 exemplaires fut épuisé immédiatement. Je n’ai pas osé le réimprimer. Quand j’aurai avoué que cet ouvrage n’a aucune prétention à l’originalité de fond, on trouvera peut-être que, dans les circonstances présentés, il serait de bonne guerre de reproduire, en ayant l’air d’y croire, l’apprcctation suivante de l’un des membres de la Faculté, M. le professeur Cornil : « C est le meilleur, le plus clair, le plus net, le plus facile à lire de tous les manuels d’histologie. Il est impossible, avec ce manuel, que l’étudiant en médecine ignore cette science. Les figures très nombreuses, schématiques,, semblables à celles qu’on dessine an tableau dans un cours, grossièrement faites mais excellentes comme démener
tration, aident au texte si bien, qu’avec une sérié de ces figures on pourrait se passer du texte. Ajoutons que ce petit traité est court et qu’il n’en est pas moins parfaitement au courant des faits scientifiques les plus nouveaux. » (Journal des Connaissances médicales, 15 décembre 1877.)
Précis de manuel opératoire. Ligatures des artères, amputations, résections, etc.
G. Masson, 1885.
Récompensé par l’Académie des sciences, prix de médecine et de chirurgie 1885 (fondation Montyon).
Cet ouvrage se compose de trois parties principales. Les ligatures d’artères ont paru en 1872; elles ont été traduites en Anglais. Les amputations ont été publiées en 1881 avec la seconde édition des ligatures. Enfin, les résections ont été livrées au public en 1885 avec la 3° édition des ligatures et la seconde des amputations. Le tout est traduit en russe.
Ce livre n’est pas un manuel. Il traite du manuel, c’est-à-dire de la Technique des opérations qu’il est possible et qu’il importe de répéter nombre de fois sur le cadavre, autant pour apprendre à les pratiquer que pour acquérir cette habileté manuelle sans laquelle il n’est pas de véritable chirurgien. J’ai volontairement laissé de côté les opérations spéciales pour lesquelles la compétence me faisait défaut. Ma tâche ainsi restreinte a pu être accomplie dans des conditions telles, que M. le professeur honoraire Gosselin dans son rapport à l’Académie des sciences a dit, en termes trop élogieux, qu’il n’existait aucun ouvrage semblable à l’étranger ni en France.
J’ai prodigué les figures et j’en ai dessiné moi-même plus de 600.
Quant au texte, on doit y sentir la préoccupation constante de la précision et surtout de la clarté au milieu des descriptions les plus méticuleuses. On m’affirme que le jeune chirurgien, isolé, abandonné à lui-même, peut, avec ce livre sous les yeux, s’exercer seul aux manœuvres opératoires. Ce n’est point seulement à sa mémoire mais surtout et toujours à son jugement chirurgical que je me suis adressé. Chaque manœuvre recommandée est, au préalable, expliquée et justifiée. La détermination des procédés de choix est basée sur le résultat et la sécurité bien plus que sur la rapidité et la facilité. Il m’a semblé que cette modification des habitudes chirurgicales était une conséquence forcée do l’emploi ordinaire des anesthésiques.
D’une manière générale, je me suis efforcé de mieux décrire que mes devanciers plusieurs opérations classiques; de restaurer ou de faire connaître un grand nombre de procédés français ou étrangers que je jugeais excellents; d’en faire oublier d’autres qui, au contraire, me semblaient détestables. Enfin, fort d’une expérience d’amphithéâtre très longue et très cultivée j’ai osé quelquefois innover.
Plusieurs points qui ont été l’objet de publications particulières seront indiqués plus loin.
Dans les ligatures d'artères, j’ai introduit à l’amphithéâtre une pratique excellente : l’emploi constant d’une teinture alcoolique pour marquer les trajets des vaisseaux et certains repères. J’ai recommandé et développé l’usage du toucher, non seulement pour trouver les artères du bout du doigt, délicatement, au fond des plaies, mais aussi pour explorer le membre et y sentir les gouttières dans lesquelles rampent la plupart des vaisseaux.
Les amputations des membres sont précédées de longues généralités qu’on n’était pas habitué à trouver dans les livres de médecine opératoire : les bons et les mauvais moignons.—Pro-
priétés (les matières dont on fait les moignons. — Art de tailler les lambeaux. — Instruments, travail des mains de l’opérateur et des aides, etc.
■On remarque ensuite en plus d’un chapitre, la tendance à revenir à la pratique de Ravaton, au désossement, chaque fois que cela est possible, par exemple dans les extirpations des métatarsiens et des métacarpiens, dans les amputations de la ■jambe, etc. Grand soin est toujours apporté à la détermination (de la quantité de parties molles à garder pour faire un bon moi- ■gnon. De là des procédés de choix amendés ou nouveaux, des coupes particulières des muscles profonds, un 8 de chiffre extrêmement simplifié, etc.
Enfin de nombreuses études historiques, brièvement résumées, détruisent, sans insister, un grand nombre d’erreurs
S’il y a longtemps que nous avons des livres traitant des ligatures d’artères et des amputations, il n’en est pas de même pour les résections. Je n’avais pas tout à faire ; mais j’avais peu de modèles. Après avoir soumis au contrôle de l’amphithéâtre tous les procédés connus et plus ou moins sommairement indiques, j’ai fait mon choix qui n’est pas irrévocable mais qui est basé ■sur une étude attentive. Du reste, ici comme là, j’ai pris soin de •donner les raisons de mon choix, de bien indiquer les précautions à prendre pour réussir. Mais j’ai toujours négligé systématiquement de dire, par le menu, ce qui m’appartient dans les différentes manœuvres qui constituent chaque procédé.