CHAPITRE Vil Travaux cliniques
— Cœur, poumons, médiastin.
Deux cas (le péricardite avec épanchement. Paracentèse. Gnerison (En collaboration avec M. J. Démangé). Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, ii septembre 1908.
Observation 1. — Péricardite aiguë ehez un jeune homme de 20 ans, un mois après une grippe. Symptômes d’infection générale (hyperthermie, gros foie, grosse rate); un ensemencement du sang donne une culture de staphylococcus aareus. Symptômes d’asphyxie. La paracentèse du péricarde donne 100 gr. de liquide séro-hémorragique; une nouvelle paracentèse, pratiquée 4 jours apres la première, donne 100 gr. de liquide louche, sanguinolent. (L’ensemencement du liquide reste sans résultat.) Amélioration progressive. Guérison.
Observation 2.— Péricardite aiguë chez un homme de 22 ans, au 9' jour d’un rhumatisme articulaire aigu. Symptômes d asphyxie. La paracentèse donne 70 centimètres cubes de liquide troub.e. (L ensemencement du liquide donne une culture de staphylococcas aareus.)
Dans ces deux cas il s’agit de péricardite séro-fibrineuse secondaire à la grippe et au rhumatisme articulaire aigu. Dans les deux cas il y avait de la staphylococcémie. La stérilité de l’épanchement chez le premier malade, malgré une infection sanguine à staphylocoque, concorde avec les faits expérimentaux d’inoculations de culture staphylococcique avec abcès multiples consécutifs et péricardite séro-fibrineuse. L’énorme soulagement apporté chez les deux malades par la ponction, et 1 évolution favorable de la péricardite, montrent de quelle utilité peut
être cette intervention dans les cas de péricardite où l’asphyxie. est imminente, quelle que soit du reste l’abondance de l’épanchement. En prenant les précautions voulues, on évite la blessure du myocarde et la décompression brusque accusée, à juste titre, d’occasionner une syncope mortelle.
(Edènie pulmonaire et anévrysme du cœur (En collaboration
avec M. P. Parisot); Revue médicale de.l’Est, 1897.
Observation d’une malade ayant présenté, à plusieurs reprises, des crises d’œdème pulmonaire aigu. L’autopsie révéla l’existence d’un anévrysme de la pointe du cœur (ventricule gauche), l’aorte était athéromateuse ainsi que les coronaires; reins scléreux.
On retrouve donc ici les diverses lésions invoquées dans la pathogénie de l’œdème pulmonaire aigu. Nous pouvons faire remarquer le peu d’importance de l’aortite et de la péri-aortite : les cas d’athérome de l’aorte sont très nombreux chez les vieillards, et à l’hospice Saint-Julien, où nous avons bien souvent constaté l’aortite, l’œdème aigu du poumon ne fut jamais observé.
Nous pensons que, dans le -cas particulier, la présence de l’anévrysme dans la paroi inter-ventriculaire a pu seulement faciliter l’insuffisance rapide du ventricule droit et favoriser, par conséquent, dans une certaine mesure, le développement de l’œdème du -poumon.
De l’utilité des nouveaux procédés d’exploration clinique pour le diagnostic des tumeurs du poumon (En collaboration avec M. J. Parisot). Province médicale, n" 8, 4 mai 1907; avec six planches.
Le diagnostic des tumeurs du poumon, et en particulier des tumeurs primitives de cet organe, présente parfois de réelles difficultés. Aussi est-il bon, dans les cas douteux, de recourir à différents procédés d’exploration;
les renseignements ainsi obtenus, ajoutés aux symptômes cliniques, permettent alors le plus souvent de poser le diagnostic d’une façon certaine.
Nous avons montré, à propos d’un cas de sarcome primitif du poumon, les résultats qu’on pouvait obtenir au moyen de ces diverses méthodes ; examen microscopique des”crachats, ponction exploratrice et cytologie de l’épanchement, examen du sang, radiographie, méthode graphique (sléthographie bilatérale). Dans cette observation, dont l’évolution clinique était quelconque, le diagnostic de tumeur pulmonaire porté grâce à l’examen du liquide pleural, à l’examen du sang, à la radiographie, à la méthode graphique, devança les symptômes principaux tels qu’ampliation du thorax,- circulation collatérale, etc. Le ganglion sus-claviculaire Bi précieux pour le diagnostic dans certains cas de néoplasme pulmonaire fit constamment défaut chez notre malade.
Si donc nous avons tenu à insister sur la façon dont nous avons été amenés à porter d’une façon non douteuse ce diagnostic de sarcome globo-cellulaire primitif du poumon, pendant la vie, c’est pour bien montrer qu’il est bon de ne négliger aucun des moyens dont nous disposons actuellement, parce que l’ensemble des résultats obtenus équivaut à une certitude.
Un cas (le tiiineiir du médiastin. Société de médecine de Nancy, 23 novembre 1904.
On constate chez le malade qui fait le sujet de cette présentation la présence d’une tumeur dure remontant à trois travers de doigt au-dessus de la clavicule droite. Il y a de la matité jusqu’à la pointe de l’omoplate. Le pouls radial droit est en retard sur le pouls radial gauche. Il existe une paralysie récurrentielle droite. La radiographie permit de constater l’existence d’une masse opaque au niveau du médiastin et au sommet droit, masse à contours
déchiquetés et non pulsatile, correspondant certainement à une tumeur du médiastin.
Un cas de sarcome primitif du médiastin (En collaboration avec M. J. Pabisot). Société de médecine de Nancy, 26 février
Observation d’un malade présentant les symptômes d’une tumeur médiastinale avec compression marquée du poumon droit. Le diagnostic de lympho-sarcome porté pendant la vie (symptômes cliniques, présence de cellules sarcomateuses dans le liquide de ponction pleurale, examen du sang, examen radiographique, etc.) fut confirmé par l’autopsie et par l’examen histologique.
Un cas de sarcome primitif du médiastin (En collaboration avec MM. J. Pabisot et Hahteb). Société de médecine de Nancy, 27 novembre 1907.
Nous avons rappelé à l’occasion de cette communication les principales recherches cytologiques et histologiques qui avaient permis d’établir et de confirmer le diagnostic : radiographie, méthode graphique, examen cytologique des crachats. La présence d’une ombre dans le médiastin, la diminution d’amplitude des mouvements inspiratoire et expiratoire des deux poumons, la disparition des pulsations radiales et carotidiennes à gauche, l’examen des crachats montrant des cellules rondes sarcomateuses nous avaient permis de porter d’une façon certaine le diagnostic de lympho-sarcome primitif du médiastin. L’autopsie confirma ce diagnostic. Il s’agissait d’un lympho-sarcome (cellules rondes sarcomateuses dans un réticulum fibreux; du médiastin qui, par sa généralisation aux ganglions du hile, avait envahi une partie du poumon droit, comprimant l’œsophage, la trachée et les pneumogastriques.
Corps étranger de la bronche droite. Pneumothorax gauche, total consécutif à une fracture de côte. Mort subite. Société de médecine de Nancy, 12 novembre 1902.
Pneumothorax gauche total; la hase du poumon gauche présente une éraillure large de un centimètre par laquelle l’air a fait irruption dans la plèvre. A ce niveau la plèvre pariétale est perforée et laisse passer un fragment de côte.
Le sommet du poumon droit est congestionné : à la hase existent des abcès multiloculaires en communication avec des bronches dilatées pleines de pus. On trouve dans la bronche droite, au niveau de sa bifurcation un clou à tête entouré d’une gangue noirâtre. Cette trouvaille d’autopsie explique le mécanisme de la mort subite : le poumon gauche cessant brusquement de fonctionner, le poumon droit ne put faire la suppléance en raison de l’obstacle mécanique à l’entrée de l’air causé par la présence du corps étranger.
B. — Tube digestif et annexes.
Deux cas de splénomégalie leucémique (En collaboration avec M. L. Richon). Société de médecine de Nancy, i 4 janvier
1° Homme de 4i ans. Rate énorme allant jusqu’à l’ombilic et descendant au niveau de la crête iliaque. Leucémie. Hématome de la région scapulaire. Une ponction exploratrice donne un liquide sanglant. Mort,
La rate pesait 2 kg. 260.
Sang : G R 1.977.800
Polynuel.
Mononucl ....
Eosinophiles. . .
Gl. R. nucléés . .
Les caractères du sang se rapportent à un type particulier de la leucémie myélogène d’Erlich.
2° Splénomégalie au cours d’une tuberculose pulmonaire. La grosse rate fut trouvée accidentellement à l’autopsie. L’examen du sang post mortem donna comme résultat : lymphocytes en très petit nombre, gros mononucléaires éosinophiles en quantités considérables. Absence presque complète de polynucléaires.
Un cas de hernie diaphraginaticine (En collaboration avec M. Colin). Société de médecine de Nancy, 5 juin 1904.
Enfant de 2 ans 1/2 morte de broncho-pneumonie. Voussure précordiale très marquée. La portion moyenne du côlon transverse forme une anse distendue's’engageant dans la cage thoracique au travers d’un orifice diaphragmatique. Le sac herniaire est interposé entre la paroi sterno-costale et la face antérieure du cœur. Il s’agit dans ce cas d’une malformation congénitale du diaphragme due à un arrêt partiel de développement de ce muscle; la séreuse péritonéale aurait été refoulée par l’intestin à une époque voisine de la deuxième moitié de la vie intrautérine, l’intestin doublé de péritoine se serait alors coiffé de la séreuse pleurale.
Hématome du mésentère et occlusion intestinale par coudure consécutifs à une torsion du mésentère (En collaboration avec M. Senceht). Société de médecine de Nancy, aS mars
Enfant de i3 ans soigné pour des crises abdominales très douloureuses avec manifestations péritonéales. Mort à la suite d’une crise très violente. On trouve à l’autopsie une tumeur du volume du poing formée par l’épaississement et l’infiltration de la racine du mésentère. Coloration rouge noirâtre des anses intestinales à partir de 3o centimètres au-dessous de l’angle duodéno-jéjunal. La dernière
anse grêle est accolée au péritoine pariétal postérieur. A l’endroit où cette anse fixe se continue avec l’anse supérieure, il y a une coudure, siège évident de l’occlusion.
Résumé : obstruction intestinale ayant amené la mort par occlusion aiguë. Les constatations d’autopsie permet tent de conclure à une torsion partielle de la lame mésentérique autour du tronc de l’artère mésentérique, ayant amené la formation d’un hématome entre les deux feuillets de cette lame et l’apparition d’une coudure intestinale à l’endroit où cessait le mouvement de torsion du mésentère.
Appendicite perforante avec abcès sous-diaphraginatiqne consécutif (avec une planche). Presse médicale, 7 septembre
L’histoire de ce malade fournit un bel exemple des complications de l’appendicite, et met en lumière ces deux faits si importants dans l’histoire de l’appendicite : utilité d’un diagnostic précoce, permettant d’intervenir rapidement pour empêcher l’apparition d’accidents presque toujours mortels; difficulté souvent très grande de ce diagnostic.
Observation. — Un jeune homme de 17 ans éprouve, après une longue course à cheval, de vives douleurs dans le bas-ventre. Au moment de son entrée à l’hôpital les premiers accidents remontent déjà à dix jours et il est difficile d’obtenir des renseignements précis. Les seuls symptômes ont été des frissons, un point de côté dans l’aisselle droite et une dyspnée intense. Faciès grippé, ventre tendu, douloureux; douleur intense aux fausses côtes droites; voussure de la région mammaire, matité compacte à ce niveau. Pouls petit, dépres- ■sible. Extrémités froides et cyanosées.
En raison des symptômes présentés par le maldae, on fait une ponction exploratrice qui reste négative. Les mêmes symptômes persistent pendant douze jours et le malade succombe.
Autopsie. — Volumineuse poche, renfermant 2 litres de liquide, située entre la face supérieure du foie et le diaphragme. L’appendice est volumineux, gangrène, à demi-sectionné. Il y avait donc eu appendicite. Le pus s’était formé dans la région cæoale, était passé derrière le côlon ascèndant, avait formé à l’angle du côlon ascendant et du côlon transverse une poche renfermant 3oo grammes de pus, était passé derrière le foie, pour aboutir en dernier lieu dans la vaste collection sous-diaphragmatique.
Les points intéressants de l’histoire clinique sont surtout ; le peu d’intensité des symptômes de début et leur [jeu de rapport avec une lésion abdominale. Ces symptômes en imposaient pour une pleurésie diaphragmatique, grâce à la forle compression que la poche exerçait sur les poumons; les symptômes pulmonaires étaient tellement intenses et alarmants, que les symptômes abdominaux étaient passés sous silence.
Il est certain que la ponction aurait pu donner de précieux renseignements, mais l’aiguille ayant probablement glissé sur le diaphragme, les ponctions successives pratiquées étaient restées stériles.